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ophelie...



Last Updated: 11/27/2009

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Wednesday, December 05, 2007 
Il y a des jours comme ca où je me réveille en me disant que je ferais bien d'oublier mon passé. Alors j'oublie et là je me rends compte que j'oublie même les gens qui ont fait partie de ma vie, qui m'ont aimé ou détesté. Mais est ce la solution? Peut être, car quand j'essaie de recoller les morceaux ça foire. C'est moche, je devrais avancer et arrêter de vouloir oublier parce que c'est ce qui me fait reculer.
Wednesday, October 18, 2006 

féministes...

Michèle et Gabrielle se retrouve seule au fond d'un bus qui les ramène d'une manifestation féministe à Paris.

_Pfou, je suis vannée... Ce silence après une journée de folie comme celle ci m'achève tout à fait!

_C'est vrai... cependant on ne peut pas nier que c'était tout à fait excitant! Toutes ces femmes, forgées par les mêmes idées que nous étaient splendides!

_Vous avez les mots qu'il faut ma chère, c'était,... c'était follement excitant et puis notre leadeuse là, josephine Colarier, jamais entendu parler mais quelle lionne! Splendide, vraiment splendide!

_Oh que oui! Une lionne, on sent bien qu'elle sait ce qu'elle veut! Comme nous toutes me direz vous! Comment avez-vous découvert l'existence de nos manifestations?

_Oh ça remonte à loin voyez-vous... J'étais à la Sorbonne à l'époque, en deux ou troisième année d'étude et voilà que les cours se trouvent perturbés par une troupe vociférante défilant sous nos fenêtres : c'était Mme Auclair et ses suffragettes. Et croyez moi ou non, notre professeur de lettres, une femme que j'admirais, à sauté...- vous entendez bien "sauté"- par la fenêtre pour rejoindre les manifestantes... Moi et plusieurs camarades l'avions suivie et depuis, je n'en rate pas une!

_A moins que toutes les professeurs de lettre aient sauté par la fenêtre ce jour là, nous partagions la même classe! Mme Vivoie m'a enseigné tout ce qu'il faut savoir de la littérature... Elle était merveilleuse, elle était tout pour moi...

_Mme Vivoie, mais oui! C'est elle! Mais comment vous appelez vous? C'est insensé... ou tout simplement miraculeux!

_Gabrielle... Gabrielle De Fontenoie! Et vous?

_Gaby c'est toi! Quel hasard oh mon Dieu! Mais c'est moi, ta miche, Michel Polov! Mais qu'est ce que tu fais là? Toi qui te destinais pour la traduction aux USA, c'est bien ça?

_Oh mon Dieu quel curieux hasard! Et bien oui, je devais allé aux USA...cependant Mme Vivoie, Marielle, je n'ai jamais pu te-vous l'avouer, mais nous avions une liaison...

_Oh! Par la barbe de Pascal, c'était donc vrai! Vous n'imaginez pas tous les ragots qui couraient dans votre dos mais je ne les prenais pas au sérieux... Quelle nouvelle! J'en suis toute... toute chose vraiment. Comment cela s'est-il terminé?

_Et bien, tout allait bien, nous nous voyions dans un petit Hôtel du Marais... Mais un jour que j'allais la voir comme à mon habitude, elle ne vint pas. Elle ne vint plus d'ailleurs! Je ne pouvais pas avoir de nouvelles au risque de révéler nos passions maintenant révolues... Je n'en ai toujours pas!

_Mais comment cela vous ne pouviez pas avoir de nouvelles? Si la morale s'opposait au relations inverties, elles n'étaient pas interdites pour autant! J'aurai remué ciel et terre... mais, maintenant que j'y suis, Mme Vivoie ne vous avait entretenue d'un voyage prochain en Angleterre, à Londres plus précisément?

_Jamais elle ne m'en a parlé... et puis tout cela est bien loin maintenant! Je vis ma vie de professeur de langues... et je dois vous avouer qu'une de mes élèves a pour moi la même passion que j'eue jadis pour Mme Vivoie.

_Et bien, comme quoi on ne se reconvertit pas! Mais pour en revenir à cette Mme Vivoie, je vois que vous ignorez certains détails que je peux vous fournir : au printemps de l'année 25, je me rendais à un colloque à Londres organisé par nos sœurs Britanniques : les suffragettes et croyez moi ou non, j'y retrouvai mme Vivoie! 'imagine que son départ coïncide avec votre rupture. Le fait étant qu'elle se retrouva incarcérée comme de nombreuses autres, moi aussi d'ailleurs... nous nous étions en effet montrées très virulentes... elle surtout. Je me souviens que je fus libérée rapidement alors qu'elle entamait sa troisième grève de la faim en prison... J'ai d'ailleurs assistée à un de ces "gavages" de forces dont elle et d'autres faisaient l'objet. Quel stoïcisme! Vous auriez vu ça!

_J'imagine très bien Marielle dans une telle posture! Mais si elle tenait réellement à moi, elle aurait chercher à me prévenir. Enfin tout cela est bien fini maintenant... Et la petite Mirlanda pourrait bien être mon dernier amour.

_Comme vous y allez! Si elle est aussi jeune que vous le dites... sans doutes finira-t-elle par aller voir ailleurs... sans vous offenser!

_Et bien qu'elle aille! Je ne la retiendrais pas! Je trouverais bien pour finir mes jours un vieux sot qui s'occupera de moi comme bon me semble!

_Je vois que vous ne tenez pas les hommes en bien grande estime... enfin, nous sommes toutes un peu comme ça sinon, nous ne passerions pas nos journées à revendiquer notre supériorité... quand à moi...

_Vous? Contez moi donc votre histoire? Avez vous quelqu'un dans votre vie?

_Ah je ne dirais pas que ce fut aussi mouvementé que vous... Disons pour faire vite que je me suis marié voilà quatre ans pour divorcer huit mois plus tard... John MAc Kowl, je ne sais pas si vous vous souvenez de lui, un étudiant de notre promo qui parvint à me séduire, je ne sais comment. L'idylle fut de courte durée...nous nous trompâmes réciproquement au bout de deux mois... lui avec ma mère et moi avec sa sœur! C'est vous dire si chez nous les liens de famille sont étroits!

_Sans vouloir vous vexer c'est amusant! Jamais je n'aurais pensé que cet imbécile de John vous séduirait! Et sa sœur alors? cela dure-t-il encore? N'est-elle pas plus jeune que nous?

_Si bien sûr, elle avait dix-huit ans alors...il faut croire que j'avais gardé toute ma fraîcheur! Mais pour vous répondre, non, nous nous sommes quittées il y a longtemps déjà. Je crois que ça n'était qu'une passade histoire d'oublier la médiocrité de mon mari. Aujourd'hui, je ne sais même pas ce qu'elle est devenue. Quand à ma mère, nous ne nous parlons plus depuis cette époque, vous comprendrez aisément pourquoi. Non pas que je tenais à mon époux mais tout de même!

_Oh je comprends tout à fait! C'est tout de même surprenant, si vous demandez à toutes ces dames que nous avons côtoyé lors de la manifestation où en sont leurs amours... vous découvrirez que toutes ont des relations avec des femmes! L'homme semble avoir perdu toute sa virilité qui attirait jadis beaucoup des nôtres!

_Disons je pense, que nous avons besoin de vraies relations d'égale à égales, plus approfondies et où les rapports charnels ne sont pas l'essentiel... je ne dis pas que toutes les relations femmes/hommes sont ainsi mais bon...pour ma part, une femme m'apporte bien plus de sérénité et de volupté qu'un homme et si je puis me permettre, je parle en connaissance de cause!

Sunday, September 24, 2006 

petit dialogue entre un cocher et une grande dame... écrit par Mylène et moi

_Fouette, Georges, plus vite! Il faut à tout prix que j'arrive au domaine avant Mr de Lavazière!

_Tout de suite Madame... Allez mes belles! Galopez! Plus vite encore que vous ne l'avait jamais fait!

_Ah mon bon Georges, votre enthousiasme, votre zèle devrais je dire me fait grand plaisir... Ah si vous saviez les heures que je viens de passer, là bas...dans l'hôtel particulier de Monsieur... Ah! Son nom seul me fait frémir!

_Et vous Madame, si vous saviez quel nœud se forme dans ma gorge lorsque votre bouche chante les louanges de cet homme...

_Comment cela Georges, vous divaguez!... A moins que vous ne répétiez votre rôle de la prochaine représentation de l'Antigone que mon mari veut donner...

_Si cela vous plait de songer que je répète un rôle alors que mon cœur bat chaque fois que j'entend votre douce voix... Songez donc! cependant fermer les yeux sur mon amour n'est peut être pas la bonne solution... Si vous saviez... Ah! Si seulement vous vouliez... je vous montrerai combien je vous aime!

_Eh bien mon cher, je ne sais quelle mouche vous pique mais vous voilà dotez d'un humour que je ne vous connaissais pas! continuez, mais continuez donc, vous m'amusez!

_Je vous amuse? Alors vous m'en voyez plus désemparé que jamais!

_Désemparé! Oh comme vous y allez! Vous devriez pourtant être flatté d'exciter mon hilarité...c'est également ce pourquoi je vous ai engagé.

_Madame, vous voir rire de mes sentiments ne m'est pas agréable...Vous m'en voyez navré!

_Je crois entendre mon amant pas plus tard que tout à l'heure alors qu'il pleurait de me voir partir et que je m'amusais de sa supplication à ce que je reste... cependant j'ai eu bien du mal à résister!

_Et voilà, vous recommencez à rêver à cet homme... et moi? Ne suis-je donc rien pour vous? Depuis quatre ans déjà je vous protège de votre mari, depuis quatre années je vous aime...Et vous n'en avez que faire! Si j'oubliais la raison, je vous emmènerais, nous irions vivre loin, heureux, ensemble. Mais vos moqueries face à mon amour, ma passion me ramènent à la réalité.

_C'est moi qui croit rêver; c'est vrai, voilà quatre ans que vous êtes à mon service et je n'ai pas à me plaindre, ça je vous l'accorde... mais voilà que vous m'annoncez une nouvelle que jamais vous ne m'avez laissé soupçonner auparavant... A votre tour d'accorder que je puisse être quelque peu chamboulée!

_L'amour de votre fat vous aurait-il rendue aveugle? Oh Dieu quelle injustice! Moi qui croyais que vous vous étiez aperçue de l'amour que j'ai pour vous... Me voilà à nouveau bercé par l'indifférence.

_Mais comment vouliez-vous que je m'aperçusse de quoi que ce soit, jamais vous ne m'avez fait de compliments sur mes toilettes, pas plus sur mes coiffes ou sur ma nouvelle gamme de fards à paupière! Les femmes ne sont pas aussi clairvoyantes qu'on le dit!

_Mais madame... Vos coiffes? Vos toilettes? Quand donc comprendrez vous que c'est lorsque vous êtes naturelle que vous me plaisez le plus? Lorsque vous courez vers moi, échevelée, les joues empourprées et l'œil brillant pour me demander un service... C'est dans ces moments là que je vous aime le plus.

_Oh Georges! Comment osez-vous? Si vous faites allusion au soir d'il y a trois ou quatre jours où j'ai dû frapper à votre chambre en chemise de nuit et en cheveux parce que monsieur mon mari grognait effroyablement dans sa chambre... Ah mon Dieu, je vous défend d'évoquer pareil avilissement et même de repenser à moi dans cette situation, vous m'entendez?

_Oh que vous êtes belle, merveilleuse, splendide lorsque la colère éclaire votre visage! Madame je vous en prie! Laissez moi vous aimer! Demain vous n'irez pas rejoindre votre amant, j'irais faire galoper les juments pendant que je vous clamerais des mots d'amour.

_Oh mon Dieu! Croyez-vous que j'aie besoin de cela? Quelle journée alors! Grégoire qui m'annonce aujourd'hui qu'il se suicide si je ne viens pas plus souvent, mon mari qui insiste hier au soir pour me rejoindre dans ma chambre et vous qui... vous... Mais qu'ont les hommes en ce moment, je vous le demande!

_Ma mie, je ne suis pas comme tout ces hommes, je vous aime de l'amour le plus pur qui puisse exister... Je vous admire, vous êtes ma déesse, ma nymphe... ma muse! Cessez de m'ignorer et rendez moi un peu de cet amour que je vous offre et qui me détruit!

_Je vous en prie, taisez vous! Vous ne devriez pas... enfin, je veux dire, vous êtes mon valet... vous en savez trop sur moi et puis c'est impossible, inconcevable!

_Ainsi je ne suis que votre valet... Soit! Je vous laisse trois juments, je prends la quatrième... Je m'en vais loin, très loin pour vous oublier! Et si je ne meurs pas d'avoir été si mal aimé... je vous écrirais, une lettre_une seule_pour vous demander de ma rejoindre, si au bout de six jours je n'ai pas de réponse... Je connais un ami qui me vendra de quoi finir mes jours sans douleur.

_Vous êtes fou! Pour qui vous prenez-vous enfin! Vous êtes sous mes ordres et s'il me plait que vous y restiez, vous y resterez! Je vois bien que c'est la première fois que vous aimez d'amour mon cher... vouloir la mort quand vous découvrez la vie. Et bien soit, je vous l'apprendrai puisque vous le désirez si ardemment... D'ailleurs Grégoire devient bien trop pressant... mais je vous prie, ne me parlez pas d'amour, je n'ai que faire des serments!

Saturday, July 22, 2006 

Current mood:  thirsty

http://www.youtube.com/watch?v=0XxI-hvPRRA

http://www.youtube.com/watch?v=agEjzQLiuGA

these guys are so stupid... funny!

watch the others videos!!

Saturday, July 01, 2006 

Current mood:glauque

 

MY short story!! In french...sorry! Ceux qui sont français pourraient lire et donner leur avis!
Current mood: glauque

 

Ils descendirent lentement la rue, en silence comme si le nouveau fardeau qu'il venaient d'apprendre leur pesait sur les épaules. Eve regardait dans le vide, cherchant une réponse à son problème. Malheureusement la stérilité reste une question sans réponse et Eve devait se résoudre à abandonner l'idée d'avoir un enfant. L'adoption... elle y avait songé mais cela prenait tellement de temps et elle voulait par dessus tout que l'enfant ressemble à Matthieu.

Matthieu ne savait que dire, il serrait la main d'Eve dans la sienne, une lueur triste dans les yeux... lui aussi désirait cet enfant. Il songea à sa mère...

Ils poussèrent la porte de leur appartement, le téléphone sonnait. Eve alla décrocher et quelques minutes plus tard, elle pénétra dans la pièce où Matthieu savourait son whisky quotidien. Elle le regarda en souriant :

"_Matthieu! Nous allons avoir un enfant!

_Je pensais que tu ne pouvais pas en avoir!"

Elle lui expliqua que Marie avait téléphoné pour lui annoncer qu'elle portait en elle un garçon qui leur était destiné. Il la regarda avec de grands yeux en lui demandant "Mais... Marie? Ma mère?", ce à quoi elle répondit par un hochement de tête affirmatif. Il se leva, ouvrit le bar en chêne et en sortit un deuxième verre dans lequel il versa de la vodka, et lui tendit. elle but tout d'un seul trait et sourit en passant sa langue sur ses lèvres encore humides de son breuvage favori.

Ils ne virent pas le temps passer, en quelques minutes , Matthieu s'était retrouvé face à sa mère, en plein accouchement. Eve arriva en retard comme à son habitude, elle défit ses cheveux qui tombèrent en cascade sur son visage et sourit vers l'enfant rouge et fripé qui dormait dans le petit lit aux côtés de sa belle mère. Personne ne semblait gêné par le pourquoi du comment cet enfant s'était retrouvé dans le ventre de cette femme d'âge mûr. Matthieu brisa le silence qui régnait dans la chambre bleue et verte de la maternité et déclara "Kévin, Kévin c'est bien non?". Eve se tourna vers celui qu'elle aimait pour lui répondre avec autorité que, non ça ne lui convenait pas et que l'enfant s'appellerait Lucas, oui, Lucas, cela sonnait comme les yeux vert et pétillant qu'il promettait d'avoir.

Après avoir passé le temps réglementaire à la clinique pour s'occuper de leur enfant, ils retournèrent chez eux... oubliant l'enfant qu'ils avaient chéris quelques temps.

Eve et Matthieu avaient toujours agit ainsi, en enfants gâtés. Ils retournèrent à leurs études laissant à Marie le soin de s'occuper de l'enfant qu'ils ne désiraient plus. Pendant que l'amour d'Eve grandissait, celui de Matthieu s'éteignait peu à peu et son cœur se tourna vers une jolie petite blonde dénommée Pauline.

ils s'aimèrent donc longuement et langoureusement à l'ombre des grands bâtiments de la fac sans qu' Eve ne puisse s'apercevoir de quoi que ce soit. Elle aurait continué à fermer les yeux sur l'adultère de son compagnon si elle n'avait pas croisé Pauline au détour d'un couloir. Celle ci eu le temps de lui dire "Matthieu..." en lui lançant un regard plein de détresse avant de s'évanouir. Eve, n'écoutant que son cœur, ne se préoccupa pas du corps qui gisait inerte à ses pieds et courut plus vite qu'elle ne l'avait jamais fait. Elle dévala les escaliers quatre à quatre puis poussa la lourde porte de l'université pour éclater en sanglots à la vue du corps qu'elle chérissait plus que tout et qui gisait étendu sur le bitume à quelques mètres d'elle. Elle s'approcha lentement de Matthieu et, les mains tremblantes de désespoir, elle s'agenouilla près de lui. Elle baigna de larmes l'être aimé, le lavant ainsi du sang qui ruisselait sur son visage. Un homme s'approcha vers elle pour lui annoncer "il n'est pas mort, on va arranger ça...". Son visage se crispa pour lui rendre péniblement le sourire qu'il lui avait donné un instant auparavant. Elle ne pu se retenir et hurla à l'oreille de Matthieu " Pourquoi? Pourquoi mon amour? Dis moi pourquoi?". Il ouvrit ses yeux clairs injectés de sang et dans un souffle qui sembla être le dernier de son existence, il lui dit " Je ne t'aime plus... Où est Pauline?". Devinant la désarroi de la jeune femme qui lui tournait le dos, l'homme au costume bleu ciel la prit dans ses bras et l'emmena dans un café pour lui offrir le petit verre de vodka qu'elle aimait tant.

Matthieu fut soigné dans le meilleur hôpital de la région, il en sortit quelques mois plus tard sans aucunes séquelles de l'incident. Matthieu oublia Pauline comme il avait oublié Eve.

marie retrouva son fils dans un café, elle ne l'avait pas vu depuis plusieurs mois. Elle semblait rajeunir d'années en années, ses joues roses illuminaient son visage et ses jambes longues et parfaites étaient mises en valeur par une courte robe en soie rouge. Elle le trouva encore plus séduisant que les jours où elle avait abusé, abusé de tout. Elle songea alors que s'il rencontrait Eve à nouveau, ils s'aimeraient et elle serait à nouveau seule... Elle se leva brusquement prétextant un rendez-vous.

Eve s'était remise de sa peine de cœur et avait enfoui le souvenir de Matthieu au plus profond de son esprit. Elle regarda la pendule en songeant "il est l'heure", elle prit son sac et descendit la rue pour se rendre dans son café préféré. Lorsqu'elle entra, le serveur lui adressa un clin d'œil auquel elle répondit par un large sourire.

Matthieu leva les yeux sur elle et fit signe au serveur de lui apporter un whisky et une vodka. Eve jeta sur lui un regard vague et vint s'asseoir à sa table.

Ils s'aimèrent à nouveau et Marie le lut dans les yeux de son fils lorsqu'elle le vit le lendemain. La colère monta en elle, lui ordonnant d'aller trouver celle qu'elle appelait "la criminelle".

Eve vit avec surprise sa belle mère qui se tenait devant la porte de son immeuble. Elle posa un doigt sur l'interphone lui indiquant qu'elle pouvait monter. Quelques secondes plus tard elle ouvrit la porte et découvrit Marie tenant entre ses mains un cactus qui devait faire environ trente centimètres de haut. Elle la fit entrer, Marie lui jeta un regard froid et enfonça les aiguilles du cactus une à une dans les doigts de "la criminelle" en prenant bien soin de les retirer ensuite en ne laissant que l'enveloppe externe dans le corps de sa belle fille. Eve se laissa faire et le poison s'insinua dans ses veines peu à peu comme il l'avait fait pour Lucas qui avait succombé de la même façon puisque Marie s'était lassée de ce regard vert qui lui reprochait sans cesse d'avoir abusé de son fils.

Lorsque Matthieu rentra de l'enterrement les yeux rougis par le chagrin. Il trouva sa mère allongée sur son lit, nue et prête à lui offrir son corps. Tout recommença, cet inceste durait depuis toujours. Il se souvint du jour où, alors qu'il n'avait pas sept ans, elle avait frotté son sexe contre le sien faisant de cet acte un rituel qui durerait toute sa vie...

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La Secte des égoïstes
By Eric-Emmanuel Schmitt
Release date: 01 January, 1996