REPORT STUDIO (Geneve/7-17 avril 2008)
Nous y sommes presque ! Voilà un an que nous travaillons sur ce premier album. Après un split avec Sugartown Cabaret et un premier EP, nous passons au long format. Pour préparer l'album, nous avons décidé de réduire les concerts et d'accumuler un maximum de répétitions pour se donner les moyens de mettre en boîte quelque chose qui nous satisfasse tous les trois. Car cela fait aussi un an que nous évoluons en trio. Depuis le départ de notre chanteur, il a fallu modifier notre mode de composition. Pour l'album, l'objectif est simple : toutes les parties, les mouvements ou les motifs des titres enregistrés doivent faire l'unanimité. Dans le cas contraire poubelle.
Nous ne partons pas de zéro, mais c'est tout comme. Deux titres seulement de la première époque de l'Homme Puma vont être conservés. Pour le reste, nous faisons place nette. Une seule chose n'a pas changé, notre volonté d'élaborer des structures progressives, de ne jamais répéter deux fois la même formule. Le mot d'ordre de l'album est trouvé. Place aussi à l'électronique. Déjà présents sur notre premier EP, les nappes, discours et autres bruitages électroniques restent plus que jamais d'actualité.
Pour l'album, seize titres ont été composés entre avril et novembre 2007. En définitive, neuf titres vont être conservés. Le choix a été difficile, mais nous avons réussi à nous entendre sur les titres qui semblent refléter au mieux notre univers et notre souhait de mêler nos instruments à l'électronique. Les sept morceaux restants ne seront pas utilisés. Pas question de recycler des titres qui ne font pas l'unanimité.
Pour le studio, nous avons choisi de travailler avec Thierry Von Osselt. Son QG est basé à Genève et nous souhaitons vraiment nous isoler pour enregistrer. En outre, TVO a déjà mis en boîte Knut, Shora, Equus, Time To Burn, Nostromo, Shovel, Honey for Peitzi… Comme carte de visite, il y a pire !
En décembre, repos et famille pour tout le monde. Retour sur Paris en janvier pour mettre au point la set-list que nous jouerons en tournée avec les Time To Burn. On va tester les titres sur scène. C'est la première fois que l'on procède ainsi et ça ne sera pas évident. Les quatre dates avec TTB se déroulent bien, mais l'on constate rapidement que certains morceaux manquent d'impact en live. On profite donc du mois de mars pour ajuster certaines parties et boucler la composition.
Dimanche 6 avril. C'est le grand jour. Le matos est ok, les doutes sont au rendez-vous, mais quand faut y aller… La route est horrible : accident, grêle, pluie, on se fait même flasher à 100 bornes de Genève. On arrive à 21 heures, bien entamé mais content de rencontrer le célèbre, l'illustre Thierry Von Osselt. Le Suisse a ce don, rare mais précieux, d'être franc, direct et rugueux mais de se faire aimer rapidement. TVO ne déroge pas à la règle.
Logiquement, la première journée est consacrée à l'installation de la batterie et de la basse. Pour la quatre cordes, pas de souci. Le son est énorme, surtout en disto. En revanche, on galère pour la batterie. Le kick et les cymbales ont de l'allure mais les toms et la caisse claire sont en carton. TVO essaie tout ce qui traîne dans son studio avant de jeter l'éponge en fin de soirée. Ça commence bien ! On est un peu dépité surtout que l'on est serré sur le timing. Le lendemain matin, ce n'est pas mieux. Cette fois c'est toute la batterie qui merdouille… Pas moyen d'avoir un son massif et dynamique à la fois. Ca vibre dans tous les coins. Finalement, à 17 heures, on tombe d'accord sur un son de batterie qui nous convient. On vient de perdre une journée, tout le monde a les glandes. Loïc et Clem décident, en dépit de la fatigue, de mettre en boîte un ou deux titres. Il leur faudra quatre heures pour en enregistrer trois.
Mercredi 9 avril, on continue sur le basse-batterie. Mis à part quelques problèmes, pas de mauvaises surprises. La section rythmique de l'Homme Puma est en place, ça tourne comme un bon vieux diesel. Plus ça avance et plus le son prend de l'ampleur, c'est rond et les titres énervés comme les plus calmes commencent à exister. On est quand même bien à la bourre. Le quatrième jour devait logiquement être réservé à la guitare, alors qu'il reste encore trois titres basse-batterie à enregistrer. Tout est fini en début d'après-midi. Le temps d'installer la guitare, de régler le son, de dominer le stress et on s'y remet. Comme pour la basse, pas de désagréments. TVO prend le son comme il sort de l'ampli et c'est énorme. Seul petit hic, on constate, après la prise du premier titre, que les guitares sont un peu légères. En live ce n'est pas problématique, mais sur CD, certains passages méritent d'être davantage appuyés. On est pas Guns n'Roses, mais quand même ! Après une petite réunion, TVO nous propose de doubler les guitares. On teste, c'est monstrueux, mais ça demandera deux fois plus de temps. Or, on est déjà hors délai. Premier constat, dix jours ne suffiront pas pour enregistrer et mixer. Il faudra repasser en juin pour boucler l'album.
Vendredi 11 et samedi 12 avril, les guitares sont en boîte. On a même pris un peu de temps pour glisser des nouveaux plans et compléter certaines parties. Petit à petit la magie du studio opère et les titres prennent corps. Il y a des surprises et des déceptions, mais cela fait tellement longtemps que l'on buche sur ces compos que l'on commence à ne plus discerner grand-chose. D'où l'importance de TVO qui n'hésite pas à nous faire part de ses remarques et de ses doutes quand à certaines parties.
Dimanche 13, lundi 14 et mardi 15 avril, Clem remet le couvert pour enregistrer l'électronique. Ça commence à être long. Mercredi 16 et Jeudi 17 avril, pré-mixage de trois titres. Le mois de mai devra nous permettre de nous caler sur le son et de tester les discours qui figureront sur l'album. On a également un mois pour se mettre d'accord sur l'artwork. Début juin, nous retournerons quatre jours à Genève pour le mixage avant de nous concentrer sur le mastering. Si tout se passe bien, et compte tenu de nombreux élément indépendants de notre volonté, l'album devrait voir le jour en octobre 2008. Et si tout va vraiment bien, on devrait enchaîner avec une tournée de 12 jours en France.
L'Homme Puma