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Rifffs (The) -
Moonstomp
Date de publication : 23 mai 2009 par
Vince
Contexte :
Voilà des mecs qui on commencé leur carrière à la toute fin des
70’s, puis qui ont hiberné pendant 25 ans. Ce groupe, totalement
déconnecté du microcosme ska, situation d’insulaires oblige, revient
maintenant sur le devant de la scène avec « Moonstomp », son premier
album qu’il va bientôt venir défendre sur les planches du prestigieux
Mighty Sound Festival, en République Tchèque, où chaque année se
croisent les meilleures formations ska, punk et ska-punk.
Chronique :
Dire que je n’attendais pas ce groupe serait un euphémisme. Pour
moi, The Riffs était un groupe ska 80’s et s’écrivait avec deux « f ».
Et là… c’est un groupe de ska 80’s… qui s’écrit avec trois « f ». Allez
comprendre. Donc j’ai d’abord cru que le groupe avec deux « f » faisait
son come-back et avait rajouté un « f », pour faire nouveau (un peu
comme No Sports qui revient 10 ans plus tard sous le nom de Nu Sports).
Mais non. Ces quatre-là ont eu un parcours un peu particulier, ce qui
ne les empêche pas de sortir (enfin) un premier album carrément à la
hauteur.
D’abord, ils ont des physiques de darons, il faut bien le
reconnaître. Un peu empâtés avec le temps, ils ont des faux airs de
Madness. Côté musique donc, c’est du ska. Du ska two tone mélangé avec
du ska revival. En effet, le quatuor de base s’est entouré de nombreux
musiciens additionnels, des cuivres notamment, qui leur donnent un son
à l’allemande façon early 90’s (Busters, Skaos, Blechreiz, Frits…),
donc pour moi déjà, c’est du tout bon. Évidemment, la base est proche
de celle des Specials. Mais le ska de The Rifffs est « uptempo », très
rapide, très syncopé, le contretemps est hyper marqué, très rock
finalement, presque destroy. Les puristes qui ne supportent que le
rocksteady vont fuir en courant. Car le groupe n’hésite pas à citer la
première vague punk dans ses influences et on sent que celle-ci est
venue pervertir une musique à l’origine venue des îles, mais qui là
pour le coup, sonne très européenne.
Les très bons titres speed, énergiques, se succèdent avec succès, de « Life Of Crime », à la superbe « Monday Morning », on pense à The Liptones, à Mr Review, en passant par « Things We Do For Money », « The Killer » et « Jack The Ripper », tous cuivres en avant, avec toujours cette rythmique tac tac tac, régulière, carrée, qui fait mouche.
Quelques chansons viennent un peu ralentir la machine, comme « Dance Music For The 80’s Depression »,
issue de leur première partie de carrière, avec un vrai côté vintage
années 80 à la limite de l’influence new-wave. Mais aussi « Champagne Charlie’s Ghost »,
à la fois pop et sombre, qui évoque aussi bien le « Ghost Town » des
Specials que certaines chansons de The Hotknives. Et puis il y a « Union Star »,
excellent titre mid-tempo, parfaitement chanté, magnifiquement arrangé,
même si je sens déjà les ayatollahs du ska dire que tout cela est « un brin basique voire caricatural ».
Moi je dis qu’un peu de basique de temps en temps, c’est bien parce que
ça remet les idées en place. On pourra aussi critiquer le fait que le
groupe se serve de « Moonstomp », la
chanson, comme d’une sorte de single alors qu’après plusieurs écoutes,
elle est plutôt de celles qui s’essoufflent. Contrairement à « Smoke On The Water ».
Car oui, les quatre Maltais osent affronter le monument interplanétaire
de Deep Purple, et ils le font avec le même brio que leurs compatriotes
de Smoke Like A Fish (ghost track sur leur premier album) dans une version un peu différente mais tout aussi apocalyptique.
Alors c’est vrai, c’est pas très fin, on dirait que Godzilla est
entré dans le stomp avec King Kong et Gamera, on sent la terre qui
tremble, mais bordel de bordel, qu’est ce que c’est bon !
Biographie du groupe