Review par Connexion Bizarre (Portugal) : "Explore" is the much-anticipated new offering of Sonic Area, the solo sound project of French sound artist Arnaud Coeffic, one of the founders of the Audiotrauma association, a collective of French sound artists which, in recent years, has gained notoriety for the quality and creativity of its often ground-breaking output. If there were any doubts as to Sonic Area's talent and proficiency at sculpting highly immersive and organic sound constructs, especially after the release of his previous album "(insensé)", this is another (definite) proof of his skills and inventiveness. With "Explore" Sonic Area succeeded in surpassing expectations, which were comprehensibly set rather high after his previous album.
With this aptly-titled release, Sonic Area takes the listener on a disturbing and involving exploratory journey to the dark corners of the human psyche, the areas where instincts such as primal fear reside. In a way, "Explore" can be compared to the best traditions of horror literature and cinema in that the subject matter is never approached directly but rather through a suspenseful narrative of sonic shadows which grabs the listener's attention and effectively guides him to complete the picture with his own subconscious anxiety and fears.
Throughout "Explore" there is a constant feeling of tension, that is never released, at best it is partially alleviated from time to time, only to be increased or replaced with a different sort of tension immediately afterwards. Sonic Area creates this effect through an excellent series of linked immersive soundscapes built around sound collages of masterfully chosen and assembled samples, permeated by haunting drones, minimal melodies, unnerving bass and impacting percussion. The seamless flow from the violence of "Que les larmes me viennent" to the fatalist "Les morsures d'octobre", through hallucinatory ("Les caresses de serpent") and frightening ("Le silence me terrifie") episodes as well as the antithesis of release which is "La petite mort", makes "Explore" even more addictive as an aural experience and enforces the notion that this album can only be truly appreciated as a whole. The surprise at the end of "Les morsures d'octobre" is also a nice (and somewhat unexpected) crowning touch to the album.
Half-way through the year, the cocktail of tension and primal fear that is Sonic Area's "Explore" is definitely one of the best releases to come out in 2007 and the confirmation of Arnaud Coeffic's talent as a sound artist capable of creating organic and enveloping soundscapes, reminiscent of the works of David Lynch and H. P. Lovecraft.
-- Miguel de Sousa [10/10]
chronique par TRANSITMAG Attention, le label français Audiotrauma nous sort une énième petite perle ! Sonic Area, side project d'Arco, l'un des membres de Chrysalide et de F.Y.D., revient avec 'Explore', un septième album qui porte plutôt bien son nom. En effet, dès le premier titre 'Que Les Larmes Me Viennent', diverses influences se mélangent, allant du hip hop à de l'indus, ce qui rend le titre captivant et sombre, sans pour autant devenir malsain. 'Vertigineuse Évidence' emprunte le même chemin, sans paroles cette fois, et avec un aspect plus cinématographique. On sent au long de ces morceaux une bonne influence du rappeur américain Dälek, mais brassée avec des sons plus noisy et avec des passages dark ambiant dignes de certains artistes de la Cold Meat Industry. Le reste des titres continue à mélanger les styles, faisant de chaque titre un nouveau voyage totalement imprévisible, passant du calme et planant au sombre et violent, en passant par le déstructuré. Si vous aimez donc vous faire surprendre et entraîner à travers une musique riche et variée, n'hésitez pas une seule seconde à vous procurer 'Explore' !
www.transitmag.chPar Jean Francois Micard (D-Side) : "Explorer. Voila bien un terme qui colle a merveille a la musique du strasbourgeois SONIC AREA qui, depuis dix ans, sous cette identité ou au sein de F.Y.D. et CHRYSALIDE, opère une fusion des genres qui l'ont influencé. Ainsi, on trouve dans Explore des climats devant autant a l'indus old-school (SPK, davantage que l'indus allemand) au hip hop experimental qu'à l'electronica austère, à l'illbient qu'à la musique ethnique. Polychrome, mais tout en gardant une référence pour les nuances les plus sombres du spectre, Explore est un album sans oeillères, ce qui se fait de plus en plus rare, dont chaque titre est pratiquement un univers a part entiere. Selon les moments, les humeurs, on se plongera donc plutot dans les volutes asian des "Caresses de serpent", dans la secheresse hip hop de "Que les larmes me viennent" ou dans l'experimentation sensuelle des "Sublimes subtilités des tresors de ton corps". En tout cas, on trouvera là largement de quoi satisfaire notre propre soif d'exploration."
Chronique par AXESS CODE : Rythmes breakbeat, voix rapées, tension constante, c'est avec une ambiance de ghetto post-apocalyptique Dälekien, que débute "Explore" album très surprenant et déstabilisant de "Sonic Area".
On en attendait pas moins venant d'Arnaud Coeffic (co-fondateur d'Audiotrauma un des labels Indus/Noise français les plus actifs), qui mène à bien ce projet depuis une dizaine d'années.
C'est à l'aide d'un traitement sonore en constante évolution, que l'artiste plonge l'auditeur dans un univers inconnu, où les premiers mots qui viennent à le décrire sont imprévisibilité et égarement (une des marques de fabriques d'Autechre, que l'on retrouve dans cette oeuvre à travers la déstructuration de la plupart des rythmes).
On nous présente une sorte de phonographie d'un monde aux multiples visages et situations : certains moments vont nous sembler familiers voir une impression de "déjà vécu", d'autres totalement surréalistes ou encore cauchemardesques à la manière d'un David Lynch.
La sérennité n'existe pas à proprement parler dans ce monde là. Elle ne subsiste qu'un cour instant sous la forme d'atmosphères plus légères, voir tribales ou ethniques (cf "Liqueurs inconnues" et "les caresses du serpent" mettant en scène un contraste extrême entre des rythmes secs, froids et corrosifs à souhait avec la châleur des racines et des traditions de l'homme), mais aucun relâchement n'est permis, rien n'étant fait pour apporter l'espoir ou le réconfort.
Plus qu'à des idées, l'oeuvre fait appel au ressenti immédiat de l'individu, et place l'auditeur au centre de l'action : c'est le cas par exemple pour la plage "les sublimes subtilités des trésors de ton corps", où l'on est mis dans une situation intime qui devient rapidement gênante, ou encore pour le titre très ironique "Il ne faut pas avoir peur" qui procure ce que l'on imagine.
C'est accompagné d'harmonies déviantes et de sonorités tranchantes, que se fait l'exploration d'un univers, qui serait en quelques sortes une synthèse très floue d'une société en perdition. La tension permanente qui y règne et la noirceur qui l'entoure à chaques instants, ne peuvent que pousser vers une issue inattendue, et en ce sens la conclusion donnée "les morsures d'octobre" confirme cette idée.
Plus qu'un simple disque, "Explore" de Sonic Area est surtout une expérience hors normes, avec un univers qui lui est propre, et qui devrait en surprendre plus d'un.
Inclassable mais déjà culte.
by mario ya masaki
chronique de Vx69 (punish yourself, cheerleader69) Il y a des disques si évidents, si parfaitement construits, qu'on ne sait pas très bien quoi écrire dessus - à part qu'une fois l'album terminé, on n'a qu'une envie, le relancer. Le nouveau Sonic Area fait partie de cette catégorie. " Explore " - rarement disque aura aussi bien porté son nom - échappe aux descriptions classiques, se refuse à se laisser enfermer, étiqueter, analyser. Electronica ? Indus-ambient ? Hip-Hop ? Soundscapes ? Il y a de tout ça, et plus. Des rythmes urbains aux infra-basse redoutables, qui dansent sous les radiations de nappes analogiques, épaisses comme du béton vivant ; de vastes serpents électroniques, mi machines mi animaux, qui traversent des déserts post-apo peuplés de fantômes indiens, dont les chants filtrent de chaque pierre, de chaque carcasse de voiture calcinée. Ce disque convoque le feu et l'ombre, le métal brut et les circuits imprimés, l'eau lourde et les empreintes des âmes. Une alchimie parfaite de l'âge cybernétique, dans laquelle samples vocaux (j'ai rarement entendu travail aussi fin autour de la voix humaine découpée), échardes orchestrales ou ethniques, paysages sonores éthérés réussissent à se glisser à travers le maillage des lignes de force rythmique. Les images qui naissent à l'écoute des dix titres de ce disque sont à la fois terrifiantes et exaltantes : Sonic Area invente la musique post-rituelle, chamanise les esprits qui hantent les usines mortes. Avec une exigence sonore, une ascèse de la création, qui font de ce disque un des meilleur que j'ai entendu en 2007. L'électronique française avait déjà amorcé l'exploration des grands espaces d'un futur désolé avec Remain Silent, mais Sonic Area pousse très loin cette optique musicale désespérée pour en faire une musique de survie, d'émotion pure, face à l'indifférence d'un univers ravagé. Indispensable.