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Clair Obscur



Last Updated: 11/23/2009

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Signup Date: 3/13/2006

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Saturday, August 15, 2009 
After the release of We Gave A Party For The Gods... Clair Obscur are working on a new record project. We have asked friend artists, mostly non-musicians (visual artists, choreographers, journalists...), to make a remix or cover of one of the songs of our latest album. This remix project will be out on Optical Sound in the next months.

This Summer seems to be a good period for work since we have started to write the first songs of our future album. So far the tracks compared to our latest album sound less "rock", stranger and more varied. We will see how this will evolve...

Because most of you are on holiday, we have added a few old songs on our MySpace player for you to listen to. This is the kind of music with which you will make friends if you go sunbathing on the French Riviera.

Happy Summer !
Thursday, June 04, 2009 
ENTRETIEN AVEC CLAIR OBSCUR

Clair Obscur est initialement réapparu à travers une série de lives cold et minimalistes reprenant vos premiers titres, et vous aviez annoncé un album comprenant ces nouvelles versions. Or, mis à part Blume et The Last Encounter, rien de cette époque n’apparaît sur le nouvel album. Qu’est-ce qui a fait changer l’optique du projet ?
Clair Obscur pratique la musique comme un écrivain qui écrit toujours le même livre, un peintre perdu dans sa peinture - à la recherche d’une ivresse, d’une bascule - un gamer abandonné dans un terrain dévasté, une fois la partie terminée… La chanson comme un prétexte… Pourquoi en changer ?… Où se situe finalement la créativité ? Surtout dans le rock ? Finalement nous nous sentons plus proches de Roman Opalka que de Lou Reed qui aurait du mourir il y a vingt ans. Nous préférons l’enfouissement, l’épuisement d’un titre - pour respirer… encore une fois… - Cela provoque aussi une réaction très physique… La répétition est un acte violent… Reprendre, ce n’est pas refaire à l’identique. C’est greffer sur l’os le temps qui passe, l’état distendu entre deux disques, deux concerts… Et pour un groupe comme Clair Obscur qui a traversé le siècle, les modes, les tendances, il y a un plaisir féroce à se reprendre… Entre parjure et pardon… Une sorte de punition face au temps… Clair Obscur manie aussi la contradiction et, à l’impertinence de la reprise, il nous fallait plaquer de nouvelles énergies - contradictoires, menaçantes… en porte à faux avec l’image du groupe et ce que l’on attend de lui… C’est pourquoi il y aussi de nouveaux titres… qui seront alors repris… plus tard…

Cry No More, une reprise des Poison Girls que vous aviez déjà enregistré sous le titre Mercredi et Decades de Joy Division figurent également sur l’album. Pourquoi ces deux titres en particulier ?
Nous avons rencontré Ian Curtis et cela a été un choc… Nous étions à Manchester avec Pierre Beloüin et P. Nicolas Ledoux (d’ailleurs notre label manager et notre graphiste) quelques mois avant son suicide, et par le hasard de nos relations communes, nous avons passé une soirée à boire et à déconner… Il était très drôle… émouvant, et je lui avais fait la promesse que Clair Obscur ferait une reprise de Joy… C’était le bon moment… Il y a une forme de malaise à voir passer Joy Division dans le domaine public au travers de films, articles, livres, stylistes qui reprennent le look de Ian Curtis pour faire claquer les dollars… Bientôt une publicité pour une voiture… C’est plus complexe qu’un phénomène générationnel… Le sourd fracas parfait de leur musique s’est maintenu au fil des années, rampant, actif, et n’a pus qu’éclore, passer à la lumière pour sublimer à la fois un idéal, une éthique, une réaction à la société, un chemin de vie - même si celui-ci, pour Ian Curtis, s’est arrêté trop tôt mais a constitué le mythe. New Order d’un côté qui se noie dans la soupe et Joy Division qui devient un repère de l’histoire du rock comme le sont les Stooges, Les Ramones… Notre longévité nous tient à l’écart de ce type de récupération et de mystification… toute proportion gardée… Mais quand je vois tous ces groupes des années 80, disparus dans le grand bruit blanc se reformer et exposer leurs breloques dans des magasins de fringues… je suis content que Clair Obscur soit encore debout pour ne pas se laisser allonger dans ce genre de cercueils… Pour la chanson de Poison Girls… c’est personnel…

Musicalement, l’album est plutôt dépouillé, loin des orchestrations des albums de Clair Obscur. C’est une nouvelle ère qui s’ouvre pour vous, moins théâtrale ?
C’est un album plus dépouillé - comme nous le sommes tous. Le dépassement de l’art cher à Debord n’a pas eu lieu et nous sommes pris les pieds dans le béton… Nous ressentions au moment de l’enregistrement un besoin physique profond - une sorte de lutte froide - une course mentale. Le théâtre, c’est bon pour Marylin Manson et Metallica qui ont réussi a en pousser les limites à leur paroxysme… Nous passerions pour de petits joueurs… Il y a une sorte de pessimisme combatif - comme dans les années 80 - mais sans le décor, sans les gens, sans tout… A la brutalité, nous répondons par une brutalité sans concession.

Un titre est ouvertement dédié à Genesis P. Orridge, un autre aborde la scène politique française sans détours. Souhaitiez-vous être plus clairs et directs cette fois-ci ?
Pas vraiment… C’est une chanson engagée qui ne dit rien… qui fonctionne par dommage collatéral… comme une comptine pour enfant - les enfants sont méchants… Un effet boomerang avec un boomerang en acier bien affûté… Les textes de Clair Obscur fonctionnent souvent de façon autonome - parfois hors de la musique - d’une façon plus abstraite… pour se dégager des contraintes et pour mieux s’infiltrer… Mon ami, mon frère… il y a un mélange des genres que j’apprécie particulièrement… La dislocation du tissus social a rendu désuet la notion d’ami/frère… à la vie - à la mort… chacun pour soi - rien pour personne… Accoler cette notion aux faux amis de la politique est aussi drôle que pathétique que dramatique… Du pur Clair Obscur… C’est l’avènement de l’idiotie comme rempart à la violence du monde - avec les préparatifs de la révolte… On rit jaune jusqu’à ce que ce soit noir ou rouge…

Et pour la suite, pensez-vous jouer cet album sur scène, et sous quelle configuration ? Prévoyez-vous déjà d’autres albums ? Et Cocoon ?
Nous avons créé en décembre dernier un concert hybride intitulé Battle que nous aimerions faire tourner… et dont je ne veux pas trop dévoiler la trame car cela repose sur un dispositif visuel qui fonctionne par surprise. Nous réagissons aux propositions… Rien n’est impossible, tout est improbable… Clair Obscur est un organisme mutant et résistant… Le silence ne nous fait pas peur… Nous avons signé un contrat de 18 albums et 7 rééditions avec Optical Sound… Donc tout va bien… Cocoon suit sa trajectoire - entre performance - expérience avec des plasticiens - concerts pour une personne… Nous vivons dans une improvisation chaotique qui nous a rendus à la fois plus forts mais aussi plus à l’écoute de ce qui se passe autour de nous.  Nous nous laissons la possibilité d’agir… sous notre propre nom ou sous des noms d’emprunts… Nous avons sorti un album l’année dernière de Darksco sur un label allemand qui a très bien marché… Mais là aussi… nous attendons le bon moment pour révéler que c’est nous… Tout est une question de timing…

Vous honorez les Dieux avec ce nouvel album ? Lesquels ? Plutôt Dionysos si vous faites la fête ?
Je suis tombé sur cette oeuvre de John Giorno dans la dernière salle de l’exposition Traces du sacré au Centre Pompidou. Et j’ai immédiatement tilté sur cette invitation absurde, impossible, qui me renvoyait à ce que nous avions essayé de faire dans notre travail. Sans doute un besoin de danser avec les Dieux, de boire avec eux… Ni Dieu, Ni Maître… Et maintenant Dansez… La boule disco du monde s’est effondrée sur la société… Et sur la piste se déhanchent les dieux et les déesses… Il n’y a plus qu’eux pour y croire et continuer jusqu’au bout de la nuit… Les zombies se font des soirées « mousse ». 20 000 personnes stylisent un pogo à la vanille synthétique en s’abrutissant de vomitek. Sonic Youth dans un white cube… Nous sommes les témoins et les acteurs de notre incapacité à avoir changé  les choses… Il ne s’agit pas pour nous de tenir un discours aigri mais de mettre les points sur les « i » - Clair Obscur tenait déjà ce discours dans les années 80 et luttait en toute conscience : inutilement. C’est ce qui nous permet aujourd’hui d’affronter la réalité et de jouer devant 50 personnes… La persistance vs résistance et comme le défend Zizek : entretenons les territoires conquis à défaut d’envahir les autres… La révolution est un leurre – construisons des terriers et des pièges.

Ce titre est en fait inspiré par des « poem paintings » de John Giorno, figure de la Beat Generation. Pourquoi ce choix ? En quoi cette phrase ou cet artiste ont influé sur la création de cet album ?
Il n’y a aucun rapport entre l’œuvre, l’artiste et notre travail… juste son nom. Un flash fulgurant… C’est aussi simple que cela… Clair Obscur prend le meilleur des autres et le garde pour lui… Nous avons toujours copié, volé, dépouillé le grand cimetière de la musique pour recycler ces énergies mortes et oubliées… De la performance à la musique expérimentale… Rien ne se créait, tout se recycle… C’est une question de temporalité et d’adhérence au monde… Nous en manquons.

Votre album est en tout cas très varié (de la cold wave à l’indus old school, en passant par le folk acide et la pop acidulée) et semble, pour ma part, le meilleur moyen de découvrir Clair Obscur. On a l’impression que vous avez voulu mettre sur ce disque tout votre savoir-faire musical, avec les différentes palettes et genres musicaux que l’on vous connaît…
Je ne sais pas ou plus… Toutes ces étiquettes sont bonnes pour les courses de Formule 1 et vendre des disques… Nous avons toujours puisé dans des musiques contradictoires pour essayer de créer de l’énergie… On ne veut pas faire plaisir, ni séduire… On prend des coups, on en donne… Cet album peut faire danser le trader et pleurer sa mère… Nous réagissons au monde qui nous entoure, à ses vibrations, à l’électricité avec en catalyseur une machine qui se nomme Clair Obscur… Avec son histoire et son futur dans le même espace temps… Une névrose… Il n’y a plus de style… mais plutôt une attitude, une réaction personnelle sous la forme de musique… Alors popdronediscometalgothic… c’est du marketing… Pour moi, c’est un disque de Clair Obscur. Point.

Je ne connais pas bien la langue de Goethe. De quoi parle le titre Es War ?
Le texte de Es War est une réaction épidermique à la victoire de Sarkozy en mai 2007. Le lundi matin suivant son élection, il y avait une sorte de silence cotonneux dans les rues de mon quartier, un Knock Out général parmi la population cosmopolite du 19ème arrondissement, comme une implosion blanche, une neige radio-active. Alors, j’ai écrit ces mots, «Il était une fois dans la France morte... Nous entrions dans une longue nuit froide...». L’allemand fonctionne bien symboliquement – chanté il garde une zone de malaise, un mauvais goût dans la bouche… Cela va assez bien avec la situation actuelle… On travaille la pâte molle des clichés… C’est aussi cela le rock’n’roll…

La tension sur Rain me rappelle un peu Wire, voire (j’exagère sans doute) du Suicide avec des guitares. Cela vous parait-il  incongru ?
Suicide est une référence… Le dernier disque d’Alan Vega, Station, est un exemple de rage… Sortir un disque de cette qualité et de cette radicalité après tant de combats, d’usures… J’aimerais être comme lui dans quelques années… C’est du diamant brut… et sexy… Clair Obscur est un vampire… Pareil pour Joy Division… Comment leur échapper ? En suçant leur sang… Avec respect.

Vous reprenez trois de vos anciens titres (dont Mercredi qui est elle-même une reprise de Poison Girls) et vous vous risquez également à la cover de, sans doute, le plus beau titre de Joy Division. Inconscience ? Manque d’inspiration ? Plus sérieusement, pourquoi ces reprises ? Celle de Joy est étonnante car presque méconnaissable et Cry No more me semble  meilleure que l’(les) originale(s), pour ma part…
L’urgence de Joy Division est encore là, sans doute comme jamais elle ne l’a été… C’est un coma, une sorte de longue absence… Il m’ a fallu toutes ces années pour attaquer le mythe… être dans une position où je pouvais reprendre une telle chanson… Il était temps, c’était nécessaire pour moi - sans calcul / instinctivement… Reprendre, c’est comme une psalmodie, une réincarnation… Il y a une mystique foudroyante chez Joy Division… C’est lui le Dieu que j’ai invité à danser… avec nous… pour habiter la nuit… et rouler dehors… On manque de danse avec les Dieux…

I hope you’re fine : Alors, finalement, elle va bien ? J’aime beaucoup cette chanson, très Clair Obscur de la fin des années 80 dans sa structure et son atmosphère, je trouve, avec une légèreté apparente et une mélancolie sous-jacente…
C’est comme une madeleine de Proust mais… pourrie…

Tokyo Décembre 2008
Entretien réalisé par Kiko Kawabata
Thursday, June 04, 2009 
FRANCE MUSIQUE
ELECTROMANIA
Ce qui est assez étonnant avec Clair Obscur, c'est d'abord la fraîcheur de leur musique. C'est un groupe qui s'inscrit toujours véritablement dans l'héritage de la new wave, mais c'est un groupe qui aussi se place quelque part dans la poésie sonore, quelque part dans quelque chose de très curieux. (...) "Mon ami mon frère" est très provocateur, très intéressant, très particulier, (...) très troublant par l'étrange message politique pervers qui s'en dégage. (...) Tous les morceaux du nouvel album de Clair Obscur sont à l'avenant. C'est un album remarquable.
Christophe Bourseiller, 19 mai 2009
http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/electromania/pres.php?e_id=20000010



SIDE-LINE
CLAIR OBSCUR
We Gave A Party For The Gods And The Gods All Came
(cd Optical Sound)
This album from this cult French act is a nice surprise since apart from several re-releases and live albums we had not heard anything new from them for quite a long time now (more than ten years). This new release clearly is a good album and brings Clair Obscur back to the front of the avant-garde scene. Of course their music remain something very particular and unusual for the scene but it's also their trademark. From coldwave and industrial to orchestral and experimental, we get a collection of tracks that sounds like a compilation (some eighties sounding soundscapes here and there) but with a certain cohesion. There are two cover songs featured: a depressive and gloomy version of Joy Division's “Decade” and a more electronic cover of “Cry No More” (Poison Girls). Other noticeable tracks are the rather schizophrenic “It'll Be Allright”, the nice and gloomy “I Hope Your're Fine” or the funny “Mon Ami Mon Frère” (a techno bassline and 2nd degree French vocals). And since the band like to disturb, recycle and brings mystery, they also deliver new versions of two classical tracks from their early albums: the tense “The Last Encounter” and “Blume”.
(CF:8/9) CF, 03 June 2009
http://www.side-line.com/reviews_comments.php?id=42863_0_17_0_C




MOUVEMENT
CD DE LA SEMAINE
We Gave A Party For The Gods And The Gods All Came
CLAIR OBSCUR
Label/distributerur : Optical Sound/Season of Mist
A l’heure où la scène musicale n’en finit pas de voir resurgir de partout les piteux revenants des années 1980, Clair Obscur, fer de lance de la scène expérimentale française et européenne du début de cette décennie exsangue, publie un nouvel album. We Gave a Party for the Gods and the Gods all Came taillade au couteau les archétypes et les recettes – aigres et douces – des eighties.
La musique est un grand cimetière et la mode est aux zombies des années 1980 : ils surgissent de partout – quels que soient les genres, les tribus ou les courants, mauvais ou très mauvais. Hélas, ils ne font plus peur à personne. Pour survivre aujourd’hui, encore fallait-il ne pas mourir… C’est le cas de Clair Obscur, groupe français à dimension européenne – fer de lance d’un rock expérimental – entre performance et énergie punk, cold-wave et cabaret électronique. Les frères Demarthe ont eu beau creuser leur tombe en saccageant avec férocité et plaisir ce qu’ils construisaient, rien n’y a fait : passant d’un rock abrasif à des sonorités électroniques, de la musique de chambre au post-jazz , le fil du rasoir n’a pas saigné, toujours du bon côté. Fiers et cinglants, ils ont imaginé se consumer sur place et entrer de plain-pied dans la Légende… L’Histoire en a décidé autrement : en France, le rock n’a pas de Légende, rien que des histoires, courtes et mal écrites – celle de Clair Obscur sera alors longue et ciselée. Deux décennies et une poignée d’albums plus tard, voilà une invitation à une « party »… Mais nous n’y sommes pas invités, seuls les dieux, eux, le sont. Et ils vont être heureux… Car derrière ce visage grave et sombre se bricole une piste de danse, dalle après dalle, néon après néon, pierre à pierre – certaines fausses, d’autres mal taillées, mais toujours bien agencées. Les boules disco du spectacle mondial ont explosé sur le sol, quelques spots, deux-trois bouteilles, un gros son, un vieil ampli, une batterie, un laptop… Terminé la mousse et les hurlements. Les dieux mûrissent et deviennent exigeant – tant mieux pour nous. On danse, on écoute, on fredonne, on s’énerve, on s’apaise… la voix se tend et s’étend, devient corde sensible sur une reprise de Joy Division (Decades) en guise d’after, passe de l’allemand à l’anglais avant de retourner au français : non pas par souci d’opportunisme – le groupe participait déjà à la constitution de l’Europe musicale il y a vingt ans –, mais par besoin de sonorités et de matières… Un cruel mélange de genres… qui en déstabilisera plus d’un : fan de la première heure qui ne pourra résister à l’appel d’une dark disco ravageur et se trouvera désarmé face à la ritournelle conceptuelle Mon ami mon frère, fan de la nouvelle heure qui croquera à pleines dents la trop belle madeleine new-wave Es war ou croira au retour vers le passé du définitif The Last Encounter… On invente un présent aspiré par le futur. De la provocation : on taillade au couteau les archétypes et les recettes – aigres et douces – des années 1980. Pour en finir définitivement ? Dans l’attente d’un impossible dépassement de l’art ? Sans doute, mais alors les yeux dans les yeux, avec une fausse mélancolie et un doigt bien pointé vers les responsables de cette scène coulée dans un béton qui n’a jamais pris : eux ?… nous ?… coupables mais pas responsables… It’ ll be allright !
Juliette NOIRCEUIL, chronique du 24/06/2009
http://www.mouvement.net/site.php?rub=5&id=207965#




XROADS
CLAIR OBSCUR ****
We Gave A Party For The Gods And The Gods All Came
(Optical Sound)

Retour à la lumière
Groupe séminal de la cold wave française des années 80, Clair Obscur,  formé en 1981 par les frères Demarthe et Thierry Damerval, rejoints par Thierry Demerval, aura marqué durablement les esprits par la qualité de sa musique, un mélange de rock froid et métallique, de sons indus et de danse robotique qui lui aura permis de franchir les frontières de l’hexagone (avec la compil collector From Torture To Conscience du label mythique N.E.R. au coté de Death In June, In The Nursery ou Current) et d’acquérir le statut envié de combo culte. Après une poignée de singles, de maxis et d’albums de très haute tenue, Clair obscur rentre dans l’ombre à la fin des années 90 au grand dam de ses fans. Après dix années d’un trop long silence, il revient donc sur le devant de la scène avec ce superbe album impeccablement produit et enregistré. Chantées en allemand, en anglais et en français, les compositions s’imposent immédiatement par leur puissance. A l’instar du très impressionnant « Es War », diatribe écrite après l’élection de Sarko, qui ouvre les hostilités dans la langue de Goethe. « It’ll Be Allright » convoque le fantôme de  D.A.F. (Deutsche Amerikanische Freundchaft), duo électro-rock  teuton du début des années 80 et précurseur de la nouvelle vague actuelle. L’hypnotique  « Rain » qui suit, évoque les riches heures d’un Wire tandis que les envoûtants « I Hope You’re Fine » et  « This Song Is For You GPO », dédié à Genesis P. Oridge, artiste déjanté, tête pesante de Throbbing Gristle puis de Psychic TV, enfoncent le clou. Avec son long et ironique énoncé de noms d’hommes et de femmes politiques de notre douce France, « Mon ami, mon frère », chanson engagée, faussement dégagée sur une rythmique dansante, a tous les aspects d’un tube improbable.  L’éthéré « Blume » navigue dans les plus hautes sphères et « The Encoutner » a l’apparence d’une jam instrumentale sauvage sous haute tension.  Avec ses deux reprises de goût, le « Cry No More » des Poison girls, (groupe anarcho punk féministe formé autour de la chanteuse Vi Subversa et souvent associé à Crass) et le classique « Decades » de Joy Division, revu et corrigé à la mode velvet, ce disque marque le retour éclatant à la lumière d’un groupe tout bonnement indispensable et incontournable dans notre triste paysage musical français où le consensus mou règne en maître. Il nous avait sacrément manqué…
A ranger au rayon rock français d’exception
Phil Ross, juin 2009




PREMONITION
CLAIR OBSCUR
We gave a Party for the Gods and the Gods all came
(Optical Sound)

A
près une absence prolongée, de dix ans précisément (suite à la parution en 1999 de "Clair Obscur 2nd Generation"), les frères Demarthe ressurgissent, visiblement décidés à imposer de nouveau l'univers en demi-teinte de Clair Obscur. Ce faisant, ils offrent à un public avisé et fidélisé un album de choix, qui fait suite à la réédition par Infrastition d'"Antigone" et d'un live de l'époque, enregistrements majeurs et incontournables. Incontournable, cet opus l'est par conséquent tout autant et propose une dizaine de morceaux à l'intérêt constant, bien équilibrés entre cold-wave, élans électro mesurés et plages indus imparables. Des titres rageurs (Es war, It'll Be Allright), plus célestes (Rain qui évoque les Young Gods) ou superbement ironiques (la trame électro à la fois enlevée et rêveuse de Mon ami mon frère) s'invitent à la fête et apportent un plus à l'oeuvre de Clair Obscur, qui trouve en cet opus un renouveau qui, nous l'espérons tous, s'avérera durable et générera des sorties d'un niveau au moins égal sur le plan de la qualité. À cela viennent s'ajouter deux reprises de choix, le Cry No More des Poison Girls puis Decades de Joy Division, dont les Creillois ont pu côtoyer le leader avant sa disparition, qui complètent le tableau et achèvent de faire de ce disque un must de cette année 2009. Un album brillant donc, de caractère, parfait reflet de l'esprit d'un duo audacieux et talentueux.
William Dumont, mai 2009
http://www.premonition.fr/premod.php3?chroid=274004&vr=61&uid=100010&ta=8



OCTOPUS
CLAIR OBSCUR
We gave a Party for the Gods
(Optical Sound)

A
u début des années 80, Clair-Obscur faisait partie des pionniers d’un genre post-punk et trouvait dans l’urgence sociale des années 80 des liens évidents à tisser avec ses cousins anglais de Joy Division et de Wire. Quarante ans après, et malgré un long silence de dix ans et le succès de Cocoon, le projet solo de Christophe, rien n’a vraiment changé pour les Frères Demarthe. Clair-Oscur est toujours là, apaisé parfois ("I hope you’re fine"), en colère de temps en temps ("Es war"), ironique souvent (les « amitiés » politiques de "Mon ami mon frère"), mais avec toujours ce souci de décalage stylistique qui lui permet sur un même album de rendre hommage à Genesis P.Orridge ("This song is for you GPO") ou à Joy division ("Decades"), de charger la barque punk-industrielle ou dark-folk (la reprise de leurs vieux morceaux "The last encounter" et "Blume"). Clair-obscur, comme son nom l’indique.
Laurent Catala, mai 2009
http://www.octopus-enligne.com/template.php?css=sommaire&page=oursinse




ELEGY
CLAIR OBSCUR
WE GAVE A PARTY FOR THE GODS AND THE GODS ALL CAME
OPTICAL SOUND / SEASON OF MIST

Depuis 1981, Clair Obscur sort des sentiers battus, mêlant compositions froides et post punk et théâtralité animale sans cesse renouvelée. Après moult rééditions et autres compilations de luxe (le superbe double LP , Collection Of Isolated Tracks / 1981-1988), les frères Demarthe nous livrent enfin la suite de Nulle Aide… paru en 1999. Cela valait le coup d’attendre car Clair Obscur est aujourd’hui à son meilleur, plus physique et enragé que jamais. We gave a Party for the Gods and the Gods all came est on ne peut plus varié -de la cold wave à l'indus old school, en passant par le folk acide et la pop acidulée -, comme s’ils avaient voulu mettre sur ce disque tout leur savoir-faire musical, avec les différentes palettes et genres musicaux qu’on leur connaît. Pour exemple, “ I hope you're fine ”, très Clair Obscur de la fin des années 80 dans sa structure et son atmosphère, avec sa légèreté apparente et sa mélancolie sous-jacente, nous comble de ravissement. Plus évidents, l’obsédant et plus brut "Mon Ami Mon Frère" où le groupe se déclare ironiquement ami et frère avec toute la scène politique socialo-UMPiste de l’hexagone, ou bien les tubes "Es War" (une réaction épidermique à la victoire de Sarkozy en mai 2007) et “ Rain ”, tendu comme du Wire ou du Suicide armé de guitares. Quant à l’hommage à Genesis P.Orridge, "This song is for you GPO", il rappelle effectivement et immanquablement le deuxième album de Psychic TV, Dreams less sweet, avec ses arrangements pleins de douceur et une voix détachée soulignant de manière presque perverse la morbidité du propos.
Ajoutons que sur cet album conviant et comblant tous les Dieux, Clair Obscur recrée trois de ses anciens titres, le génial “ Blume ”, le rugueux et industriel “ The Last Encounter ” ou “ Mercredi ” qui est elle-même une reprise du “ No more crying ” de Poison Girls, transfigurée ici pour son meilleur. Enfin, les Demarthe se risquent même à reprendre le plus beau titre de Joy Division, “ Decades ”, de manière presque méconnaissable car quasi sereine. Non vraiment, si vous ne connaissez pas encore Clair Obscur, commencez par celui-ci, vous ne le regretterez pas !
Yannick Blay, mars-avril 2009




D-SIDE
CLAIR OBSCUR
We gave a Party for the Gods and the Gods all came
(Optical Sound)

Silencieux depuis une décennie, Clair Obscur avait entamé son retour par la scène ces dernières années, les frères Demarthe se retrouvant dans une configuration dépouillée pour jouer leurs anciens morceaux dans des versions minimales et glacées. Pourtant, et c’est tant mieux, We gave a Party for the Gods and the Gods all came, s’il s’inspire ouvertement de cette experience, n’est pas un simple exercice de nostalgie mais bel et bien un véritable nouvel album. Plus rock et électronique qu’à l’accoutumée, Clair Obscur vise à l’immédiateté et efface d’emblée toutes ces années d’absence. Car We gave a Party for the Gods and the Gods all came aurait très bien pu être la suite de Rock, sans la formation classique qui les accompagnait alors. Avec un clin d’œil direct à l’époque (« Cry no More », une reprise des Poison Girls déjà reprise sous le titre de « Mercredi » sur
Rock et ici limitée à une guitare et une voix), et même au passé ancien à travers deux nouvelles versions polaires de « Blume » et « The Last Encounter » et une reprise du « Decades » de Joy Division, Clair Obscur ferme la boucle et peut explorer des ambiances douces et mélancoliques (« I hope you’re fine », « This Song is for you GPO ») ou plus puissantes (« Es War »), et même s’essayer à la politique avec la litanie electroclash de « Mon Ami mon Frère ». Quel plaisir de retrouver Clair Obscur aussi inspiré !
Jean-François Micard
, mars-avril 2009



RELEASE MAGAZINE
French veterans Clair Obscur back at it again
March of this year will see a new album from France's preeminent avante-garde ensemble, Clair Obscur on Optical Sounds Records. "We Gave a Party for the Gods and the Gods all Came" is the first new work by the band since 1994's "Rock". Long regarded as one of the visionary lights of the French cold wave movement of the 1980:s, Clair Obscur's albums have veered all across the musical spectrum from monstrous experimentalism to full on orchestral tomes laden with a uniquely continental sense of despair.
In the late 90:s, the band issued an album under the name CO2 which garnered minor notice from the European press but did not have the impact their earlier works easily summoned. A stranger bunch of musical oddballs would be neigh impossible to unearth. As to who is playing in this particular version of Clair Obscur, only two names have been proffered: founders Christophe Demarthe and Nicholas Demarthe.
February 12, 2009 | By: Peter Marks (Portland, Oregon USA)
http://www.releasemagazine.net/news.htm