Sheiks (Idayam), travailleur social
démissionnaire.
« le contrôle social, pour la paix sociale tel qu’il
nous est demandé est en totale contradiction avec l’éthique
et la déontologie que sous-tend notre métier. De plus
sur du long terme, renier ces principes aboutie à des
résultats totalement inverses de ce que pourrait produire
notre fonctionâ?Š
Et de ce que les contribuables français , qu’ils soient
bénéficiaires directement ou pas de cette aide sont en
droit d’attendre. Assister par charité pour calmer le
peuple et satisfaire le politique n’est pas ce que j’ai appris,
ou croyais apprendre pendant ma formation, mes stages, de travailleur
social pendant 3 ans.
A l’annonce de sa réussite aux examens en juin dernier,
le scintillement de son regard n’avait pas percé l’épaisse
couche nuageuse des restes de la dépression cyclonique de
l’élection présidentielle. « C’était
le pire qui puisse nous arriver dit-il, assis à la terrasse du
café culturel de Saint-Denis, en croisant le regard de ses
amis. Diplôme ou pas, l’élection de Sarkozy en mai
2007 rendait notre avenir de citoyen français, plus que de
travailleur social aussi sombre que la couleur de ma peau â?Š
Qu’attendre de l’Etat avec un tel olibrius à sa tête
? »
« La France tu l’aimes ou tu la quittes ». C’est
sur ces petites phrases, slogans publicitaires dignes de marchands de
lessives, concoctées par des apprentis sorciers, que le nabot
a été élu.
Originaire de ce qui était la Compagnies des Indes
orientales, attaché profondément à ses racines,
Sheiks est dépité devant l’ineptie « efficace »
de tels propos. « J’aime la France, parce que j’y suis et
que j’aime la vie, son pinard, son camembert et ses hommes
politiques. J’men bats les couilles continue Dafefx en s’emparant
de la parole de celui qui est trop discret pour finir sa phrase
ainsi. Je voulais aussi y travailler pour accompagner certains de
ses habitants dans un quotidien morose poursuit Sheiks, en reprenant
la parole. Parole empreinte d’une humilité qui calme le fou
rire collectif déclenché par son pote.
A ce jour, l’exercice de son métier lui semble insensé.
Sage et désappointé, lucide et sans compromission il
abrège poliment l’interview avant de rejoindre Idayam. Hier,
pour son dernier jour, au centre d’action social il recevait
toujours avec autant de professionnalisme, ceux, aussi, qui ont
contribué à l’élection du karcher® à
racailles.
GREG