EVOLUTION (Inrockuptibles)
Saccadé et nerveux, du rock anglais très classe fait en Alsace.
Pendant que les plus anciens, nostaliques d'un faste rock'n'roll parisien qui n'a existé que dans leurs fantasmes, n'ont d'yeux - parfois malsains - que pour des godelureaux qui pourraient fastoche être leurs enfants, voire leurs petits-enfants, la province, elle, n'attend pas ces bons points pour exploser, explorer. Loin des petites ententes et alliances de groupuscules pariscentristes immédiatement baptisés, dans les lointaines provinces, les PPP (Passeront pas le périph), tout un pan du rock des départements ignore ainsi ces codes vestimentaires et soniques - des codes qui virent au règlement. Que ce soit Montgomery à Rennes ou bien encore les brillants Crocodiles à Strasbourg, cette insolence, cette effronterie, cette distance salvatrice font des étincelles. Dans une chambre froide, dans le cas de ces derniers, tant ces chansons racées évoquent aussi bien la raideur des jeunes Talking Heads, la frénésie de Devo ou l'élégance hautaine de Television. On murmure que le chanteur, hanté, de ces Crocodiles épileptiques et électriques a grandi dans une dynastie musicale, avec un grand-père organiste à la cathédrale de Strasbourg et une père batteur de Gong. Mais ce n'est pas en fils à papa ou en fils à pépé qu'il s'invite dans le club particulièrement fermés des groupes d'ici qui pourraient sans la moindre retouche (l'univers, visuel et sonique, est déjà fin prêt, brillant même) aller chasser en Angleterre. D'ailleurs, sur la pochette, les Alsaciens posent entourés de trophées inquiétants de safaris anciens. Les Rakes (dont on sait maintenant pourquoi ils chantaient avec tant de passion Strasbourg) ou Maxïmo Park peuvent raser les murs, ou risquer de finir empaillés.
JD Beauvallet
http://www.lesinrocks.com/DetailCritique.cfm?iditem=204762&idheading2=10
Ré-évolution (POLY)
Les crocodiles s'affirment primitifs et développent une esthétique anguleuse, posent au musée zoologique, mais se refusent à jouer les chaînons manquants.
On a tous en mémoire les paroles du morceau Crocodiles d'Echo & The Bunnymen - "I can see you've got the blues / In your alligator shoes / Me, I'm all smiles / I got my Crocodiles" -, on pouvait difficilement imaginer que ça deviendrait également le nom d'un groupe strasbourgeois. Dave Ordinary, le guitariste, et Yvan Capacitor, le chanteur, nous renseignent sur l'origine d'un nom qu'ils souhaitent tous deux prononçable aussi bien en français qu'en anglais - "comme depeche mode, par exemple" - et sur les premiers pas d'un groupe qui se monte de manière très naturelle autour de leur passion commune pour des groupes tels que Joy Division. Sur le premier EP, si l'ambiance est ouvertement post-punk, on sent que le groupe, constitué de musiciens aux sensibilités musicales pourtant très diverses, a le potentiel d'évoluer vers des territoires plus psychédéliques. Ce premier enregistrement auto-produit, joliment packagé, n'est sans doute que le premier pas d'une Evolution qui devrait les conduire vers un ailleurs encore insoupçonné.
E.A.
EVOLUTION (NoiseTimes Webzine)
Après avoir lu un article élogieux dans les Inrocks (eh oui, les Inrocks ne font pas que détruire, qu'on se le dise !), je me suis empressé de me catapulter sur le Myspace de ce groupe strasbourgeois. Et là, la soufflante ! Il m'a rarement été donné d'entendre des groupes français dégageant une telle classe, un feeling et une inspiration « so british ». Ayant donné le lien à un pote rock'n'roll en diable, celui-ci après écoute, m'a aussitôt écrit une formule qui lui vaudra l'honneur d'être le premier proche cité dans mes « écrits rock » : « ça me fait penser à une sévère copulation entre Armand de SLOY (The 16 strings overture) et Lux Interior des CRAMPS (The Doorman said) avec Joey Santiago qui tient la chandelle. »
C'est tout à fait ça...et bien plus encore ! Classe ébouriffante, excentricité contenue, énergie punk mêlée à une élégance pop qui rappellerait presque BLUR (eh oui, il y chez CROCODILES un côté pop, mais pop dans le sens non-conventionnel du terme, et c'est tout à leur honneur !).
Ajoutez à ça un clavier qui vient virevolter au dessus de cette trame sonore hyper prenante (délectez-vous de ce duo guitare-clavier sur Television feast ou sur Aart, entre autres gâteries dont regorge cet album ; énorme!), un groove hors du commun, l'utilisation occasionnelle et envoûtante d'un chant à deux voix. Et vous obtenez là un album qui, avec celui des Lillois de GOMM et dans un registre légèrement différent musicalement mais à l'esprit similaire, risque fort de se retrouver –à juste titre- propulsé album rock de l'année dans notre pays qui soudain aurait la possibilité de faire la nique, joliment, à nos cousins londoniens et, comme le disent les Inrocks, de faire pâlir de jalousie les RAKES et autres MAXIMO PARK, aux derniers opus pourtant excellents.
Bref, que du haut de gamme ici, aucun titre à mettre en avant ; chaque morceau sonne comme un standard et donne une envie incoercible de danser comme un possédé en chantant de cette voix si caractéristique, si singulière, les compos inégalables qui parsèment cette merveille musicale.
En un album, un seul, CROCODILES passent du statut de quasi-inconnus à celui d'espoir plus que confirmé. Et comme le groupe a également apporté un grand soin au packaging, on frise ici la perfection artistique.
A découvrir et à posséder, toutes affaires cessantes.
rather-ripped
http://www.thenoisetimes.net/album_chronique.php?selection=419
DÉCIBULLES (L'Alsace)
Le Crocodile a croqué ses concurrents du tremplin
Le groupe strasbourgeois « Crocodiles » fera l'ouverture de l'édition 2007 du festival Décibulles, le 6 juillet prochain.
Les festival de rock et de bières Décibulles aura lieu cette année les 6, 7 et 8 juillet à Neuve-Église. 18 groupes de musiques actuelles sont programmés, six par journée. Conformément à son esprit d'origine, le festival offrira une occasion de se produire sur scène à plusieurs groupes régionaux. D'une part, six d'entre eux figurent dans la programmation, qui ne sera dévoilée intégralement que vendredi prochain, 13 avril. C'est aussi un groupe alsacien qui ouvrira le festival, le vendredi 6 juillet. Il a été désigné samedi soir, à l'issue des concerts du tremplin Objectif scène 2007 organisé par Décibulles au bar Freppel, à Saint-Martin.
Même s'il s'appelle Crocodiles (new wave), le groupe vainqueur n'a pas mangé tout cru ses adversaires : le résultat est resté serré jusqu'au bout, face à Smash it combo (Cernay), Saori Jo (Strasbourg) et Forsaken OD-C (Sarre-Union). À eux quatre, ils étaient déjà les rescapés de 60 candidats. « Ce qui a fait la différence, c'est l'originalité de ce groupe de rock et sa grosse prestation scénique, signe d'une certaine maturité. Avec eux, ça remue, autant en chant qu'en ambiance sur scène », relève Pierre Hivert, de Décibulles.
Des capacités qui seront bien utiles lorsqu'il faudra, le 6 juillet au soir, occuper et rendre vivante la grande scène du festival.
Evolution (Noise - ex Versus-)
Il existe des groupes qui ne vivent leur musique qu'au travers d'une nostalgie alors que d'autres s'inspirent d'une période pour la conjuguer au futur.
Ils sont rares ceux qui dès leur premier album s'affichent avec une véritable personnalité dont la musique renvoie une identité palpable.
Le label strasbourgeois Növalis Impulse consolide sa position de vivier de talents en accueillant dans son écurie les Crocodiles.
Ne vous imaginez pas que vos oreilles seront en terrain conquis, car la vivacité de leur musique préfère le raffinement au clientélisme en faisant triompher la subtilité grâce à l'ironie.
Leur musique est née d'un carambolage de cultures qu'ils ont transformé en un univers subtil où il est inutile d'être vulgaire pour paraître. Leur charisme suffira à effacer les traces laissées par le rock déluré de Devo, des mélodies accrocheuses de Talking Heads et de l'esprit loufouque des B52's.
En laissant son esthétisme électrique capturer notre éveil, les Crocodiles jouent avec nos émotions avec un culot sidérant. Le chant décalé de la réalité prêche la bonne parole en se faisant l'écho d'un Peter Murphy en pleine mutation avec des émanations de The Cramps. Le clavier, la basse et la batterie ne connaissent pas les compositions linéaires d'une musique prédéfinie et s'en amusent en nous déboussolant avec leur éclectisme finement ciselé.
A ce jour, aucun producteur n'est venu dénaturer le sens de ce groupe et de son oeuvre. La pochette de l'album est encore assemblée à la main par les membres du groupe. L'album Evolution est un trésor dont on n'a pas encore saisi la véritable valeur. Les Crocodiles possèdent la force de falsifier l'attention que l'on porte aux modes actuelles et le pouvoir de détourner nos attentes de codes futurs.
F.CISNAL 8,5/10