....................
Broyeur incandescent à Nu Jazz....
.. ..
Eol Trio de Paris Brille //donne un concert brillant // dans le "Roter
Salon" de la Pumpe....
.. ..
Kiel - A-t-on déjà vu un tel batteur ? Un tempo affolant et une gestuelle
raide, presque spasmodique. Xavier Girard est-il en train de massacrer une
poule ? Claque-t-il les couvercles de chaudrons bouillants, dirige-t-il un
orchestre de spectres, se bat-il avec lui-même ? Tout est possible. Ce
berserker domine et donne une âme à l'electrojazz du trio parisien Eol, avec une
rage telle que les auditeurs chanceux en sont tout simplement retournés.....
Le trio, qui extrait le son comme du minerais, semble un broyeur à Nu-Jazz à
haute fréquence rythmique, incandescent et riche en allusions au rock des
années 70. "Are you okay ? " s'enquière le frère du premier, Denis
Girard, de derrière ses claviers, jouant souvent de deux instruments en
parallèle, émettant des sons à la tonalité ici classique, là synthétique puis
organique avec en sus la dextérité et la vélocité de bourdon de Laurent David à
la basse. Auparavant, Killian Haller de Götttingen, la moitié du duo
d'expérimentation sonore "The Petter Luring Story" avait introduit la
soirée avec des loops minimalistes. Installé depuis peu à Kiel, l'étudiant en
lettres se tenait assis, hiératique, devant son ordinateur portable, comme le
seul survivant du "jour d'après", son chant élégiaque environné de
sons de sirènes, de bruissements d'ailes, continuellement absorbé par le
contrôle sur l'écran des sons mis en boucle et de ses "autocitations",
s'accompagnant des sons de papier que l'on déchire, de trompette ou de
carillons qu'il vient d'enregistrer. Ambiance de recueillement attentif dans le
caveau, ainsi merveilleusement préparé à ce qui allait suivre.....
Eol Trio (end of line?) piaffe à bord de sa locomotive à vapeur, progressant
au sein de son propre système de repères, entre tradition (du jazz-fusion) et
trip hop, éclectique et survolté par des sons d'orgue. Ils transposent dans
leur langage des standards comme Nature
Boy avec des variations délirantes de tempo et de dynamique qui poussent
disco et techno ad absurdum. Les trois ont constamment une longueur d'avance
sur eux-mêmes, imprévisibles et si rapides qu'a un méta-niveau, on en revient à
la méditation. Leurs morceaux s'achèvent comme déversés dans le vide puis
figés, avec une soudaineté tactique, déclenchant des cris jubilatoires dans le
public. Absolument fantastique, à réinviter à tout prix !....
KEILER NACHRICHTEN // November, 9th, 2009. ....
Par Almut Behl....
Traduction Jerome Carlier (CCF Kiel, Allemagne)
....