
Paul von Borax a commencé la photo, il y a dix ans.
Ce qui a commencé comme un hobby s'est vite transformé en une passion. Passion pour la photo argentique d'abord puis découverte du Polaroid.
« Sans Dieu, ni maître », PvonB aime expérimenter, tester, tenter. « J'ai appris de mes échecs et pas mal du hasard. Plutôt anarchique, je ne revendique pas d'acte photographique parfait, rationnel. Je travaille beaucoup dans l'improvisation, entre construit et aléatoire. Je me fie à mon intuition et à mon plaisir de faire, et souvent aussi à mes rêves, dont beaucoup de mes photos sont issues ».
Il aime plutôt se laisser surprendre et se laisser aller à l'instant et la singularité de chaque séance. Il travaille en studio, en extérieur, dans l'appartement de ses modèles, parfois aussi dans des lieux ou conditions rock'n'roll !
Depuis le début, PvonB s'intéresse aux femmes et aux objets qui les concernent. Il recherche « une photographie de Femme » qui serait à la fois sensuelle mais respectueuse, intime mais distante, érotique mais pudique.
« Parce qu'elles m'abandonnent un moment de leur être, me l'offrent, je le choie comme un trésor et le capture précieusement pour qu'il ne soit jamais oublié . Au-delà de la plastique des femmes ce qui me touche en elles, c'est un état d'esprit. Elles sont en train de changer, d'évoluer, vers plus de liberté et j'aime suivre ce mouvement ».
Deux séries de photographies en Polaroid sont présentée aux Furieux :
« Les Polas bouillis 669 » et « Les sépias 665 »
- Comme sont titre l'indique, pour cette série, PvonB a carrément maltraité la pellicule. « Les Polas 669. Je les fais bouillir ! Damned ! Une fois la photo prise, je laisse sécher la pellicule puis je la jette quelques minutes dans une casserole d'eau bouillante, pour la réchauffer bien à cœur. La technique réside ensuite dans la manipulation de la gélatine. Parce qu'elle a reçu les colorants, elle se détache, je la récupère, la froisse, parfois elle se casse et je la couche sur du papier ». En rajoutant à l'instantané ce soupçon de manipulation, il se rapproche davantage encore de l'esprit Polaroid : unique et inédit.
- La spécificité de ses photographies en 665 est un rendu destroy et délicat à la fois, des clairs-obscurs sépias tachés de blanc. « J'aime le contraste entre la tendresse portée au sujet et la corrosion appliquée à l'objet. Techniquement, je laisse la dorsale du 665 s'en aller doucement dans le blanchiment. Je ne la lave pas, elle reste accrochée en certains endroits ». Ces traces et tâches blanches dévoilent une atmosphère chaotique et se donnent à voir comme une signature à ses photos.