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** B.O.B ***



Last Updated: 12/18/2009

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Sunday, December 13, 2009 

Current mood:  groggy
........
Nous faisons confiance à Miss GPS et nous empruntons essentiellement des départementales afin de rejoindre notre destination française. Un peu épuisés par la nuit épique que nous venons de passer, nous choisissons une musique un peu plus légère que d’habitude, DJ B-Ping nous balance un best of Queen, les Gossips, Beastie Boys et Fun Lovin’ Criminals.

Peu à peu la route s’élève, les oreilles se bouchent et on commence à entrapercevoir des sommets enneigés. Le soleil est au rendez-vous, la route est peu fréquentée, il nous reste des Coca bouteilles en verre (les meilleures) et quelques sucreries pour tenir jusqu’au repas.

Après quelques kilomètres nous passons au dessus d’une langue de brume qui semble avaler toute la vallée, pas de soucis pour nous on est largement plus haut. Sauf que la perturbation climatique roule plus vite que nous et nous double pas très loin du col que nous devons emprunter pour redescendre vers Tarbes.
La neige sur le bas coté se fait de plus en plus présente et on commence à monter le chauffage dans l’habitacle. Arrive ce qu’il devait arriver pour couronner une nuit difficile, nous voilà bel et bien bloqués juste à l’entrée du tunnel par une tempête de neige. Le passage est annoncé fermé pour dix minutes suite à un message qu’on ne comprend pas, une histoire de bolas. Ce laps de temps écoulé rebelote, dix de plus, et ensuite dix encore. Secoués par les bourrasques nous voyons passer à notre droite des chasse-neiges qui s’affairent. Pas très rassurant tout ça.
Et puis ça y est ! La délivrance ! Une voie sur les trois ouvre et nous nous engouffrons immédiatement dans les six kilomètres qui vont nous ramener à la maison !

La suite de la route se fait sans encombre et nous trouvons le Celtic sur les coups de treize heures trente. Une place pratiquement devant et la chance semble nous sourire à nouveau. Sauf qu’il fait un temps de chiottes et qu’on a facile cinq heures à tuer en attendant l’ouverture.
Dirigés par notre estomac nous nous promenons dans ce qu’il semble être les rues piétonnes du centre ville et nous prenons place dans un petit salon de thé où nous commandons des légumes !!! Enfin Ben, moi je reste fidèle à mon régime et lorgne sur un croque monsieur maison mais avec salade (je précise).
Le repas terminé, nous faisons une nouvelle tentative de promenade mais nous abandonnons vaincus par le froid et la pluie. Retour au van, où Ben finit sa nuit pendant que je m’attaque au championnat espagnol sur Fifa 09.

Le bar ouvre enfin, nous rentrons nous mettre au chaud et nous découvrons un lieu qui semble être l’exacte définition de « chaleureux ». Le patron Jean Louis est d’une rare gentillesse, les murs sont couverts d’affiches des concerts passés, le mobilier fait saloon/brocante. On se croirait chez un ami.

Pour ne pas casser le rythme, nous n’attendons pas et montons notre matos directement, tant qu’on ne s’est pas encore posé. Plus facile…

On se choisit un bon fauteuil, on attaque une première tournée tout en attendant les Master & Servant d’ATRDR de Pau. Ça nous fait réellement plaisir de revoir Damien, Enzo et Alex même si notre dernière rencontre ne date que d’aout à la Féria de Béziers.

Ils arrivent un chouïa à la bourre vers dix neuf heures trente (le concert doit commencer à huit pour finir à dix). Comme ils jouent plus fort, J-L préfère qu’ils commencent et nous on finira en douceur. Petit changement de batterie (t’inquiète pas Alex tu n’es pas lourd, on ne t’en veut pas) et c’est parti.

J’avais déjà écouté leur démo et je dois avouer que je n’avais pas été emballé par ce hardcore instrumental technique mais là, mea culpa ! Grosse claque, l’effet live sans doute, ça envoie du pâté grave à coup de gros riffs (qu’est ce que je peux aimer le jeu de gratte de Damien…). Ça tourne, c’est clair, sans bavures, ça écrase et putain que ça fait du bien !

A nous d’œuvrer, pour une fois on n’a pas besoin à faire dans la demie mesure, on peut envoyer les morceaux les plus lourds, et les plus saturés. Je peux hurler à gorge déployée sans me soucier du volume sonore. C’est cool, ça se passe super bien, le public nous donne l’impression d’adhérer et on arrive même à convaincre un cinquantenaire qui doutait de notre formule avant le concert (j’ai les oreilles qui trainent souvent).
Ce même gars nous achètera les trois démos à la fin du set, petite victoire personnelle. Il me donnera même une analyse très philosophique du jeu de Ben, à savoir que par la répétition de ses breaks et de son jeu de caisse claire volontairement monotone (je cite) il exprime une certaine tristesse voire même de la mélancolie (surtout je pense dans « comment te dire je t’aime alors que tu es assis sur mon visage »). A surveiller de près, il ne faudrait pas tomber dans de l’émo !

C’est fini, on monte manger un énorme saladier de frites maisons avec sa barquette de mayo, des rillettes, du pâté au foie gras, du saucisson et un peu de tome pour dessert. Nous sommes rejoints par les franco-britanniques Cherry But No Cake, qui sont en enregistrement sur Toulouse et qui profitent d’une de leur dernière soirée avant de repartir outre Manche. S’en suit une petite soirée bien sympathique et relativement calme dans l’appartement mis à notre disposition au-dessus du bar. Ça nous fait du bien, je l’ai déjà dit on est chez des amis. Mention spéciale à la copine de Damien qui me fait mourir de rire avec ses lapins qui ne supportent pas le saxo et à Enzo qui au sommet de la chaine alimentaire mange tout ce qui est plus faible que lui, à savoir un canari et un CP.

Après des échanges de cds avec les Cherry, nous montons nous coucher (sur un matelas) après avoir demandé à Jean Louis s’il ne connaissait pas un itinéraire moins mouvementé pour retourner à Montblanc.

Après une nuit réparatrice et une douche bienfaisante (petit problème de chasse d’eau dans les WC, on s’est débrouillé avec un saladier, enfin je passe les détails) nous descendons le matériel de l’appart où nous l’avions rangé la veille pour éviter que JL soit obligé de nous rouvrir le troquet (encore des escaliers) et nous traçons vers Pau puis direction Saragosse car il parait que tout est en autoroute voire double voie.

Que nenni, en plus de nous rallonger considérablement le trajet, nous prenons des petites routes de montagne bien galère. Cela se conclut par six heures de route.

Nous retrouvons Montblanc et le Lennon Bar pour la dernière date de notre mini tournée. Bien entendu il est trop tôt, le bar est fermé et bien entendu nous trouvons une place pratiquement en face du lieu.

Nous en profitons pour jouer une dernière fois les touristes dans les petites rues calmes de cette coquette cité médiévale.

Nous repassons au Lennon vers dix huit heures, le bar est allumé mais un grand brun passe la serpillère. Nous retournons au van finir notre championnat de Fifa.

A la demie pendant que Ben comate un peu sous son bonnet, je me décide à entrer dans le bar et fais la connaissance du grand brun, à savoir Miquel de Soulblonding qui nous a cruellement manqué à Tarragona.
C’est la dernière fois que nous nous coltinons le matos, on fait vite, comme d’hab’, mini check et on reprend nos tournées d’Estrella là où on les avait laissées deux soirs plus tôt.

Miquel vient se renseigner sur notre soirée au Groove Bar, on lui explique que c’était cool mais qu’on avait galéré après. Il s’étonne sur le fait qu’on n’ait pas été payés. Sur ce il prend son téléphone, appelle le patron à mèche de Tarragona et vient nous annoncer qu’il va prendre à ses frais le cachet de l’avant-veille et que ce soir il nous payera les deux soirées. Ravis mais un peu gênés, nous nous mettons dans un coin sombre et entreprenons la lecture passionnante de magazines métal en catalan.

Un peu avant de jouer, un dénommé Jon de la télévision locale vient nous demander (en français) si nous sommes d’accord d’être filmés ce soir pour une émissions qui présente les musiciens et artistes se produisant à Montblanc. En échange de nos cds nous négocions l’envoi à domicile du DVD.

Le bar se remplit peu à peu, c’est à nous de jouer. Ce soir encore nous sommes seuls face à la populace ! Nous optons une fois de plus pour une liste essentiellement instrumentale et avec cinq morceaux chantés (je fais un effort pour ne pas trop hurler et tente de chanter presque juste). L’accueil qui nous est réservé est une fois de plus des plus chaleureux. Nous tenons aujourd’hui à faire une dédicace spéciale au petit vieux assis au fond du bar qui fait peur parce qu’il ne cligne pas des yeux (voir photos).

Vingt deux heures trente, le bar se vide d’un coup alors que les gens rentrent manger chez eux. Nous répondons une fois de plus par la négative à la question fatidique : « êtes-vous végétariens ? ». Non !!! Carnivores !!!

Miquel nous rejoint à table avec ce qui sera notre meilleur repas, comme quoi on finit en beauté ! Bien entendu à part les olives vertes on peut toujours espérer les légumes ! Rien que d’y repenser j’en ai l’eau à la bouche : plateau de charcuterie locale, fromage, pain brioché grillé à la tomate (avec peu d’huile), anchois marinés (sublimes rien à voir avec les petits trucs salés qui se désagrègent chez nous) et tortilla aux épinards et aux pignons. Le tout est servi avec un vin rouge local plutôt goûtu.

Je demande un café pour la digestion, bien attaqué déjà par les multiples tournées de bières et de vin et ne v’là t’il pas qu’il a un goût bizarre. J’interroge notre hôte qui me répond qu’il le remplit toujours à moitié de cognac…. Bon, ça passe. Ça passe toujours en fait, le tout est de le garder ! Il tient ensuite à nous faire gouter une liqueur que font ses parents à base de roses. C’est sucré, ça a bien goût à fleur, avec un peu de chance ça nous apporte les vitamines qui nous manquent, non ? Ben n’apprécie pas des masses et tente de le mélanger avec sa bière. Ce geste lui sera fatal peu de temps après !

Le bar se remplit, nous commençons à fatiguer et la copine de Miquel qui doit venir nous chercher semble avoir oublié le rendez vous. Pas grave pour moi ce sera une bière ! Foutu pour foutu.
Arrive peu de temps après Sara, légèrement pompette dirons nous, qui semble avoir copieusement arrosé son repas entre copines ! Elle nous remet une tournée de liqueur, là dans mon souvenir le grand petit frère est décédé pendant que j’essaye de faire bonne figure.

Elle nous amène à leur appartement à deux rues du bar, et nous explique en espanglais bourré que ce n’est pas la peine de prendre nos sacs de couchage, que ce soir nous avons des lits avec des draps et des couvertures. Le rêve ! Surtout que depuis la nuit à la belle étoile, ces derniers sentent un peu le ponec.
Arrivé au troisième étage sans ascenseur, j’ai droit à une tournée de liqueur de miel qui m’achève littéralement et m’envoie me coucher dans le premier lit que je trouve. Du coup Ben aura droit au petit format alors que je m’étale dans mon lit double.

La nuit est bonne, le réveil ne sonne pas et on se réveille à la bourre et pour moi, encore bourré. Ma tentative de lever se termine avec un pied dans le sac à dos posé au sol et la tête dans l’armoire. Je me recouche le temps que Ben se douche puis à mon tour me cale avec délectation sous le jet brulant !

Nous partons sans les réveiller, en laissant un petit mot sur la table du salon et en piquant l’argenterie, le bar et la télé.

C’est à ce moment là que nous réalisons que le soir de notre nuit d’errance, nous nous étions garés à cinquante mètres de l’appartement de Miquel, à cinquante mètres d’une chambre chauffée, à cinquante mètres d’un lit douillet et à cinquante mètres d’un accueil cinq étoiles ! Comme quoi quand ça veut pas…

Nous reprenons la route direction Barcelone, puis la frontière avec passage obligé à la Jonquera pour acheter quelques cigarettes pour les miss restées à la maison. On en profite pour manger l’hamburger le plus infâme qu’il nous ait été donné de gouter : un steak degueux entre deux tranches de pain… Six euros dans ta gueule sans un sourire !!!

Ça y est, on repasse en France, on range le matériel à la cave à Béziers (derniers escaliers) et retour sur Montpellier pour moi ! Après une nuit de douze heures (j’ai la chance de ne pas travailler le lundi) retour à la réalité…

Merci à tous ceux que nous avons croisé, rencontré et qui nous ont formidablement accueillis.
Saturday, December 12, 2009 

Current mood:  rockin
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Nous partons mercredi par un beau début d’après midi, gonflés à bloc pour notre première incursion de l’autre coté des Pyrénées. Pendant le trajet se succèdent dans le poste deux albums de Minor Threat, Spinning Head, Iron Maiden et DubWar.

Grâce au GPS nous trouvons de suite le Coast to Coast, juste à la sortie de la vieille ville et comble du comble une place pratiquement devant.
Nous retrouvons par le plus grand hasard (en suivant les décorations de noël) le bar « Davant » ou nous devons rencontrer Albert l’organisateur de la soirée. Premières bières Estrella commandées en espagnol en terrasse, sous les alcôves médiévales, accompagnées de pipas et maïs grillés.

Peu de temps après arrive Albert, petit bonhomme fatigué mais agité, booker à plein temps (ce qui doit expliquer les cernes). Il parle très bien anglais ce qui nous arrange fortement vu que d’une, nos connaissances en espagnol sont réduites et que deux, elles nous servent quasiment à rien dans une région où tout le monde parle catalan !
Nous échangeons des contacts pour le futur, il nous demande si on peut s’occuper de groupe de son catalogue dans le sud de la France, enfin, ça parle pro quoi.

Sur les coups de 19h nous rejoignons le Coast to Coast qui vient juste d’ouvrir. Nous découvrons un bar de bikers, avec des motos et scooters vintage accrochés dans tous les coins, au plafond, au dessus du comptoir. Tout ceci est tenu de main de maitre par Claudia, tenancière sympathique mais très cliché (cuissardes noires, mini jupe noire, chemisier noir d’où sort outrageusement une poitrine facile 100C et tignasse noire).

Nous apprenons à ce moment là que la salle de concert se trouve au deuxième étage. Comme c’est le premier jour, cela n’affecte en rien notre motivation et nous entreprenons l’ascension de nos premiers escaliers. Pourquoi premiers ? A voir plus loin !

Petit soundcheck rapide, nous rencontrons Mao de Espirit un one man band local qui se charge d’ouvrir pour nous (et d’attirer du public). Nous le laissons s’installer et descendons au rez de chaussée pour entamer notre deuxième tournée de la soirée.

Albert nous préviens que le concert va commencer plus tard à cause de la concurrence déloyale d’un match du Barça ce même soir (victoire 2-1 dont un but de Thierry Henri, on s’en fout c’est vrai mais c’est juste pour dire qu’on l’a vu). Ça se sent d’ailleurs, le bar est complètement vide.
Nous décidons donc de commencer le repas de suite plutôt que d’attendre la fin du concert.

Nous commençons par une petite salade composée, Albert nous initie au pain catalan, c'est-à-dire grillé, frotté à la tomate, gorgé d’huile d’olive et exagérément salé. Nous nous abstenons conscients des ravages que cela pourrait causer à notre transit intestinal. Une fois la salade finie, Claudia nous propose un plat de patatas totalement recouvertes d’une mayonnaise au piment, Ben fait une tentative pour récupérer les moins ointes mais sans trop de succès. Inutile de dire que : ça cale, ça pique, ça donne très soif et ça fait mal au ventre. Repus nous nous avachissons dans notre chaise en attendant que ça passe. On nous présente malgré tout des calamars à l’huile, beaucoup d’huile… Mais ça a le mérite de passer tout seul et ça se mange sans faim, juste par gourmandise (ou masochisme ça dépend). Un ou deux « aarrghhh » plus tard, nous commandons un petit espresso histoire de faire non pas glisser mais tout rentrer dans nos estomacs distendus par ce dépucelage gastronomique. Voilà qu’au lieu de la boisson salvatrice, Claudia refait irruption de sa cuisine avec une magnifique assiette de spaghettis au pesto certes délicieux mais qui nous font brièvement décéder après deux bouchées de politesse. Ça commence à sentir très sérieusement l’abdication et la direction vers le lit le plus proche sans passer par la case concert.

Le match terminé, en l’espace de moins de quinze minutes le bar s’est rempli d’une foule composée de deux extrêmes à savoir à ma droite une bande de hippies et dans le coin gauche du ring de fashion victims adeptes de cocktails.

Nous entamons poussivement notre montée des escaliers pour assister au show de Mao. Sa recette consiste à lancer des boucles avec un multipiste à cassettes, puis de sampler dessus des loops de guitares et de claviers avant de terminer à la batterie en chantant ou en jouant de l’harmonica. Même s’il faut saluer la performance je ne retiendrais qu’un seul morceau country hyper dansant et très marrant qui à le mérite d’enflammer le public.

Ça y est, c’est à nous de jouer, nous sommes tellement préoccupés par nos estomacs que nous en oublions de préparer une set list. Advienne que pourra, je fais confiance à Ben qui me souffle les morceaux les uns après les autres. Face à ce public à dominante baba cool, nous commençons à douter et craignant que nos morceaux les plus violents ne les fassent déserter le second étage, nous attaquons soft. Et là surprise ! Non seulement ils apprécient mais en plus notre bruit attise la curiosité des fashion victims de l’étage inférieur qui viennent jeter une oreille. La salle se remplit peu à peu et comble du comble pour moi, ardent défenseur du yaourt, un trio de hippies femelles entonnent avec moi le refrain de « Heroes » (pas compliqué en effet, mais ça fait plaizzz comme dit le grand).
A noter l’apparition furtive d’un retardataire chevelu qui après avoir écouté un morceau, descend au bar, achète deux bières, remonte, nous les offre et s’en va !

Malgré l’obligation de finir à minuit, nous avons le droit d’enchainer un, puis deux rappels à la demande la foule dreadlockée.

Nous finissons ce premier concert fourbus mais ravis. Une bière plus tard, nous redescendons le matos de deux étages pour rentrer dormir chez Mao qui habite entre Tarragona (notre destination du lendemain) et Gironna. Suite à une maladresse de son pote, les clés de sa voiture se perdent au fond du caniveau, nous obligeant donc à passer au plan B, à savoir dormir dans le petit appartement d’Albert.

Nous garons le van et nous nous retrouvons peu de temps après devant l’immeuble du petit bonhomme, ou plutôt au pied des escaliers… Il vit sous les toits, au sixième, sans ascenseur bien entendu… Excellent par ailleurs pour les mollets et les fessiers, mais là, bof….

Arrivés au terme d’une montée harassante, Ben abdique et part se coucher (Small Al nous laisse son lit et dormira sur son mini canapé) pendant que nous continuons à parler dates, festivals (il va essayer de nous caler au San Féliu), et tournées. Une heure plus tard je pars retrouver mon frère endormi et me caler dans mon sac de couchage. Rideau……

Dans la matinée, Ben, premier couché, premier levé, décide de partir à l’aventure pour nous ramener le petit déjeuner. Une fois parti, le farfadet maitre des lieux et moi-même nous nous levons et décidons d’aller prendre un café dans un petit bar du quartier. Bien entendu nous attendons que Ben remonte les six étages avant de lui annoncer que nous descendons de suite.

Arrivés au « Cercle » pendant que Ben s’extasie sur ses croissants à l’huile, Albert tente de nous initier, après le pain, sans succès au café catalan. J’explique : vous prenez un café chaud, vous ajoutez beaucoup de sucre et vous transvasez le tout dans un verre rempli de glaçons. Inutile de préciser l’effet dévastateur que cela aurait sur mes intestins de bon matin…

Après ce petit dèj’ salvateur nous laissons notre hôte à son journal et nous nous lançons dans la visite de la vieille ville, de la cathédrale (des escaliers), des tours de guet (des escaliers) et des remparts (des escaliers). Une fois notre tour touristique effectué nous remontons à l’appart (des esc….) récupérer nos affaires.

Albert nous amène dans la ville nouvelle pour prendre notre repas de midi dans un bar à tapas très convivial. Nous optons pour le menu spécial cholestérol à savoir mayonnaise avec un peu de macédoine et de thon, brochette de chorizo suintant l’huile et bocadillo simple pour moi, double pour Ben avec steak, bacon, fromage et œuf.

Peu de temps après ce repas équilibré nous quittons notre petit bonhomme à cernes et reprenons la route vers notre concert du soir.

Direction Tarragona !!! Olé !!!

Pour ce jour-là ça va, pas trop de route au programme, nous évitons Barcelone par la rocade du nord et toujours grâce à la voix suave du GPS, nous passons devant le Groove Bar dans une petite rue malheureusement à stationnement interdit. Pas de regret, il est tôt et le troquet est encore fermé.
Nous trouvons une place dans une petite rue et nous partons à l’aventure dans cette ville inconnue.
Nous tombons bien entendu sur des escaliers gigantesques. Les mollets fourbus nous choisissons de partir dans l’autre direction, vers le port, mais nous ne trouvons que des entrepôts de marchandises, rien de bien folichon. Foutu pour foutu, retour aux escaliers et après quelques minutes de souffrance nous atterrissons sur le Rambla Niù (je crois que ça s’écrit comme ça) en plein préparatif de marché de noël que nous arpentons de long en large pour arriver à une promenade surplombant les plages. Nous retiendrons surtout les enregistrements de cris de faucons diffusés à fond dans les platanes qui évitent l’invasion des étourneaux mais qui défoncent les tympans. Comme ça on se fera pas chier dessus, on sera tous sourds mais on se fera pas chier dessus !

Nous entrons dans le Groove Bar, bar branché plutôt « arty » dont c’est l’anniversaire (les dix ans) le soir même. On commence à se dire que c’est une erreur, qu’on ne peut pas jouer là, entre deux karaokés et un DJ électro… D’autant plus que la communication avec le patron et le technicien son est difficile, leur anglais est aussi pitoyable que notre catalan ! Je pensais que Miquel, l’organisateur serait là pour nous chapeauter, mais non, il est resté chez lui à Montblanc (notre dernière date le surlendemain). On commence à se poser des questions, malgré tout les autochtones sont accueillants et nous servent sans retenue tournées sur tournées tout en s’affairant à la mise en place bancale d’œuvres d’un artiste local qui a dû trop rester à coté des enregistrements du rambla. Comme personne nous comprend, nous commentons à voix haute les peintures et photographies du local de l’étape.

Le technicien nous demande alors de nous installer, et nous explique que nous commençons la soirée à 22h, qu’il y a un buffet ensuite et que dès que nous avons sommeil il faut que nous nous adressions au patron à mèche et pantalon à velours pour qu’il nous amène chez lui. Un peu rassurés nous allons chercher le van, nous nous perdons (le GPS nous fait tourner trois fois à gauche et nous repassons immanquablement devant notre ex-place de parking) et arrivons devant le bar à l’ancienne (Ah, le sens de l’orientation…… De Ben……Parce que s’il avait fallu faire confiance au mien….No comment).

On décharge, on monte le matos rapido, on enchaine avec un petit soundcheck, à notre surprise, ils ne nous emmerdent pas avec le volume, néanmoins on décide de jouer soft et de privilégier les morceaux instrumentaux. Le teckos essaye de m’expliquer quelque chose ayant rapport à une diffusion à la radio locale de la soirée en direct mais je ne suis pas vraiment sûr. Je n’ai gardé que les mots que je préférais !

On attaque le set, le bar est bondé, premier morceau, on attaque par « Q » qui grâce à son coté visuel de gratouillage de haut de manche fait son effet chez les profanes. Fin du morceau….. Une mouche vole…. Éternue….Puis quelques applaudissements timides. Pas grave, on a l’habitude des bides alors on enchaine deux-trois morceaux et enfin, l’ambiance se déride, nous sommes pris en photos, ça dodeline de la tête. Par contre ce soir-là pas de rappel, il faut enchainer vite fait bien fait avec le karaoké des habitués.

Là la galère s’annonce : le bar est archi bondé de monde et nous devons faire des allers-retours jusqu’à l’extérieur dans l’indifférence générale. Au début on prend des gants, on est gentil, on est poli, mais au bout de 10 minutes, pas de pitié, on fonce a travers la masse humaine, on écrase de l’orteil, on fout des coups dans les côtes. Il faut noter qu’à chaque passage devant le buffet je me sers des petits fours aimablement proposés jusqu’au moment où je tombe sur une espèce de gélatine sur toast à gout d’olive qui reste coincée dans la joue gauche. Je me refuse de continuer à mâcher cette abomination ! Mon self control reprenant le dessus, j’arrive à déglutir et à avaler cette curiosité culinaire.
Calmé pour la soirée, j’avertis Ben et nous décidons de manger au calme (c'est-à-dire assis à l’arrière du van) un bon sandwich jambon/mayonnaise maison et un paquet de chips.

Rassasiés, nous rentrons à nouveau dans le bar, commandons une nouvelle tournée d’Estrella et profitons de l’ambiance festive du lieu. Arrive le concours de sosie/playback avec une interprétation très moyenne d’un boyband à la chorégraphie hasardeuse qui est totalement éclipsée par une prestation d’un quatuor féminin maquillé et costumé à l’identique à Kiss qui interprète un « I was made for loving you baby » d’anthologie et diablement sexy, tout y est (ou presque) : chorégraphie, basse en forme de hache, platform boots à paillettes, solo de batterie, guitare cassée à la fin du morceau. Je déplore juste le manque de tirage de langue à la Gene Simmons et l’absence de sang qui coule par la bouche, enfin bon…. Oui c’est le mot, c’était bon !
Dans la foulée on a droit à un clone réussi de Freddy Mercury qui nous interprète « Crazy little thing called love » sous les acclamations de Ben, grand fan du défunt génie à moustache ! Suivra un duo sur une chanson d’amour mielleuse typiquement espagnole que bien entendu nous ne connaissons pas. Le gars qui fait l’amoureux éconduit est toutefois poilant.

Bon commence à se sentir la fatigue comme disait l’autre, j’essaye d’approcher le patron du bar, à fond d’alcool et de coke. Sans succès malgré deux récidives, je sors annoncer à Ben que ça pue du cul. On décide de s’arracher et de chercher un hôtel cheap histoire de passer la nuit.
On prend la direction de Tarbes notre destination du lendemain et let’s go, on the road again and fuck the hype !

On roule, on roule, on roule, on traverse des bleds, des zones industrielles et pas l’ombre d’un hôtel… En plus la situation se détériore encore un peu plus quand on se rend compte qu’on n’a plus de gasoil et qu’il n’existe aucune station automate dans ce coin du pays !
On arrive par hasard à Montblanc (qui je le répète sera notre dernière date), on trouve une station fermée mais qui ouvre à six heures du mat’. Un peu plus loin on avise un parking et on décide de passer la nuit dans le van sur ce parking, on s’en rendra compte dans la nuit, proche de la voie ferrée.
On s’enroule tant bien que mal dans nos sacs de couchage sur nos sièges couchés et on essaye de s’endormir. Quelques heures de sommeils et cinq trains plus tard, je suis réveillé par le bruit d’un camion à ordures qui vient récupérer sur les coups de cinq heures et demie le container à verre à coté duquel nous nous sommes bien entendu garés. Terrorisé dans mon sac à viande, je vois la grue soulever le container plein au dessus du van pour l’amener à sa benne. S’en suit un vacarme effroyable qui n’a pas l’air de réveiller le grand dont seul le bout du bonnet émerge de sa couche.

On arrive à se rendormir et on se réveille sur les coups de neuf heures, complètements fripés, fracassés et frigorifiés. Hop, petit brossage de dents et lavage de faciès au Perrier, une paire de Mars et un plein plus tard nous reprenons la route vers la frontière française en rêvant à un matelas, juste ça…. Un matelas….

To be continued.....
Tuesday, December 04, 2007 

Current mood:  mischievous
Vu que le clip vient d'être mis en ligne et que les gens (amis) qui y ont participé sont modestes voilà donc notre petite série de merci :

- Merci à Oreil pour avoir écrit, réalisé et monté le clip
- Merci à Nico (Bouchy) pour avoir tourné, éclairé et steadycamé pendant 48h non stop (merci à JPN Prod pour le matos gratuit)
- Merci à Chris pour ses effets spéciaux sanguinolents et son fameux découpage de porte (trop haut pour moi Chris, trop haut...)
- Merci à Sylvain pour nous avoir trouvé un lieu pour le tournage et pour avoir fait l'intermédiaire avec la municipalité
- Merci à Guilhom pour son rôle d'assistant (récupération des figurants, maquillage intèrimaire, gestion du téléphone, courses diverses...)

Et un énorme merci à toutes les "Zombettes" qui ont payé de leur personne en enlevant les prothèses collées à la peau, en nettoyant le faux sang collé, en se gelant en tenue légère devant des ventilos en octobre dans une maison humide et tout ça pour une salade de riz, quelques chips, des bières et du café (beaucoup de café) !
Je cite par ordre alphabétique : Audrey, Caro, Céline, Kryss, Nadège, Poupette, Sophie.

Merci à mon grand con de frère Ben et merci à moi même !!!