Status: Single
Country: FR
Signup Date: 3/13/2006
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Saturday, August 15, 2009
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After the release of We Gave A Party For The Gods...
Clair Obscur are working on a new record project. We have asked friend
artists, mostly non-musicians (visual artists, choreographers,
journalists...), to make a remix or cover of one of the songs of our
latest album. This remix project will be out on Optical Sound in the
next months.
This Summer seems to be a good period for work since we have started to write the first songs of our future album.
So far the tracks compared to our latest album sound less "rock",
stranger and more varied. We will see how this will evolve...
Because most of you are on holiday, we have added a few old songs on our MySpace player for you to listen to. This is the kind of music with which you will make friends if you go sunbathing on the French Riviera.
Happy Summer !
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Thursday, June 04, 2009
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ENTRETIEN AVEC CLAIR OBSCUR
Clair
Obscur est initialement réapparu à travers une
série de lives cold et minimalistes reprenant vos premiers
titres, et vous aviez annoncé un album comprenant ces nouvelles
versions. Or, mis à part Blume et The Last Encounter, rien de
cette époque n’apparaît sur le nouvel album.
Qu’est-ce qui a fait changer l’optique du projet ?
Clair
Obscur pratique la musique comme un écrivain qui écrit
toujours le même livre, un peintre perdu dans sa peinture -
à la recherche d’une ivresse, d’une bascule - un
gamer abandonné dans un terrain dévasté, une fois
la partie terminée… La chanson comme un
prétexte… Pourquoi en changer ?… Où se
situe finalement la créativité ? Surtout dans le
rock ? Finalement nous nous sentons plus proches de Roman Opalka que de
Lou Reed qui aurait du mourir il y a vingt ans. Nous
préférons l’enfouissement,
l’épuisement d’un titre - pour respirer…
encore une fois… - Cela provoque aussi une réaction
très physique… La répétition est un acte
violent… Reprendre, ce n’est pas refaire à
l’identique. C’est greffer sur l’os le temps qui
passe, l’état distendu entre deux disques, deux
concerts… Et pour un groupe comme Clair Obscur qui a
traversé le siècle, les modes, les tendances, il y a un
plaisir féroce à se reprendre… Entre parjure et
pardon… Une sorte
de punition face au temps… Clair Obscur manie aussi la
contradiction et, à l’impertinence de la reprise, il nous
fallait plaquer de nouvelles énergies - contradictoires,
menaçantes… en porte à faux avec l’image du
groupe et ce que l’on attend de lui… C’est pourquoi
il y aussi de nouveaux titres… qui seront alors repris…
plus tard…
Cry No
More, une reprise des Poison Girls que vous aviez déjà
enregistré sous le titre Mercredi et Decades de Joy Division
figurent également sur l’album. Pourquoi ces deux titres
en particulier ?
Nous avons
rencontré Ian Curtis et cela a été un choc…
Nous étions à Manchester avec Pierre Beloüin et P.
Nicolas Ledoux (d’ailleurs notre label manager et notre
graphiste) quelques mois avant son suicide, et par le hasard de nos
relations communes, nous avons passé une soirée à
boire et à déconner… Il était très
drôle… émouvant, et je lui avais fait la promesse
que Clair Obscur ferait une reprise de Joy… C’était
le bon moment… Il y a une forme de malaise à voir passer
Joy Division dans le domaine public au travers de films, articles,
livres, stylistes qui reprennent le look de Ian Curtis pour faire
claquer les dollars… Bientôt une publicité pour une
voiture… C’est plus complexe qu’un
phénomène générationnel… Le sourd
fracas parfait de leur musique s’est maintenu au fil des
années, rampant, actif, et n’a pus qu’éclore,
passer à la lumière pour sublimer à la fois un
idéal, une éthique, une réaction à la
société, un chemin de vie - même si celui-ci, pour
Ian Curtis, s’est arrêté trop tôt mais a
constitué le mythe. New Order d’un côté qui
se noie dans la soupe et Joy Division qui devient un repère de
l’histoire du rock comme le sont les Stooges, Les Ramones…
Notre longévité nous tient à l’écart
de ce type de récupération et de mystification…
toute proportion gardée… Mais quand je vois tous ces
groupes des années 80, disparus dans le grand bruit blanc se
reformer et exposer leurs breloques dans des magasins de
fringues… je suis content que Clair Obscur soit encore debout
pour ne pas se laisser allonger dans ce genre de cercueils… Pour la chanson de Poison Girls… c’est personnel…
Musicalement,
l’album est plutôt dépouillé, loin des
orchestrations des albums de Clair Obscur. C’est une nouvelle
ère qui s’ouvre pour vous, moins théâtrale ?
C’est
un album plus dépouillé - comme nous le sommes tous. Le
dépassement de l’art cher à Debord n’a pas eu
lieu et nous sommes pris les pieds dans le béton… Nous
ressentions au moment de l’enregistrement un besoin physique
profond - une sorte de lutte froide - une course mentale. Le
théâtre, c’est bon pour Marylin Manson et Metallica
qui ont réussi a en pousser les limites à leur
paroxysme… Nous passerions pour de petits joueurs… Il y a
une sorte de pessimisme combatif - comme dans les années 80 -
mais sans le décor, sans les gens, sans tout… A la
brutalité, nous répondons par une brutalité sans
concession.
Un titre
est ouvertement dédié à Genesis P. Orridge, un
autre aborde la scène politique française sans
détours. Souhaitiez-vous être plus clairs et directs cette
fois-ci ?
Pas
vraiment… C’est une chanson engagée qui ne dit
rien… qui fonctionne par dommage collatéral… comme
une comptine pour enfant - les enfants sont méchants… Un
effet boomerang avec un boomerang en acier bien
affûté… Les textes de Clair Obscur fonctionnent
souvent de façon autonome - parfois hors de la musique -
d’une façon plus abstraite… pour se dégager
des contraintes et pour mieux s’infiltrer… Mon ami, mon
frère… il y a un mélange des genres que
j’apprécie particulièrement… La dislocation
du tissus social a rendu désuet la notion
d’ami/frère… à la vie - à la
mort… chacun pour soi - rien pour personne… Accoler cette
notion aux faux amis de la politique est aussi drôle que
pathétique que dramatique… Du pur Clair Obscur…
C’est l’avènement de l’idiotie comme rempart
à la violence du monde - avec les préparatifs de la
révolte… On rit jaune jusqu’à ce que ce soit
noir ou rouge…
Et pour
la suite, pensez-vous jouer cet album sur scène, et sous quelle
configuration ? Prévoyez-vous déjà d’autres
albums ? Et Cocoon ?
Nous avons
créé en décembre dernier un concert hybride
intitulé Battle que nous aimerions faire tourner… et dont
je ne veux pas trop dévoiler la trame car cela repose sur un
dispositif visuel qui fonctionne par surprise. Nous réagissons
aux propositions… Rien n’est impossible, tout est
improbable… Clair Obscur est un organisme mutant et
résistant… Le silence ne nous fait pas peur… Nous
avons signé un contrat de 18 albums et 7
rééditions avec Optical Sound… Donc tout va
bien… Cocoon suit sa trajectoire - entre performance -
expérience avec des plasticiens - concerts pour une
personne… Nous vivons dans une improvisation chaotique qui nous
a rendus à la fois plus forts mais aussi plus à
l’écoute de ce qui se passe autour de nous. Nous
nous laissons la possibilité d’agir… sous notre
propre nom ou sous des noms d’emprunts… Nous avons sorti
un album l’année dernière de Darksco sur un label
allemand qui a très bien marché… Mais là
aussi… nous attendons le bon moment pour révéler
que c’est nous… Tout est une question de timing…
Vous honorez les Dieux avec ce nouvel album ? Lesquels ? Plutôt Dionysos si vous faites la fête ?
Je suis
tombé sur cette oeuvre de John Giorno dans la dernière
salle de l’exposition Traces du sacré au Centre Pompidou.
Et j’ai immédiatement tilté sur cette invitation
absurde, impossible, qui me renvoyait à ce que nous avions
essayé de faire dans notre travail. Sans doute un besoin de
danser avec les Dieux, de boire avec eux… Ni Dieu, Ni
Maître… Et maintenant Dansez… La boule disco
du monde s’est effondrée sur la
société… Et sur la piste se déhanchent les
dieux et les déesses… Il n’y a plus qu’eux
pour y croire et continuer jusqu’au bout de la nuit… Les
zombies se font des soirées « mousse ». 20
000 personnes stylisent un pogo à la vanille synthétique
en s’abrutissant de vomitek. Sonic Youth dans un white
cube… Nous sommes les témoins et les acteurs de notre
incapacité à avoir changé les choses…
Il ne s’agit pas pour nous de tenir un discours aigri mais de
mettre les points sur les « i » - Clair Obscur
tenait déjà ce discours dans les années 80 et
luttait en toute conscience : inutilement. C’est ce qui nous
permet aujourd’hui d’affronter la réalité et
de jouer devant 50 personnes… La persistance vs
résistance et comme le défend Zizek : entretenons
les territoires conquis à défaut d’envahir les
autres… La révolution est un leurre – construisons
des terriers et des pièges.
Ce titre
est en fait inspiré par des « poem paintings » de
John Giorno, figure de la Beat Generation. Pourquoi ce choix ? En quoi
cette phrase ou cet artiste ont influé sur la création de
cet album ?
Il
n’y a aucun rapport entre l’œuvre, l’artiste et
notre travail… juste son nom. Un flash fulgurant…
C’est aussi simple que cela… Clair Obscur prend le
meilleur des autres et le garde pour lui… Nous avons toujours
copié, volé, dépouillé le grand
cimetière de la musique pour recycler ces énergies mortes
et oubliées… De la performance à la musique
expérimentale… Rien ne se créait, tout se
recycle… C’est une question de temporalité et
d’adhérence au monde… Nous en manquons.
Votre
album est en tout cas très varié (de la cold wave
à l’indus old school, en passant par le folk acide et la
pop acidulée) et semble, pour ma part, le meilleur moyen de
découvrir Clair Obscur. On a l’impression que vous avez
voulu mettre sur ce disque tout votre savoir-faire musical, avec les
différentes palettes et genres musicaux que l’on vous
connaît…
Je ne sais
pas ou plus… Toutes ces étiquettes sont bonnes pour les
courses de Formule 1 et vendre des disques… Nous avons toujours
puisé dans des musiques contradictoires pour essayer de
créer de l’énergie… On ne veut pas faire
plaisir, ni séduire… On prend des coups, on en
donne… Cet album peut faire danser le trader et pleurer sa
mère… Nous réagissons au monde qui nous entoure,
à ses vibrations, à l’électricité
avec en catalyseur une machine qui se nomme Clair Obscur… Avec
son histoire et son futur dans le même espace temps… Une
névrose… Il n’y a plus de style… mais
plutôt une attitude, une réaction personnelle sous la
forme de musique… Alors popdronediscometalgothic…
c’est du marketing… Pour moi, c’est un disque de
Clair Obscur. Point.
Je ne connais pas bien la langue de Goethe. De quoi parle le titre Es War ?
Le texte
de Es War est une réaction épidermique à la
victoire de Sarkozy en mai 2007. Le lundi matin suivant son
élection, il y avait une sorte de silence cotonneux dans les
rues de mon quartier, un Knock Out général parmi la
population cosmopolite du 19ème arrondissement, comme une
implosion blanche, une neige radio-active. Alors, j’ai
écrit ces mots, «Il était une fois dans la France
morte... Nous entrions dans une longue nuit froide...».
L’allemand fonctionne bien symboliquement – chanté
il garde une zone de malaise, un mauvais goût dans la
bouche… Cela va assez bien avec la situation actuelle… On
travaille la pâte molle des clichés… C’est
aussi cela le rock’n’roll…
La
tension sur Rain me rappelle un peu Wire, voire (j’exagère
sans doute) du Suicide avec des guitares. Cela vous parait-il
incongru ?
Suicide
est une référence… Le dernier disque d’Alan
Vega, Station, est un exemple de rage… Sortir un disque de cette
qualité et de cette radicalité après tant de
combats, d’usures… J’aimerais être comme lui
dans quelques années… C’est du diamant brut…
et sexy… Clair Obscur est un vampire… Pareil pour Joy
Division… Comment leur échapper ? En suçant leur
sang… Avec respect.
Vous
reprenez trois de vos anciens titres (dont Mercredi qui est
elle-même une reprise de Poison Girls) et vous vous risquez
également à la cover de, sans doute, le plus beau titre
de Joy Division. Inconscience ? Manque d’inspiration ? Plus
sérieusement, pourquoi ces reprises ? Celle de Joy est
étonnante car presque méconnaissable et Cry No more me
semble meilleure que l’(les) originale(s), pour ma
part…
L’urgence
de Joy Division est encore là, sans doute comme jamais elle ne
l’a été… C’est un coma, une sorte de
longue absence… Il m’ a fallu toutes ces années
pour attaquer le mythe… être dans une position où
je pouvais reprendre une telle chanson… Il était temps,
c’était nécessaire pour moi - sans calcul /
instinctivement… Reprendre, c’est comme une psalmodie, une
réincarnation… Il y a une mystique foudroyante chez Joy
Division… C’est lui le Dieu que j’ai invité
à danser… avec nous… pour habiter la nuit…
et rouler dehors… On manque de danse avec les Dieux…
I hope
you’re fine : Alors, finalement, elle va bien ? J’aime
beaucoup cette chanson, très Clair Obscur de la fin des
années 80 dans sa structure et son atmosphère, je trouve,
avec une légèreté apparente et une
mélancolie sous-jacente…
C’est comme une madeleine de Proust mais… pourrie…
Tokyo Décembre 2008
Entretien réalisé par Kiko Kawabata
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Thursday, June 04, 2009
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FRANCE MUSIQUE
ELECTROMANIA
Ce
qui est assez étonnant avec Clair Obscur, c'est d'abord la
fraîcheur de leur musique. C'est un groupe qui
s'inscrit toujours véritablement dans l'héritage de la
new wave, mais c'est un groupe qui aussi se place quelque part dans la
poésie sonore, quelque part dans quelque chose de très
curieux. (...) "Mon ami mon frère" est très provocateur,
très intéressant, très particulier, (...)
très troublant par l'étrange message politique pervers
qui s'en dégage. (...) Tous les morceaux du nouvel
album de Clair Obscur sont à l'avenant. C'est un album
remarquable.
Christophe Bourseiller, 19 mai 2009 http://sites.radiofrance.fr/francemusique/em/electromania/pres.php?e_id=20000010
SIDE-LINE
CLAIR OBSCUR We Gave A Party For The Gods And The Gods All Came(cd Optical Sound)This
album from this cult French act is a nice surprise since apart from
several re-releases and live albums we had not heard anything new from
them for quite a long time now (more than ten years). This new release
clearly is a good album and brings Clair Obscur back to the front of
the avant-garde scene. Of course their music remain something very
particular and unusual for the scene but it's also their trademark.
From coldwave and industrial to orchestral and experimental, we get a
collection of tracks that sounds like a compilation (some eighties
sounding soundscapes here and there) but with a certain cohesion. There
are two cover songs featured: a depressive and gloomy version of Joy
Division's “Decade” and a more electronic cover of
“Cry No More” (Poison Girls). Other noticeable tracks are
the rather schizophrenic “It'll Be Allright”, the nice and
gloomy “I Hope Your're Fine” or the funny “Mon Ami
Mon Frère” (a techno bassline and 2nd degree French
vocals). And since the band like to disturb, recycle and brings
mystery, they also deliver new versions of two classical tracks from
their early albums: the tense “The Last Encounter” and
“Blume”.
(CF:8/9) CF, 03 June 2009 http://www.side-line.com/reviews_comments.php?id=42863_0_17_0_C
MOUVEMENT
CD DE LA SEMAINE
We Gave A Party For The Gods And The Gods All CameCLAIR OBSCUR
Label/distributerur : Optical Sound/Season of Mist
A
l’heure où la scène musicale n’en finit pas
de voir resurgir de partout les piteux revenants des années
1980, Clair Obscur, fer de lance de la scène
expérimentale française et européenne du
début de cette décennie exsangue, publie un nouvel album.
We Gave a Party for the Gods and the Gods all Came taillade au couteau les archétypes et les recettes – aigres et douces – des eighties.
La musique est un grand cimetière et la mode est aux zombies des
années 1980 : ils surgissent de partout – quels que soient
les genres, les tribus ou les courants, mauvais ou très mauvais.
Hélas, ils ne font plus peur à personne. Pour survivre
aujourd’hui, encore fallait-il ne pas mourir… C’est
le cas de Clair Obscur, groupe français à dimension
européenne – fer de lance d’un rock
expérimental – entre performance et énergie punk,
cold-wave et cabaret électronique. Les frères Demarthe
ont eu beau creuser leur tombe en saccageant avec
férocité et plaisir ce qu’ils construisaient, rien
n’y a fait : passant d’un rock abrasif à des
sonorités électroniques, de la musique de chambre au
post-jazz , le fil du rasoir n’a pas saigné, toujours du
bon côté. Fiers et cinglants, ils ont imaginé se
consumer sur place et entrer de plain-pied dans la
Légende… L’Histoire en a décidé
autrement : en France, le rock n’a pas de Légende, rien
que des histoires, courtes et mal écrites – celle de Clair
Obscur sera alors longue et ciselée. Deux décennies et
une poignée d’albums plus tard, voilà une
invitation à une « party »…
Mais nous n’y sommes pas invités, seuls les dieux, eux, le
sont. Et ils vont être heureux… Car derrière ce
visage grave et sombre se bricole une piste de danse, dalle
après dalle, néon après néon, pierre
à pierre – certaines fausses, d’autres mal
taillées, mais toujours bien agencées. Les boules disco
du spectacle mondial ont explosé sur le sol, quelques spots,
deux-trois bouteilles, un gros son, un vieil ampli, une batterie, un
laptop… Terminé la mousse et les hurlements. Les dieux
mûrissent et deviennent exigeant – tant mieux pour nous. On
danse, on écoute, on fredonne, on s’énerve, on
s’apaise… la voix se tend et s’étend, devient
corde sensible sur une reprise de Joy Division (Decades)
en guise d’after, passe de l’allemand à
l’anglais avant de retourner au français : non pas par
souci d’opportunisme – le groupe participait
déjà à la constitution de l’Europe musicale
il y a vingt ans –, mais par besoin de sonorités et de
matières… Un cruel mélange de genres… qui
en déstabilisera plus d’un : fan de la première
heure qui ne pourra résister à l’appel d’une
dark disco ravageur et se trouvera désarmé face à
la ritournelle conceptuelle Mon ami mon frère, fan de la nouvelle heure qui croquera à pleines dents la trop belle madeleine new-wave Es war ou croira au retour vers le passé du définitif The Last Encounter…
On invente un présent aspiré par le futur. De la
provocation : on taillade au couteau les archétypes et les
recettes – aigres et douces – des années 1980. Pour
en finir définitivement ? Dans l’attente d’un
impossible dépassement de l’art ? Sans doute, mais alors
les yeux dans les yeux, avec une fausse mélancolie et un doigt
bien pointé vers les responsables de cette scène
coulée dans un béton qui n’a jamais pris : eux
?… nous ?… coupables mais pas responsables… It’ ll be allright !
Juliette NOIRCEUIL, chronique du 24/06/2009
http://www.mouvement.net/site.php?rub=5&id=207965#
XROADS
CLAIR OBSCUR ****
We Gave A Party For The Gods And The Gods All Came
(Optical Sound)
Retour à la lumière
Groupe séminal de la cold wave française des
années 80, Clair Obscur, formé en 1981 par les
frères Demarthe et Thierry Damerval, rejoints par Thierry
Demerval, aura marqué durablement les esprits par la
qualité de sa musique, un mélange de rock froid et
métallique, de sons indus et de danse robotique qui lui aura
permis de franchir les frontières de l’hexagone (avec la
compil collector From Torture To Conscience du label mythique N.E.R. au
coté de Death In June, In The Nursery ou Current) et
d’acquérir le statut envié de combo culte.
Après une poignée de singles, de maxis et d’albums
de très haute tenue, Clair obscur rentre dans l’ombre
à la fin des années 90 au grand dam de ses fans.
Après dix années d’un trop long silence, il revient
donc sur le devant de la scène avec ce superbe album
impeccablement produit et enregistré. Chantées en
allemand, en anglais et en français, les compositions
s’imposent immédiatement par leur puissance. A
l’instar du très impressionnant « Es
War », diatribe écrite après
l’élection de Sarko, qui ouvre les hostilités dans
la langue de Goethe. « It’ll Be Allright »
convoque le fantôme de D.A.F. (Deutsche Amerikanische
Freundchaft), duo électro-rock teuton du début des
années 80 et précurseur de la nouvelle vague actuelle.
L’hypnotique « Rain » qui suit,
évoque les riches heures d’un Wire tandis que les
envoûtants « I Hope You’re Fine »
et « This Song Is For You GPO »,
dédié à Genesis P. Oridge, artiste
déjanté, tête pesante de Throbbing Gristle puis de
Psychic TV, enfoncent le clou. Avec son long et ironique
énoncé de noms d’hommes et de femmes politiques de
notre douce France, « Mon ami, mon
frère », chanson engagée, faussement
dégagée sur une rythmique dansante, a tous les aspects
d’un tube improbable. L’éthéré
« Blume » navigue dans les plus hautes
sphères et « The Encoutner » a
l’apparence d’une jam instrumentale sauvage sous haute
tension. Avec ses deux reprises de goût, le
« Cry No More » des Poison girls, (groupe anarcho
punk féministe formé autour de la chanteuse Vi Subversa
et souvent associé à Crass) et le classique
« Decades » de Joy Division, revu et
corrigé à la mode velvet, ce disque marque le retour
éclatant à la lumière d’un groupe tout
bonnement indispensable et incontournable dans notre triste paysage
musical français où le consensus mou règne en
maître. Il nous avait sacrément manqué…
A ranger au rayon rock français d’exception
Phil Ross, juin 2009
PREMONITION
CLAIR OBSCUR
We gave a Party for the Gods and the Gods all came
(Optical Sound)
Après une absence prolongée, de dix ans
précisément (suite à la parution en 1999 de "Clair Obscur 2nd
Generation"), les frères Demarthe ressurgissent, visiblement décidés à
imposer de nouveau l'univers en demi-teinte de Clair Obscur. Ce
faisant, ils offrent à un public avisé et fidélisé un album de choix,
qui fait suite à la réédition par Infrastition d'"Antigone" et d'un
live de l'époque, enregistrements majeurs et incontournables.
Incontournable, cet opus l'est par conséquent tout autant et propose
une dizaine de morceaux à l'intérêt constant, bien équilibrés entre
cold-wave, élans électro mesurés et plages indus imparables. Des titres
rageurs (Es war, It'll Be Allright), plus célestes (Rain
qui évoque les Young Gods) ou superbement ironiques (la trame
électro à la fois enlevée et rêveuse de Mon ami mon frère)
s'invitent à la fête et apportent un plus à l'oeuvre de Clair Obscur,
qui trouve en cet opus un renouveau qui, nous l'espérons tous,
s'avérera durable et générera des sorties d'un niveau au moins égal sur
le plan de la qualité. À cela viennent s'ajouter deux reprises de
choix, le Cry No More des Poison Girls puis Decades de
Joy Division, dont les Creillois ont pu côtoyer le leader avant sa
disparition, qui complètent le tableau et achèvent de faire de ce
disque un must de cette année 2009. Un album brillant donc, de
caractère, parfait reflet de l'esprit d'un duo audacieux et talentueux.
William Dumont, mai 2009
http://www.premonition.fr/premod.php3?chroid=274004&vr=61&uid=100010&ta=8
OCTOPUS
CLAIR OBSCUR
We gave a Party for the Gods
(Optical Sound)
Au début des années 80, Clair-Obscur faisait partie
des pionniers d’un genre post-punk et trouvait dans l’urgence sociale
des années 80 des liens évidents à tisser avec ses cousins anglais de
Joy Division et de Wire. Quarante ans après, et malgré un long silence
de dix ans et le succès de Cocoon, le projet solo de Christophe, rien
n’a vraiment changé pour les Frères Demarthe. Clair-Oscur est toujours
là, apaisé parfois ("I hope you’re fine"), en colère de temps en temps
("Es war"), ironique souvent (les « amitiés » politiques de "Mon ami
mon frère"), mais avec toujours ce souci de décalage stylistique qui
lui permet sur un même album de rendre hommage à Genesis P.Orridge
("This song is for you GPO") ou à Joy division ("Decades"), de charger
la barque punk-industrielle ou dark-folk (la reprise de leurs vieux
morceaux "The last encounter" et "Blume"). Clair-obscur, comme son nom
l’indique.
Laurent Catala, mai 2009 http://www.octopus-enligne.com/template.php?css=sommaire&page=oursinse
ELEGY
CLAIR OBSCUR
WE GAVE A PARTY FOR THE GODS AND THE GODS ALL CAME
OPTICAL SOUND / SEASON OF MIST
Depuis
1981, Clair Obscur sort des sentiers battus, mêlant compositions
froides et post punk et théâtralité animale sans cesse renouvelée.
Après moult rééditions et autres compilations de luxe (le superbe
double LP , Collection Of Isolated Tracks / 1981-1988), les frères
Demarthe nous livrent enfin la suite de Nulle Aide… paru en 1999. Cela
valait le coup d’attendre car Clair Obscur est aujourd’hui à son
meilleur, plus physique et enragé que jamais. We gave a Party for the
Gods and the Gods all came est on ne peut plus varié -de la cold wave à
l'indus old school, en passant par le folk acide et la pop acidulée -,
comme s’ils avaient voulu mettre sur ce disque tout leur savoir-faire
musical, avec les différentes palettes et genres musicaux qu’on leur
connaît. Pour exemple, “ I hope you're fine ”, très Clair Obscur de la
fin des années 80 dans sa structure et son atmosphère, avec sa légèreté
apparente et sa mélancolie sous-jacente, nous comble de ravissement.
Plus évidents, l’obsédant et plus brut "Mon Ami Mon Frère" où le groupe
se déclare ironiquement ami et frère avec toute la scène politique
socialo-UMPiste de l’hexagone, ou bien les tubes "Es War" (une réaction
épidermique à la victoire de Sarkozy en mai 2007) et “ Rain ”, tendu
comme du Wire ou du Suicide armé de guitares. Quant à l’hommage à
Genesis P.Orridge, "This song is for you GPO", il rappelle
effectivement et immanquablement le deuxième album de Psychic TV,
Dreams less sweet, avec ses arrangements pleins de douceur et une voix
détachée soulignant de manière presque perverse la morbidité du propos.
Ajoutons
que sur cet album conviant et comblant tous les Dieux, Clair Obscur
recrée trois de ses anciens titres, le génial “ Blume ”, le rugueux et
industriel “ The Last Encounter ” ou “ Mercredi ” qui est elle-même une
reprise du “ No more crying ” de Poison Girls, transfigurée ici pour
son meilleur. Enfin, les Demarthe se risquent même à reprendre le plus
beau titre de Joy Division, “ Decades ”, de manière presque
méconnaissable car quasi sereine. Non vraiment, si vous ne connaissez
pas encore Clair Obscur, commencez par celui-ci, vous ne le regretterez
pas !
Yannick Blay, mars-avril 2009
D-SIDE
CLAIR OBSCUR
We gave a Party for the Gods and the Gods all came
(Optical Sound)
Silencieux depuis une
décennie, Clair Obscur avait entamé son retour par la
scène ces dernières années, les frères
Demarthe se retrouvant dans une configuration dépouillée
pour jouer leurs anciens morceaux dans des versions minimales et
glacées. Pourtant, et c’est tant mieux, We gave a Party for the Gods and the Gods all came,
s’il s’inspire ouvertement de cette experience, n’est
pas un simple exercice de nostalgie mais bel et bien un
véritable nouvel album. Plus rock et électronique
qu’à l’accoutumée, Clair Obscur vise à
l’immédiateté et efface d’emblée
toutes ces années d’absence. Car We gave a Party for the Gods and the Gods all came aurait très bien pu être la suite de Rock, sans la formation classique qui les accompagnait alors. Avec un clin d’œil direct à l’époque (« Cry no More », une reprise des Poison Girls déjà reprise sous le titre de « Mercredi » sur Rock
et ici limitée à une guitare et une voix), et même
au passé ancien à travers deux nouvelles versions
polaires de « Blume » et « The Last Encounter » et une reprise du « Decades » de Joy Division, Clair Obscur ferme la boucle et peut explorer des ambiances douces et mélancoliques (« I hope you’re fine », « This Song is for you GPO ») ou plus puissantes (« Es War »), et même s’essayer à la politique avec la litanie electroclash de « Mon Ami mon Frère ». Quel plaisir de retrouver Clair Obscur aussi inspiré !
Jean-François Micard, mars-avril 2009
RELEASE MAGAZINE
French veterans Clair Obscur back at it again
March of
this year will see a new album from France's preeminent avante-garde
ensemble, Clair Obscur on Optical Sounds Records. "We Gave a Party for
the Gods and the Gods all Came" is the first new work by the band since
1994's "Rock". Long regarded as one of the visionary lights of the
French cold wave movement of the 1980:s, Clair Obscur's albums have
veered all across the musical spectrum from monstrous experimentalism
to full on orchestral tomes laden with a uniquely continental sense of
despair.
In the late 90:s, the band
issued an album under the name CO2 which garnered minor notice from the
European press but did not have the impact their earlier works easily
summoned. A stranger bunch of musical oddballs would be neigh
impossible to unearth. As to who is playing in this particular version
of Clair Obscur, only two names have been proffered: founders
Christophe Demarthe and Nicholas Demarthe.
February 12, 2009 | By: Peter Marks (Portland, Oregon USA)
http://www.releasemagazine.net/news.htm
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