Gender: Male
Status: Swinger
Age: 29
Sign: Gemini
City: NANTES!!!!!!
State: Pays de la Loire
Country: FR
Signup Date: 6/22/2006
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Monday, March 09, 2009
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THE HEALTHY BOY Jusqu’à Ce Que Nous Soyons Repus – Kythibong Record
Incroyable pour ceux qui ont écouté son précédent et premier album, A Two Steps Promenade, combien ce Jusque qu’à Ce Que Nous Soyons Repus sonne plus « propre ». Ne pas entendre par là que le disque est surproduit, c’est juste que le gaillard au lieu de taper fort sa guitare, il la caresse tout en s’étant éloigné du micro d’enregistrement. Éloigné du micro pour éviter la saturation, pourtant on ne l’a jamais senti aussi proche de nous ce Heathy « sad » Boy. Proche de nous, mais surtout proche de sa guitare, qui étant donné le ton et la tonalité de cet album, a été la seule à l’accompagner au cours de toutes ces années. Toutes ces longues et difficiles années. Autant ayant quelque peu fréquenté notre bonhomme (voir interview LHDP 10) et le sachant fan des Guns N Roses comme au courant du Dirt (la bio de Mötley Crüe), autant je ne pense pas que ce soit le « sex drugs and rock n roll » qui l’ai déchiré dans ces milles morceaux qui reposent ici en 9 morceaux (9 pierres tombales ?). Les soucis de la vie, du quotidien, les mêmes que nous sûrement, et par cela on ne peut que, pour qui accorde ses sentiments à La Musique, s’accrocher à cet album. Oui, comme on s’accroche aux heures sombres à un I See A Darkness de Bonnie Billy, ou à un I Break Horses de Smog. Le son est propre donc, chaud, sa voix est grave et posée, comme un ami est proche et comme on se repose pour écouter. Rafff Ps : Pour ceux qui ne sont pas de la région, on s’amuse quand même à Nantes !
EL ROYCE WYSIWYG - Novatrax
« Wath you see is what you get » est le premier véritable album des rockeurs nantais. Ce disque plein d'énergie, nous offre sur un plateau du pur rock n' roll comme on en entend rarement en ce moment. Mention spéciale au 4min 41 de la chanson No Cure qui possède un refrain puissant et un petit solo comme il faut. Du début à la fin, le trio nous mixe sa sauce faite de Hard Rock et de parties punk. La production est réussie, elle nous permet d'entendre distinctement la ligne de basse et nous ferrait même oublier qu'il n'y a que trois gaillards qui jouent. La voix est pleine de rage et passe très bien. On peut noter une ressemblance assez marante avec celle de Dave Mustaine au tout début de Raise the heat, mais ça s'arrête là pour les cheveux roux... Bref, le groupe ne cache pas ses influences et les montre clairement dans la chanson The best I can do. Un véritable hommage à un certain groupe de Hard Rock nommé AC/DC et un riff qui rappelle étrangement « Hightway to hell ». On ne pourra que reprocher un aspect quelque peu répétitif sur la longueur du disque ainsi que des riffs redondants. Mais, c'est le style qui veut ça. Cependant, l'album est ponctué de soli ou de passages mélodiques comme sur Malcolm young qui possède un solo très prenant. Le combo nous livre donc un bon gros rock n' roll à l'ancienne qui sent bon la sueur. Un cd qui donne envie d'écouter les notes amplifiées d' El Royce en live. (http://www.myspace.com/elroyce) Alexis Réthoré
EPILEPTIC A Piece Of Eternity… Theatre Records / Rejuvenation Records / Π-Core Records
Vieux baroudeur, vétéran, fantôme errant, Epileptic par la voix de son chanteur est un peu tout ça à la fois, mais entre le nom du groupe et sa musique, aucun rapport. Effectivement la première chose qui marque à l’écoute de ce 4ème album des poitevins, c’est le grain de voix du chanteur et dès le Pills d’ouverture – et même si les tonalités vocales vont varier pour le mieux au long du disque, les avis seront de suite tranchés et on se demande si ce nouvel album ne satisfera pas seulement les « déjà-fans » du groupe. Comme si la boucle était bouclée, nos 3 rescapés du rock typé 90’s ont simplifié leurs compositions. On ne reprochera à personne d’utiliser le processus de simplification quand l’accroche et l’efficacité s’en sortent grandi, mais ici le fait de rester dans un « mid-tempo » constant rend ce Piece Of Eternity « sympa » mais pas vraiment percutant. Certes les lignes mélodiques de On Your Side fonctionnent, le rythme et la ligne de basse de Fake forcent l’écoute, l’ambiance plus sombre et plus lourde de Hanging Boy est entraînante, et ainsi de suite, mais peut être manque t’il sur l’ensemble Le gros refrain ou des passages plus « catchy » pour pouvoir se passer plusieurs fois le disque de suite. Rafff
THE OUTBURST Entertainment - Just For Fun Record
Après 2 demos et un maxi, le groupe parisien nous livre aujourd'hui son premier album. Vous pensez connaître sur le bout des doigts tous les styles de Metal jusqu'au « Metal hardcore mélodique suisse du nord ». Ici, le groupe se qualifie de « Hedo Metal », traduction : se faire plaisir avant tout. Au premier abord, la musique que propose le combo peut paraître assez classique et sonnée comme du déjà entendu. Mais après plusieurs écoutes, une ambiance arrive à se créer, une atmosphère que l'on pourrait qualifier d'orientale et planante par moment. Le groupe ne tombe pas dans le piège de ces groupes de Metal à chanteuses possédant une voix de cristal. Une voix qui en plus de briser des verres, casse aussi les oreilles. La dénommée Sarah nous offre une bonne prestation avec une voix somme toute assez envoûtante et qui se marie bien avec le chant death d'un des guitaristes. Il y a même parfois quelques ressemblances avec « Eths ». Cependant, il y a un manque de technique aux niveaux des guitares. En effet, a part quelques soli, les riffs proposés restent assez basiques, voir Néo Metal (Screened God). Seule grosse exception, la chanson : My Girl Is The Most Beautiful Thing In The World qui apporte un aspect plus mélodique et assez intéressant. Rien à redire sur la batterie qui s'en tire bien avec pas mal de changement de tempo et une double pédale bien utilisée. The Outburst navigue entre Death, Hardcore et Pop; mais toujours en gardant sa propre identité. Pour finir, cet album reste tout de même une bonne surprise et se révèle très efficace. Je me surprends même à siffler les airs de certaines chansons dans la rue (Si, si c'est vrai). (www.myspace.com/theoutburstmusic) Alexis Réthoré
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Friday, January 16, 2009
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Turner Cody a des airs de dandy détaché, un sourire qui serpente au milieu d’une barbe en broussaille et une jolie guitare. Il vit à New York et il fait de la folk. Le portrait est paresseusement générique et pourrait bien décrire un million de folkeux depuis circa 1961. Le temps n'a pas beaucoup d'emprise sur le jeune Cody. En 2002, le garçon a commencé à jouer régulièrement au Sidewalk Café, le quartier général de Jeffrey Lewis, de Dufus, des Moldy Peaches et de divers débutants à chansons débraillées et rêves illimités. Je suis certaine que certains soirs, en secret, Turner rêvait qu'il était Dylan et que c'était le Café Wha?. Cody est bien trop classique pour être vraiment antifolkeux, bien trop poli et bien trop fringué. Rafff et moi l’avons vu en première partie d’Adam Green, à Glasgow (Oran Mor). C’était avril. Il était seul sur scène et nous l’étions un peu aussi, seuls. La musique, quand elle est belle (très belle) isole plutôt qu’elle ne connecte. Du moins ça me fait souvent ça : ça me rend seule, et parfaitement heureuse, et follement fiévreuse. Turner Cody était parfaitement troublant ce soir-là. Il avait trois disques à vendre, on en a acheté deux (Rafff a pris Quarter Century et moi 60 Seasons). On les a écoutés pour rejouer le concert. Mais rien n’est réellement arrivé. Il n’y avait plus rien à rejouer et l’on s’est un peu demandé, quand même, si on n’avait pas rêvé. On s'est demandé où Turner Cody était passé, où il était parti. Depuis, First Light est sorti. Les chansons du concert figurent dessus. Cody raconte des histoires. Cody ne raconte pas d'histoires. C'est à vous de voir, mais c'est lui qui décide.
La première fois que j’ai lu ton nom, c’était dans le livret du premier album d’Adam Green. Tu jouais sur ‘Can you see me?’. Tu viens manifestement de l’antifolk et pourtant tes chansons ont une forme plutôt classique qui prend le contre-pied des ’codes antifolk’. A quel point te sens-tu à l’intérieur et à l’extérieur de cette scène? A quel moment ton existence antifolkeuse a-t-elle commencé, et à quel endroit? TC: La plupart de mes enregistrements du début étaient lo-fi, même si j’essayais toujours d’écrire des chansons dotées d’une structure traditionnelle. Très peu de mes enregistrements répondaient à la définition d‘‘antifolk’. A cette époque, on trouvait l’’antifolk’ chez mes amis et les gens que j’ai rencontrés au fil des années. J’aime penser que je me suis pointé juste avant la période fondatrice de l’antifolk, à l’autommne 1999. A l’époque il y avait comme un noyau d’artistes, le Sidewalk était notre repère. C’était tout à fait inconnu en dehors d’un cercle d’environ 50 personnes. Ça l’est resté pendant un an environ.
De toute façon, l’antifolk semble avoir subi des mutations profondes, avec notamment la transformation d’Adam Green en prince du cool indie. Est-ce que tu dirais que la scène s’est fragmentée en nombreuses scènes? Se passe-t-il encore quelque chose au Sidewalk Café? TC: Il existe toujours une scène antifolk active d’après ce que j’en sais. Tous les ans ou presque, des nouveaux visages apparaissent et proposent des bons trucs, et sont embarqués dans l’aventure. J’imagine que la seule différence c’est que quand moi j’ai débuté, personne ne connaissait le Sidewalk. C’était encore un secret.
Mes yeux me trompent peut-être, mais sur la pochette de First Light je crois reconnaître des gens qui jouent avec Adam Green… TC: Tu as de bons yeux. Nate Brown, le type tout à fait à ma droite, est au clavier dans le groupe d’Adam Green. Il a joué sur mon album. A part lui, les musiciens sont différents.
Quel est ton passé musical, peux-tu raconter comment tu es devenu musicien ? TC: Je jouais de la guitare depuis tout gamin. Ce n’est pourtant qu’à 16 ans que j’ai commencé à écrire des chansons. Au lieu d’aller à la fac, je suis venu à New York pour devenir un célèbre chanteur de folk. C’était il y a presque neuf ans.
De toute évidence une deuxième vague antifolk déferle en ce moment, loin de New York et des Etats-Unis. Il existe par exemple un réseau Antifolk UK fort et une compilation, dont l’artwork est emprunté à l’original Antifolk Vol. 1 (ndlr. Rough Trade 2002), est même sortie (AFUK Records). Qu’est-ce que tu en dis? C’est de l’imitation ? L’antifolk peut-il avoir une trajectoire convaincante en dehors de New York ? (Les Wave Pictures disent que c’est impossible, car le mouvement est trop lié au Sidewalk, à la ville, et son atmosphère légendaire). TC: Non? Pas possible! J’ignorais que quelqu’un avait utilisé notre artwork d’origine. C’est légal? On devrait les poursuivre et ramasser un peu d’argent… Pour répondre à la question, je crois que l’antifolk est un style de musique, il peut donc qualifier n’importe qui n’importe où, au même titre que le ‘punk’. J’ai entendu dire que quelques groupes anglais ont été étiquetés ’antifolk’ par le NME et se sont attirés un peu d’attention. Je pense que ce qui les différencie des New Yorkais, c’est que, déjà, ils sont dans le NME. Etre un artiste à New York implique un certain anonymat qui est impossible à Londres, Paris ou Los Angeles où l’art se mêle plus volontiers à la mode et à la culture populaire, et où les artistes sont plus ouvertement motivés par le désir de célébrité. Je dirais que les les Wave Pictures en savent plus long sur les réalités de New York que tous les autres groupes anglais.
Les chansons de Jeffrey Lewis, en particulier ses toutes premières chansons, sont comme des scènes de New York. Mais tes chansons parlent surtout de filles, d’au revoir, de ’partir en Californie’. Est-ce que New York joue un rôle important dans ton songwriting? Quel est l’endroit où tu préfères aller? TC: Jeff a grandi ici en fait (dans la rue juste en face du Sidewalk, pour être précis). Je pense que le New York qu’il incarne est un New York que je ne comprendrai jamais tout à fait. Jeff est le Lower East Side, Tomkins Square Park. C’est un copain des membres originaux des Holy Modal Rounders. Je pense que le New York dont j’ai hérité est, d’une certaine manière, une abstraction ésotérique. Je ressemble plus à un des premiers colons, à un de ces voyous du dix-neuvième siècle. Mon New York, c’est Stephen Foster ou Edgar Allen Poe. Où je préfère aller… j’aime marcher sur le Williamsburg Bridge.
Est-ce que le quotidien t’inspire ou essaies-tu plutôt de bâtir une mythologie à travers tes chansons? Comment se fait-il qu’une chanson puisse sembler si irréelle et si réelle en même temps? TC: Je pense que mon influence véritable réside dans les expériences que me fournit la vie. J’imagine pourtant qu’il y a une symbolique, une mythologie, dans mes paroles. ‘Going to California’ ne signifie pas que j’y vais littéralement. Je suis tout sauf un réaliste quand il s’agit des paroles. Je pense que toute poésie contient en elle sa propre langue, sa propre mythologie, même quand elle est enracinée dans le réel.
J’ai vu que tu avais publié une anthologie de poèmes. C’est toujours disponible ? Et comment sont tes poèmes, s’agit-il de chansons jamais mises en musique ? As-tu toujours été attiré par le pouvoir poétique et visuel des mots ? Comment la poésie est-elle entrée dans ta vie ? TC: J’ai écrit deux petits recueils de poèmes, The Return of the High Preistess et New Moon Prayer. Je les vends sur internet. Mes poèmes sont moins structurés que mes chansons, même s’ils respectent un certain système métrique. J’ai toujours aimé la poésie, d’abord Poe et Ginsberg au lycée. Je m’identifie particulièrement à Rimbaud. Je pense que David Berman (des Silver Jews) est tout simplement génial. Je dois dire cependant que je me vois plus comme un songwriter. Je ne suis pas un poète sérieux ou académique ni rien.
As-tu une quelconque obsession? TC: Une obsession? J’espère bien que non. Récemment je suis tombé amoureux de ces tacos qu’ils font en bas de chez moi. Quand j’étais gamin j’étais vraiment dingue de la Guerre Civile Américaine et, plus tard, de Bob Dylan.
Est-ce que tu fais toujours une révérence après avoir joué tes chansons, te vois-tu quelquefois comme une sorte de dandy ? Tu t’es toujours sapé aussi élégamment ou est-ce que ça t’est arrivé de porter des costumes de lapin sur scène (ndlr. comme Adam Green époque Moldy Peaches) ou autres déguisements ? TC. Je fais une révérence ? Je ne suis pas certain de ce que je fais. Quelquefois, oui, de temps en temps. Je ne dirais pas que c’est une caractéristique de mes concerts. Je ne suis pas toujours bien habillé pour jouer, non. J’ai porté toutes sortes de choses au fil des ans. Au début, je portais parfois un casque de l’armée en plastique. Au cours des dernières années, j’ai surtout porté un veston et une cravate cela dit. Je ne pense pas que ce soit un truc de dandy. Chez les musiciens, s’habiller pour la scène est pratique courante.
Peux-tu me parler de tes enregistrements et des labels à qui tu dois le plus? Est-ce que tu pourrais revenir à l’autoproduction ou est-ce que tu vas rester avec ton label? C’est difficile de joindre les deux bouts pour un musicien à New York, à l’heure actuelle? C’est vraiment dur de réussir en tant que musicien je pense, surtout quand tu n’es pas doté d’une voix exceptionnelle. J’ai eu la chance de faire les premières parties de Herman Düne et d’Adam Green en Europe, où les tournées rapportent pas mal, et je suis reconnaissant envers les trois labels qui travaillent avec moi: Boy Scout Recordings (Etats-Unis et Royaume-Uni), BB*Island (Europe, moins le Royaume-Uni) et b.y.records (qui ont sorti 60 Seasons et font la promo en Belgique). Sans eux, ma musique ne serait ni distribuée ni publiée, et je n’aurais pas de contact avec la presse. Cette façon de travailler me convient bien mieux que d’essayer de tout faire moi-même. Mon but est de vendre le plus de disques possible et de faire le plus de concerts possible.
Est-ce qu’un jour tu sortiras un CD de Turner tout seul? Juste toi et la guitare? TC: Je pourrais toujours sortir un disque, moi tout seul et une guitare, mais c’est plus amusant de le faire avec un groupe ou au moins un accompagnement musical. C’est comme la différence entre une peinture et une esquisse au crayon. Je pourrais toujours le faire cela dit, ce serait très facile. Peut-être quand plus de gens me connaîtront, ce serait une bonne idée.
Quelle est la prochaine étape, et avec qui tu pars? TC: Je suis en train de bosser sur un nouvel album appelé Gangbusters, on a commencé à plancher dessus avec Herman Düne à Paris au printemps dernier. Ça sortira l’année prochaine. Je prépare aussi ma première tournée européenne en tête d’affiche pour cet automne. Je vais tourner avec mes amis de The Wowz, un groupe antifolk vraiment génial. Ils seront à la fois mon groupe de première partie et mon backing band.
Pour finir… que se passe-t-il vraiment de l’autre côté de l’océan? Quels sont les groupes et les endroits qui te branchent le plus? TC: En ce moment il fait une chaleur d’enfer à New York, mais pour moi c’est toujours l’endroit le plus agréable du monde. Il y a des groupes ici dont personne n’a jamais entendu parler et qui exploseraient tous ces britpoppeux en couv’ du NME. Peut-être que les meilleurs d’entre eux sont The New York Howl, avec qui j’ai fait quelques concerts cet hiver. Ils sont puissants et bluesy.
Interview Par E.A.R Extrait du vol 12 des Hommes du président
www.myspace.com/misterturnercody
TURNER CODY - First light - BB Island/Differ ant :
Vous l’avez peut-être déjà croisé avec les HERMAN DÜNE, dont il a tenu la basse, de temps à autres ou peut-être l’avez-vous vu faire l’acteur dans le fameux clip de JEFFREY LEWIS, Williamsburg Will Oldham Horror ! Peu importe, ce disque se passe aisément de carte de visite et c’est, de toute manière, sous son propre nom, cette fois-ci, qu’il se présente à nous pour défendre un second album à la classe internationale ! Pas loin de la douceur de Fakebook de YO LA TENGO et pris parfois de crises électriques majestueuses comme le DYLAN du milieu des sixties, TURNER CODY enrichit ses chansons de motifs subtils de clarinette, violon, glockenspiel et autres instruments évitant des tons trop strictement folk-rock. Tout au long des 14 titres de First light, TURNER CODY nous chante au creux de l’oreille, avec la tendresse d’un JONATHAN RICHMAN ou la simplicité d’un NEIL YOUNG en mode champêtre. Ceux qui avaient raté son excellent Quarter century doivent sans faute se rattraper avec ce nouvel opus qui vous amène illico un coucher de soleil dans le salon, à peine posé sur la platine. (www.myspace.com/misterturnercody ) Lionel Delamotte
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Tuesday, January 13, 2009
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Elle nous manquait, Françoiz. On la savait bien occupée, entre vie personnelle et vie en tant que dessinatrice, mais on commençait quand même à pleurer ces kilomètres qui, chaque jour un peu plus, nous éloignaient d'elle, de sa voix, de ses histoires. Nous avait-elle abandonnée au bord du ravin ? Pourtant, on la suivait depuis son premier album, en 1997. Certains depuis bien plus longtemps, comme quand elle chantait au sein de Squad Femelle (le super-groupe réunissant Sarah de Pério et Françoiz, au chant, et la bande de Lithium - Dominique A, Eric de Pério, Pierre Bondu et Michel Cloup, comme backing band sauvage). Mais il n'y avait qu'à suivre les pépites qui ornaient ses albums pour la retrouver, et se retrouver. Toutefois, au superbe KM83, elle s'envola et on la perdit de vue. Aujourd'hui, elle nous revient, en pleine forme et bouillonnante d'idées, avec un nouvel album A l'Aveuglette entièrement écrit de sa main. Vingt ou trente mille kilomètres ne nous auraient pas empêchés de prendre la route pour la rejoindre à l'autre bout du monde. Ce fût en Vendée, à La Roche Sur Yon, que les retrouvailles eurent lieu et, même s'il n'y a que 63 km depuis Nantes, c'est quand même un peu le bout du monde, la Vendée. Vous voyez ici on ne vous ment pas, Françoiz Breut on l'aime et puisse cette interview vous faire comprendre pourquoi.
Rafff : On a pas beaucoup entendu parler de toi depuis 2005 et Une Saison Volée. Nous sommes en 2008, que s’est-il passé pendant toutes ces années, où étais-tu ? Et bien le temps passe très, très vite (rires), j’ai fait beaucoup de concerts, j’ai commencé à préparer le disque en 2006 et… j’ai perdu ma maison de disque, enfin c’était pas une maison de disque c’était un distributeur. Et donc ben ça a pris du temps, aussi parce que les musiciens avec lesquels je travaille ont leurs projets et que moi je fais aussi de l’illustration, je fais des bouquins et puis voilà. Ce qu’il y a de bien, c’est qu’on a vraiment rôdé les morceaux sur scène avant de les enregistrer, donc on a pris le temps, vraiment, de voir ce qui fonctionnait et ce qui ne fonctionnait pas.
Rafff : Ce nouvel album a-t-il mis beaucoup de temps à être réalisé ? Euh...ben…on a fait peut-être trois sessions de travail donc c’est pas beaucoup, parce que c’est genre on pourrait dire, une vingtaine de jours, en même temps, ouais… Une vingtaine de jours sur trois ans, c’est pas énorme. Et puis il y a eu ces concerts qui ont pris du temps, refaire des nouvelles moutures, retravailler les morceaux pour la scène, donc, non, c’est pas beaucoup, mais ça devient complètement élastique et voilà. Ca s’est fait aussi parce qu’on avait pas de label, on a autoproduit la moitié du disque donc il fallait qu’on trouve un label après pour distribuer. Tout ça est très long. Mais si j’avais voulu j’aurai pu enregistrer fin 2006 parce qu’on avait déjà de la matière.
Rafff : Cette résidence en Vendée, au Fuzz’yon, était-ce un besoin, une opportunité? Ecoute, c’est une opportunité. En fait, on a enregistré le disque ici parce que notre sonorisateur connaissait l’endroit et avait déjà travaillé ici avec d’autres gens. Et puis, ça s’est fait comme ça, on a eu le lieu gratuitement, on a installé un petit studio, c’était très simple. Il fallait quand même faire venir tout le matériel de Belgique, ça c’était un peu plus compliqué, mais on a eu du temps et c’était vraiment agréable, on avait absolument aucune pression donc c’était bien.
Lionel : Et peut être aussi la proximité de gens comme Luc (Rambo) qui sont de la région? Oui, oui. Mais Luc se déplaçait habituellement, donc oui, qu’il vienne de Nantes à ici, c’est vrai que c’est encore plus près (rires) !
Rafff : Justement les musiciens qui t’accompagnent sur cette résidence et sur la tournée, sont-ils les mêmes que sur le disque ? Oui. Il y a donc Boris qui est mon guitariste, enfin multi-instrumentiste, avec qui je travaille depuis sept ans, et puis Luc avec qui je travaille depuis onze ans, il a travaillé sur mon premier disque, sur les tournées, puis sur les autres disques. Donc là on est cinq pour ces dates en France, il y a un peu plus de moyens mais il y en a pas tant que ça, on est un peu plus nombreux, et puis pour les tournées à l’étranger, on est en trio et des fois à deux, mais jamais toute seule ! (rires)
Rafff : C’est quelque chose que tu as déjà fait, toute seule ? Ah ben non, c’est pas possible, moi je ne suis pas musicienne. Enfin, je ne joue pas d’un instrument, j’ai gratouillé un petit peu mais je sais pas jouer d’un instrument, donc je suis obligée de m’entourer !
Lionel : Ce qui est nouveau, sur ce disque, c’est que tu as écrit les textes alors que jusqu’ici tu te l’interdisais plus ou moins. Quel a été le déclencheur ? Et bien, en fait, j’avais déjà essayé à l’époque avec Dominique : je lui proposais des idées, des débuts de textes et puis ça ne l’inspirait pas, comme il a l’habitude de travailler vraiment tout seul et tout ça …
Lionel : Je me rappelle qu’à l’époque, tu me disais justement que ça venait plus de toi. Tu me disais qu’en fait ça faisait « poésie de collégien » (rires), c’est ce que tu me disais à l’époque ! Mais, donc, justement, y a-t-il eu quelque chose qui a changé dans la façon dont tu écrivais qui fait que tu peux plus facilement te l’autoriser ? On est pas dans une poésie de collégien aujourd’hui par exemple. Ben, écoute, c’est très bien ce que tu me dis, Lionel ! (rires) Non, non, mais, en fait, je me suis dit que de toute façon j’allais pas écrire des grands textes. J’avais juste envie d’écrire des choses assez simples. Avant, je me disais non ce n’est pas pour moi, il y a des auteurs qui écrivent très, très bien, je vais faire appel à plein d’auteurs avec des styles complètement différents, et là je me suis dit ben je vais essayer ça sert à rien de rester sur un échec . Donc, j’ai essayé et je me suis dit que ça pouvait fonctionner, j’étais aussi encouragé par Luc et Boris qui m’ont dit ouais vas y, c’est bon, et puis j’ai retravaillé les textes au fur et à mesure de l’enregistrement, parce que ça bouge tout le temps . Moi, je viens avec un texte, habituellement les musiciens, les chanteurs, les auteurs, compositeurs, ils gratouillent et puis les mots viennent, moi je viens avec mon texte donc ça ne peut pas rester figé comme ça, faut que ce soit souple, ça doit se caser quelque part, donc je me suis dit essayons on verra bien. Mais c’est vrai que j’avais un peu peur que ça ne marche pas, que je puisse chanter des textes qui m’appartenaient alors qu’avant c’était très facile d’interpréter les textes des autres, de se cacher un petit peu, donc voilà . Après, le style, tu vois, je cherche.
Lionel : Ce qui est assez amusant dans le disque, c’est qu’on voit une réelle continuité, on pourrait quasiment imaginer le disque écrit par les gens qui t’ont déjà écrit des chansons, comme si les textes qu’on t’avait écrit auparavant tu les avais peut-être dirigé, quel rapport tu avais avec les auteurs ? En fait, je n’intervenais pas. Peut-être avec Dominique. Il y a eu des phrases qui ne me plaisaient pas, il les réécrivait et tout ça, parce que j’étais avec lui et que c’était facile de retravailler. Mais, sinon, les autres auteurs, quand je recevais un texte, une démo, j’adhérais complètement à l’histoire, je n’ai jamais rien changé, donc c’était vraiment de l’interprétation.
Lionel : Je me rappelle que Federico Pellegrini [des French Cowboy] m’avait dit que tu avais transformé la chanson qu’il t’avait écrite. Je trouvais intéressant, d’ailleurs, le fait que tu n’étais pas strictement interprète mais que tu intervenais sur ce que tu commandais. Ah oui, peut-être dans la mélodie …
Lionel : Moi, il me parlait plutôt d’une transformation… Dans le texte ?
Lionel : Non, pas dans le texte en soi, mais plutôt que tu n’avais pas utilisé le refrain en refrain. Enfin, que tu avais retravaillé la structure… Ah, oui, c’est possible, mais j’ai oublié, tu sais ! En plus, ce morceau, on ne l’a jamais fait sur scène, parce que c’était très compliqué. C’était une personne qui chantait et l’autre qui répondait. Ca se chevauchait et on n’a jamais pu la faire. Donc, oui, c’est possible. C’est pas si vieux mais j’oublie des trucs, tu me rafraîchis la mémoire !
Lionel : Ce qui est atypique, c’est que ce n’est peut-être pas la façon dont tu bosses d’habitude, d’imprimer une sorte de marque dans ce que tu écris. Tu as vraiment choisi « l’exemple », le seul exemple, en fait. Parce que j’ai interprété, j’ai vraiment interprété mais je n’ai pas changé grand chose. Les arrangements ont beaucoup changé, parce que c’était souvent des démos, des trucs guitare-voix ou piano-voix, un squelette de chanson. Donc, les arrangements, on les a retravaillé avec les musiciens. C’est un travail de groupe. Après, on choisit ce qu’on veut, mais dans le texte et dans le sens …ça me parlait ou ça ne me parlait pas.
Rafff : Sur cet album, tu es derrière tous les textes. Cette pochette, ce n’est pas toi qui l’a faite, on ne te voit pas non plus dessus : ça fait un petit décalage comparé aux autres disques où ce n’était pas toi qui faisait tous les textes mais c’était toi dessus. Comment s’est fait cette pochette? Les pochettes précédentes, c’est vraiment oui il faut qu’on voit ta tête, comme ça les gens te reconnaissent. Tout ça, c’est pas très réfléchi… Tu vois, les maisons de disques n’ont pas trop d’imagination : ils veulent juste avoir un portrait lambda. Et, justement, là, je me dis que c’est pas ça le plus important. C’est pas l’image, c’est le résultat, c’est la musique qu’il y a à l’intérieur. Alors, c’est quand même un portrait, mais voilà c’est l’artiste qui a fait ce dessin qui dit que le perroquet, c’est le perroquet qui répète ce qu’on dit. Et puis, moi, je ne répète plus ce qu’on dit, je le fais moi même ( rires ).
Lionel : D’accord ! Alors si tu expliques le symbole du perroquet, quel est celui de la glace? La glace ? Il n’y a absolument rien derrière !
Lionel : Parce que tu te caches derrière la glace ! Oui je me cache derrière la glace ! J’ai le droit de manger une grosse glace! (rires) C’est vrai que les gens me demandent si il y a une signification derrière tout ça…
Rafff : Et où en es-tu dans tes diverses activités, dessin, illustration… ? Et bien, je sors un livre quasiment en même temps que le disque. Je travaille avec des auteurs différents, c’est vraiment chouette parce que c’est comme si tout arrivait en même temps. J’ai davantage de travail en illustration, la musique ça dépend, ça va ça vient, mais c’est chouette parce que j’ai plein de projets en cours.
Rafff : Comment arrives-tu à allier vie professionnelle et vie personnelle, à placer l’écriture, le dessin dans ta vie de tous les jours? Oui, il faut trouver de la place ! Il y a des périodes où je n’arrive à faire ni l’un, ni l’autre. C’est un peu dur de m’isoler, j’ai des enfants, je ne peux pas partir au Népal pour une résidence de trois mois pour l’écriture de mon disque! (rires) Je suis obligée de me concentrer sur de toutes petites périodes donc je n’ai pas beaucoup de temps pour travailler, malheureusement.
Lionel : Dans l’ensemble de ta discographie, si je ne me trompes pas, tu n’as fait qu’une seule reprise, de Françoise Hardy ? Non, non il y a Peggy Lee. Et aussi La chanson d’Hélène avec Romy Schneider et Michel Piccoli.
Lionel : Finalement ces reprises ressemblent plus ou moins à ce que tu fais artistiquement, et ça ne laisse pas transparaître les autres goûts que tu peux avoir qui sont plus rock ou beaucoup plus punk-rock, garage ou dance. Penses-tu que l’autre partie que tu aimes musicalement n’a pas sa place ? D’aimer les Monks, les Seeds, ou les Electric Prunes, par exemple… Un côté plus rock, oui. Mais je crois que ça vient un peu plus dans ce nouveau disque. En fait, j’aime tellement de trucs différents que c’est dur de faire un mélange de tout ça.
Lionel : Et un disque un peu plus rock au sens « Rock », ce serait envisageable ou ce n’est pas une envie que tu as ? Oh, si, si. J’ai envie de faire plein de trucs, envie de faire quelque chose de complètement différent, faire de la Soul par exemple, faire un truc super dansant, je rêve de ça. Sauf que tu te mets à travailler, c’est la surprise totale, tu ne sais pas où tu vas, on ne sait pas où on va… On a de vagues fantasmes qui traînent, chacun d’ailleurs a ses fantasmes, donc il y a des frustrations et tout ça de la part de tout le monde, et tu arrives à un truc, tu ne sais pas trop où ça va parce que ça part dans tous les sens. Il faut essayer de rassembler, de créer une unité mais en même temps on « fait » et on fait et on voit ce qui se passe ! Quand on a un ensemble de morceaux, est-ce bien de mettre Nébuleux Bonhomme et un morceau plus calme, plus doux, l’un à côté de l’autre ? C’est très dur de tout mélanger, mais en même temps j’aime bien ce qui est très doux avec plein de petites choses toutes fines et puis j’aime bien ce qui bourrine, qui décape !
Lionel : Tu avais déjà envoyé ça en partie, à l’époque où tu faisais Squad Femelle, on peut imaginer un groupe où tu donnerais quelque chose plus dans ce registre là. Et bien, écoute, oui. J’espère, un jour. Mais on ne sait pas ce qui peut se passer. En tous cas, ce qui était chouette dans les Squad femelle, c’est que c’était vraiment deux voix. On faisait des chœurs et tout ça. C’était vraiment du pur plaisir, de chanter à deux c’était génial.
Lionel : Et vocalement, quelles seraient tes influences ou tes modèles ? Euh… En fait, j’adorais la chanteuse de Tarnation, Paula Frazer, et puis, euh… Après, j’aime plein de trucs mais c’est pas des modèles. Enfin… Je suis fan de Nina Simone… Il n’y a pas que les femmes, hein, mais…j’aimais bien les premiers Cat Power. J’aime moins ce qu’elle fait maintenant, c’est devenu trop lisse, trop propre. Et puis quoi d’autre ?
Lionel : Elle a tenté la Soul aussi ! Elle a tenté la Soul ?! Ouais mais… Il y a un morceau qui est super où elle chante avec Handsome Boy Modeling School, c’est un groupe de Hip-Hop, elle a fait un morceau qui s’appelle Be my Boy, c’est super beau parce que c’est vraiment de la Soul et ça va très bien, c’est pas trop clean et tout ça, j’aime beaucoup moins son dernier disque. Et puis sinon j’aime bien Electrelane. J’adore !
Rafff : Du coup je ferai bien un petit clin d’œil à Nantes, comme on est à La Roche. Les Mansfield. Tya pour une collaboration, les Tazio & Boy pour une pochette d’album, as-tu toujours un lien avec Nantes, comment se sont fait ces rencontres, est-ce lié à la vie ou aux personnages ? Les Mansfield. Tya, on s’est rencontré à Lorient. On a partagé une scène. Elles jouaient avant nous, et c’était vraiment super bien, ça m’a scié, j’ai trouvé ça super beau. Et puis, nous, on était dans une période où ça tanguait un peu sur scène, on était un peu perdus, à ce moment-là. On a eu tellement la pression qu’on a fait un de nos meilleurs concerts, donc c’était une super rencontre, et puis je leur ai proposé de chanter sur le disque, j’aime bien avoir des invités, j’aurai bien aimé en avoir plus, et puis voilà ça s’est fait comme ça. Et puis, Tazio & Boy, je ne les connaissais pas, je connaissais la personne du label qui sortait le disque en Belgique, je lui ai demandé s’il avait besoin de quelqu’un pour faire la pochette comme quoi j’étais partante et puis je les ai rencontré et puis voilà c’était chouette.
Lionel : Justement quand tu parlais de collaborations qui n’avaient pas pu avoir lieu, il y a des gens avec qui tu aimerais travailler, avec qui ça ne s’est pas fait mais ça pourrait se faire après, en attente… ? Je vais peut-être faire un truc avec Angil & the Hiddntracks. On a déjà fait un concert, il n’y a pas longtemps. J’ai chanté deux chansons avec eux. C’est vraiment par à-coups, c’est des rencontres. Moi, j’aimerai faire plus de choses parce que je n’ai pas envie d’être que dans mon projet, c’est lassant au bout d’un moment. Et puis ce nom, là, j’ai l’impression que ça me colle aux baskets. Les gens, ils te mettent dans une boîte depuis des années, on me dit Oh Françoiz Breut, c’est un truc un peu triste ça, c’est quoi ce machin. Je ne supporte plus d’entendre ça. Ecoutez, écoutez ce que je fais maintenant ! C’est vrai, c’est super énervant parce que je n’ai pas l’impression de faire un truc triste, bon il y a des chansons qui sont un peu sombres mais il y a des trucs assez relevés, assez gais, assez positifs, et voilà il n’y pas que du noir. C’est comme la vie, il y a du noir et du rose. (rires)
Rafff : Justement maintenant avec un peu de recul, il y a des chansons que tu ne voudrais plus jouer, que tu ne pourrais plus jouer ? Oui, il y a plein de chansons, même les vieilles que j’aimais vraiment bien, il y en a plein du premier que j’adore faire, du deuxième, c’est un peu plus dur, c’est un album où il n’y avait pas de très bons souvenirs, et puis le dernier on l’a beaucoup fait aussi sur scène donc il y a des morceaux on s’en lasse vraiment. Mais dès qu’on fait des nouvelles versions, là, oui ! Notamment, on faisait Overall, un morceau d’Herman Düne que j’adorais, mais je n’en pouvais plus d’entendre cette version. On a fait une nouvelle version et je suis super contente parce que j’ai à nouveau envie de la faire.
Rafff: Et c’est fréquent, ça, de ressortir des plus vieux titres et de se dire Ah tiens il est bien mais si on le modifiait un peu ? Oui, oui. Et puis, là, de toute façon, il n’y a que onze titres sur le nouveau disque. Donc je ne peux pas faire un concert de onze morceaux, c’est beaucoup trop court. Et puis les gens sont contents aussi d’entendre les vieux morceaux, moi si je vais voir un groupe j’aime bien entendre les vieux trucs.
Rafff : Sur tes disques il y a régulièrement des interludes, comment naissent ces pièces musicales ? En fait, moi, j’aime bien les petits ponts, comme ça. Là, pour le dernier, ce sont des impros. Notamment l’intro du disque La Conciergerie, ça s’appelle comme ça car quand on a commencé à travailler le disque on était dans une maison de concierge à Roubaix, à La Condition Publique, qui est une salle de concert. C’est une impro que Luc et Boris ont faite. Ils ont branché les micros et puis ils ont joué, ils ont retenu ce truc là, ils ont enregistré, moi je trouvais que c’était super beau. On avait l’impression que c’était dans une espèce d’église, ça me faisait penser aux Beach Boys, sur certains enregistrements. Enfin ce sont des petites idées ou des souvenirs des enregistrements dans le camion, là il y a le gars du label en Allemagne qui parle en français, ses leçons de français qu’il a retenu de l’école, on l’a enregistré on était plié en quatre, voilà c’est des petits souvenirs comme ça.
Lionel : Et alors ce titre A l’aveuglette, quelle est sa signification ? C’est une chanson qui parle de l’amour aveugle. Là, c’est l’histoire de quelqu’un qui fait les choses mais pas comme elle en a envie, aveuglée par l’amour. Et à la fin de la chanson, c’est l’émancipation. Elle se dit qu’elle va pouvoir enfin faire ce qu’elle veut. En gros, c’est ça. Mais A l’aveuglette c’est qu’on ne savait pas où on allait, on est parti comme ça, à l’aveuglette !
Interview : Lionel Delamotte et Rafff Transcription : Ka Photos : Ka
www.myspace.com/françoizbreut
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Wednesday, November 05, 2008
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Interviewer Daniel Darc est toujours un jeu à l’issue incertaine. Si, il y a près de deux ans, il m’avait répondu presque uniquement par monosyllabes et avec une certaine langue de bois (à tel point que l’interview reste inédite), il m’avait pourtant déjà montré qu’il savait aussi générer de purs moments de rockänroll ! Qu’allait-il se passer alors qu’on entrait dans les loges de l’Olympic ? La fée du rock étant dans un de ses bons jours, on trouvait un Darc en ébullition, accompagné du fidèle Doudou La Joncaille et de ses nouveaux musiciens, les membres d’Asyl.
Comment se passe cette nouvelle tournée ? Daniel : Très bien ! C’est super ! Je suis extrêmement content, sincèrement, de jouer avec des nouveaux mecs. D’avoir aussi gardé Alice (Botté – Ndlr), à la guitare, qui est une sorte de frère, pour moi. Et, donc, d’avoir ce groupe qui s’appelle Azyl, avec moi. L’idée, à vrai dire, m’est venue en voyant Morrissey. Quand il est accompagné par ce groupe de rockabilly dont je n’ai plus le nom… Quand j’ai vu ça, je me suis dit « Je ne peux plus supporter de jouer avec des requins, ça me fait chier » ! Ils sont là pour avoir leurs fiches de machin, là… L’intermittence ? Voilà, l’intermittence ! Tiens, tu connais la fameuse vanne sur la différence entre le rock et le football ? Dans le rock, tu as des minables intermittents et dans le football des mi-temps interminables ! (rires) Et, bref, j’en ai raz-le-cul et ces mecs me font chier et je voulais jouer avec des plus jeunes que moi parce qu’eux, ils ont la rage et en même temps, ils m’écoutent, ce qui est bien aussi… Enfin, voilà, c’est des mecs bien et je les aime bien.
Mais est-ce que c’est, comme ce groupe de Morrissey, pour aller vers quelque chose de plus rockabilly. Je connais très mal Azyl mais ça ne m’a pas semblé très rockabilly… Non, non ! C’est rock… C’est, je ne sais pas, rock-punk… On peut dire punk ou un truc comme ça. Genre les Naast ou les Brats mais qui sauraient jouer et auraient des chansons intéressantes ! Ce que je voulais, c’était « pas de requins », des mecs plus jeunes et prendre un groupe, c’est-à-dire prendre des mecs qui sont habitués à jouer ensemble. Et, voilà, quoi ! Il y a trois mecs de Azyl : Antoine à la basse, Benji, à la batterie et Nicolas à une des guitares, l’autre étant faite par Alice. Et, en plus, il y a un autre mec, Kalim B., qui est pianiste, et qui n’a rien à voir avec Azyl.
Est-ce que cela veut dire que tu sentais ton précédent groupe comme un groupe de musiciens de session ? Euh… (il réfléchit) Non ! Enfin, je ne vais pas tout mettre dans le même lot. Parce que, dedans, il y en a, oui… Et il y a des gens comme Arnaud Dieterlen, qui avait déjà tourné avec moi mais qui ne pouvait pas continuer car il avait promis à Bashung de faire sa prochaine tournée, qui vient de commencer… C’est un mec que j’admire, c’est un très très bon batteur. Ce mec, c’est un des meilleurs batteurs en France ! (Passe alors Antoine, à côté de nous – Ndlr) Lui, par contre, c’est un très mauvais musicien ! (rires) J’étais en train de lui parler d’Azyl…
Vous avez un super attaché de promo (désignant Daniel - Ndlr) Antoine : Merci Daniel ! Daniel : Si tu veux, il peut répondre avec moi, pour l’interview ? Antoine : Euh, non, j’ai vraiment très envie de faire pipi ! Daniel : Fais comme tu veux, tu peux même pisser parterre !
(Antoine décline la proposition et opte pour une solution plus traditionnelle) Revenons à ce que tu disais, donc, sur ton ancien groupe… Et bien, on avait fait un truc ensemble mais, moi, de mon côté, j’ai changé… Je crois que j’ai – je ne sais pas si on peut dire ça – progressé… En tout cas, je me suis barré dans un truc qui n’est plus exactement dans la même direction qu’avant. J’avais besoin de gens qui s’écoutent. Comme dans les groupes de jazz. Des gens qui s’écoutent les uns, les autres. Et pas comme dans les groupes où ils se mettent tous leurs amplis à onze, là, même si c’est marrant… Je ne sais pas si tu vois… Ouais, Spinal Tap ! Spinal Tap ! Ouais ! Bon, ça me fait chier, ces mecs du rock qui n ‘écoutent rien, qui sont incultes. Inculte, j’aime bien, en même temps, parce que ça a un côté assez… (il cherche ses mots mais reste en suspend – Ndlr). J’aime bien me dire inculte devant les gens qui sont cultivés mais devant des gens incultes, j’ai envie d’être simplement cultivé. Tu vois, je suis très compliqué… (Antoine revient de sa « mission-miction » et se fait alpaguer par Daniel – Ndlr) . Antoine, tu peux rester ? C’est aussi ton groupe ! (Antoine décline la proposition – Ndlr) Tu veux pas dire comment c’est, de jouer avec moi ? Antoine : C’est bien ! Daniel : C’est top, hein ? (rires)
Est-ce que ce groupe précédent, justement, t’avait été concocté par Universal ? Non, non ! Jamais ! L’autre groupe, il y avait des gens comme Alice, que j’avais choisi. Et les autres, c’était Frederic Lo qui m’avait conseillé pas mal de gens et, dedans, j’avais fait le choix. Arnaud, par exemple, je l’ai choisi en le voyant avec Bashung.
J’ai l’impression que tu fais encore plus de dates que pour la dernière tournée… Oui, je crois qu’on a déjà plus de 80 dates de programmées…
Ca tient à quoi ? C’est le groupe qui te motive ? L’album qui est plus scénique ? Autre chose ? L’album n’est pas plus scénique. Enfin, je ne crois pas. Non, s’il y a autant de dates c’est que c’est la seule chose que j’ai envie de faire, aujourd’hui. J’ai pas de maison… Enfin, je ne suis pas à la rue non plus, c’est pas ça que je veux dire…
Tu habites toujours le même appart ? Oui ! Si on le faisait en anglais, je te dirais que j’ai « a house » mais pas « a home ». Il n’y a personne qui m’attend chez moi, pas de femme, pas d’enfant… Tout ce qui m’intéresse, c’est l’écriture. Pas seulement l’écriture pour la musique mais aussi des nouvelles. D’ailleurs, dès que j’ai fini avec toi, il faut que je fasse la préface d’un bouquin sur Saint Sébastien, avant le concert ! Voilà ! A part ça, j’aime tourner. Ca me branche assez l’histoire du « Never ending tour » de Dylan : j’ai rien d’autre à foutre, tout simplement !
Récemment, je t’ai beaucoup entendu déclarer à qui voulait que tu cherchais une femme, que tu voulais une maison, que tu voulais un enfant… Ouais… (Il prend l’air de celui qui regrette d’avoir un peu trop parlé – Ndlr). Ouais, de temps en temps, ça m’arrive, quoi !
Mais jamais très longtemps, alors ? Si, si… D’ailleurs, je crois que j’ai peut-être trouvé une femme ! Faut voir ! (il sourit - Ndlr) Mais je ne peux pas en dire plus !
Pour changer de sujet, je trouve assez amusant le changement d’image qu’il y a eu, te concernant, en quatre ans… A la sortie de « Crève Cœur », il y avait ce truc délirant où Universal vendait un Daniel Darc « clean », carburant au Vichy Fraise, qu’on ne pouvait pas prendre en photo avec une canette dans les environs et puis, actuellement, on te laisse dire et faire ce que tu veux, sur le sujet… Ben, tu sais, je pense qu’avec SFR et Iggy Pop, avec Vuitton et Keith Richards, avec Slimane et Pete Doherty et tout le reste, je crois que… Je n’ai rien à reprocher à Mercury, ces mecs s’occupent de moi et plutôt bien, je trouve… Je suis mieux que chez Bondage ou d’autres petits labels mais, même si je n’ai rien à reprocher à Mercury, des mecs comme moi, on est des sortes de cautions pour eux… Tu vois, le discours, « Ok, on fait la Star Ac’ mais on a aussi des mecs qui se défoncent ! » (rires) Tu vois, j’exagère un peu mais c’est un peu ça quand même ! Je caricature ! (Depuis quelques minutes, Elodie, serveuse du Bar de l’Olympic, parasite involontairement l’interview avec ses bruits de déplacement de tables et chaises, pour la mise en place du bar, avant l’ouverture de la salle – Ndlr) Hé, ça va ? Tu ne veux pas que je t’aide ? Elodie : Euh… Oui ! Hé ben, voilà, il suffit de demander ! (Et Daniel de se mettre au boulot, en homme des tavernes chevaleresque. A peine le temps de se faire traiter de « gougnafiers » par un Daniel goguenard qui ne veut pas se taper la corvée tout seul, on passe donc quelques minutes à placer tables et chaises sous l’autorité de ladite Elodie qui sait ce qu’elle veut - « seulement trois chaises autour des tables ! » - tout en revenant à la réalité de temps en temps « faites ce que vous avez à faire, je ne veux pas vous gêner, hein ! » - Une fois la mise en place achevée, Daniel tente de négocier quelques consos mais l’Elodie se montre incorruptible, même quand Daniel lui dit qu’il l’aime et qu’il va faire un concert rien que pour elle. On retourne donc à l’exercice de l’interview - Ndlr) Ouais, comme je te disais, c’est pas après Mercury que j’en ai ! Je crois que toutes les majors sont comme ça, maintenant. Je trouve qu’il y a un truc assez sain, qui se passe, dans le rock. On a la chance – ou la malchance, je ne sais pas – pour notre génération – enfin, toi et moi, on n’est pas de la même génération – mais toi ou moi, on va être les premiers à connaître - comme dans le blues ou comme dans le jazz - des gens qui continuent à faire cette musique, qu’on appelle rock, sans forcément crever à 25 ans pour autant. Keith Richards, Iggy Pop, Bob Dylan tout ça ! Et ça devient une sorte de blues blanc électrique, pour moi. Et je trouve ça vachement… stimulant – je ne sais pas – mais excitant de voir ce que ça va donner et excitant de voir que voilà, que, par rapport à ça, j’ai pas peur de vieillir ! J’ai peur de vieillir par rapport à plein de choses, bien entendu, mais pas… Maintenant, je crois que c’est définitivement adulte - avec tout le côté triste que ça peut avoir – mais voilà, c’est une musique basique, instinctive, très peu harmonique mais qui a… (il cherche ses mots – Ndlr) A la fin de leur vie respective, quand je voyais Johnny Thunders ou quand je voyais Chet Baker, je ressentais à peu près la même chose ! En plus, j’ai un truc par rapport au blues ou au jazz : tu vois, dans le rock, quand tu es français, je trouve qu’il y a un truc un peu similaire. Quand tu es blanc, c’est la galère, tu es de seconde zone. Dans le rock, quand tu es français, tu es dans la merde ! T’es comme le blanc qui veut faire du jazz ou du blues : tu n’es pas à ta place ! Ce sont des musiques qui sont noires. Et puis, en allant au bout de ce truc-là, il y a deux façons de voir la chose. Ou, effectivement, tu te dis qu’il n’y a rien à part Gainsbourg - et c’est bien, j’en suis bien content - et puis, en même temps, tu te dis est-ce qu’on parlerait de moi si j’étais à New York ? Voilà ! Bon, ce que je dis, c’est peut-être un peu le bordel mais, je te connais, tu es intelligent, tu arriveras à faire quelque chose avec ça ! (rires)
Tu es le roi de la digression ! Tiens, en parlant de digressions, j’ai eu l’occasion d’entendre des versions live, à la télé ou à la radio, de « J’irai au paradis » et je trouve que tu faisais particulièrement des impros de textes, dessus, plutôt que te jouer le jeu de la simple promo, c’est perçu comment par les gens qui t’entourent, notamment la maison de disque parce que, en général, ils préfèrent une version « karaoké » à quelque chose de plus déroutant… Je ne sais pas… Franchement, je n’en ai pas parlé avec la maison de disques… Ceux qui sont venus me voir m’ont dit être contents… Frederic Lo est content … Les gens avec qui je joue, et particulièrement Alice et Kalim - Kalim est prof’ d’harmonie, il a joué dans plein de groupes de jazz, il joue de la flûte traversière, il joue du sax’ alto, soprano et ténor, le jazz, c’est aussi son truc, la musique classique aussi – et moi, ça me permet de changer de jour en jour et ne pas enchaîner les mêmes plans. C’est ça, qui me branche. C’est pour ça que j’ai envie de tourner. Et, plus on tourne, plus il y a des trucs qui s’installent mais, pour le moment, chaque jour est différent, d’un concert à l’autre.
J’ai aussi l’impression que tu es plus à l’aise sur scène que pour la précédente tournée. Bien sur ! Bien sur !
Tu as moins d’angoisse, quand tu montes sur scène ? Non, je dégueule toujours… Je suis pas bien… Mais, en fait, tu sais, là, c’est la première fois – et même plus qu’avec « Crève Cœur » - qu’on tourne dans de bonnes conditions. Il y a même eu la tournée « Les aventuriers » (référence à la tournée « Les aventuriers d’un autre monde », sorte de tournée « super groupe », avec Jean Louis Aubert, Alain Bashung, Cali, Daniel Darc, Richard Kolinka et Raphaël réunis sur une même scène, le temps de quelques dates – Ndlr), où, là, c’était plus que des bonnes conditions. Et là, pareil, ça aide vachement. Quand on tournait avec Georges (Georges Betzounis, guitariste avec lequel il a composé l’album « Nijinsky » et compère de longue date – Ndlr), c’était différent, on ne savait pas en général où on allait dormir, le soir, la plupart du temps. On ne bouffait pas. On n’avait pas de fric et, quand on en avait, on achetait de la dope avec… Tu vois… Là, tout se passe bien. Bon, je suis toujours aussi « phobique social » mais j’ai l’impression d’aller vers quelque chose… J’ai l’impression que c’est la première fois où il n’y a tellement pas de lutte d’ego que ça en devient suspect ! On est ensemble, on essaie d’aller le plus loin possible, chaque jour…
Tu saurais définir ce que tu entends par « aller plus loin » ? Oui ! Nous écouter de plus en plus chacun. Improviser de plus en plus. Mettre en valeur l’autre. Et être un vrai groupe et pas un chanteur accompagné par des gens.
Quand tu avais sorti « Crève Cœur », face aux louanges qu’on t’a fait, tu avais dit que « le prochain serait encore meilleur sinon ça ne valait pas la peine ». J’ai l’impression – notamment via des déclarations que tu as faîte depuis - que tu sens que « Amours Suprêmes » est un disque réussi mais peut-être pas aussi bon que ce que tu imaginais… Non, je ne crois pas. Je ne pense pas que ce soit ça… Je suis très content de mon album. Mais, c’est vrai que, pour la première fois, avec cet album… Oui, il y a des moments, je me disais « merde, les textes… je pourrais aller plus loin, », tout ça… Mais, à un moment donné, je me suis dit que c’était mieux d’y aller comme ça, j’ai pris le parti de faire tout… Vite ! ! Enfin, « vite », ça a mis du temps mais, à la fin, tout a été vite… Parce que je me suis dit « Je m’en fous, j’ai rien d’autre et il faut que je continue ». J’ai rien d’autre à faire, comme je te l’ai dit et jusqu’à ce que je crève, il faut que je continue. Et, pour continuer, il faut y aller… Tu vois, je crois que c’est comme… Jackson Pollock ! A chaque fois qu’il faisait quelque chose, il ne se demandait pas s’il peignait la meilleure toile de sa vie, il se disait « Il faut que j’arrive à faire quelque chose » ! Moi, je veux arriver à quelque chose, je ne sais pas ce que c’est. Je sais ce que ce n’est pas mais je ne sais pas ce que c’est ! Mais j’arrive à faire quelque chose… Je suis arrivé à quelque chose qui fait que je ne veux plus entendre de cons qui me disent « l’anglais, c’est la langue du rock », je ne veux plus entendre de cons qui me disent « c’est du rock » ou « c’est pas du vrai rock »… Or, là, je fais quelque chose ! Et je crois que la langue française est tellement complexe et riche que j’ai envie d’aller de plus en plus là-dessus. C’est pour ça que je suis allé encore plus dans le talk-over, parce que j’ai envie que les gens s’intéressent à ce que je dis. Même quand j’écris pour d’autres, j’espère que mes textes ne sont pas cons… C’est pas « she loves you, yeah, yeah, yeah » ! En français, ça ne marche pas, Dieu merci ! Voilà, je fais mes trucs. Simplement, je marche ! Je marche… Je ne veux pas savoir si les pas que je viens de faire sont merveilleux sur le sable ou s’ils ressemblent à de la crotte ! Je m’en fous, je continue !
Est-ce que, pour cet album, tu avais beaucoup de morceaux en réserve ? Des morceaux qui ne figureraient pas sur le disque ? Non, pas beaucoup. Trois ou quatre…
Ils risquent de voir le jour ? Non, je ne pense pas… Oh, il y a peut-être des bouts de texte que je réutiliserai… Ca m’arrive sans doute, souvent, inconsciemment et des mots vont me revenir… Les idées sont toujours là, elles ne manquent pas… Je n’ai pas de problème pour ça. Tout seul, je peux écrire très très vite. Je ne dis pas que c’est mieux, hein, mais je peux écrire très vite…
Je sais ! D’ailleurs, dans les textes que tu dis avoir vite expédiés, il y a des morceaux comme « La ville » qui sont de grands morceaux… Enfin, de mon point de vue… Ben, merci, c’est gentil, mais tu imagines que je ne peux rien dire là-dessus… (il sourit – Ndlr)
Pour la suite, tu l’envisages obligatoirement avec Frederic Lo ou tu as d’autres idées ? Pour le moment, Frederic et moi, on a envie de faire au moins un autre disque ensemble. On ne s’est pas posé la question de savoir si on en ferait encore d’autres, après… Mais on veut en faire encore un autre ensemble, donc, voilà, on va le faire. Et puis, plus tard, on verra. Forcément, il y aura un moment où je ferai un disque seul : auteur-compositeur et… à la « Nebraska », quoi ! (« Nebraska » est sans doute un des plus beaux disques de Bruce Springsteen, disque particulièrement nu et intense – Ndlr). Mais ce n’est pas encore le moment, quoi !
Comme Dominique A, tu fais partie des personnes qui avaient écrit pour le dernier Bashung mais qui ont vu finalement leurs chansons refusées… Oui, il ne l’a pas gardée…
Tu sais ce qui ne lui convenait pas ? Oui mais c’est un truc un peu personnel… Je veux dire, c’est rien de méchant par rapport à moi, pas du tout, mais c’est un truc que je sais et que je préfère ne pas divulguer…
Ok ! Tu me parlais du fait qu’on allait voir des gens vivre le rock’n’roll jusqu’à leur dernier souffle, ça te fait quel effet de voir Manœuvre ou Lio à la Nouvelle Star ? Ben, Lio, de toute façon, c’est une connasse alors ça ne me fait rien et puis, je n’ai jamais vu la Nouvelle Star, de toute façon. Mais, Philippe Manœuvre… J’aime Philippe alors comme je suis plein de mauvaise foi, je dirais qu’il a raison de le faire ! Voilà, je te dis ça comme ça : quand j’aime quelqu’un, il a raison ! Si c’est quelqu’un que j’aime pas, il a tort ! Donc, je ne sais pas… Il fait ça, il fait ça, c’est… Mais je le connais un peu, et toi aussi je pense, et quand tu le connais, c’est normal… Et puis, si il peut aider à ce que ce soit un peu plus rock, c’est bien. Si ça peut aider des groupes à se faire connaître, c’est bien aussi. C’est toujours mieux que ce que doit aimer Sinclair ou Manoukian…
Quand tu écris pour des gens de la Star Ac’ (il me coupe –Ndlr) Attends, je l’ai fait une fois ! J’ai écrit pour Thierry Amiel ! Je ne sais même pas si c’est la Star Ac’ ou Pop Stars…
Il y a aussi Elodie Frégé, non ? J’ai jamais fait un truc pour Elodie Frégé !
Ah ? Je croyais… Mais t’es le deuxième à me dire ça ! Je ne sais pas pourquoi…
J’ai lu ça quelque part mais je t’avoue que je ne suis pas allé vérifier ! Ouais, j’imagine qu’elle a du en parler. Pourtant, tu vois, je ne me rappelle même pas qu’on m’ait demandé quelque chose pour elle… Peut-être… C’est possible qu’on m’ait demandé… Mais, pour revenir à Thierry Amiel, c’était François Delabrière, qui avait mixé « Crève Cœur » et qui a aussi mixé « Amours Suprêmes » - un mec que j’aime beaucoup - qui m’a demandé de faire ça. Je ne savais pas qui c’était, Thierry Amiel, puisque je n’ai plus de télé mais j’ai lu des interviews de ce mec et il m’a semblé intelligent. Et puis j’ai entendu sa voix et j’ai trouvé que ça allait. J’ai fait un truc et on me l’a renvoyé en me disant « Ouais, c’est super mais Thierry, il a vingt ans, et ce que tu as écrit c’est un peu… peut-être pas – ce serait méchant - « profond » mais en tout cas ça ne peut pas être ressenti par un mec de cet âge-là ! ». Parce qu’il n’est pas con du tout… Donc, j’ai refais un autre truc, ça leur a plu et ça m’a payé un tatouage. Et puis, j’ai fait Alizée, qui ne me semble pas con du tout non plus. Comme ça, je me suis pris pour Gainsbourg avec France Gall pendant 5 minutes… C’est surtout ça ! J’ai fait Marc Lavoine, qui est un mec intelligent aussi et vraiment très gentil. Et, tu sais, à chaque fois, je me fais chier à faire en sorte que les textes aillent avec les gens. Oh, c’est chiant, de toute façon, dans ce métier : avec le temps, tu connais tout le monde et tu ne peux plus dire de mal !
C’est vrai qu’il y a quelques années, je trouve que tu avais la dent un peu plus dure ! Nan, mais je peux toujours dire que Biolay est… gentil ! (rires)
C’est vraiment méchant, ça, Daniel ! (rires) Que Jean-Louis Murat est… (il cherche – Ndlr) Le jour où il aura arrêté de croire que c’est rock’n’roll de dire du mal de tout, il sera « gentil » aussi… Tout le monde est gentil, en France ! Franchement ! J’aime bien Berry, qui fait notre première partie ! J’aime bien Keren Ann, j’aime bien cette meuf… J’aime bien Miossec… J’aime bien Azyl, aussi !
Je crois que je m’en rappelle ! Pour revenir à toi, il y a ce bouquin de Mikaïloff, « Cherchez Le Garçon », qui est sorti récemment, tu en penses quoi ? J’aime bien !
Tu l’as lu ? Oui ! Il y a une grosse merde qui est sortie en même temps, où tout est faux – ou alors il y a un autre Daniel Darc, qui me ressemble, et qui jouait dans un groupe qui s’appelait Taxi Girl – et qui est une grosse merde mal écrite. C’est n’importe quoi ! Et le livre de Mikaïloff me semble bien écrit et j’aime bien ce mec. Je trouve qu’il écrit pas mal et que c’est la vérité qu’il raconte. Ca me semble au moins « une » vérité car, évidemment, ce n’est jamais « la » vérité ! Et c’est « une » vérité qui me semble assez correcte.
Je trouve que ce qui est fort, dans le livre, c’est de mettre à jour le fait que ce groupe a été très vite – et constamment - à deux doigts de se séparer, les membres souvent mal à l’aise pour assumer la musique qui était faite, etc. Est-ce que c’est « cette » vérité que tu voulais voir exprimer ? Parce que, à part par toi-même, c’est une vérité qui n’a pas tellement été relayée… Oui, moi, j’ai toujours dit ça… Je trouve que c’est la vérité. Il y a quelques années, il y a dix ans, je ne sais pas, j’aurais bien aimé dire du mal de Taxi Girl et j’ai dû le faire, d’ailleurs… Maintenant, je suis en paix avec ça. Je suis content pour Mirwais, sincèrement. Laurent (Laurent Sinclair, le clavièriste –Ndlr) recommence à faire de la musique et je suis très très content et j’espère pouvoir l’aider. Je regrette juste que Pierre soit mort (Pierre Wolfsohn, batteur, mort d’une overdose, en 1981 – Ndlr).
Tu as vu le courrier qu’Alexis Quinlin a fait passer dans Rock’n’Folk ? (Alexis Quinlin, personnage assez mythomane et manager de Taxi Girl – quelque part entre le Colonel Parker et Malcolm Mc Laren - qui, après avoir escroqué le groupe est parti aux USA, en 87, escroquer des stars hollywoodiennes – dans les 4 millions de dollars - en se faisant passer entre autres pour le photographe Jean-Baptsite Mondino. Il est rattrapé par le FBI en 2006 et purge depuis une peine de prison là-bas – Ndlr) Oui ! Je suis « un dur en carton-pâte » ! Attends ! Il sort en 2012, non ? En 2012, on verra le diamètre de son trou du cul ! (rires)
J’imagine que tu dois toujours autant te foutre de questions « essentielles » comme l’avenir de l’industrie du disque mais, à ce que tu sais, est-ce que ton prochain disque risque de sortir en magasin ou sera seulement disponible en téléchargement, comme on en parle? Je ne sais pas… Je suivrai le mouvement… Pour moi, de toute façon, la mort du disque, c’est quand le CD est arrivé !
Tu es toujours Remington et Vinyle ? Non ! Je ne collectionne pas… Mes vinyles, je les donne… A mes potes… J’ai rien chez moi… Je balance tout ! Bon, j’ai des CD parce que j’écoute de la musique mais je ne suis pas du genre à acheter un vinyle plutôt qu’un CD. J’en ai rien à battre, de ça ! Je m’en fous des trucs de collection et de machins… Pour moi, c’est le contraire du rock. Les mecs qui ont la collection complète de Uncut, NME ou Q chez eux, qu’est-ce que j’en ai à foutre ? J’en ai rien à branler. Moi, je vis comme ça. C’est comme ça. Il y a des mecs qui ont besoin de photos de moi et bien moi, je me mate dans le miroir, tu vois ! (rires) Bon, c’est prétentieux, excuse-moi, hein ! Je m’en fous de tout ça !
Quel rapport tu as, avec ton public, justement… Les gens qui viennent te voir après les concerts ou que tu croises dans la rue. Tu as été transformé en mythe vivant, entre les deux disques ! (il se marre) Ouais ! « Je suis une légende ! » (il fait référence à la une que Rock’n’folk lui a consacrée, qui portait ce titre – Ndlr)
Elle est terrible, cette une ! En plus, il n’y a aucun moment, dans l’interview où tu dis « Je suis une légende » ! (rires) Ouais, ça m’a éclaté ! Même si, à cause de la une, on a l’impression que j’ai dit ça et ça fait un peu con ! Mais, bon, j’accepte… Pour te répondre, je trouve que j’ai un public qui est intelligent. Je crois que j’ai des « collègues » qui sont moins gâtés…
On finit avec une question chiante : est-ce que tu crois que le Daniel Rozoum de 1978 irait voir le Daniel Darc de 2008 en concert ? (silence) Je t’avais prévenu ! Elle est compliquée ! (longue réflexion) Ask my manager ! Je ne sais pas… Peut-être que le Daniel Darc de 2008 irait voir le Daniel Rozoum de 1978, plutôt ! Non ?
Ca peut être une bonne réponse !
Interview le 30 avril 08 Par Lionel Delamotte A L’Olympic, Nantes extrait du Vol 12 des Hommes du président
Daniel Darc « Amours Suprèmes » (Universal) Pierre Mikaïloff « Cherchez le garçon » (Scali)
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Wednesday, October 29, 2008
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FRANCOIZ BREUT - À l’Aveuglette – T Rec
Trois ans après Une Saison Volée, Françoiz Breut nous propose d’entrer À l’Aveuglette dans son vestibule où les mots se déploient, trébuchent, et s’entrechoquent habilement. C’est un autre tournant qu’elle emprunte cette fois-ci, laissant, une fois n’est pas coutume, ses compères, pour une virée intimiste. On chemine à travers sa quête un carnet de bord à la main, on croise en pointillés des instants étourdissants. On rencontre des lieux où l’on s’égare sans effort, nous mouvant dans des décors qui se cousent au fil des idées. Cet album nous mène parfois à nous croire protagonistes tant il est empreint d’authenticité, de moments imagés et palpables qui nous transposent dans sa chevauchée tonitruante. Tantôt l’on traverse Les Jeunes Pousses à crue, tantôt l’on circule vers Dunkerque en auto, tout cela mené sur des rythmes qui trottent en tête comme à l’ habitude de la Dame Breut. Les ponctuations, interludes, suivent la même veine que les précédents opus et nous installent dans une ambiance à chaque fois particulière. Retour en Terres connues avec une collaboration nantaise, les MANSFIELD TYA., qui, après leur reprise de En Secret s’accorde cette fois-ci avec l’égérie de Dominique A. Véritable petite fabrique que ce quatrième album, où toutes les petites mains peuvent tisser leur propre road-movie, sans oublier les « palmas » cela va sans dire! Un nouvel horizon se profile sous notre nez et on laisse filer la route jusqu’à la renverse. Sortie le 3 novembre. (www.myspace.com/francoizbreut) (www.myspace.com/trecfrance) (www.myspace.om/mansfieldtya) Ka /
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Thursday, October 09, 2008
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pour les 1 an de l'association PAN PAN VILAIN BOUC et la naissance de ANTI-DJEMBE PROD:
le mardi 18 novembre au Ferrailleur à Nantes à 20h
64 Dollar Question ( emo rock de Caen) www.myspace.com/64dollarquestion
La parade (one man band de Gâtechien) www.myspace.com/laparadehommeorchestre
Après Mode (Noise de Nantes) www.myspace.com/apresmodes
+ 1 groupe surprise
aux tarifs 6€ / 4€ adhérents PPVB
www.myspace.com/panpanvilainbouc
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Saturday, September 27, 2008
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Renegade - The Gospel according to Mark E. Smith - Penguin/Vikings :
Il est des livres qui flattent l’oreille plus qu’un disque. Il est des songwriters qui sont des écrivains qui s’ignorent. C’est le cas avec « Renegade – The Gospel according to Mark E.Smith » soit la biographie de l’énigmatique leader de THE FALL. Quelque part entre le journal intime et l’exercice du commentaire acerbe de ses contemporains et de la société qui nous entoure, les pages de « Renegade » donnent l’impression de passer une soirée en compagnie de Mark E. Smith, ce qui revient à descendre quelques pintes, avoir du bon temps… et tirer sur tout ce qui bouge ! D’ailleurs, l’intention de Mark E Smith, pour ce livre, était de donner sa version des faits et éventuellement d’apporter une autre focus sur lui et le groupe que ces histoires de Mad Mark, édenté et cuit au whisky : l’idée était de pointer tout l’humour – tragique ou jouissif – qu’il déploie à la scène comme à la ville et qui est souvent sous-estimé dans THE FALL. Pas de diplomatie ici, les prétendus héros de la working class en prennent pour leur grade, de John Lennon aux frères Gallagher en passant par Joe Strummer et, à l’inverse, quelques éclopés, perdus dans les poubelles de l’Histoire du rock, ont droit à l’accolade, notamment des figures glam-rock comme Alvin Stardust ou Gary Glitter. Vous en connaissez beaucoup, vous, des gens qui défendraient Glitter, surtout après ses condamnations pour pédophilie ? Mais je suis d’accord, Glitter vaut mieux que les Pistols qui, si on fait exception des lyrics, a un son d’une vulgarité prétentieuse plus proche du heavy metal que de l’esthétique punk ! Personnage iconoclaste, le leader Maximo de THE FALL n’est pas économe de théories surprenante, qu’il s’agisse d’expliquer qu’il fait partie des « 3% de la population qui prennent du speed pour se relaxer », qu’il a « commencé à fumer à 16 ans car on n’en a pas besoin avant cet âge-là » mais qu’il a pris ses « premiers acides à 15 ans », que « les femmes qui carburent au vin rouge se révèlent toujours être maniaco-dépressives », que, à l’époque où il vivait avec une infirmière psychiatrique, il emmenait certains patients au Pub (« je leur ai fait plus de bien que toute l’équipe médicale en 3 mois ! ») ou que, contrairement à ce qu’il se passe dans les autres groupes, il se faisait beaucoup plus de nanas avant de démarrer THE FALL, lorsqu’il bossait sur les docks de Manchester. Souvent hilarant, Mark E Smith se dévoile un peu au détour des pages, avouant que le personnage de caractériel violent parfois décrit dans la presse et aussi et surtout une protection pour lui : ça éloigne les cons ! On t’aime, Mark ! Lionel Delamotte
Fanzine JOKER IN THE PACK Vol 2 :
A5 photocopié noir et blanc, 44 pages, mise en page brut mais claire en provenance de Tours. Si le sommaire est majoritairement hardcore (interview de JUST WENT BLACK, BORN FROM PAIN, BURNING HEADS, COME DANCING Records…) on ressent, et ils le disent, l’envie de partager et de parler musique avec un grand « M » et de parler tout court ! On y trouvera aussi des news, un début de dossier sur le cinéma fantastique ainsi que des chroniques de films, un report sur Newcastle, une colonne « coup de gueule »… et puis le classique du zine sur la zic, des chroniques de disques et de concerts. Bonus, un CD tribute au groupe WARZONE (sur Eternalis Records). 1€, www.myspace.com/jokerinthepackzine, jokerinthepack@hotmail.fr, Joker In The Pack 9 rue Fromont 37000 Tours. Rafff
Fanzine APPLE JACK Vol 4 :
A5 photocopié noir et blanc, 24 pages, montage « roi » à grands coups de ciseaux et de colle, en provenance de la banlieue bordelaise. On l’aime ce zine pour ce mélange de mots (chroniques, interviews, poèmes, shorts stories, citations…) et d ‘image (photos, dessins, collages…) pour un ensemble « arty » sans le côté péjoratif du terme. Ici aussi on sent la sincérité et l’amusement dans la réalisation. Basé sur le folk, l’anti folk, tout ce qui est lo-fi (au sommaire : ÜBERAFFE, EDAM EDAM, DOGBOWL, THE WAVE PICTURES, THOMAS PATRICK MAGUIRE…) APPLE JACK appuie sur « record » en nous proposant, toujours dans sa formule « gratuite » pour le lecteur, le vol 1 des APPLE JACK COLLABORATIONS en ce split 6 titres des ÜBERAFFE et des EDAM EDAM ! Une édition limitée à 100 exemplaires alors dépêchez vous ! www.myspace.com/dearapplejack, applejack@hotmail.fr, E.A.R 61 rue Pierre Renaudel 33130 Bègles. Rafff
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Saturday, September 27, 2008
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APRÈS MODE – 1976, L’enfer Avance et ça Ne Dure Pas – Nagaï Music :
Ca fait plaisir de retrouver les deux CAR CRASH Guillaume (chant-guitare) et Claudio (basse) bien connus de part chez nous (presque 10 ans d’activité musicale, de multiples concerts, de « ruinasse tours », et deux albums vraiment à mon goût). En gaillards de la « vieille garde » qu’ils sont, ils ont su pour cette résurrection s’équiper, s’équiper de musiciens qui ne sont pas non plus des inconnus à savoir, à la batterie François des UP SKIRT et à au violon Florian des TRI BLEIZ DIE (les deux groupes précédemment cités s’étant eux aussi crashés). Oui j’ai bien parlé de cordes frottées, et c’est là la nouveauté dans le son des APRÈS MODE, c’est l’utilisation d’un violon sur tous les morceaux à la place d’une deuxième guitare (par contre les gars, il est souvent sous-mixé en concert !). Du rock « noise » avec un violon ? Une réussite je dirais. Par contre si évolution il y a, on ne peut que se rendre compte de qui sont les « boss » du groupe et reconnaître en APRÈS MODE un prolongement de CAR CRASH. Le jeu de basse plombé de Claudio ainsi que, et c’est une chose à garder, le chant, presque monocorde, en français de Guillaume sont de suite identifiables. C’est ce chant justement qui fera souvent la part entre ceux qui aiment leur musique ou pas. Je vote pour en ajoutant que là aussi c’est une réussite. Au niveau des compos me direz-vous, et bien j’ai envie de dire qu’elles n’ont jamais été aussi variées, avec, et c’est le plus important, aucune véritable faiblesse sur les 10 titres ici présentés. Des riffs accrocheurs qui restent en tête, c’est surtout cela qui fait le lien entre les chansons. Au final on peut dire que APRÈS MODE s’installe dans une non-époque avec son croisement de Noise réfléchie (ça envoie mais ici pas de furie adolescente, tout semble calculé), des paroles en français qui ne parlent ni de bières ni de filles ni de politique et qui n’ont rien à envier à celles en anglais, ses envolées « post-rockiennes » (le titre Car Crash VIII – quand je vous parlait de prolongement !), ses mélodies et format qui peuvent sur certains titres friser l’approche « pop »… C’est tout ça qui fait « leur son » et, qui je pense, les fera durer. (www.myspace.com/apresmodes) Rafff /
LUKESTAR – Lake Toba – RMA Records :
Oh Bons dieux quelle voix aiguë (BAND OF HORSES en plus féminin) ! Après avoir écouté du POSSESSED c’est rude, j’aurais dû me mettre du MÖTLEY CRÜE au réveil avant de placer ce Lake Toba, mais je ne pouvais pas savoir d’avance à quoi ressemblerais la musique de ces 5 norvégiens à moustaches – 1 (si ce n’est que ce ne serait du Black Metal). Et bien ce sera une « indie-pop » étincelante qui me caressera les oreilles ce matin. Le son clair des guitares avec cette reverb’ ambiante et leur jeu aéré fait parcourir une brise d’air dans mon saloon. Ouais c’est super frais et même reposant – pour qui les voix hautement perchées ne sont pas un frein à l’écoute. Et le temps que j’entreferme les yeux, tels les MONOCHROME, en gardant l’aspect ultra-mélodique, ils envoient leurs guitares légèrement saturées sur un rythme plus poussé. Oui ils ne veulent pas que leur album soit prétexte à s’endormir alors ils font rebondir leurs chansons, laissent de la place aux guitares et la batterie appuyer le rythme pour les accompagner. De chouettes compositions en gros, celles qui ne vous rendent pas violent – pas comme POSSESSED – et qui vous permettent d’attaquer la journée de bonne humeur, jusqu’à réaliser le footing que vous aviez prévu de faire, si tu avais prévu d’en faire un parce que c’est bon pour la santé (oula, heureusement que je n’avais pas prévu d’en faire un ce matin – ni hier ni demain en fait). (www.myspace.com/lukestar) Rafff /
US CHRISTMAS - Eat the low dogs - Neurot Recordings:
Avec un nom pareil, on pourrait croire que les six gaillards de Caroline du Nord se positionnent pour être les lauréats de la sélection Télérama de Noël comme « le cadeau idéal des fans de Neurot. » Malheureusement non, il s’agit simplement d’une obscure référence à un film du roi du western Sam Peckinpah, d’une part, et Télérama ne chroniquera jamais US CHRISTMAS, d’autre part. A l’image du réalisateur américain, les six ruraux proposent un troisième album composé d’ambiances toujours violentes, difficiles d’accès, et malsaines. Les guitares usent des pédales « flanger » et de la reverb’, tandis que la basse et la batterie apportent une très solide rythmique et que l’ajout d’un clavier et du theremin finalise l’ambiance sonore de science-fiction. Ce mélange étrangement psychédélique est complété par une voix maladive et certainement dépressive. Quant à la construction des morceaux, elle reproduit, sur chacune des 9 pistes, l’ordre classique du début dans l’accalmie, l’installation du décor par les nombreux effets et le bouquet final par la superposition de tous les instruments. Les 9 pistes se ressemblent donc étrangement, mais ce disque reste une belle réussite car les musiciens ont trouvé dans les Montagnes de Caroline du Nord, une inspiration que l’on ne pouvait en aucun cas soupçonner. Bénéficiant enfin, au bout de leur troisième album (le premier est signé sur Nomass et le second sur le label Russe R.A.I.G.) d’une véritable diffusion via le label de Scott Kelly, US CHRISTMAS devient sans nul doute une valeur importante des nouveaux contemplatifs du rock. (www.myspace.com/uschristmas) Tod /
ALELA DIANE - The Pirate's Gospel - Fargo :
Les filles folk sont à la mode. C'est normal (les disques sont bons), largement mérité, mais un petit peu fatiguant tout de même, car on ne sait plus trop où donner de la tête, on ne sait plus trop qui est qui, on se retrouve à confondre EMILY JANE WHITE et TARA JANE O'NEIL, ce genre de choses. Heureusement pour nous, ALELA DIANE a débarqué, un premier album empli de trésors sous le bras, où l'on croisera entre autres son père (à l'enregistrement), des cousins (de 5 et 8 ans!) ou bien encore Mariee Sioux aux choeurs. Derrière l'apparente aridité des motifs de picking répétitifs, mais très bien vus, se cachent des chansons d'une infinie richesse, d'une beauté désarmante, ensorcelante, immédiate, qui doivent beaucoup à la voix chaude et généreuse de la demoiselle, à l'image des magnifiques The Pirate's Gospel ou Oh! My Mama. Profondément ancré dans le sol américain, cet album bat grâce à Fargo pavillon français, et s'il a bien marché en France (et ça continue), ALELA DIANE est quasiment inconnue dans son pays. Tant pis pour eux. T. /
SHINING - V Halmstad - Osmose Productions :
C’est bien l’ex-suicidé Niklas Kvarforth, qui s’est présenté au public Clissonnais avec son nouveau bassiste (« a very beautiful boy ») et ses musiciens pour nous amener le son d’Halmstad, petite bourgade Suédoise où réside entre deux fugues, le chanteur de SHINING. Présenté par son leader, comme un album plus « gay et black metal », V-Halmstad, est pourtant dévoilé sur scène avec de longues plages instrumentales très lentes à la limite du soporifique. Notre rouge-gorge, ensanglanté jusqu’aux genoux, pousse ainsi à l’extrême, le dépressif en continuant de se tailladé les bras sur scène et en gesticulant comme une marionnette que l’on éventre. Selon ses dires, SHINING est désormais un « vrai groupe où les musiciens prennent part à l’écriture à hauteur de 50% ». Notre petit chaperon affirme aussi « fumer beaucoup de joints. Ce qui détruit ma vie ». À défaut, d’être sérieusement sincère dans ses premières réponses, on pourra par contre le croire lorsqu’il affirme qu’il déteste les festivals et qu’ils nous « Fuck ». A ce stade, bien dommage, que Saint-Guignol se voit emparé de son corps et détienne son marketing business car les disques du groupe sont pourtant particulièrement efficace. Tod /
1=0 - Sec - Kitchen Music :
Attention, OSNI. Je suis souvent déçu, et légèrement ennuyé, a des rares exceptions près, par les groupes hardcore français, souvent trop bavards, ou trop matheux, donc chiants, ou bien trop répétitifs, voire même répétiteurs. Et là, je dois avouer que ce disque m'a pété à la tronche. Pas très éloigné de la famille DIABOLOGUM/PROGRAMME/MENDELSON (pour les textes et l'élocution), 1=0 fait montre d'une inventivité sonique alliée (la flûte de Sergueï!!!) à une mise en place irréprochable. Pouvoir compter sur deux chanteurs et une chanteuse aide forcément à se démarquer de la classique formule guitare/basse/batterie, mais l'originalité de ce quartette parisien réside dans cette façon brutale de vous sauter à la gorge et de ne plus vous lâcher, quitte à ne pas laisser que de bons souvenirs (certains textes un peu dérangeants... éloignez les enfants). 9 titres en 25 minutes, 1=0 a tout compris. Sec envoie sans répit (hormis une relecture de CHOKEBORE, plage plus calme), et vous laisse au bord du chemin, extenué, troublé, et finalement conquis malgré un dernier morceau moins saisissant, chanté dans un anglais peu convaincant. Sans compromis, à prendre ou à laisser. Une vraie réussite. (www.myspace.com/unegalzero) T. /
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Saturday, September 27, 2008
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JOCARI - In The Healing Hands Of Time - Les disques normal :
France, l'autre pays de l'americana. La question ne se pose plus depuis presque longtemps, certains groupes de chez nous n'ayant plus à pâlir devant les grands cousins (voire SYD MATTERS dans ce numéro...). Venu d'Auvergne, où brillent The DELANO ORCHESTRA et où déçoivent les très/trop hype et très/trop 'copycat' COCOON (SUFJAN STEVENS, anyone?), JOCARI impose avec son deuxième album un univers en clairs-obscurs résolument démarqué des influences pourtant revendiquées ( ELLIOTT SMITH, WILL OLDHAM, MARK KOZELEK). Lents, longs, poisseux et tendus, ces six morceaux (pour 45 minutes...) renvoient à ces dimanches où l'on se lève sous le soleil, ravis d'enfin pouvoir prévoir un délicieux « pic-nic », avant de devoir plier les gaules dès midi, l'orage pointant ses menaces... Magnifiquement enregistré et arrangé, joué, aussi, d'ailleurs (guitare acoustique, vibraphone, lap-steel, orgue, discrètes envolées de batterie), In The Healing Hands Of Time laisse une impression forte, durable, celle d'un groupe qui sait prendre son temps, sachant qu'au final, il aura conquis le nôtre. Une vraie beauté intemporelle. (www.Myspace.com/jocari) T. /
MOGWAI - The Hawk Is Howling - Matador :
Hormis le fadasse Happy Songs For Happy People paru en 2003, la discographie des sympathiques glaswegians n'est pas loin d'être irréprochable, si l'on excepte leur penchant pour les visuels... déconcertants. De la secousse sismique provoquée par l'immense Young Team en 1998 au majestueux Mr. Beast (2005) en passant par The Government Commissions, qui démontrait leur habileté et leur puissance de feu scénique, MOGWAI a toujours su éviter les pièges du prog-rock (autocomplaisance, boursouflures, démonstration, frime) et rester fidèle à son idée première: marier, en bons petits cousins de MY BlOODY VALENTINE et JESUS & MARY CHAIN, le bruit et la mélodie. C'est avec un peu d'inquiétude que l'on attendait ce nouvel album, précédé par un morceau absolument horrible, Batcat (où ont-ils trouvé des sons de guitare aussi dégueulasses?). La déception est de courte durée, toutefois, car à mesure qu'on entre dans ce The Hawk Is Howling, on retrouve la majesté du MOGWAI que l'on aime (le fougueux The Sun Smells Too Loud, l'hypnotique Kings Meadow). Évidemment, les fidèles ne seront pas surpris le moins du monde par ces dix nouveaux morceaux, qui, s'ils restent dans la lignée des précédents albums, possèdent ensemble une identité suffisamment forte pour qu'on ne puisse les dissocier les uns des autres. C'est sans doute alors ce qu'on appelle un album réussi, à défaut d'être révolutionnaire. T. /
THE EVATORIA REPORT – Maar – Get A Life Records :
Encore en petite merveille en provenance de Suisse, cette fois sur le créneau des musiques instrumentales tant aériennes que sous-marines. Oui il y a un énorme boulot sur le son, des cordes frottées juste au moment où il en faut, un xylophone idem, des bandes à l’envers idem, et ainsi de suite. On peut donc remercier le groupe pour tant de finesse et d’avoir mis Serge Morattel derrière les manettes - qui à parfaitement rempli sa mission. Oui le club des 5 qui sont la base de THE EVATORIA REPORT a bien su s’entourer pour, avec ce deuxième album et ses quatre pistes d’entre 10 et 20 minutes , nous offrir des horizons à la FRIENDS OF DEAN MARTINEZ, des illuminations à la PINK FLOYD sous une finition d’orfèvre à la MIGALA. MAJESTUEUX. (www.the-evatoria-report.net) Rafff /
THE GAY CORPORATION – Spit Your Anger On My Face You Are My Favourite Slave – Head Records :
Yep bienvenue dans un monde où il n’y aucune finesse, où les travers de porc sont servis en entrée-plat-dessert, où la bière est chaude, où les jeans coincées dans des ‘tiags sont tenus au cul par une ceinture à la boucle nordiste, le tout sentant fortement la friture. Ouais ce groupe c’est un peu le Texas ! Niveau « gras » je crois que les CAFé FLESH avait tenté l’expérience il y a quelque temps de cela. Ici ça suinte. A être si énervé nos lillois frisent presque avec du punk-grind par moments. Une chose dont je suis sûr et « fil rouge » tout on long de l’écoute, c’est que les gars vont avoir des problèmes avec la WWF, ils ont capturé un ours des savanes et le font bosser au chant sur ce disque !!! Rien de méchant, je prépare juste l’auditeur dès fois que cette chronique soit placée après celle de Nina Simone. Et la musique pour attirer l’ours me direz vous ? A ton avis ???? Bein il faut sortir armé, c’est tout. Ce genre d’animal fait peur à la rencontre et on ne sait pas trop comment réagir, mais après on lui trouve plein de qualités cachées. Et je suis sûr que certains vont finir par l’aimer. Prêt pour la chasse ? (www.myspace.com/thegaycorporation) Rafff /
SYD MATTERS - Ghost Days - Because Music :
De moins en moins isolé au sommet du folk français américanophile (H-BURNS, THOUSAND & BRAMIER, etc...) SYD MATTERS poursuit son bonhomme de chemin, chaque fois plus élégant, plus imposant. La bande à Jonathan Morali soutient d'ailleurs, chose rare dans l'hexagone, la comparaison avec les cousins d'Amérique. Anglais écrit et parlé irréprochable, arrangements et paroles de haut vol, bref, la classe internationale. Le grand drame de ce disque, troisième du groupe, c'est de contenir LA chanson parfaite, malheureusement placée en ouverture. Ritournelle envoûtante, Everything Else est de ces chansons qui donnent l'impression d'avoir toujours été là, transmises de père en fils depuis l'aube de l'humanité. Du coup, même si la suite de ce Ghost Days vaut largement le détour, les autres morceaux sont forcément un peu en dessous de cette pure merveille, qui vaut à elle seule l'achat de cet album. T. /
SUPERBEATNIK – No Hand Hold – Head Records :
Ah bons dieux ! Ces 4 fantastiques en provenance de Montpellier entrent par la grand porte, et même nous la claque à la gueule !!! Rock n’ Roll, garage, Noise, ils ont mouliné le truc à leur sauce - vraiment ça faisait longtemps dans le rock que je n’avais pas entendu une telle hargne accouplée à une telle intensité sans aucun moment à s’emmerder – en tirant le meilleur de la Suède (HELLACOPTERS, le premier INTERNATIONAL NOISE CONSPIRACY) et des États Unis (HELMET, JESUS LIZARD). Un disque à tuer des beatniks d’ailleurs! 9 titres emballés, ils ne marchent sur aucune plates bandes de groupes déjà établis et viennent piétiner les nôtres, celles de nos voisines et surtout celles des groupes qui auront essayé sans jamais atteindre un tel niveau d’identité ! 10/10 pour tous ceux qui aiment voir des groupes transpirer. (www.Myspace.com/superbeatnik) Raffff /
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Saturday, September 27, 2008
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GOTHOLOCAUST – Nailed To Destiny – Cyptogram Records :
« Odin mon brave Odin !» Bon je récupère une démo qui doit dater de 2005 quand ils n’étaient que trois aux fourneaux car apparemment en est sortie une autre depuis et ils sont maintenant 5 à s’atteler à la tâche. M’enfin bon, les infos sur les groupes de Black Metal c’est pas toujours évident d’avoir les bonnes ou d’en avoir tout simplement ! Idem j’ai ouï dire qu’ils étaient de Nantes… En fin bref, ils ont trois démos à leur actif, sont passés en concert au Ferrailleur à Nantes et compte bien annihiler les « goth » à grand coup de Black version « true ». DARKTHONE, MARDUK, mets ce que tu veux mais ça latte bien la gueule et les gus savent jouer. On attend avec impatience leur premier album. (www.myspace.com/gotholocaust) Rafff /
SOMBRES FÔRETS - Royaume de Glace - Sepulchral Productions :
C’était en juin, à Sidney, THE VINES raccrochait les dernières notes d’un concert endiablé ou le public scandait à tue-tête Highly Evolved. Les skaters avaient chauds, les tee-shirts NOFX n’étaient plus que chiffon sur les bancs du parc. Au même moment, de l’autre coté de la terre, à 45° 48' N 74° 1' W, Annatar, jeune prodige multi-instrumentiste explorait une forêt armé de ses habits noirs de circonstances. The Forest, c’est comme cela qu’elle s’appelait, était sombre, mélancolique, bien loin des faiblesses humaines et c’est ce que recherchait Annatar. C’était non plus en juin mais en décembre, la nuit du Solstice d’hiver, il faisait glacial et la lumière provenait de l’œil Nocturne de la lune. Ce Royaume de glace était devenu le paradis de notre jeune Annatar. C’est ici, seul face à lui-même, qu’il puisait son inspiration, qu’il écrivait des textes dépressifs, qu’il accordait sa guitare sur le mode triste, qu’il réfléchissait à des plans de batterie très noirs et bruts. C’est sur cette Cold Forgotten Earth qu’Annatar était bien. Le Québec est loin de la Norvège, c’est un fait, mais pourtant dans la tête de notre héros, les pays se touchent, les forêts du monde entier ne font qu’un pour devenir la Sombre Forêt. Celle qui nous transporte dans les méandres du désespoir, de la misanthropie aussi et dans le noir de la tristesse et du chagrin. (www.myspace.com/sombresforets9) Tod /
WHY? - Alopecia – Anticon :
Dieu sait que je n'aime pas le hip hop. Mais Dieu sait aussi que quand mes oreilles sont tombées, un jour de 2001, sur l'album/ovni de cLOUDDEAD, j'ai pris une claque qui pique encore aujourd'hui. Du coup, depuis, je suis attentivement les aventures des membres de ce collectif affilié Anticon, tous plus multi-casquettes les uns que les autres, et surtout celles de Jonathan 'Yoni' Wolf, alias WHY?. Marqué par son premier album et un peu moins par son deuxième, voilà que cet Alopecia me remet une beigne mémorable, non pas parce que je perds, moi aussi, mes cheveux, mais à cause de l'inventivité, les idées, l'originalité, la voix, le flow, et les textes improbablement magiques du bonhomme. N'ayant (pas encore) pu le voir sur scène, j'ai WWILFé longuement sur YouTube, et l'aller-retour originel s'est transformé en méchante correction. Batterie, basse, clavier, vibraphone, deux voire trois voix... Hip-Pop, qu'ils appellent ça... Six mois que ce machin tourne en boucle dans mon iPod (je tiens à rassurer les autorités: j'ai (l)également acheté le vinyle) et reste absolument indélébile, gravé sur CD-Archive, CD, DVD-Archive et disque dur externe, deux fois chaque, au cas où l'Apocalypse me laissait seul survivant sans ce monument de, oui, HIP-POP, malgré tout ce que cette appellation peut impliquer... Dieu sait que je n'aime pas les trucs en hip. Mais il doit bien rigoler quand il m'entend chanter Simeon's Dilemna' sous la douche. Play it again, Yoni. T. /
ZALEM – démo – Autoproduction :
Je commence par eux en souvenir du super concert qu’ils avaient donné avec les MOTHERTRUCKER à Nantes, et, du coup parce que je suis bien content d’avoir en main leur démo studio. Et aussi parce que le « Z » est toujours placé en dernier… Et bien bon dieux, ils s’en sortent haut les mains les angevins. 34 minutes pour 3 titres qui se tiennent de bout en bout, ils doivent faire des envieux devant une telle maîtrise de la composition dans cet environnement que l’on appelle le « post-rock ». Plus lumineux qu’un GODSPEED, plus calme qu’un RUSSIAN CIRCLES, moins métal qu’un PELICAN, eux visent l’aérien avec en commun le « sens dessus sens dessous » des ambiances, et l’on se laisse facilement aller à s’envoler avec eux. (www.myspace.com/zalem49) Rafff /
KOMANDANT COBRA - démo - Autoproduction :
Ils commencent à faire parler d’eux à force de durs taillages de route armés de leur rock tendu (de lopettes ils disent du côté d’Angoulême parce qu’ils n’ont pas de basse, et parce que selon eux il n’y a rien eu de fait de mieux que Kill ‘em All !!!!). Du rock noise donc, où les accords virils n’ont pas lieu d’êtres puisque les deux guitares sont assez fortes pour tirer de chaque note des lignes mélodiques, écorchées, mais toujours mélodiques. On appréciera le chant qui se tente tant au français qu’à l’anglais, on sera surpris devant Ange Immense aux seuls piano-voix bien différent des autres titres, mais dans tous les cas, on se dit que 5 titres (+1 remix) c’est un peu court et on attend avec impatience la suite! (www.virb.com/komandantcobra) Rafff/
PNEU – Pince Monseigneur – Head Records :
Concrètement ça part dans tous les sens et j’arrive pas trop à voir où ils veulent en venir (trouver la partie à la fois la plus compliquée et la plus crue peut-être?). Accrochez vous il n’y a pratiquement pas de « break », ça joue vite, ça tabasse dur 10 titres durant et au final on à l’impression d’assister à un long déroulement de « plans » collés les uns aux autres. Rude comme une équation à 10 inconnues. L’instrumental dans sa forme la plus sévère qui fonctionne d’avantage en concert que sur disque. (www.myspace.com/pneupneu) Rafff /
PHOSPHO - Nervous - Autoproduction : Et bien je vais vous dire, après m’être passé en boucle l’album de PNEU, tout autours me semble un peu « mou ». Il faut que je reste concentré. Bon dieu, le premier titre, Nervous, selectionné par les Inrocks en 2007, reste quand même sacrément, « mou ». Hum… Ca manque de nerf, de tension. J’espère que PNEU ne va pas me pourrir tous les disques suivants à chroniquer ! On aura sur ces 6 titres 2 qui s’écoutent agréablement sous leur rythmique dansante (Tonight et Horse « Dirty Mix ») et on s’en sortira dans l’ensemble avec une pop mignonne, faites par des musiciens qui doivent aimer BLONDIE, TELEVISION ou encore les TALKING HEADS. Mais franchement, ya pas de quoi casser trois cordes à une Telecaster. (www.myspace.com/phospho) Rafff /
MORD – Necrosodomic Abyss - Osmose Productions :
Après avoir vu à mon Espace Culturel de Kemper un album de MORD estampillé « Southern Lord Records » je ne pouvais qu’être curieux de voir sortir leur nouvel opus sur le label Osmose Productions. Est ce que ça voulait dire que le duo polonais/norvégien d’adoption avait mis des voix claires ou pire des lignes mélodiques « à la recherche du single perdu » dans ses compos ??? Quedal ouais ! Polonais un jour, polonais toujours (les Behemoth ne doivent pas être de « true polish », leur concert à Nantes puait l’american bad way of brutal music) ! 8 chansons ( on s’en branle des titres, ils nous font encore le coup d’intituler leurs chansons « Opus » suivi du numéro de la piste) pour une tuerie aux blast-beats qui vous mettent à genoux avant de vous achever. Les compos sont bonnes, efficaces, tenues de bout en bout et l’on n’a à aucun moment l’impression qu’ils se répètent grâce à une habile variation des puissances. Les deux-trois seuls ralentissements sonnent un peu comme du IMMORTAL dernière période, mais deux-trois ralentissements seulement sur un album de 37 minutes, c’est notre préférence à nous. Quand ça speed ça me rappelle mon Panzer Division Marduk d’amour. Le tout ici sonne brut, crade, écorché, haineux comme du bon black basic, mais assez bon pour pouvoir être écouté en boucle, et là, je déconne pas , ça fait toute une matinée que j’écoute ce nouvel album ! Ouais vraiment Mortel ! (www.myspace.com/666mord) Rafff /
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