Il y a des films qui donnent envie d'avoir une manette dans les mains. Final Fantasy Advent Children m'a donné cette impression sur grand écran. Sans doute parce que les images sont elles-mêmes ordinaires au monde vidéoludique, la saga Square Enix en l'occurrence. Shaolin Soccer, pour prendre un autre exemple, avait aussi des airs de jeu... De plus en plus de films d'action ressemblent aussi à des jeux vidéo, sans compter les adaptations cinématographiques de certains titres réputés : Tomb Raider, Doom et bientôt Halo pour les plus récents.
Ces transpositions indiquent inversement l'autre face de la tendance. Nombreux sont les jeux vidéo qui peuvent prétendre à se voir transposés au cinéma. C'est un lieu commun depuis quelques années maintenant : le jeu vidéo tend vers une réalisation de plus en plus cinématographique. Mais aujourd'hui, il n'est pas inutile de le répéter : ses prétentions sont justifiées.
Hier au soir, dans le cadre feutré d'un cinéma parisien sur les Champs Elysées, plus d'une centaine de privilégiés issus du public et fans de la première heure, ainsi que des journalistes de la presse jeu vidéo, ont eu la chance d'assister à une projection très spéciale.
Jeudi 17 novembre avait lieu l'avant-première de Gears of War et Microsoft n'a pas lésiné sur les moyens pour impressionner son petit monde. Au delà des bornes d'arcade réunis en cercle et la possibilité de jouer au jeu en multijoueurs, au delà même du buffet attendu, un autre événement était prévu, bien plus surprenant.
Gears of War était présenté sur grand écran. Le chef des produits Microsoft officiait, manette en main, et nous offrait un spectacle sans commune mesure, révélateur de l'avancée d'un domaine encore sous-estimé.
Voir Gears of War sur un écran large avec un son 5.1 qui se répercute dans une salle de cinéma : voilà une expérience inédite et marquante. Une expérience décisive pour prouver que lorsqu'il le veut, le jeu vidéo peut aujourd'hui aspirer à devenir une œuvre cinématographique.
Hier, je n'ai pas vu un jeu vidéo, j'ai regardé un film... Certes, il faut accepter de s'illusionner, de jouer le jeu, sinon on devine tous les détails qui font que la scène sur l'écran n'est qu'un monde de pixel. Mais même avec beaucoup de mauvaise foi et en se refusant à plonger complètement, le spectacle en impose.
La réalisation très poussée de Gears of War, dès l'origine, et cette fameuse caméra à l'épaule produisent leur effet et se justifient sur un écran large. Ce sont des procédés cinématographiques qui retrouvent dans cette ambiance leur place.
Le jeu vidéo ne remplacera pas le cinéma, mais en sortant de la projection, je me suis dit que j'achèterais bien une salle de ciné pour pouvoir jouer à Gears of War, comme je me ferais un film un soir...
Ce billet d'humeur est aussi paru sur le blog du site de Game One : http://blogs.gameone.net/pages/blog.asp?showid=21