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Vue sous un certain angle, la banlieue parisienne doit quand
même bien avoir quelques airs d’Arizona. C'est en tout cas ce que suggère
l'écoute de cet ovni du paysage folk français que Thousand, lui-même première
moitié du duo Thousand & Bramier, a choisi de nommer The Flying Pyramid.
Ici, pas d'Americana apprise sur les disques des autres, car cette musique
s'impose sans filtre, au point de faire passer Thousand pour une sorte de fils
caché du grand Howe Gelb. Ce parisien s'impose donc là, seul ou presque avec sa
guitare, sans qu'on arrive à déterminer si le décor qui l'entoure ressemble
plutôt à celui d'un home studio d'Île-de-France ou à celui d'une baraque en
bois d'on ne sait quel désert américain. Or c'est précisément dans cette
incertitude, parfaitement entretenue par la qualité irréprochable de pépites
folk comme The Hotel Lobby ou le morceau titre, que réside toute la magie de
The Flying Pyramid. Ce disque est donc une excellente surprise et il ne fait
aucun doute qu'il devrait rapidement devenir l'un des meilleurs arguments de
ceux qui persistent à défendre l'idée d'un folk français crédible et de
qualité.
Cédric Rassat – ELDORADO.
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(…) Thousand est franchement très doué pour trouver la
petite mélodie qui fait mouche, le refrain bien entêtant. Il ne se contente
jamais de n'avoir que le son ou de plagier ses oncles d'Amérique. Chaque compo
est habitée. Par un mot. Une lueur de picking. Un écho de pedal steel. Ou
simplement un silence.
Marc Zisman
– ROCK&FOLK....
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Moitié du fantastique duo folk et assimilé Thousand &
Bramier, Stéphane Milochevitch en représente le côté le plus traditionnel,
rural, ancré dans la terre. À la ville, le garçon est un sacré bon zigue, un
être à la fois courtois et joueur, ayant toujours à la bouche une fine
plaisanterie ou un bon mot. À la scène, c'est un instrumentiste accompli,
pouvant se dédoubler et s'adapter dans de nombreux styles et divers
instruments. Avec The Flying Pyramid, Thousand trace une ligne d'horizon qui va
du blues au folk. À l'instar de Jackson C Frank (Thunder of Blues), ce disque
renvoie à cette période où les blancs partirent du blues pour faire du folk. La
version de Milochevitch, qui possède un timbre de voix bien plus anciens que
son jeune âge, n'en reste pas moins contemporaine, dans son élaboration, sa construction.
Et même s'il arrive à créer une tension noirâtre et étouffante sur Runaway
Blues (et ses mots d'amour orduriers), le cauchemar s'éclaircit vite avec
l'apparition d'un rythme échappatoire et surtout celle d'une voix féminine
(Carolinr Gabard), qui rassure et tire le morceau loin de ses sinistres
intentions. Pas le moindre sortilège réconfortant de cet album tout en nuances.
Etienne Greib – MAGIC
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La moitié du duo Thousand & Bramier livre en solo une
belle moisson de folksongs sédentaires. Du haut des ses Flying Pyramids, les
monuments de l’americana que sont Will Oldham et Smog le contemplent,
nostalgiques.
Même si notre gorge n’était pas encore sèche, toujours ivres,
rassasiés que nous étions par l’exquis de Thousand & Bramier sorti en
décembre, une nouvelle tournée payée par Stéphane Milolevitch, l’homme derrière
Thousand, ne se refuse pas : son gosier exceptionnel d’où il tire une voix
raclée comme du crépis centenaire, a immanquablement le don de nous faire
dresser les poils. Une maturité d’autant plus étonnante que révéler son âge
serait alors parfaitement indécent. Assuré par cette arme vocale prodigieuse,
quelque part entre Howe Gelb et Matt Berninger, Thousand ajoute un cachet
incomparable à ces belles étreintes americana. Et par-dessus susciter de cruels
complexes à d’autres formations issues de la même grange country/folk
parisienne.
Vu la qualité de cette livraison et des précédentes sous Thousand
& Bramier, on paierait cher pour mettre la main sur son premier opus solo, 40
miles of Rough Road (2008), seulement pressé à 100 exemplaires, et donc
introuvable. Même si The Flying Pyramid fleure bon la prise en solitaire
minimaliste, Thousand n’est pas vraiment ce qu’on peut qualifier d’ermite des
champs. Pour preuve, lorsqu’il ne s’active pas en solo ou avec son compère
Guilhem « Bramier » Granier, ce multi-instrumentiste accompli
soutient sur scène quelques estimés camarades issus du microcosme folk
alternatif français. On a pu ainsi le croiser avec l’exilé Perio,
Pokett, ou H-Burns — pour qui, s’improvisant
homme-orchestre, on l’a vu alterner pêle-mêle banjo, pedal-steel ou encore
batterie. Cet état d’esprit enclin au partage se prolonge sur ce disque, certes
en solitaire, mais généreux et lumineux.
Ceux qui regrettent le temps où Will Oldham ne
se regardait pas le nombril, conforté par son génie prolifique en roue libre,
ou le Bill Callahan à huis clos des débuts (qui lui, pour le
coup, ne cesse de nous épater), gagneront assurément avec The Flying
Pyramids une précieuse amitié. En épicurien de l’americana radieuse et
aride, voire irradiée, Thousand se contente de peu, mais nous procure
énormément. Seul avec pour seul pare-balle une guitare sèche, un banjo —
parfois nimbé d’un coulis de bottleneck nashvillien ou un harmonica soufflant
mélancolie — Dieu sait qu’il en faut pour s’imposer. Dans cette catégorie de
songwriting filtré, l’erreur ne pardonne pas. Simplement, Thousand avec ses
compositions qui visent à l’essentiel — l’émotion donc — franchit insolemment
tous les barrages et émeut.
Par son sens de la mélodie avenante mais sans esbroufe (son grain
particulier, encore une fois, joue beaucoup sur The Flying Pyramid,
blues champêtre enjoué) et son jeu en picking feutré et intense (“Ready &
Willing”), Stephane Milolevitch a définitivement plus d’une corde à son banjo.
Il y a aussi “Runaway Blues”, un duo qui remue les tripes, dans la grande
tradition parsonienne avec Caroline Gabart alias
« Boy » dans le rôle d’Emilou Harris. Seul point qui trahit peut-être
son jeune âge, Thousand n’est pas encore un grand parolier, mais il se rattrape
en signant de petites accroches mélodiques qui font mouche (“ Giant Rainbows
light up the sky, up the sky, up the sky... ”). Quant à Guilhem Granier,
son fidèle alter-ego, il n’est jamais guère loin et se charge de la dernière
étape studio, celle délicate du mastering, comme s’il lui donnait sa
bénédiction avant de voler de ses propres ailes.
Paul Ramone – PINKUSHION
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Voix de cow-boy travaillée à la clope, il chante dans un anglais parfait et use du picking avec excellence.
VOXPOP
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Le disque et dans le lecteur, les vitres grandes ouvertes,
les cheveux s'envolent, la route est devenue un petit filet noir et souple qui
trace des courbes. La sensation est grisante : une véritable impression de
s'envoler sur cette Flying Pyramid bluesy qui introduit l'album du même nom.
D'habitude, Thousand forme un duo avec Bramier, et accompagne H-Burns sur
scène. En solo, il dévoile une collection inestimable de perles pour les
amoureux de folk. Un trésor qui n'a rien à voir avec du folk de hippy, ni du
folk contestataire. Il s'agit juste de chansons au caractère bien trempé, qui
racontent des histoires aux oreilles attentives. En version brute, jouées à la
guitare acoustique, avec un peu de batteries et la voix grave de Thousand. Les
claps de doigts, le banjo, une voix féminine pour le duo Runaway Blues, de
l'écho, de la sensibilité…
Béatrice Corceiro – LONGUEUR D’ONDES
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Dur de croire en voyant Thousand, que
c'est bien de son corps que sort cette voix au coffre digne d'un cowboy
décontracté élevé au bon whisky. Il est encore plus dur de croire, quand on
écoute ses productions, qu'il lui faut parfois trois ans pour se persuader de
la valeur de celles-ci et donc de se décider à les sortir (cf. 40 Miles Of Rough Road, sorti l'an dernier sur Arbouse en
CD-R à 100 exemplaires).
Et pourtant... The Flying Pyramid, à
l'image de l'album précédent ou des productions de Thousand
& Bramier, n'a pas à rougir de son côté confidentiel, tant on pourra
plaindre ceux qui commettront l'erreur de passer à côté. Véritable expert en
matière de picking folk, Thousand prouve ainsi
toute sa polyvalence, lui qui est tout aussi efficace quand il joue de la
batterie ou du lap steel avec H-Burns.
Les compositions, plutôt posées pour la plupart, partagent le point
commun avec celles du drômois de présenter des textes d'une précision
redoutable. Précision encore plus marquée quand lesdits textes se retrouvent
appuyés par Eric Delporte (Perio) ou par la
nantaise Boy, qui nous rappelle ce qu'aurait
toujours dû rester Cat Power sur l'exquis Runaway Blues, véritable leçon de savoir-écrire.
Même sans son compère Bramier, Thousand,
à l'instar de "pointures" comme Bill Callahan
ou David Berman, arrive à rendre hommage de la
plus belle des façons à des genres ancestraux : en leur insufflant une dose
d'énergie et d'enthousiasme salvatrice. Ne vous laissez donc surtout pas avoir
par la posture nihiliste du garçon, qui doit quand même bien savoir que ses
chansons valent largement mieux que cela.
Eric Fournier – MILLE-FEUILLE
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