Interview croisée :
Air Bacon & Hôpital et Charité.
Samedi 28 Mars. 22 heures 39.
Montpellier. Salle de concert de la T.A.F.
Quelque part entre un entrepôt de peintures chimiques et un champ de navets en friches.
C’est à cette heure (selon mes souvenirs
enhoublonnés) que débute le show d’Air Bacon, groupe de RocK avec un
grand « R » et un grand « K », cela n’est point commun, c’est normal,
ça fait plaisir. Et là c’est une belle gifle qui vous arrive en travers
du visage. Un son propre sachant se montrer rageur, des riffs
capitonnés à la fusion en tout genre, le charisme évident d’un chanteur
possédé, d’un guitariste jouissant et jouissif, finalement 4 gars
totalement dans leur set, qui nous font partager leur musique, leur
humour, leurs émotions et même leurs bières. Le Top.
Suite à cette brave tarte musicale, je
sais plus trop quelle heure il l’est. Mais soudain, j’eusse à peine le
temps de me retourner que surgissent les 2 MC du Crew Hôpital et
Charité. Et Pan ! Le revers de la gifle. Autre style, autre ambiance
mais toujours autant de fraîcheur. Les deux chanteurs hip-hop qui
prônent le je m’en foutisme n’ont beau avoir aucune formation, aucune
prétention selon eux, il en reste qu’ils ont une véritable présence sur
scène. Ils se jettent dans le public, partagent leurs joies et leurs
odeurs. Le sourire aux lèvres ; les paroles fusent, crades, absurdes,
vicelardes, efficaces, graveleuses, marrantes. Franchement : on se
régale.
Dimanche 29 Mars. 2 heures 00.
Loge artistes. Cubi de vin rouge
à porté de mains et 17 personnes qui se fendent la gueule autour :
L’interview piège peut débuter.
(Dans
un souci de retranscrire au mieux les conditions de l’interview, vous
trouverez en Italiques les didascalies indicatives de l’humeur et du
comportement du public présent dans la loge)
SCÈNE 1 : (Rire divers et varié)
« Les gars, d’abord bravo pour ce concert. Une première question me brûle les lèvres. De qui vous foutez-vous ? »
H & P : « De nous-même, ou plutôt l’un de l’autre, c’est mutuel. »
Air Bacon : « De
toi, de ton journal… On s’est auto-foutu de notre gueule aussi, sachant
qu’on a l’habitude d’organiser des concerts qui ramènent 30 personnes.
Ben c’est le cas encore ce soir. »
« Qu’avez-vous pensé de l’accueil Montpelliérain, la salle, le public. La ville vous parle t-elle (… La question foireuse…) ? »
H & P : « le public était cool, la ville…Euh…Elle nous ne parle pas plus qu’une autre. »
Air Bacon : « pareil. »
SCÈNE 2 : (sous le joug des plaisanteries en chaînes, le pseudo journaliste perd un peu sesmoyens)
« Oui, bon c’est vrai que j’improvise un peu là… »
H & P : « ah merde on n’avait pas remarqué…(Fous rires) »
Air Bacon : (Fous rires)
SCÈNE 3 : (tentant de reprendre le dessus sans succès)
« J’avoue que c’est compliqué
pour moi, je suis un peu éméché, je voudrais juste éviter les questions
bateau style : quelles sont vos influences ? »
H & P : « ça va être compliqué vu ton état »
Air Bacon : (Fous rires)
Public : (Fous rires)
« Sérieusement, ce fût une soirée hétéroclite, qu’est ce que ce mot vous évoque ? »
Air Bacon :« une boîte automatique de voiture »
H & P : « moi ça me fait pensé à une clé à molette, d’ailleurs est-ce qu’il reste du vin ? »
« Justement. Selon vous, reste-il du vin ? »
Air Bacon et H & P :« oui »
SCÈNE 4 : (Fous
rires divers et variés, le pseudo assistant du journaliste est beurré a
souhait, bref rien ne va plus mais c’est bientôt la fin)
« Hôpital et charité, Air Bacon, des chansons à texte, vous revendiquez ce côté foutage de gueule ? »
H & P :
« complet, c’est une farce, une escroquerie, à la base, on faisait ça
pour se marrer à 4 heures du mat’ déchiré. Un jour on a fait un
concert, çà nous a plu et depuis on continue. »
Air Bacon : « nous au début, on faisait de l’électro-punk, ça n’a pas plu, on s’est donc mis à faire du rock. »
« Ok, un dernier mot ? »
H & P : « tapin »
Air Bacon : « Ballon de Hand »