MySpace
myspace music


Le Robert



Last Updated: 10/7/2009

Send Message
Instant Message
Email to a Friend
Subscribe

Status: Single
City: paris
Country: FR
Signup Date: 12/18/2005

My Subscriptions

Blog Archive
[Older      Newer]
 /  / 
Monday, August 28, 2006 

(pour enregistrer cette image sur votre ordi, faites la simplement glisser de la fenetre internet a votre bureau..)
Thursday, June 01, 2006 

UNE PARTIE DE POESIE

 

Les mots tombent lentement du plafond sur le sol en tournoyant. Ils ont différentes couleurs et différentes formes. Rien ne doit déconcentrer lhomme, il a les yeux grands ouverts.

Presque inconsciemment, sa main se tend vers un mot et dune rotation rapide du poignet, il le replace dans un sens choisi et le pose à sa place sur le parquet.

Cest la seule chose quil fait. Tout le reste est inconscient.

Lorsquil était plus jeune, il sélectionnait les mots avant la partie.

Maintenant quil a atteint le grade de master, il laisse le hasard les choisir

 

Elle lui avait dit que ce nétait pas seulement du hasard. Que ces mots venaient bien de quelques part et que cela  ne pouvait être que de sa tête.

Il lui souriait dune manière quil pensait amicale et tendre, ce quelle prenait avec justesse pour de lironie condescendante.

 

Sur le sol, se construisait le poème.

A le voir agir, on ne pouvait que sétonner de sa maestria.

Il était agile comme un chat sauvage. Parfois, des guillemets fugaces apparaissaient au coin droit de sa bouche. On voyait parfois de telles fossettes sur la face des enfants drôles ou des vieillards lubriques.

 

Elle navait pas encore décidée ce quil était des deux.

 

Lautre côté de son visage était le masque dune transe animale. Il sarrangeait toujours pour quelle ne voit pas ce profil. Cette face de lhomme blesse lamour souvent, bien quelle puisse exciter à certains moments.

Ce masque qui se colle au visage de lhomme lorsquil se sent investi dun pouvoir réel ou quil suppose tel et quil en use et quil en jouit.

 

Le guerrier qui bande rien quà lodeur du sang.

 

Non, il ne montrait jamais le côté droit de son visage.

 

Un jour que les mots tombaient trop vite, il sétait blessé sur larête coupante de la sincérité.

Il veillait et ce que cela ne se reproduise plus.

Alors, il trichait de manière plus ou moins subtile.

 

Sur le sol se combinait les phrases dune pauvre petite chansonnette à la mode.

 

Il sassit à côté du texte. Il sourit à la fille.

Elle répondit à son sourire. Il firent lamour.

Après, le texte était toujours là.

Elle le félicita.

Cest joli, dit telle.

Cest pour toi, lui répondit til

Alors, il se mit sur le dos et fuma la cigarette.

 

Et il lui demanda de partir pour quil puisse pleurer tranquille.

LE ROBERT.