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THOUSAND



Last Updated: 12/10/2009

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July 29, 2009 - Wednesday 
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Vue sous un certain angle, la banlieue parisienne doit quand même bien avoir quelques airs d’Arizona. C'est en tout cas ce que suggère l'écoute de cet ovni du paysage folk français que Thousand, lui-même première moitié du duo Thousand & Bramier, a choisi de nommer The Flying Pyramid. Ici, pas d'Americana apprise sur les disques des autres, car cette musique s'impose sans filtre, au point de faire passer Thousand pour une sorte de fils caché du grand Howe Gelb. Ce parisien s'impose donc là, seul ou presque avec sa guitare, sans qu'on arrive à déterminer si le décor qui l'entoure ressemble plutôt à celui d'un home studio d'Île-de-France ou à celui d'une baraque en bois d'on ne sait quel désert américain. Or c'est précisément dans cette incertitude, parfaitement entretenue par la qualité irréprochable de pépites folk comme The Hotel Lobby ou le morceau titre, que réside toute la magie de The Flying Pyramid. Ce disque est donc une excellente surprise et il ne fait aucun doute qu'il devrait rapidement devenir l'un des meilleurs arguments de ceux qui persistent à défendre l'idée d'un folk français crédible et de qualité.

Cédric Rassat – ELDORADO.

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(…) Thousand est franchement très doué pour trouver la petite mélodie qui fait mouche, le refrain bien entêtant. Il ne se contente jamais de n'avoir que le son ou de plagier ses oncles d'Amérique. Chaque compo est habitée. Par un mot. Une lueur de picking. Un écho de pedal steel. Ou simplement un silence.

Marc Zisman – ROCK&FOLK....

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Moitié du fantastique duo folk et assimilé Thousand & Bramier, Stéphane Milochevitch en représente le côté le plus traditionnel, rural, ancré dans la terre. À la ville, le garçon est un sacré bon zigue, un être à la fois courtois et joueur, ayant toujours à la bouche une fine plaisanterie ou un bon mot. À la scène, c'est un instrumentiste accompli, pouvant se dédoubler et s'adapter dans de nombreux styles et divers instruments. Avec The Flying Pyramid, Thousand trace une ligne d'horizon qui va du blues au folk. À l'instar de Jackson C Frank (Thunder of Blues), ce disque renvoie à cette période où les blancs partirent du blues pour faire du folk. La version de Milochevitch, qui possède un timbre de voix bien plus anciens que son jeune âge, n'en reste pas moins contemporaine, dans son élaboration, sa construction. Et même s'il arrive à créer une tension noirâtre et étouffante sur Runaway Blues (et ses mots d'amour orduriers), le cauchemar s'éclaircit vite avec l'apparition d'un rythme échappatoire et surtout celle d'une voix féminine (Carolinr Gabard), qui rassure et tire le morceau loin de ses sinistres intentions. Pas le moindre sortilège réconfortant de cet album tout en nuances.

Etienne Greib – MAGIC

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La moitié du duo Thousand & Bramier livre en solo une belle moisson de folksongs sédentaires. Du haut des ses Flying Pyramids, les monuments de l’americana que sont Will Oldham et Smog le contemplent, nostalgiques.

Même si notre gorge n’était pas encore sèche, toujours ivres, rassasiés que nous étions par l’exquis de Thousand & Bramier sorti en décembre, une nouvelle tournée payée par Stéphane Milolevitch, l’homme derrière Thousand, ne se refuse pas : son gosier exceptionnel d’où il tire une voix raclée comme du crépis centenaire, a immanquablement le don de nous faire dresser les poils. Une maturité d’autant plus étonnante que révéler son âge serait alors parfaitement indécent. Assuré par cette arme vocale prodigieuse, quelque part entre Howe Gelb et Matt Berninger, Thousand ajoute un cachet incomparable à ces belles étreintes americana. Et par-dessus susciter de cruels complexes à d’autres formations issues de la même grange country/folk parisienne.

Vu la qualité de cette livraison et des précédentes sous Thousand & Bramier, on paierait cher pour mettre la main sur son premier opus solo, 40 miles of Rough Road (2008), seulement pressé à 100 exemplaires, et donc introuvable. Même si The Flying Pyramid fleure bon la prise en solitaire minimaliste, Thousand n’est pas vraiment ce qu’on peut qualifier d’ermite des champs. Pour preuve, lorsqu’il ne s’active pas en solo ou avec son compère Guilhem « Bramier » Granier, ce multi-instrumentiste accompli soutient sur scène quelques estimés camarades issus du microcosme folk alternatif français. On a pu ainsi le croiser avec l’exilé Perio, Pokett, ou H-Burns — pour qui, s’improvisant homme-orchestre, on l’a vu alterner pêle-mêle banjo, pedal-steel ou encore batterie. Cet état d’esprit enclin au partage se prolonge sur ce disque, certes en solitaire, mais généreux et lumineux.

Ceux qui regrettent le temps où Will Oldham ne se regardait pas le nombril, conforté par son génie prolifique en roue libre, ou le Bill Callahan à huis clos des débuts (qui lui, pour le coup, ne cesse de nous épater), gagneront assurément avec The Flying Pyramids une précieuse amitié. En épicurien de l’americana radieuse et aride, voire irradiée, Thousand se contente de peu, mais nous procure énormément. Seul avec pour seul pare-balle une guitare sèche, un banjo — parfois nimbé d’un coulis de bottleneck nashvillien ou un harmonica soufflant mélancolie — Dieu sait qu’il en faut pour s’imposer. Dans cette catégorie de songwriting filtré, l’erreur ne pardonne pas. Simplement, Thousand avec ses compositions qui visent à l’essentiel — l’émotion donc — franchit insolemment tous les barrages et émeut.

Par son sens de la mélodie avenante mais sans esbroufe (son grain particulier, encore une fois, joue beaucoup sur The Flying Pyramid, blues champêtre enjoué) et son jeu en picking feutré et intense (“Ready & Willing”), Stephane Milolevitch a définitivement plus d’une corde à son banjo. Il y a aussi “Runaway Blues”, un duo qui remue les tripes, dans la grande tradition parsonienne avec Caroline Gabart alias « Boy » dans le rôle d’Emilou Harris. Seul point qui trahit peut-être son jeune âge, Thousand n’est pas encore un grand parolier, mais il se rattrape en signant de petites accroches mélodiques qui font mouche (“ Giant Rainbows light up the sky, up the sky, up the sky... ”). Quant à Guilhem Granier, son fidèle alter-ego, il n’est jamais guère loin et se charge de la dernière étape studio, celle délicate du mastering, comme s’il lui donnait sa bénédiction avant de voler de ses propres ailes.

Paul Ramone – PINKUSHION

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Voix de cow-boy travaillée à la clope, il chante dans un anglais parfait et use du picking avec excellence.

VOXPOP

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Le disque et dans le lecteur, les vitres grandes ouvertes, les cheveux s'envolent, la route est devenue un petit filet noir et souple qui trace des courbes. La sensation est grisante : une véritable impression de s'envoler sur cette Flying Pyramid bluesy qui introduit l'album du même nom. D'habitude, Thousand forme un duo avec Bramier, et accompagne H-Burns sur scène. En solo, il dévoile une collection inestimable de perles pour les amoureux de folk. Un trésor qui n'a rien à voir avec du folk de hippy, ni du folk contestataire. Il s'agit juste de chansons au caractère bien trempé, qui racontent des histoires aux oreilles attentives. En version brute, jouées à la guitare acoustique, avec un peu de batteries et la voix grave de Thousand. Les claps de doigts, le banjo, une voix féminine pour le duo Runaway Blues, de l'écho, de la sensibilité…

Béatrice Corceiro – LONGUEUR D’ONDES

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Dur de croire en voyant Thousand, que c'est bien de son corps que sort cette voix au coffre digne d'un cowboy décontracté élevé au bon whisky. Il est encore plus dur de croire, quand on écoute ses productions, qu'il lui faut parfois trois ans pour se persuader de la valeur de celles-ci et donc de se décider à les sortir (cf. 40 Miles Of Rough Road, sorti l'an dernier sur Arbouse en CD-R à 100 exemplaires).

Et pourtant... The Flying Pyramid, à l'image de l'album précédent ou des productions de Thousand & Bramier, n'a pas à rougir de son côté confidentiel, tant on pourra plaindre ceux qui commettront l'erreur de passer à côté. Véritable expert en matière de picking folk, Thousand prouve ainsi toute sa polyvalence, lui qui est tout aussi efficace quand il joue de la batterie ou du lap steel avec H-Burns.

Les compositions, plutôt posées pour la plupart, partagent le point commun avec celles du drômois de présenter des textes d'une précision redoutable. Précision encore plus marquée quand lesdits textes se retrouvent appuyés par Eric Delporte (Perio) ou par la nantaise Boy, qui nous rappelle ce qu'aurait toujours dû rester Cat Power sur l'exquis Runaway Blues, véritable leçon de savoir-écrire.

Même sans son compère Bramier, Thousand, à l'instar de "pointures" comme Bill Callahan ou David Berman, arrive à rendre hommage de la plus belle des façons à des genres ancestraux : en leur insufflant une dose d'énergie et d'enthousiasme salvatrice. Ne vous laissez donc surtout pas avoir par la posture nihiliste du garçon, qui doit quand même bien savoir que ses chansons valent largement mieux que cela.

Eric Fournier – MILLE-FEUILLE

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