Sign: Capricorn
City: Frontier
Country: UM
Signup Date: 4/3/2006
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April 24, 2009 - Friday
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Current mood:okay
Les réseaux sociaux sont un monde en soi. (j’adore ce genre d’introductions complètement clichetonnes, p.v. ? )
On va schématiser à la mode de Grosso et Modo, ici (le sujet ne méritant pas qu’on s’y attarde plus que ça), quitte à être un poil réducteurs. Et au risque de se répéter / rabâcher un peu, aussi, mais le contexte l’exige. Une des particularités du oue-beuh en général et des RS en particulier étant que tout va trop vite pour nos capacités de mémoire et d’attention. Il faut sans cesse remettre le couvert (no fuss).
Disons donc qu’il y a deux façons d’aborder le principe des « amis » sur Myspace :
1/ on tombe à mort dans le ‘networking’ et se donne l’illusion de ce-qu’on-veut en nourrissant le nombre desdits « amis » à coups de requests (et acceptation de requests) de façon quasi tayloriste. On juge alors de sa ‘présence’ et de l’intérêt d’icelle en regardant d’un air ravi son score monter vers les 1000, puis les dépasser, & ainsi de suite. C’est une logique de networking, yes, assez prégnante dans une optique « comm » (lisez comm-unication ou comm-erce selon vos inclinations personnelles…) Je ne dis pas que c’est mal.
2/ on s’essaye à un principe plus « humain », même en étant un artiste ou tout autre attracteur-d’attention-publique. On choisit alors ses potes sur Myspace comme on les choisit dans la vie. Sur la base de critères personnels, qui valent ce qu’ils valent. Cela implique de limiter les invitations qu’on envoie, et de refuser très souvent celles que l’on reçoit. Je ne dis pas que c’est bien.
Un ‘artiste’ dans mon genre ( = « naïf » © un de mes anciens éditeurs), régulièrement tenté par le côté ultra coloré de la Force, est toujours un peu en balance et schizophrène sur ce topic. Disons que deux angles de notre personnalité se la jouent bras de fer, façon Robert Mitchum et ses mains tatouées de mots contraires, dans Night of the Hunter . Notre job exige(rait) que nous adhérions à la solution n°1, pour pouvoir injecter notre virus (forcément beau, bon et utile) au plus grand nombre de gens possible & soutenir nos pôvres éditeurs (qui nous chantent Help des Beatles nuit et jour) & autres raisons très-justifiables-et-intelligentes-dans-un-monde-si-dur. Certes. Et je ne dis pas que c’est mal, vraiment. Mais ce genre d’auto projection industrielle dans le Gwand Wide World of Mirrors ne permet pas de trouver ici ce que j’y cherche en tant que « vraie personne derrière le gloss des photos-de-presse ». Je ne tombe pas dans l’illusion, pas plus aujourd’hui qu’hier, du world of Amour. Mais je demeure, toujours, désireuse d’expérimenter un véritable échange avec les ‘étrangers’ en général, et ceux qui me lisent en particulier.
Je refuse plusieurs « requests » par jour, et on me demande inlassablement « pourquoi ? ». Ce n’est pas pour vous vexer, vraiment. Ni pour tomber dans l’élitisme ou que sais-je. Je fais cela pour la même raison qui amènent 90% de mes blogs à être verrouillés « friends only ».
C-a-d = j’ai choisi l’option 2. Je suis venue ici, à l’origine, pour suivre les news d’artistes que j’apprécie. Cela ne devait être que cela, avant que mes lecteurs ne m’y trouvent ou retrouvent. Les choses, en conséquence, ont changé. Ce n’est pas fondamentalement un problème. J Mais je souhaite toutefois conserver le motif premier de ma reddition au monde des réseaux sociaux. Et donc : tous les gens qui sont ‘de mes amis’ sont des personnes avec qui je pense avoir des choses intéressantes à partager, dans les deux sens . Des artistes que j’aime, que je ‘suis’, et dont je désire recevoir des nouvelles. Des amis & autres gens que je connais personnellement. Des gens avec qui je fais-des-trucs (in ou hors job) Des lecteurs (possibles esprits voisins, avec cela m’intéresse ‘d’échanger’) Des ‘aliens’ (tous types).
Dans l’absolu, j’aimerais garder ma liste assez claire pour pouvoir ‘reconnaître’ au moins un peu chacun de ceux qui sont là.
Je ne vois pas l’objet de rajouter des gens inconnus-et-très-susceptibles-de-le-rester juste parce que nous faisons le même job, ou des jobs connexes, etc.
Cela exclut les listes-à-10 000- invités que certains convoitent. Et exclut que j’accepte de nouveaux invités juste… parce qu’ils en ont envie, pour des raisons relevant de l’option 1 (ou autre machin incompréhensible).
L’amitié est un truc bilatéral. Et bien que ce soit ici un concept très faussé, comme tous les concepts virtuels, on va tâcher d’en garder le moyeu.
Je suis juste une de ces ‘idiotes’ ( © MarketPlace) qui entretient l’illusion et le désir (suicidaire ?) de conserver de vraies relations avec de vrais êtres humains. Cela nourrit ma machine. Et cet espace étant… mon espace, mes décisions d’accepter, ou de ‘quitter’ certaines personnes peuvent sembler arbitraires… mais on n’est pas en démocratie, ici. On est dans une annexe de mon salon, en quelque sorte.
Dans l’absolu, lorsque vous m’envoyez une invitation, je devrais pouvoir comprendre pourquoi vous l’avez fait juste en allant voir votre profil ; ce que je fais toujours. Si je ne vois pas l’objet, je dis non, ou refuse. Et ce n’est pas vraiment la peine de me demander pourquoi. Dans l’autre sens… si je vous invite, croyez bien qu’il y a toujours une raison.
Hors de toute stratégie virale (excepté soudaine crise de fun-4-fun), le carnet d’humeur qui se déploie en ce lieu est un catalogue d’idées flottantes, sans autre recherche que des indices sur mes petits puzzles préférés, et le partage de coups de feu et coups de cœurs. Pas ici, donc pour nourrir la maladive curiosité des (t)chats et la production en masse d’acide gastrique. Je n’ai pas quitté le monde des fora pour rien.
Une confusion inhérente aux espaces « network » des personnes publiquement exposées (disons), c’est ce brouillage. A force de mélanger l’œuvre et l’artiste, on en vient à transformer l’artiste lui-même – après avoir fait de son (he)art une marchandise – en spectacle vivant pour « gros nos life » ( © ma fille, cette poétesse teenage !) On oublie qu’ils ont des veines, des vies, des âmes, des envies et des drames. Des raisons dont ils n’ont pas à rendre compte. Ces actes, s’ils ne salissent que ceux qui s’y livrent, n’en rendent pas moins l’interface et le contact plus difficile pour les « autres » = les vrais êtres humains, là-dehors, qui ont gardé la juste mesure des choses. Et avec qui il est possible de tricoter un peu de cette énergie positive qui est ma vraie dope.
Il n’y a pas vraiment (et pas besoin d’autre, non ?) filtre discriminatif en ce lieu. J’ai choisi l’option 2. Comme en toutes choses diraient certains ;-) Cet espace, pour envoyer un clin d’œil à un certain Parrain, est « personnel ». Vs « business », donc. Géré quasi à 100 % par l’auteur, la « personne derrière les pages ». Et on va essayer de faire en sorte que cela reste ainsi. ;-)
Ceci dit… tout ceci n’a pas pour but un genre de ‘philosophie par amour de la philosophie’. ;-) Et je n’éprouve pas de besoin particulier de justifier ma ‘politique’, si ce n’est pour éviter que certains se sentent blessés sans raison. (chantons en chœur : please don’t let me be misunderstood !) Et mon côté cossard voit bien l’intérêt de renvoyer à la lecture de ce ‘mot d’billet’, ultérieurement, tous ceux qui m’envoient des mails de type ‘mais pourquoi xxx ?’. Dans un monde idéal, les gens le liraient avant de clicker spasmodiquement la touche Request. Vous y croyez, vous ? ;-) Hmmm… pas moi. Mais faute d’une machine à rallonger le temps ou à-en-produire, on va s’essayer à le sauvegarder un peu. Voire à garder vivant le calme et l’énergie qui pourraient bien naître en ce moment.
Ah… quitte à faire ! Compilons ! (mode maxi-flemmasse ON/ !)
En réponse à d’autres questions types :
Non, je ne suis pas sur Face Book, c’est un Hoax. Non, je n’irai pas, même si vous y êtes et ça-vous-ferait-plaisir-car-vous-préférez-ce-lieu-à-mysp. Pas fan du lieu en question. Plus : Pas le temps de gérer 2 trucs comme ça (et la flemme).
J’ai un (2,3) profils encore-plus-persos ici ? Oui. C’est une partition de Hard-drive. Please respect it.
Over-blog ? (ou autre lieu où on blogue) Non. Je réserve mon côté fashion victim pour d’autres choses. (et je respecte ma flemme ET la vôtre ! :-D )
Imeem ? Ilike ? Aim ? Tweeter ? (et etc) Oui. Peut-être. Mais non. Je promets que si j’y suis pour une raison qui pourrait vous intéresser je laisserai glisser l’info. ;-)
Fora ? Nope. Pas ici. Et pas moi. (quoi que cela puisse vouloir dire)
Mon site à disparu ? Non. Cherchez mieux. ;-)
Qu’on ne se voie pas ‘ici’ ne veut pas dire qu’on ne se verra pas ‘ailleurs’. Carrément oui.
Hop, on en a fini avec ça (hopefully !) :-)
Restez gais !
The LS from outer-Myspaccccce.
/ this post’s title is a tribute to : Adam Ant
Take it up or leave it I'm not gonna change a bit If it means heartache Then leave it out for your sake I tried and try tried But still you say that I lied Nobody's perfect So leave me if you object * Friend or foe *
Shunt /
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March 6, 2009 - Friday
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Current mood:Calm
Calm down people, it's just a little lie (lettre griffonnée sur le capot de la voiture -- avant de tailler la route avec Jack ?)
Suite à certains 'évènements récents', mes mail-boxes résonnent de (vos) appels, questions, et des échos de votre colère en rapport "avec un certain tort qui m'aurait été fait".
Mon inhabituel silence ne peut, je le comprends bien, que renforcer le sentiment d'incompréhension et d'angoisse qui semble s'être emparé de pas mal d'entre vous.
Je me fend donc à un petit "télégramme" pour rassurer les bons esprits qui naviguent par ici. Mon silence n'est pas dû à quoi-que-ce-soit d'inquiétant. Au contraire. Et *tout va bien*. Vraiment.
Oui, Fovéa est annulé. Et j'en suis désolée pour vous. Et, oui, puisque leur remarquable faux pas me permet de vous le dire clairement, ma séparation d'avec Les Moutons Electriques est totale. Et je n'en suis désolée pour personne. Et surtout pas pour vous.
Non, bien sûr, la raison donnée "officiellement" par l'éditeur paniqué n'est pas la vraie. Mais, non, -- parce que l'on ne peut pas, comme je le fais, critiquer l'amateurisme pour ensuite, à la première occasion, tomber dedans -- je ne développerai pas ce débat en "place publique". Ils ont commis une faute professionnelle. Ma 'religion' m'interdit de les imiter.
Nos 'religions', aux Moutons et moi, -- ceci au moins est exact -- ont trouvé de plus en plus de raisons de s'opposer, et d'explorer leurs points de discorde. La leur est soumise aux coups de vent d'un "marché" difficile, en danger, instable. La mienne seulement à mon credo de vérité, d'honnêteté et d'intégrité, artistique notamment.
Je comprends le poids que ce marché meurtrier inflige aux acteurs de son industrie. Pas que l'on demande aux auteurs, à ce titre, de concéder sur les piliers de leurs vocations. Pas que l'on sème le désordre dans leurs ateliers.
La liberté promise, qui me fit préférer ce lieu à d'autres partenaires aux offres financièrement 10 x et + (au sens strict) plus alléchantes, il semblerait que l'aménagement actuel des Moutons ne puisse me l'accorder. C'était la base de notre contrat, socle de l'ensemble de notre collaboration. Il n'était pas renégociable.
Le larsen grandissant issu de nos natures incompatibles a fini par tuer en moi tout plaisir. Le plaisir, la passion, l'énergie sont indispensables à ma création. Ce moteur ne peut être remplacé par les urgences et inquiétudes (même si elles sont légitimes) d'entreprises que le danger vital mène au chaos. Ce système est un piège. Il n'est bon pour personne.
Il n'y a rien, dans cette rupture, de particulièrement exceptionnel. Pas de matière à pleurer ou s'émouvoir. Ni, à moins d'avoir renoncé à toute dimension humaine et tout respect pour soi-même, à rire. Sa dimension "générale" dépasse de beaucoup l'intérêt très médiocre de son particularisme.
Je devais protéger mes convictions. Il devaient protéger leurs intérêts. Ils ont jugé les deux inconciliables.
J'ai confronté le problème de façon claire, et précisé fermement ma position par un mail direct, ce 27 février au matin. Ceci suite à un 'coup de tonnerre' intervenu la veille, après que d'énièmes interventions sur mon livre à moins de 24 h de la date de remise aient poussé toute mon équipe graphique à me menacer de rendre son tablier. J'ai mis mon éditeur devant ses grandissantes entorses à la base même de notre accord. Tous nos accords étaient inféodés à celui-ci.
Les Moutons ont préféré opérer une rupture "annoncée par forum" ( ^_^ je sais que j'avais dit que ce n'est pas drôle mais ça... quand même... hmm), comme à l'opérette, sur des prétextes factuellement très contestables. Pour préserver, pensaient-ils, leur image, je suppose. Je ne crois pas qu'ils y aient réussi.
Mes lecteurs n'ont, je le sais, que concrètement peu à faire avec ces "détails sordido-techniques". Dans des conditions normales ils n'auraient pas à assister à tout cela. Alors recentrons la perspective sur ce qui vous soucie vraiment.
Est-ce que, comme vous le pressentez, cela signifie en fait que je viens vraiment de claquer la porte de Market-Place ? Hmm... oui. C'est exactement cela.
Monsieur Ruaud me demandait il y a quelques temps : "Mais Léa, est-ce que tu veux vraiment d'un éditeur ?". Fort peu protocolairement (mais Loi-de-Franchise oblige...) je lui ai répondu : " Franchement ? Non. Mais j'ai pris des engagements, et je m'y tiens.". Mes engagements envers les Moutons étaient les derniers. Cela pouvait légitimement les inquiéter, oui, de voir l'un de leurs "supposés auteur-phares" prendre si manifestement la tangente, et refuser des opportunités extérieures pérennes (au titre de la-pub-que-cela-(leur)-aurait-fait et d'un 'rayonnement' censément désirable etc.). Une poule aux oeufs d'or qui montre une 'crise de la ponte' met en émoi tout poulailler 'réaliste', oui. Certes. Il est manifeste que j'ai perdu toute confiance dans le système des fermes, de plus en plus automatisées, de l'industrie littéraire. Je préfère, dirons-nous, manger peu mais manger... bio. Les engagements pris, par contre, c'est autre chose. Les promesses données ont, à mes yeux, un caractère sacré. Je les aurais tenues vaille que vaille jusqu'au bout, s'ils avaient, de leur côté, tenu les leurs. Et dans le pire des cas, pour le moins, opéré un divorce propre.
A force de paniquer face à une vox populi devenue aussi folle que l'est l'ensemble de notre société, l'on atteint exactement l'effet que l'on souhaitait éviter, je crois. J'ai eu mon lot, moi aussi, de ces dérapages ! :-D On est tous pris là-dedans, je le sais bien.
Mais il y a un moment où on doit sonner le temps-mort, faire le point avec ses sextants, et se mettre (si possible) en accord avec ses convictions. De personne à personne, dans ces lucarnes où l'on doit rendre des comptes à cette entité on ne peut plus évanescente : sa conscience. Et où l'on doit faire ce qui est nécessaire pour nous-mêmes. Ce qui est correct, juste, et vital, afin de ne pas devenir, à son tour, une machine désaccordée. C'est ce que je dois faire.
On aura sans doute (encore) l'occasion de faire un peu de 'philosophie' sur la théorie de cette dialectique mortelle crise du livre / crise d'auteurs. Ce sera bien plus intéressant, dans l'absolu, que cet inconséquent 'cas d'espèce'. Mais dans l'intervalle : oui, je vais bien. Je ne me suis pas sentie aussi bien depuis une décennie. Si j'ai traîné à vous parler, c'est que... justement ! Le téléphone sonne, la bal fait bing, et des potes me disent : "alors ça y est, tu vas vraiment le faire ? tu arrêtes la came ?". Et alors on rit, et parle (enfin!) d'autre chose que de mes habituels "je suis désolée, je n'ai pas le temps". Et on va boire un pot, et planifier des trucs "humains" (je crois que ces salauds me testent. ils se demandent quand je vais craquer et retomber dans mon petit workaholism !) Ce temps "sans dealines", pour la première fois depuis quelques 10 ans, a un aspect assez grisant. Façon haute montagne. Un parfum de liberté que j'avais oublié. Et cela fait que je n'arrive pas... à prendre au sérieux le drame qu'a jugé bon de faire l'éditeur. Ou à m'en émouvoir. Ou à me soucier, au vu de l' "option choisie" des conséquences pour *lui*.
Les conséquences pour moi, elles sont, en prise directe, incroyablement bonnes. L'impression qu'on m'a ôté un rocher.
J'ai toujours dit que je n'écrivais pas pour publier. On ne m'a que trop poussée dans cette voie, et elle ne me va pas au teint. Il était vraiment temps que je retourne à ce qui est important. Juste le feu, le plaisir, la passion. Tout ce qui rendait tout ça si excitant, et merveilleux, au départ. L'éclate. Les rôles sont de plus en plus floutés, dans cette "zone de crise". Les auteurs, comme tous les autres, se transforment en petites-mains polyvalentes. A partir du moment où on leur demande d'altérer leurs oeuvres aussi... on leur demande de ne plus être des auteurs, mais des "employés de bureau" bénévoles, voués à donner au marché ce-que-l'on-pense-qu'il-attend. De plier, en somme, leur rôle dans le schéma aux diktats de la crise. Ce qui revient au final à détruire la fonction d'auteur. Vouloir sauver l'édition est une chose. Mais si elle n'a plus, au bout de cette zone noire, d'auteurs à publier... je crois que je n'en vois pas, in fine, l'objet. Cela fait trop longtemps, entre nous, que je ne vois plus du tout l'objet de tout ce cirque. Justement. Que tout est devenu absurde, privé de sens, et étouffant. Pas 'avec cet éditeur' en particulier, mais dans 'tout le système'. Y compris, hélas, depuis un temps, avec cet éditeur-là aussi. Dont acte.
Please, ne me demandez pas quels sont mes projets, et avec qui, etc. Ne paniquez pas (je pense surtout ici aux acteurs 'pro' de cette zone) pour des *publications*. Je vous promets : j'ai vraiment arrêté cette came. :-) Mes 'projets' immédiats consistent à sortir de la spirale d'un rythme industriel sur lequel j'ai trop longtemps dansé pour que les conséquences n'en soient pas évidentes sur ma santé, mes vraies-relations-proches, et toute perspective de... paix de l'esprit (?). Apprendre à nouveau à respirer, à faire les choses 'parce que ce sont les bonnes choses à faire' et plus pour réagir aux angoisses de truc et aux urgences de machin. Retrouver un 'petit truc indispensable' que j'ai perdu quelque part, dans l'incessant mouvement de siphon des éviers. Me *poser*. Faire oeuvre humaine. Ne plus "faire des livres" parce que qui-que-ce-soit les demande/veut/en a besoin. Mais seulement parce que c'est l'heure, cela s'impose à moi, etc. Si tel le cas. Je ne fais pas de promesses, à ce niveau, notez. ;-) Je ne fais (plus) aucune promesse. Il y a des choses, oui, que j'ai envie de faire. Et depuis longtemps. Que j'ai poussées ..é pour, en lieu et place, faire "ce qui était attendu de moi". Mais même cela, je m'empêche d'y penser. Ce n'est pas le moment, ni l'heure. L'heure est à reprendre mes marques, retrouver mon centre, et me désintoxiquer d'un système qui est pour mon organisme un poison trrrès violent.
Je vous remercie, tous-ceux-qui-(point-point-point). Pour toutes ces choses étonnantes que vous m'avez dit en privé. La clarté de votre analyse et votre conviction. Il faut croire que si on s'efforce à rester un tant soit peu authentique, on a les lecteurs que l'on mérite, ce qui est fondamentalement... rassurant. TOUTEFOIS, s'il vous plaît, pour rester dans le rythme de la chanson qui sert, cette fois, de titre à ce blog : Calm down pleople! . Vous n'avez pas toutes les données, et je vous assure que la situation dans "le monde de l'art" n'est vraiment pas facile. Rien n'est "aussi facile que ça", et surtout pas de rester net et pur alors que l'on est tous tiraillés par des impératifs contraires. Tomber, à votre tour, dans la colère, l'injure, les jugements au hachoir etc. ne serait pas une bonne chose pour votre karma. N'attrapez pas, à votre tour, la maladie dont nous avons vu en direct les fâcheux effets, juste là. Hmmm ? Please ? Pour que les choses puissent un jour aller mieux pour tout le monde, y compris et *surtout* les auteurs, il ne faut pas céder à cette spirale qui voudrait, tant et trop, que l'acidité, la bêtise et la petitesse d'âme soit le seul soulagement qui nous reste accessible. Et surtout... ne le faites pas... *pour moi*. O_o Parce que, vraiment, non, ce n'est pas ce que je souhaite, ou vous demande. Du tout.
Bien que le procédé employé par 'mes anciens amis' soit... loin d'être élégant, propre, et surtout 'juste', ce qui se passe ici n'est pas un drame. Ce n'est un 'drame' qu'au niveau 'économique', et ce n'est pas moi qui vais payer le plus gros de cette facture là, comme beaucoup d'entre vous l'ont souligné avec effarement. Les livres, comme toutes les oeuvres de l'esprit, existent 'en soi' (et pour faire un clin d'oeil à Hegel je rajouterai 'et *pour* soi'), les éditions de ceux-ci ne sont que des formes transitoires, variables, sans incidence absolue. Des médias temporaires. Ce qui me semble important, à ce moment de ma vie, c'est de conserver vivant le mobile de mon crime : les histoires. Sans plus tomber dans le piège où les éditeurs s'engloutissent : celui de confondre l'oeuvre avec son impression papier. Et 'auteur' avec 'édité'. Voire 'auteur' avec... 'éditeur' !
Le sujet intéressant à explorer d'un point de vue 'philosophique', dans une société où l'art devient aussi troué qu'une certaine couche d'ozone, me semble être celui-ci. Avec calme, sans céder à d'inélégantes "passions", et avec... conscience ?
Et ne vous inquiétez pas pour rien. Ne vous inquiétez surtout pas pour moi. Il n'y a vraiment pas matière à. Au contraire !
Dobbie a eu une chaussette. Dobbie est... liiiiibrrrrre !!!!! ^_^
Allez bien, "bonnes gens". :-) Respirez.
Et moi je retourne à ma "redécouverte du concept de... temps". Wow ! On se verra bientôt ici ou ailleurs, hors de l'ombre virale du Commandeur Planning, pour une fois !
LS/.
/ le titre de ce blog est un hommage a : Dave Gahan (encore)
That time has passed Some things that never really last We've come undone To me you'll always be the one
Calm down people It's just a little lie You know it doesn't mean nothing And I realize you could be right
"A little lie" (dans l'(extrêmement) indispensable "Hourglass" (AchetezHourglassAchetezHourglassAchetezHourglassAchetezHourglassAchetezHourglassAchetezHourglass/fin-du-message-subliminal...)
Shunt/
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August 6, 2007 - Monday
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Current mood:part of this world (et pas aussi lente qu’un Ent)
Hey / salut / salam / shalom / hello etc...
Plutôt que de parler d'actualité littéraire (quoique... je sais que beaucoup, ici, l'attendent) nous allons plutôt parler aujourd'hui, comme assez souvent dans cet espace, du "monde où nous vivons bon gré mal gré".
Pas de politique, cette fois, mais d'engagement.
Certains le savent, avant de glisser totalement en littérature-comme-métier, je plantais des arbres. Je travaillais à l'INRA, où j'ai été "maître serriste" et, à côté de ça, je plantais "mes arbres". Cela m'a pris avec les opérations scolaire de "reboisons après les incendies". Les incendies ravageurs, c'est courant dans le Sud... les opérations qui entraînent les gosses par chemins & collines pour mettre en terre des plantules, elles, se sont faites horriblement rares. Bref, c'est un virus. Chopé à 8 ans. Ne m'a jamais quitté. J'ai des bouleaux de l'himalaya de 4 m. de haut, 30 érables du japon, un amandier, un ulmus campestris (race éteinte -- mais l'espoir demeure...) et encore pas mal de bouleaux de diverses races. Sur mes balcons. Plein centre. Je suis le poumon du quartier, dit-on... Etre un poumon, dans un monde en rade d'oxygène, c'est important. Et c'est un sacré boulot de tous les jours. Mais ça suffit ? non non.
L'Oxymore, du temps de son (hyper)activité, voulait promouvoir le "plantage massif" et n'a eu le temps de le faire qu'en étant donatrice pour des établissements. Ca ne suffisait pas. non non. Nous utilisons, nous auteurs, éditeurs, lecteurs, du papier. Le papier vient d'arbres coupés. Il y là comme... une responsabilité. Ou, en tout cas, un geste à rendre. Si Traverses II était sorti comme prévu, un quart de mes droits aurait été injecté dans le parrainage d'un projet de reboisement. Cela ne s'est pas fait. L'Oxy, elle, avait tout bonnement l'intention d'organiser une opération 'durable' de type "un livre = 1 arbre'. Cela n'a pas pu se faire. La pollution de ce monde ne tue pas que les arbres...
Mais... les lecteurs de Nigredo ont dû lire, s'ils sont allés jusqu'au-bout-des-pages-du-fond... que cet ouvrage "parraine" la plantation d'un bosquet, dans le cadre de l'action de Trees For Life, qui s'acharne à replanter, pousse par pousse, l'antique forêt de Calédonie. La grande forêt d'Ecosse, donc, ancien poumon de l'Europe, et haut lieu de légende. Quoi de plus normal, pour un livre nourri aux veines de la Féerie, que de participer à la reconstitution de l'habitat du Petit Peuple ? Si, par hasard, les Fées voulaient revenir... autant préparer la maison ! ;-)
L'Ecosse, terre natale d'Angharad, se prêtait à ce projet 'de fay'... il y a aussi qu'il n'a pas été possible de trouver son équivalent en France. Une autre fois, peut-être... Mais pour l'instant, nous voici dans les Highlands (qui s'en plaindra ?)
Depuis le 9 Avril (date de quelque importance personnelle pour moi) les lecteurs du monde de Vertigen (et tous esprits de même sensibilité) ont la possibilité de dédier des arbres à ce ou ceux qu'ils aiment dans cette "Cour Féerique". Chaque arbre planté peux être dédié à quelqu'un (cadeau d'anniversaire, mariage, etc, ou même mémorial vivant pour des disparus) Pour un montant fixe, ils peuvent même recevoir un "certificat" (à garder ou offrir). Il n'y a pas de montant minimum de donation. £5 (7,4 euros) = un arbre. £15 (22 euros) = 3 arbres... et un joli certificat, donc. Les dédicaces peuvent être laissées sur le site du Bosquet, où elles seront affichées, avant d'être *lues par un membre de l'équipe lorsque chaque jeune arbre sera planté* dans la belle terre d'Ecosse.
L'évolution du Bosquet pourra ensuite être suivie en ligne (ahhh... voir les arbres que l'on a plantés pousser...) mais il est évidemment possible, aussi, d'aller, plus tard, sur place, marcher sous les ombres de "notre" forêt.
il y a, dans ce monde, beaucoup d'oeuvres utiles à soutenir. D'un clic, d'une signature ou, plus activement, par un don. Certaines, pour être d'importance capitales, d'en sont pas moins un peu "austères", puisque l'on ne voit jamais vraiment les résultats de notre participation individuelle. Ce geste-là est un geste utile, en un temps où la Terre étouffe. Mais il est aussi, je crois, agréable, et l'on peut y laisser une trace vraiment personnelle. En ce lieu, chaque arbre à un visage et un nom. Et c'est aussi, pour les nombreux amoureux de mes Cours, une manière d'entrer et de prendre place dans l'histoire de Vertigen. De choisir la voie des fay.
Les Bosquets de Trees for life ont une durée limitée dans le temps, car des espaces de terres doivent être réservés, et les jeunes arbres semés avant mise en place définitive, au printemps prochain. Septembre est l'échéance annoncée pour ce projet. Pour cette opportunité d'avoir son propre arbre dans la demeure végétale d'Angharad et Finstern.
A ce jour, 105 arbres ont déjà été parrainés. Nous espérons qu'avant que l'Hiver ne s'en vienne, ne nombreuses autres mains auront porté en terre les graines de Féerie, et de nombreux autres visages pris leur place à nos côtés, parmi les tenaces dryades.
Au moment où tant d'inquiétudes quant au devenir de la planète agitent les individus comme les collectivités, il ne suffit pas d'aimer la Terre. Il faut aussi lui *donner*. Redonner son poumon à l'Europe plutôt que d'investir dans les "purificateurs d'air" qui deviennent... singulièrement à la mode, vous avez remarqué ? Et ne pas se contenter de s'accabler en "attendant que quelqu'un (d'autre) fasse quelque chose". Ce "quelqu'un", aujourd'hui, c'est *nous*. Bien souvent l'on veut agir, mais l'on ne sait comment. Nous manquent les outils. Pas aujourd'hui. Aujourd'hui nous pouvons faire un geste. Et allier la beauté & le plaisir à l'utilité.
Pour le prix d'un paquet de cigarettes, d'un verre au bar, d'un livre de poche, d'un cahier... Un arbre. Qui fructifiera, et étendra la forêt, dans les Siècles des Siècles.
Chaque geste compte. Chaque geste est *individuel* alors que ce qui tue notre monde, plus que la guerre, la famine, la maladie ou le dioxyde de carbone... c'est la passivité.
Ready to fight ?
Où?
Savoir = plus d'infos : http://www.unseelie.net/as_coron.html
Agir *de suite* = As-Coron @ Scotland / Trees for life : http://www.treesforlife.org.uk/groves/as_coron.html
questions & aide technique = Communauté / hotline / entraide : http://www.myspace.com/as_coron
Agissez entrez vraiment en Vertigen. Maintenant.
Spread the love / thanx
L/.
/ this post's title is an obvious tribute to :
David Sylvian
"My whole world stands in front of me By the look in your eyes By the look in your eyes My whole life stretches in front of me Reaching up like a flower Leading my life back to the soil"
Shunt/
 | Currently listening: Back to Black By Amy Winehouse Release date: 13 March, 2007 |
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June 9, 2007 - Saturday
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Current mood:  bored
Hi hey, Here we go again...
On commence par la ligne où je dis que je suis top sorry du silence / de l'absence / de l'inconstance / de mes propres là-et-puis-pas-là-addict à l'errance ? I know, on me le dit tant et trop, je ne suis pas obligée de faire ça. Et je le sais. Juré. Mais voilà... 1/ je n'aime pas laisser tomber les gens, truc pour lequel je suis douée, et suis membre des "Abandoneurs Anonymes". S'excuser fait partie de notre rituel. 2/ J'ai lu St-Ex. On est responsable de ce qu'on apprivoise, etc. Bref.
Not there for a while. Je bosse. On y reviendra. ;-)
Là, juste là, un truc. Parce qu'on m'en parle, du bout des doigts et de la langue, en privé.
Last of the kind-of-publications : "Fandom, Fuckdom, tectonique à deux plaques" in la revue SF Galaxies. #41 ou je ne sais pas quoi. Texte frère / complément / miroir / whatever du oh-si-vilain "Happiness in Slavery" paru en novembre. Et les gens sympas me demandent "hey, Léa, ça va ? Tu es encore en explosion / en colère / en souffrance ?" Et d'autres, moins sympa, fulminent, il paraît. (of course, la mariée est trop belle)
Bon. C'est aux premiers que je parle, évidemment. Cuz ma résolution 2006-6 est de ne plus plus parler aux cons. Quelque part, après toutes ces années passées à jouer la Universal Mother (of Junk ?) et le coach-for-nothing interplanétaire, well... je conçois que ça trouble. c'est bien tout le (tout *leur* problème). Huh?
Alors.... Non, dearests. Je ne suis plus "ceci cela", ou bien si, mais à ma façon capricornienne habituelle, c'est à dire 'inside', et de façon tellement plus compliquée que ça. Donc : rien à voir avec l'incidence en question.
Alors... pourquoi ce texte, now ? Je soupire, j'avoue. Parce que le fait que je doive bloguer là dessus est un genre, quand même, de concession à tout ce que je déteste dans ce milieu. Et du temps (tant et trop) perdu. Mais d'une façon tordue... cela prouve à quel point j'ai raison sur le milieu en question. Et il y a un truc à savoir sur les chats cyniques dans mon genre : en vrai... ils n'aiment pas avoir raison.
Donc. Pour en finir avec l'inculture (si Woody Allen me pardonne ce remix) : "Fandom / Fuckdom" a été écrit avant "Happiness". Et livré avant. Pour parution simultanée ou quasi. Ce n'est pas moi qui "continue", c'est la revue qui est en retard. Très.
Soyons clairs : pour ma part je ne vis pas dans le passé. Et quoique je ne retranche pas une ligne de ces pamphlets, ils sont (aussi et surtout) nés de mon irritation à ce que l'on me demande (mode un tantinet charognard on) de m'exprimer sur la fin de L'Oxymore. La crise du livre, cela faisait des mois que l'Oxy Team communiquait dessus. Commenter ses conséquences comme si c'était une nouveauté était du pur nonsense. J'ai l'a fait comme je fais parfois les choses : dans le dégout, pour le dégoût. Je sais, c'est weird. Parlez-en à Artaud.
By the way...c'était beaucoup "pour en finir et qu'on me foute la paix" (cette partie du plan était considérablement buggée, n'est-ce pas ?). Et après... j'ai oublié. Suis passée à la suite. Dans mon système de "on fait et on passe, next", j'avais zappé aussi, indubitablement, que tout ce que je fustige de dysfonctionnement dans le joli milieu où j'exerce mon job allait s'appliquer sur ces textes. Bing. Le deuxième sort des mois plus tard, sans que j'en sois avisée, et sans un mot d'intro de la Rédaction pour expliquer la bizarrerie de cette "remise de couvert" des mois plus tard. Vous trouvez cela strange ? My, vous avez raison. C'est une preuve que vos esprits réagissent bien aux distorsions temporelles ! :-D
Cela pourrait être amusant, mode humour décalé. Si cela n'était pas assorti d'autres travers hélas-trop-prévisibles. La tentative des "autres" de remettre le couvert là où moi, de fait, ne le remets pas.
On me signale, sur des forums trop amoureux du feeling "scandalous" (et où donc je ne vais pas) que l'équipe rédactionnelle s'ébaudit de ce rebond. "Ooouhhhh, elle recommence" (collez la voix d'Homer Simpson là dessus, c'est pile ce qu'il faut) L'aspect vraiment fun, derrière cette tentative de rebooster le flux de leur forum -- dont lls avaient été siiii satisfaits la première fois, c'est quoi ? = C'est que *eux* ne peuvent ignorer ce qu'il en est. 1/ ils sont supposés couvrir l'actu de la SF. S'ils ignorent que ce Galaxies devait sortir en automne dernier, ils devraient faire un bilan de compétences. 2/ Lorsque j'ai accepté leur invitation je leur ai dit que j'avais retardé le moment de leur remettre le texte parce que je ne voulais pas qu'il sorte trop loin de la parution de "Fandom/Fuckdom" dans Galaxies. Justement à cause de.
Donc. Comment cela s'explique ? Ont-ils des problèmes de mémoire ou un trop grand amour de l'excitation offerte par le scandale ? Je penche pour la seconde théorie (hélas). Dans la mesure où je trouve assez parlant qu'à l'époque, mon contact ait manifesté à réception du texte à quel point "j'avais trop raison" pour ensuite se déculotter en mode "politiquement correct" lorsque l'ire fandomesque a flambé. Tout est là. La langue de bois de la presse pro + l'amateurisme du fanzinat, dans le même cocktail. Ni ma langue ni mon estomac ne se satisfont de ces mixtures. Juste je zappe. Tandis que les gens en question, me dit-on, essayent d'utiliser ma nouvelle image "trop sulfureuse" pour booster leurs statistiques (et vendre les espaces pubs plus cher), je les zappe. Je ne suis intéressée ni par "le bruit par amour du bruit" ni par, juste là, une étude sociologique. Mon entomologie sur le milieu, je l'ai déjà faite (n'est-ce pas ?). Leur excitation sur la Silhol et ce qu'on peut en tirer en terme d'audience est directement déchiffrable selon les paramètres du pamphlet qu'ils ont eux même affiché. Quelque part, c'est *vraiment* amusant. Toute la façon dont le milieu s'est emparé de ces stextes, profondément anecdotiques et accessoires en regard des problèmes "un petit peu plus grave" de notre société, pour se donner l'impression d'être un peu en vie, et d'avoir des trucs à dire. Leur besoin de se définir par "avec" ou "contre" LS. Sarko apprécierait. C'est pile sa paroisse. Dans cette optique, le besoin de mes "amnésiques" de devoir remettre un coup d'adrénaline injectable dès qu'il est question de moi apparait assez triste, à la lumière des théories sur la misère sexuelle. Il 'faut' en parler, de la 'punk de service', mais en se couvrant d'avance. Non ? Une autre entomologiste m'a signalé à cet égard leur assez pitoyable "LS y blogue dans son style inimitable" (citation non garantie) dans un article sur les auteurs sur Myspace. Ce qu'on peut s'emmerder, dans le milieu SF franco. Dingue. Mais en même temps, "ça" ne peut pas s'empêcher de demander mon bouquin en SP. Là, ils doivent se demander ce qu'ils vont en faire. Selon leur logique, il serait politiquement correct de le descendre. Mas alors, damned, ils seraient les seuls. Du coup, où est le politiquement correct, dans ce cas ? Sacré dilemme. Les pauvres. Je compatis *trop*. ;-)
La recherche d'excitation à tout prix afin d'éveiller des sens affreusement lassés est un principe que je connais. Donc je compatis. Plus ou moins. A la Dandy. Mais j'ai du mal par contre, juste là, voyez, à me sentir concernée par le bourdonnement des Borogoves. Qu'ils se trouvent un hobby. Ou une copine, selon l'expression consacrée.
Donc. "Fandom / Fuckdom" est un fantôme. L'écho d'une voix lointaine, distordue par le passage dans les trous noirs de l'espace... dont il traite. Un peu étrange, décalé. Rien de plus. Pas besoin de m'en parler, ou de se faire du souci, vraiment. Promis :-)
C'est l'actu d'un monde SF en décalage temporel. Et qui s'ennuie tellement que toute raison lui est bonne pour se donner l'impression qu'ils se passe quelque chose en son sein. Mais ce n'est pas 'mon' actu. ;-)
Moi j'écris, j'essaye de prendre soin de ma santé, et je réfléchis au monde.
On parlera plutôt de tout ça, hmm, en privé comme en public ? Je crois que c'est un peu plus intéressant pour ceux qui, comme vous et moi... ont une vie.
Mais par la bande... cela explique aussi pourquoi je ne suis pas trop capable de vous parler de Nigredo. C'est déjà, aussi, d'une certaine façon, mon passé. Je suis un peu plus désolée de cet aspect. Vos lettres sont... well. Ca me touche assez, en fait. Troublant. :-) Mais, bon, quoiqu'il en soit... Je suis sur la suite et ça... c'est plutôt une bonne nouvelle, non ? ^_^
Next time, on va parler littérature. Pas des Presse-citrons et de leur pulpe. Ce sera *trop* bien.
milk&kisses
LS Ur enduring usual suspect.
/ this post's title is an obvious tribute to... heu.. Southpark, the BO of the dessin animé.
shunt/
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May 6, 2007 - Sunday
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Current mood:Arthritique : pas foutue de foutre un genou à terr
20 h. Tic-tac.
J'éteins la TV. Je ne veux pas entendre la logorrhée autosatisfaite des 'vainqueurs'. Hébétée. Tout ce que je peux penser, à boucle c'est... "the pigs have won tonight".
Il est tombé dans ma rue un silence comme j'en ai rarement entendu. Rompu seulement par deux klaxons solitaires en deux heures de temps.
Pourquoi? Qu'est-ce qui peux expliquer un tel silence, alors que la "majorité" a été si nombreuse à s'exprimer par la voix de Sainte Urne, miroir censément fidèle de notre "démocratie" ? Se peut-il que nous ne soyons pas assez riches, dans ce quartier supposé "bourgeois" pour nous réjouir du futur redressement de la France... A coups de matraques sur la tête des racailles A coup de muselière sur la bouche des journalistes A coup de "ceux qui ont parlé contre moi vont (enfin) avoir ce qu'ils méritent" A coup de "la délinquance est génétique... mais on va vous régler ça" A coups de feu, de sang, de barbelés... Merde, pourquoi le quartier ne se réjouit pas ? A peine deux "pouets" de klaxons ? Ils font mieux pour un match de foot, même quand la Sainte Patrie n'est pas sur le terrain ! Se pourrait-il, grand dieux, que la France ait été sur le terrain... et qu'elle se soit pris sa raclée ?
20h20. Accrochée à ma chaîne, j'écoute "march of the pigs". Je descend le long de la spirale. Je suis une racaille, drunk à la bibine étrangère. Polonaise. Je repense à Solidarnosc, et je ne sais pas pourquoi. Je repense à mes grands parents. Résistants. Leurs yeux sont ouverts dans leurs tombes. Ouverts dans la tombe, et ils regardent Caïn. Comment on a pu en venir là ? Il a suffi à Le Pen de raser sa moustache à la H. pour se faire élire. A une ample majorité.
Oh oui, Mister President s'est adressé à 'ceux qui ont mis un genou à terre', et leur a expliqué qu'en mettant le second dans la poussière sans plus de délai, ils se fatigueraient moins. Et ceux qui ont écouté la berceuse nous ont tous mis à genoux. Voués à ramper.
Je suppose que ça a marché pas tant parce qu'on a tous viré extrême droite, nous autres de la France, mais parce qu'on nous a lentement rendus cons. Au point de tirer sur la liberté à bout portant.
Finalement, être cons, c'est peut-être pire que d'être fachos. On est plus nombreux à trouver valide de se le permettre.
Les Américains vont pouvoir rire à gorge déployée, ce soir, de nos bonnes consciences et de nos "halte à la busherie" bêlants. Nous étions tellllement jaloux de leur grand Satan qu'il a fallu qu'on se dote du même. En modèle réduit, comme tout ce qu'on fait.
Je me demande si... le peuple de France a réalisé le budget qu'il va falloir débloquer pour graver au fronton des bâtiments publics les nouveaux mots d'ordre du 'régime', dans l'ex "pays des droits de l'homme...
AUTORITE - SECURITE - NATIONALITE
On a déjà vécu sous le programme "travail, famille, patrie" en d'autres temps, censément plus sombres. On ne devrait pas trop avoir de mal à se souvenir des "bonnes raisons" qui ont fait de nous des collabos. Reste à savoir s'il y a encore assez en nous de ce qui avait fait se lever dans nos rangs des maquisards. Après ce 6 mai... je doute. Après tout, à l'époque, on avait au moins l'excuse de ne pas avoir élu l'occupant.
J'ai honte, ce soir, du pays qui m'a vue grandir. De son ignorance, de sa passivité, de sa bêtise.
Un mois jusqu'aux législatives... Est-ce que ce sera assez pour se réveiller, alors que cinq ans sous le joug de la misère galopante n'y ont pas suffi ?
Oh Scully, I wanted so much to believe... I know, Mulder, I know. Hush. Cry, cry...
... comment on a pu en venir là ?...
/ this post's title relies on... NIN
I am the bullet in the gun (and I control you) I am the truth from which you run (and I control you) I am a silencing machine (and I control you) I am the end of all your dreams (and I control you)
I take you where you want to go I give you all you need to know I drag you down I use you up Mister self destruct
sh...un...ttttttttttttttttttttttttttttt / ............................
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April 20, 2007 - Friday
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Current mood:part-time believer
Okay (breathe hard)
Twenty four zero seven La date fatale. Aujourd'hui, my Nigredo tombe sur les tables des libraires. My Black Work is in the open.
Un feeling contradictoire et étrange de contentement et d'irréalité, à présent que la date "officielle" sonne. Les échanges sur le livre, depuis déjà une dizaine de jours, font que je n'arrive pas trop à réaliser que, jusqu'à aujourd'hui, il n'était pas vraiment-si-dispo-que-ça.
Au moment où je termine (vraiment-vraiment-pour-de-vrai) le round Presse de Nig', je fais ce que je vous ai promis (pour une fois ?). On finit ça ensemble. Ok?
On y va pour les questions. Juste vous les posez en comment', et je répond... à ce qui m'interpelle, en approuvant vos comment-et-en-commentant-vos-comments. On fait ça ?
Topic ? Ca, tout, et le reste. Ca peut être sérieux... ou carrément idiot. Destiné à partager une idée, ou juste à partager un rire. Ca peut être littéraire, ou pas. Ca peut être destiné à mes "partenaires dans le crime" (Dorian M., Mad Y., Estelle EVdG...) et ils répondront... ou pas, s'ils passent par là. Ca peut être en français. It can be in English. Whatever Country you come from. Ca peut être en franglais, ou en Unseelie (mes 2 langues préférées).
et, non... je ne sais pas combien de temps je laisse durer ça. :-) (il y a du plaisir dans le sentiment d'urgence...)
On y va ?
Pour finir, en ce day of days... Vertigen band : on va se retrouver très très bientôt. Ca y est, c'est en cours de règlement. Et puis bordel je crois que vos conneries me manquent, même si on se voit pas mal ici. Et pour les mêmes (mainly) et les autres. J'aime pas les "merci", c'est connu. Mais bon... pour votre soutien durant mon plongée en eaux noires, tout au long de l'émergence de ce livre et au-delààà... "vous savez quoi". It meant a lot, for me. La même (and more) pour mes "complices" dans ce crime, the-artists-as-mad-as-I-am. Thanks for the sharing in the Dream. We will maybe not save the World but, yes, we won't accept to sell it a minute more. You are the reason why I hold on. We'll fall together, if End must come. And... (there is no words).
love&rockets
L/.
/ this post's title is an obvious tribute to: Joy Division
Oh how I realised how I wanted time Put into perspective, tried so hard to find Just for one moment I thought I'd found my way Destiny unfolded - I watched it slip away
Excessive flashpoints, beyond all reach Solitary demands for all I'd like to keep Let's take a ride out, see what we can find A valueless collection of hopes and past desires
I never realised the lengths I'd have to go All the darkest corners of a sense I didn't know Just for one moment I heard somebody call Looked beyond the day in hand - there's nothing there at all Joy D. Twenty Four Hours
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February 20, 2007 - Tuesday
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Current mood:  cynical
I'm off for a few days.
Je vais là où je ne veux pas aller (comme toujours)
Ne soyez pas sages pendant que je ne regarde pas.
See ya.
L/.
(User has disabled new comments) |
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February 16, 2007 - Friday
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Current mood:calm / excited / focused / (overbooked!)
FRENCH ON TOP / ENGLISH BELOW Bonjour les gens... Les dernières nouvelles de la planète Nigredo avant le décollage... La créature a été mise en forme. Quelques heureux (on espère du moins...) journalistes ont déjà ça en main. Je suis dans les finitions, ce qui signifie : - bouclage des illustrations intérieures avec Dorian Machecourt. - rédaction des remerciements & autres kudos. - enregistrement du CD bonus de la version collector. En bref, ce qui va "autour" du texte. Tout sera terminé au 26 février. Vous ? Les malins qui ont/vont commande/r chez l'éditeur aurons ceci dans leurs boîtes aux lettres début avril. Ceux qui préfèrent l'option librairie trouveront la "créature" en rayon à partir du 20 avril. Alors... de quoi ça a l'air... inside : 376 pages. Couleur : noir et blanc (évdemment) :-) son : tambours et voix thema : aucune paix n'est gagnée pour toujours. Aucune cause n'est perdue d'avance. Donner. Se donner. Sacrifier. Savoir perdre. Savoir refuser de jouer. Contester le pouvoir en place. Prendre les armes. Changer. Casser les formes fixes. Parier sur la voie la plus folle. Tomber en arrière. Courtiser. Conquérir. S'abandonner. Etre ensemble. Danger. Foi. Révolution/révolution/révolution. tessiture : jeux d'esprits et de langue. outside : La couverture finale est là-dessous ;-) Et moi, d'ici une quinzaine, je serais lâchée comme une derviche dans les finalisations du roman suivant... oh wow... rendez-vous sur l'autre rive... LS/  Hallo people... Last news from the planet Nigredo before the liftoff... The creature took hold of its paper space. Some happy (well, we hope so, btw...) reviewers are already reading it. I'm in the last details, meaning : - finishing the inside art with Dorian Machecourt. - writing thanxes & others kudos. - recording the bonus CD of the deluxe package. Well, all which goes along and around the text. The whole thing will be finiished by February 26th. What about you? The clever ones who ordered the thing directly to the Publishing House will receive it in the first days of April. The ones who favors the bookshop way will find the "creature"on the shelves around april 20th. So... what does it looks like... inside : 376 pages. Color : black & white (of course) :-) sound: drums and voices. thema : no peace is earned forever. No cause is born lost. To give. To give oneself. Sacrify. Learn to lose. refuse to play the game. challenge the hegemonic powers. take the arms. to change. To break the anciens forms. To bet on the most mad plan. To fall. To courtship. To conquer. To surrender. To be together in something. Danger. Faith. Revolution/revolution/revolution. tone : cleverness and sharp tongues. outside : The final cover by Amandine Labarre is displayed up there. For myself, in a couple of weeks from now, i will be launched like a dervish in the last steps of the next novel... oh wow... meet you on the other side... Ten, Nine, Eight, Seven, Six, Five, Four, Three, Two, One... LS/ / this post title's owe everything to Bowie again... I'm stepping through the door
And I'm floating
in a most peculiar way
And the stars look very different today... Shunt/
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February 2, 2007 - Friday
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Current mood:  determined
Hello people,
Thanks à tous ceux qui m'écrivent pour me dire... plein de choses. En général fort sympathiques et cordiales et tout et tout... et subséquemment engagent la conversation. Je ne voudrais pas donner une vaste impression de je m'en foutisme, concept passablement éloigné de ma nature, mais, mais, mais (on va parler de ces "mais", voir question 1). Aussi je vais jeter ici, comme une poignée de paillètes dans le vent (pshhhh) quelques explications et réponses aux interrogations directes reçues dans vos mails. Be kind to my mistakes (et mes hasardeuses reformulations). :-)
TOPICS : MES ECRITS / MYSPACE / FANTASY WORLD / ME MYSELF & PLANET EARTH (dans l'ordre)
WRITING /
So. La raison du vrac actuel est dans la réponse à la question suivante :
-- Léa, tu fais quoi en ce moment ?
Je fais les lissages sur mon prochain roman. Et je suis très en retard. Et je n'aime *pas* être en retard, = faire défaut à mon éditeur, mes lecteurs, voire moi-même. Donc j'alterne des "énormes poussées" quasi maniaques et des plages d'immobilisme effaré, ce qui me rend assez "destructurée" en ce moment, y compris dans le relationnel. Je sais, c'est naze. Sorry, je n'y peux rien. Finir un livre est... spécial. // à ce propos, merci à ceux qui m'ont fait part de leur soutien, suite à mon blog à ce sujet, sur le blog itself ou en privé -- je ne compte pas ça pour rien, mais je suis à l'ouest ; je répondrai un jour, c'est sûr... //
-- Tu écris des nouvelles en ce moment ?
Non. :-( Je ne suis que sur des romans (parce que c'est ça qui vient)
-- On n'aura pas de nouvelles cette année, alors ?
En français, vous voulez dire ? (dans le sens où l'inédit "Emblemata" sort direct aux USA) il y aura une nouvelle dans la revue "Fées Divers" (qui s'annonce belle est bonne). Pour le reste... Je ne sais pas. Là, je ne peux vraiment pas dire...
-- Je fais une anthologie / dirige une revue... tu me ferais une nouvelle ?
Aille. :-) J'essaye de "faire plaisir" aux zens que je connais déjà, parce que "publier ensemble" c'est un acte sentimental. Mais des fois... juste je ne peux pas. Si le sujet me prend aux tripes, maybe.
-- J'ai une revue, un webzine... tu me ferais une interview ?
J'ai des plages prévues pour ça (car sortie d'un livre = promo, et que je ne voudrais pas que mon éditeur ne se sente pas soutenu). J'aime pas, mais je fais. :-) il faut juste que nos plannings trouvent à s'accorder.
-- Tu me ferais un article d'analyse ?
Non. J'écris beaucoup en ce moment. Et l'analyse ne m'a jamais trop intéressée. :-)
-- Je fais un mémoire / une thèse sur tes textes, à la fac. Tu m'aides ?
Maybe je peux. Ecris moi en privé.
-- Ca a changé quelque chose, de quitter la double casquette éditeur-auteur pour "juste auteur... à plein temps"
Oh oui. A plein de niveaux. Et si j'en aime la plupart, je déteste certaines autres. Et c'est aussi stress, niveau planning, que l'édition. :-/
-- Nigredo sort en avril... ?????
Oui, le 13 en librairie, mais ceux qui le commandent en direct à l'éditeur l'auront plus tôt.
-- Et Albedo ?
Janvier 08 si les petits cochons ne me mangent pas.
-- D'autres trucs prévus ???
Oui. Maybe un truc en mai 08, et Sacra à l'automne 08
-- Tu as écrit des choses "hors commande" ???
La majorité des trucs écrits en 2006 sont des OVNI hors territoires connus.
-- J'ai entendu dire que tu veux faire de la litt-gen ?
Non, je ne "veux" pas. Mais il se trouve que 70% des choses écrites en 2006 se sont avérées dépourvues de tout élément fantastique, ou surnaturel. Ce sont des trucs litt-gen, ou thriller, assez pop-trash (je sais, ça peut surprendre), et ça c'est fait comme ça, littéralement, contre ma volonté (je vous raconterai, un jour...). C'est sans doute que les crises de ma vie ont demandé ça.
-- Mais... tu n'écriras plus de fantasy / féerie / imaginaire ???
Si. Je le ferai. :-) Et suis déjà en train de le faire. J'ai juste plusieurs visages.
-- Tout le monde parle de la Sève comme un "best seller". C'est vrai ? C'est vrai qu'il s'en est vendu 20 000 ? Tu ressens quoi à cet égard ? - je crains que oui. - 25 000, now. - ... rien. Ca ne veut rien dire.
MYSPACE
-- Tu collectionnes pas les amis, on dirait, Léa ?
Non. Ca a été mon parti-pris "à contre courant" dès le départ. Les gens qui sont là correspondent à 3 catégories : -- collaborateurs, artistes avec qui je bosse ou ai bossé -- artistes dont j'aime le boulot / gens qui m'intéressent en tant que personnes humaines -- mes lecteurs
Je fais peu de requests. J'en refuse des dizaines tous les jours.
-- Justement... je t'ai fais un request et tu ne m'as pas accepté(e)... Pourquoi ?
Je suis allée voir ton profil et n'ai pas compris pourquoi tu souhaitais ce lien, dude. Précise ton profil et/ou envoie-moi un mp.
Je ne collectionne pas les gens (ce ne sont pas des images Panini), je ne suis pas "collectionnable" (je ne suis pas une image Panini). Donc, pour être clair de clair : je mets les choses "tout venant" dans mes blogs publics. Et les choses plus "personnelles" dans les blogs "friends only". Celles-là, je ne les rends pas accessibles à tout le monde.
Le mot "ami", même dans le monde twisté d'internet et de myspace, conserve un vague sens, pour moi.
-- Tu lis nos blogs & bulletins ?
Oui. Quasiment toujours (selon le temps que j'ai et la façon dont le titre m'intrigue) par contre les "bulletins" en série pour tout et rien provoquent au final un réflexe d'ignorance. A trop "bulletiner" pour rien... on finit par n'être plus lu du tout. ;-) Et plus ça va, moins je place des "comment" pour rien.
-- Tu lis nos profils ?
Toujours.
-- Tu réponds aux mails ?
Oui. Si je ne le fais pas c'est qu'il y a un bug (ou que je suis submergée et "en retard" -- parfois je suis longue)
FANTASY WORLD
-- tu penses quoi du champ fantasy actuel ?
Rien. Je suis dans un état dramatique d'indifférence.
-- Tu as trouvé les razzie aussi nazes que moi ?
Je ne suis pas allée voir ça. Je n'y vais jamais. L'attitude de cette équipe a toujours été puante, et sa motivation le règlement de compte. Quelle valeur accorder à ça ?
-- Que penses tu des réactions sur ton billet d'humeur "Happiness in Slavery" ?
Je ne suis pas allé voir ça. Je m'en fous. Mais on m'en a (beaucoup) parlé. Pour être clairs : Happiness est une réaction anaphylactique au manque de grâce / de pudeur / de classe / de face / d'humanité / de ceux qui, toutes catégories confondues, sont venu renifler dans ma bal après la fin de L'Oxymore. Les gens espéraient du scandale, les rédac chef des visites sur leurs sites et des ventes pour leurs revues. Ils en ont eu, mais juste pas comme ils le pensaient. L'univers SF est très "Gala-Voici", à un point difficile à imaginer. Ca fantasme grave. Certains ont espéré des rumeurs de clash dans une équipe dont la synergie a toujours donné de l'urticaire. You lose, assholes. Pour le reste, le binz énorme (à ce qu'on me dit) autour d'un billet d'humeur pondu il y a des mois m'effare. C'est très populaire, juste là, de se donner un air pop en vitriolant mon côté punk. Pouet. Je suis, pour ma part, très loin de tout ça. J'en étais déjà loin quand c'est paru. Il se passe des trucs dans ma vie. Mais le fait qu'on parle encore d'un machin aussi inconséquent prouve, hélas, que dans le milieu SF franco il ne se passe... rien Je voudrais, sincèrement, être capable de m'en émouvoir. Mais non. Juste ça. Grandissez et allez de l'avant, all of you.
ME MYSELF & THE PLANET EARTH
-- tu es très franglaise, Silhol...
La moitié de ma famille parle mieux anglais que français (on parle anglais à 50% à la maison) La moitié de mon job se "parle" en anglais (centaines de mail à auteurs & éditeurs anglophones) J'aime l'anglais (il y a des mots sans équivalents franco, et ils sont plus précis - j'aime les mots précis) Je suis flemmase (quand le mot anglais est plus court, j'avoue, je le favorise) ^_^
donc... oui, j'ai une déformation à cet égard. Je ne la combats pas parce que juste je m'en fous, et ne suis pas "nationaliste".
-- c'est pas parce que c'est fashion ?
J'ai jamais été à la mode. Je fais juste ce que je sens.
-- Tu détestes les gens, en vrai ?
Non. Tout le contraire. C'est pour ça que je ne les épargne pas / suis cynique / rentre souvent en isolement. J'aime Dieu dans les gens. Il n'est pas souvent là.
-- Tu parles de Dieu... tu es juive ou bouddhiste, au final ?
Les deux. Entièrement. :-)
-- Que penses-tu de ce qui se passe en Israël ?
Que la situation est terriblement complexe. Un immense drame humain. Et que c'est un sujet sur lequel il faut se garder des prises de parti faciles, des jugements formatés, des raccourcis. Que si on veut en parler, on se renseigne, et on regarde d'un oeil lucide les manipulations médiatiques, de quelque bord qu'elles soient. Je n'aime pas les "idéalistes" hâtifs dont les énergies mal investies enveniment les choses. J'ai de la famille à Haïfa et Tel Aviv. Pour moi, ce n'est pas de l'info internationale, tout ça. Et c'est tout ce que j'ai à dire. Parce que, même moi qui suis diplômée en histoire judaïque, qui ai vécu ce que vivent les juifs en pays arabes comme en "terre de France", et ai donné à mon avis le temps et les moyens de se forger, ne m'estime pas qualifiée pour parler en public d'un sujet aussi complexe. Next.
-- Tu es anti-arabe ?
J'ai du sang berbère, et marocain. Et j'en suis fière. C'est une culture extraordinaire, tant au niveau pré-arabique que musulman. Je ne suis pas très favorable à certains aspects de la religion musulmane... ah, mais de la judaïque non plus. Et je ne confonds pas religion, peuples, et cultures. Je ne pratique aucune forme de racisme. (mais je confesse quelques phobies animales, ça compte pas, hein ? -- même si, de fait, l'arachnophobie est tout aussi inepte que le racisme, je sais...)
-- Tu es goth, Léa, au fait ?
Non. Mais ce n'est pas un mauvais point pour les goths. :-) Je crois n'avoir jamais été vraiment dans un "mouvement", ni culturel, ni politique. J'ai été "plus ou moins" punk en 80, et "Cold" en 82-4. J'ai des affinités énormes avec les cultures dark. Je les aime. On est "cousins", mais je ne peux me prétendre "goth". Je ne comprends niente aux codes. Mais on a plein de trucs en commun, c'est certain. :-)
-- mais tu es de gauche ?
Plus que de droite. J'étais de gauche quand la gauche existait. Now... juste très pessimiste.
-- Qui est ton modèle en littérature ?
Louis Sulliivan. "Form follows function". C'est de l'architecture, yes. Et justement. Pas de barrières entre les expressions humaines.
-- Tu as des fans. Ca te fait ressentir quoi ?
Un grand truc inconfortable et confus. Je trie encore. Faudrait un bouquin entier pour parler de ça -- et d'ailleurs je l'ai écrit. ;-)
-- Tu es fan de gens ?
Oui. Oui. Et oui. Je ne tombe pas dans la prétention systématique qui consiste à se dire "now que je suis un artiste top reconnu (ah ah) si je suis fan d'un truc, je déchois (mon précieux)" Je reconnais, aime et prends plaisir au talent des autres. Je vois Dieu en eux. Je me réjouis de leurs succès et applaudis à leurs dépassements. Mon plaisir d'éditeur, c'était ça.
-- Quel péché capital reconnais-tu avoir ?
Tous. Sauf l'Envie. Justement.
-- De quoi tu as besoin, juste là ?
De croire.
-- Tu mets plein de gay dans tes histoires... t'es gay ?
Je ne réponds jamais aux questions de ce type. Ca n'a aucun rapport avec ce que j'écris, ou suis. Mais je suis "gay friendly", définitivement.
-- Je t'aime, et toi ?
Je ne suis pas dans le World of Amour automatique. Je t'aimerai peut-être quand je te connaitrai. Le deal, c'est ça : je ne donne pas un amour en boîte à la cantonade, mais je laisse les étrangers m'approcher et je les regarde 'pour de vrai'. Et parfois, yes, j'en viens à les aimer. Pas parce qu'ils m'aiment, mais à cause *d'eux*, de ce qu'ils sont. Je suis un "auteur à succès" (choke, choke, ieeeurk) ET un être humain "normal". Ca ne rend pas les rapports avec moi faciles. Tu ne devrais peut-être pas souhaiter que je t'aime. ;-)
-- Et... plus si affinités ?
Non. Pas intéressée.
-- Tu vas à Paris, soon, il paraît ?
Oui. première fois depuis des millénaires. I hate Paris.
-- Tu y vas pourquoi, hein ? ;-) (est-ce qu'on peut se voir ?)
Boulot, promo, music. (je verrais mes lecteurs à cette occasion mais ne souhaite pas un gathering de type foule, sinon je ne pourrais pas donner un "vrai" instant à chacun)
-- On prétend que ta règle quand tu es en dédicace est "pas moins de 10 minutes par personne"... vrai ou faux ?
Vrai. Sinon on ne peut pas mettre un mot perso sur le livre. Et donc on produit juste une "plus value" pas un fétiche. Ca gonfle les libraires, mais on s'en fout. ;-)
-- Tu vas signer, cette année ?
Je ne sais pas. Je ne peux pas prévoir.
-- Tu vois 2007 comment ?
J'ai tout cassé en 2006. J'espère que 2007 sera le début de nouvelles constructions.
Now now... on a couvert le plus gros de vos interrogations je crois. Mais si vous en avez d'autres comme ça, juste posez-les moi en comment, yes ? Et je réponds à ce que je trouve cool / pertinent / drôle / intéressant.
See ya...
L/.
ps : tu nous aimes, Léa ???? ... parfois. ;-)
/ this post title's is an obvious tribute to : The Clash
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January 31, 2007 - Wednesday
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Current mood:  calm
Franglish post. ;-) English on top -- et version française en bas...
I've always been in love with photography. Art of movement, art of stillness. I love to 'capture moments' this way, myself, for ages, and gaze in sheer awe at what some photographers can achieve. To be the subject of the art, ah... That's another thing entirely. I hate to be photographed. I hate what I look like on snapshots. One of the "bad sides" of this work-of-mine I had to deal with was just that: the demands for portraits from Press. And, of course... They print it afterward, huh? I recall how I froze when Elegy Magazine asked for a very large, full page, pic. I was on the verge to throw up. At the beginning of my trade, I just used photographs taken by closed ones, in much casual setting (who cares to see my face? — I'm words, I'm just words…). I lived within the disneyland illusion that it could go on this way forever. But... You live, you learn. It became clear much too soon that the Magazines always want new pictures, unseen picture, sometimes several pictures, and sometimes plan to print that at an huge size! So, well... You have a choice: you continue to use some family shots (when there's some — cause I try to escape that, too) -- or you have some comm' pictures made.
Here comes, at this sore point of my story, the alien called Mad Youri. I knew Youri before that. Youri took photographs in a manic way (... of life). And he wanted to fix... me. So… we tried. Youri followed me everywhere, and defied me every time. And through all this, though, always respected my identity and my personal space. The first of the Youri's shot to enter the Press field was, then, for this "full page" thing in Elegy Magazine. Taken from the first serial we made (with a lot of junk in it). Quite a striking picture, much commented. For the good — for it was, certainly, a beautiful thing; for the bad, also, 'cause us writers aren't supposed to do some "modeling" (screeched the whiner's crew). Some words about that, btw: i think most of writer's portraits in the Press are ugly. They are like that, mainly, by tradition. We are expected to look intellectual and clumsy. Ahem. Some people seems to think that this strange mix = "true", somehow. Only "entertainers" are expected to display some scenery. Well, i'm not (much) the intellectual, and not (so much) clumsy. I'm a symbolist, and a raw thing. And I certainly see Youri's "dramatic" pics as truer than life. In the way that they embodies the part of me at work on my keyboard. Not the sorry-me sometimes at work in my house's kitchen, looking like a mess. Youri's pics are symbolist, too. And the beast knows me. Knows this "writer's persona" of me, and succeed, in some strange way, to snatch it out from my bad temper. Out of this "no human shape is true!" believer who freezes naturally in front of a camera, trying to hide her head in her shoulders, and is only able to spawn a psycho false smile who betrays "get me out of here, for god's sake!"'. Youri tricked me all these long years. Convinced me to lay on wood and glass, crawl in dust, unveil the back of my computers at work, to throw off my jackets and scream in white bathrooms. Tricked me in being frank to the camera, look it in the eye or ignore it. To throw at the zoom my pride and fighter stances, to confide in her to give away my lights, my silences and frailties. And taught me to let go of something of my pretenses and securities. He says that photographing is an act of love, and of love making. That it implies pleasure, pain, energy and trust. And I suppose that, in a way, it's true. It's a game of power and seduction, too, a struggle against the other, and oneself, and a testing ground of surrender. A photo session with Youri implies loud music (he knows me, I told you that!), laughing, fight and bravery. Love, tug of war, and trust. A whole experience by itself, certainly! And for me, something very challenging, and unique.
The "beast" is here, on Myspace (guess he's trying to spy and shoot me through the screen!) and after much praises expressed for his work, he's now exposing a slide-show of some of the shots he made (of me – the horror, the horror!) these last years. Before setting himself on the production of a "LS photo-book" much demanded by my fans. It's for me, I confess, a strange feeling. Because these shots are much too beautiful, often, to look an inch like me.... And in the same time, it shows things of what I am — true things — that even myself doesn't face everyday, in fear of fear.
It's, in the same time, "much me than me"... And "not me at all". The former put me in awe. The later makes it bearable for me to see this work displayed.
But I certainly learned something important through this experiment. About photography. And about myself. Out of the Ego shadow play I considered portraiture to be, in an alien gravity zone, where we try, like we do when spinning our 'art', to display something true of our personal landscapes.
I don't know if I will be able to share this with another photographer one day. I've been approached often for "modeling" and am not interested at all. The photographs are something which goes along with my job, they are intended for Magazines and Festival programs. Part of the trade. But I'm not interested in the process for "myself". It's a duty, a spin-off of the art scene. But i'm grateful for all the lessons and shocks I can take from life. And, because of this partnership with Mad Youri, I found something more in this process. A new way to challenge myself. A new way to approach the truth of photography. So... well, I'm grateful, yes, for those too long and too demanding sessions while the sun changes at the window ("the light is changing, move — don't move — I want to seize this light") the exhaustion afterward (a photo session is exhausting, more, sometimes, than playing a gig on scene — as far as I recall from my "musician days") and the part-serious work of "collect and reject" on our computers. I love to see this alchemy of Art meeting Art, the way the different media twine and cross, and fuse. The most beautiful way to mix technique and art, and to merge art, till the limits fade.
Namasté, You' I recognize the self in you.
Your LS, in innerspace…
PS : But I just hope than this maniac MY will accept some day to photograph other people than me. His talent deserve it, and he's always asking for his "drug" even when there's no need for some promo shots! ^_^ I will be soon too old for that shit!
Mad youri's crime can be seen (and commented) on his space : ttp://www.myspace.com/madyouri
EN FRANCHOUILLE, NOW... :-)
J'ai toujours été amoureuse de la photo. Art du mouvement, art de l'immobilité. J'aime "fixer des instants" de cette façon, moi-même, depuis des lustres, et contempler avec de grands yeux ce que certains photographes sont capables de faire. Etre le 'sujet' de cet art... Ah, c'est complètement autre chose... Je déteste être prise en photo. Je déteste ce dont j'ai l'air en image. Un des mauvais côté de ce-job-que-j'ai avec lequel j' ai dû composer était justement ça: les demandes de "portraits" émanant de la Presse. Des portraits qu'en suite ils impriment, hein ? Je me souviens comme je suis restée glacée sur place quand le Magazine Elegy m'a demandé un portrait "grande taille" pour impression en "pleine page". Je crois bien avoir été prise de nausée. :-) Au début de mon turf, j'utilisais, simplement, des photos prises par des proches, à des occasions de, plus ou moins, "vie de tous les jours" (qui a quelque chose à foutre de mon visage ? -- je suis des mots, juste des mots...) Je vivais dans l'illusion, digne de Disneyland, que ça pourrait continuer toujours ainsi. Mais on vit... On apprend. N'est-ce pas ? Il est vite devenu évident que les Magazines réclament toujours des photographies nouvelles, récentes, inédites, parfois plusieurs photographies, et parfois pour exploitation en foutrement grand format ! A ce stade, vous avec un choix : vous continuez à utiliser des images prises par des proches (quand il y en a — parce que je fuis ça, aussi) -- ou vous faites faire des photos dédiées spécifiquement à la comm'.
Voilà où intervient, à cette étape stress de mon histoire, l'extraterrestre nommé Mad Youri. Je connaissais déjà Youri. Youri pratiquait la photo de façon compulsive. Et il voulait me photographier. Alors, ma foi... On a tenté le coup. Youri m'a suivi partout, et m'a défiée à chaque pas. Et à travers ce processus à réussi, toutefois, à respecter toujours mon identité, et mon espace personnel. La première photo de Youri à paraître dans la Presse fut, donc, pour ce truc en "pleine page" dans le Magazine Elegy. Tiré des premières séries que nous avons faites (avec beaucoup de junk inexploitable) Une photo plutôt frappante, qui fit pas mal parler d'elle. En bien — car c'était, certainement, un sacrément beau cliché ; et en mal 'parce que les auteurs ils sont pas supposés poser' (cria la bande des râleurs professionnels). Quelques mots à ce propos, puisqu'on en parle : je pense que la majorité des portraits d'auteurs qu'on voit dans la Presse en France sont hideux. Et ils sont ainsi, surtout, par tradition. Nous sommes censés avoir l'air intellos et un peu empotés. Hum. Certaines personnes semblent penser que ce mélange équivaut à : "vrai". Seuls les artistes de scène sont supposés se mettre en scène. Bon... De fait je ne suis pas (tellement) intello, et pas (vraiment) empotée. Mais je suis une symboliste, et une créature assez à vif. Et en ce sens, je considère les images que Youri a pu tirer de moi comme "plus vraies que nature". Dans le sens où elles montrent la part de moi qui bosse sur ce clavier d'écrivain, et pas le "moi en vrac" qui bosse parfois dans sa cuisine. Les photos que Youri fait de moi sont symbolistes, elles aussi. Et ce monstre me connaît. Connaît ma persona d'écrivain et réussit, d'une étrange façon, à l'arracher à mon mauvais caractère. Hors de mon credo de "aucune putain de forme humaine n'est vraie !", qui a le réflexe de geler devant l'objectif, m'incitant à essayer de planquer ma tête en l'enfonçant dans mes épaules, et de grimacer, en guise de sourire, un rictus qui beugle "pour l'amour du ciel sortez moi d'ici !"
Youri m'a coincée ces dernières années. M'a convaincue de m'allonger sur du bois et du verre, de ramper dans des gravats, de dévoiler le dos de mes computers au travail, de jeter mes vestes et de hurler dans des salles de bains trop blanches. M'a emberlificotée jusqu'à ce que je sois franche face à l'objectif, le regarde en face ou l'ignore. De projeter vers ce zoom mes orgueils et mes positions de combat, et de lui confier, aussi, mes lumières, mes mutismes, mes fragilités. Et m'a appris à laisser aller quelque chose de mes apparences, et de mes systèmes de sécurité. Il dit parfois que photographier est un acte d'amour, et ressemble à le faire. Que cela implique du plaisir, de la douleur, de l'énergie et de la confiance. Et je suppose que, d'un certain côté, c'est vrai. C'est un jeu de pouvoir et de séduction, une lutte contre l'autre et contre soi à la fois, et un terrain des redditions. Une séance photo avec Youri implique de la musique qui bombarde (je vous l'ai dit, il me connaît), du rire, du combat, et de la bravoure. Amour, bras de fer, et confiance. Une expérience en soi, pas d'erreur ! Et, pour moi, un défi, et un truc unique.
La créature est là, sur Myspace (je crains qu'il ne m'espionne et n'essaie de me shooter à travers l'écran !) et après tant de compliments faits sur son travail, il expose à présent un slide-show de quelques uns des clichés qu'il a réalisés (de moi – horreur, malheur !) ces dernières années. Avant de s'atteler à un "book photo LS" que mes fans fous lui ont réclamé à cors et à cris. C'est, pour moi, je l'avoue, une situation bizarre. Parce que bien souvent, ces clichés sont bien trop beaux pour me ressembler d'un iota.... Mais que, dans un même temps, ils montrent des choses de ce que je suis — des choses "vraies" — auxquelles même moi n'ai pas le courage de faire face tout le temps.
Ils sont, en un même temps, "plus moi que moi"... et "pas moi du tout". Le premier aspect me laisse effarée. Le second me permet de voir comme supportable l'exposition de son 'oeuvre'.
J'ai en tous cas appris quelque chose à travers cette expérience. A propos de la photographie, et à propos de moi-même. En dehors des théâtres d'ombre de l'Ego auquel je réduisais parfois l'art du portrait, dans une zone de gravité étrangère, là où on essaie, comme on le fait en crachant notre art, de montrer quelque chose de vrai de nos paysages personnels.
Je ne sais pas si je serais capable, un jour, de partager quelque chose de cet ordre avec un autre photographe. J'ai reçu souvent des demandes de photographes me "voulant pour modèle", mais ça ne m'intéresse pas. Les photos sont une figure imposée de mon job, qui va de pair avec les interviews des magazines et les programmes de festivals. Ca fait partie de mon taf. Mais je ne suis en rien tentée par ce truc juste autour de ma forme de glaise. C'est juste un "devoir", un dérivé de la scène artistique.
Mais j'ai de la gratitude pour toutes les leçons et les chocs que la vie peut me donner. Et à travers cette collaboration avec Mad Youri j'ai trouvé davantage que le processus photographique lui-même. Une nouvelle façon de me poser des défis. Une nouvelle façon d'aborder la photographie.
Alors... oui, j'ai de la gratitude pour les séances trop longues et trop exigeantes tandis que le soleil change à la fenêtre ("la lumière est en train de changer — bouge — bouge pas — je veux saisir cette luminosité") l'épuisement après (ces séances photos sont plus éreintantes que ce dont je me souviens de mes jours de concert, quand j'étais musicos !) et le boulot quasi-sérieux de "choisir et jeter" les clichés sur nos ordis, après. J'aime cette Alchimie de l'art qui rencontre l'Art, la façon dont les media différents se croisent, s'enroulent, et fusionnent. La plus belle façon de mélanger la technique et l'art, et de mélanger les arts, jusqu'à ce que les limites se dissolvent. Namasté, You' Je te reconnais. Your LS, in innerspace… PS : Mais je continue à espérer que ce MY va accepter un jour de photographier d'autres gens que moi. Son talent le mérite, et il demande toujours sa "drogue" même quand on n'a pas besoin de matos de comm'. Et je serais bientôt trop vieille pour ces conneries ! ^_^
Le crime de MY peut être vu (et commenté, le ratez pas !) sur son space : ttp://www.myspace.com/madyouri
/ this post's title is an obvious tribute to: Nina Hagen
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