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Sunday, February 17, 2008
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Current mood:  curious
Je n'aime pas les grands cafés, ceux où il y a tellement de monde qu'on ne voit personne, ceux où les serveurs n'ont pas le temps de nous regarder mais seulement de prendre commande.
Alors que dans les petits bistrots, on rencontre l'autre, on le reagarde vivre même l'espace de quelques secondes. On a le temps d'être là. Parce que moins nombreux, dans un lieu plus petit, ça se verrait si on était pas complètement là.
D'ailleurs, quand j'écris dans un grand café, personne ne me voit jamais l'observer sauf s'il a envie de me séduire. Alors que dans un petit bistrot, je dois toiser discrètemement, faire mine de faire autre chose. Souvent, on me surprend, on me jette un regard insistant, parfois méfiant, parfois bienveillant.
La vie des autres, c'est un morcellement d'humanité que j'ai envie de collecter, de garder intact. Ces morceaux d'humanité, c'est un peu plus d'humanité en moi. Un simple regard franc, droit dans les yeux pour dire à l'autre : je te reconnais comme un autre-moi et non simplement comme un serveur, la femme du guichet, un éducateur, un policier.
Tu es un bout d'humanité hors de moi qui peut entrer dans moi. C'est ça regarder les autres vivre, les reconnaitre dans leur humanité.
Alors tanpis, aujourd'hui c'est un grand café, essayons tout de même de les regarder, de les voir avec intention, d'aprivoiser leur espace...
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Wednesday, January 23, 2008
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Current mood:  thirsty
Tu as fait du vent autour de moi,
Si loin de ta vie m'a envolée
Tellement puissant il était.
Trouble aérien, as-tu fait ta loi?
Quiétude m'a réhabitée,
Si vite que que je m'en suis enjoué.
Histoire, laisse tes souvenirs,
Mets nous en scène deux âmes pleines
Emplies de vie, "Voici l'arène!"
Montre voir ces joies sans avenir!
Mais nous n'étions pas sur une scène,
Nuls pleurs violents, nulle âme en haine.
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Tuesday, January 08, 2008
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Current mood:  vehement
Jolie poupée, grave ta pensée,
Imprime mon pouvoir, qu'il devienne ton vouloir,
Souries, rouge-à-lèvre toi, parade-toi de ma possession
Et oublies toi à travers moi : ta solution
Pas question de soumission, seulement de faire de moi ton devoir,
Et de te convaincre que ce que je fais de toi, tu l'as toujours rêvé,
Soumets toi à ma tentation et délivres toi de ton mal,
A moi.
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Friday, January 04, 2008
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Current mood:  tired
Category: Writing and Poetry
J'ai le bourdon. Tous les ans, c'est la même chose. Tout le monde se réjouit en famille, goûte 1000 mets fins et abondants, réveillonne et moi, je suis seul.
Je bosse toujours ces soirs-là. ça m'arrange, ça m'évite de penser au vide de ma vie. Personne ne m'attend. Je suis plutôt aprécié mais personne ne me connait vraiment. "Bonjour! Bonjour! Je suis content de vous voir!...". Peut-être mais comment je vais, comment je vis, ça, tout le monde s'en moque.
J'ai eu envie de lâcher tout un jour, de mettre fin mais qui le croirait? Est-ce que quelque chose changerait dans le déroulement du monde? Les gens continueraient à s'agoter, à manger, à boire, à travailler, à aller aux commodités même, à vivre en fait!... Et même tout ces bonjours, en quelques semaines tout au plus, on oublierait à qui on les disait.
Personne ne se rendrait compte de rien : qui irait dire, me trouvant en pyjama dans mon lit "on va le regretter". Imaginez donc deux secondes, l'esprit que je suis n'a pas besoin de moi pour vivre. Qui croierait ou dirait cela : le père-noël, ce jour, s'est suicidé.
Cette année, c'est mon tout de m'offrir un cadeau : je vais me donner la mort.
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Thursday, November 22, 2007
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Current mood:  touched
Recto
« Je t'aime ». Je sais, c'est banal, presque anodin. Trois petits mots qui ont un sens devenu à la limite du commun.
On préfère les non-dits en ce domaine si l'on veut être original, anticonformiste et pourtant c'est bien cette phrase-là qui veut dire ce que je ressens pour toi. Je ne les dis pas comme ça ces mots, je les dis parce que c'est toi, parce que c'est moi, parce que ce qu'on a vécu tout les deux, c'est un monde entier que je n'ai pas envie d'engouffrer.
J'aimerais remplir notre histoire de naphtaline, l'empailler pour qu'il reste un fossile, une empreinte, simplement pour que je me dise que je n'ai pas rêvé, que tu étais bien là, près de moi, heureux, paisible…
Pas assez apparemment…
Comment as-tu pu partir malgré tout cet amour que je te porte ? Etait-ce trop ? Aurais-tu manqué d'ambition pour nous ?
Je suis une parenthèse, une bulle d'oxygène quand on sort d'une longue apnée. Le but est de prolonger l'apnée au maximum, pourquoi ne pas fuir l'oxygène ?
L'oxygène, c'est vital je crois mais on veut tous jouer à Dieu et croire que l'on peut s'en passer.
Moi, je suis humaine, rien de plus humain que moi. Je ne suis pas armée pour le quotidien. Moi, c'est l'air d'en haut que je veux respirer, celui de l'ivresse… Et ça, ça fait peur.
Je vais ouvrir un cimetière, celui des cadavres des amours morts de la peur des hommes.
J'ai déjà plein de corps déchiquetés qui n'avaient pas eu le temps de se former : des mort-nés enterrés. Tout à vivre et rien de vécu.
Moi aussi j'ai peur maintenant mais je ne veux pas accoucher d'un amour mort-né. Beaucoup de mots pour ne rien dire alors que seuls trois mots comptent, même s'ils sont déjà des sépultures indécentes : je t'aime.
Verso
« Je te hais ». Parce que quand je ferme les yeux, c'est toi que je vois. Je veux faire tomber ton image idéale, je ne veux pas te regretter. Je ne veux pas pleurer des heures pour toi.
Des milliards de gens ont ressenti ça avant moi et le ressentiront après. Pourtant, on a toujours l'impression d'être le premier et le seul à avoir aussi mal…
Je ne peux et ne veux rester dans cette position de victime : ça ne me ressemble pas.
Je ne me reconnais plus, j'ai l'impression que c'est la première fois que je pleure l'amour perdu non pas par amour propre mais par amour pour toi. Je dois me tromper…
Que cet imparfait entre nous est douloureux… Moi qui ne rêvais que de présent avec toi, me voilà à présent sans toi…
Je sais que tu as peur, c'est ce qui me fait te détester.
Le pays de la peur est peuplé, le pays de la peur est surpeuplé, le pays de la peur déborde sur toutes les frontières, il s'agrandit aux continents. Le pays de la peur, c'est tes yeux qui m'y font voyager.
Ce voyage, c'est la malaria, le chikungunya et le tsunami en une seconde.
Ce voyage c'est le seul que je ne veux pas faire avec quelqu'un.
Ce voyage, à deux, c'est toujours un court séjour.
Ce voyage, chacun y porte beaucoup trop de bagages…
Tout ça c'est tellement ça : je te hais
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Thursday, August 30, 2007
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Current mood:  irate
Ça chantait fort dans le corridor,
De l'autre côté, un silence de mort,
Des silences partout se bousculaient,
Dans mes yeux, dans mon cerveau, dans mon nez,
Le corridor : « et alors ?»
Stop, taisez-vous, je veux pas entendre votre sort,
Laissez moi me cogner à mes macchabées,
Chialer, ou même crever !
« Mais arrête, viens brailler avec nous !
Tu verras, c'est sympa de crier comme un loup »
Fichez-moi la paix, vous faites n'importe quoi,
Vous vous accrochez à moi comme un gros poids,
Et ça je ne le supporterais pas plus longtemps!
« Tu ne peux pas échapper à nos chants,
Tu vas devoir nous supporter
Alors, inutile de résister »
Laissez, moi, vous me lassez
Vous m'attachez,
Quoi que je fasse, vous restez…
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Wednesday, August 15, 2007
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Current mood:sale
Le matin laissait couler l'odeur de sa peau : une odeur de bordel où il n'y aurait qu'un homme, une femme et aucun paiement. Un souffle frôlait son cou comme la brise des soirées d'un été chaud. Sa peau brillait comme le poisson qu'on décharge au port.
Elle était magnifiquement sale, une sorte de clocharde de film américain : vous savez, ces actrices superbes que l'on débraille un peu, à qui l'on met du gris sur le visage mais qui ne peuvent mentir sur ce qu'elle sont vraiment.
Son corps était d'une perfection telle que même les bleus et les cicatrices ne l'empêchaient pas. Peut-être se prenait-elle pour une Cendrillon des temps modernes après minuit? Une jeune femme, presque une enfant, qui voulait s'enlaidir pour que nous soyons tous sûrs que ce n'était pas l'apparat qui faisait sa beauté.
J'avais envie de lui parler de foutre, de la prendre sans délicatesse mais je savais trop que c'est ce qu'elle voulait et je ne lui donnerais pas, je n'obéirais pas à son impérieuse volonté..
Même dans ses tentatives de vulgarité, elle restait une princesse. Pourtant, Dieu que j'étais tenté de la maculer et de l'imager de ma toute violence... Mais il ne fallait pas : j'aurais été comme les autres, comme tous ces hommes passés entre ses cuisses crasseuses de joli cygne qui joue au vilain petit canard.
C'était peut-être ça la rébellion dans mes codes sociaux : un vide absolu de discours et une apparence répulsive d'une beauté hors du commun. Peut-être que c'est une sorte de recherche de beauté intérieure : rien ne se donne, tout s'attrape ou se dissèque pour la trouver.
Elle est si sale que je ne sais même pas comment j'ai pu la désirer. Je vais devoir emmener mon costume chez le teinturier. Je peux pas la revoir, elle va salir ma vie, elle va me crader. Hors du monde, je pourrais peut-être l'aimer mais là c'est impossible : je pense déjà que je vais devoir changer mes draps dès qu'elle partira.
Moi qui aime leur tirer les cheveux, leur donner la fessée, voir leur maquillage parfait se contorsionner, entacher leur image lisse ; elle, j'ai eu envie de lui caresser les cheveux et de la laisser s'endormir. C'est elle qui m'a pris et je n'avais pas envie de la dégrader. Sottises!
Elle fait ça si bien toute seule, pourquoi l'aurais-je fait à sa place? Elle ne m'a pas laissé le choix, elle m'a soumis à ça. Je la pousse dans son sommeil :
"Aller, dégage, fous le camp!"
Elle ouvre les yeux, me regarde sans fierté, sans colère ou vindication, s'habille et quitte ma dignité.
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Wednesday, August 08, 2007
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Current mood:  quixotic
"L'homme se trouvait là, sans peur, sans joie, face à sa vie, face à son coeur, devant une croix. Devait-il prier pour son salut? Dire que Dieu, c'est pour les faibles?
La femme s'avança, il sentait l'air qu'elle brassait dans chacun de ses pas, un courant d'air délicat, juste une volubilité lente d'oxygène. Il sentait ses yeux fixés sur lui qui déposaient une poudre de lumière dans son dos. Il la sentait flotter dans son air et il aimait ça...
Il ne posait plus aucune question : la croix était toujours là mais il ne la voyait plus. Il ne restait que la douceur de cette ombre qui l'enrobait. Il était comme un coussin posé sur un nuage qui ne se posait pas : il restait léthargique face à la croix.
Mais cette croix ne pouvait décidément pas disparaître : son, salut, sa voie, tout était contenu dans ces deux bouts de bâton perpendiculaire.
C'était peut-être une vague histoire de triolisme : lui, sa croix et elle. L'une était entre eux, il était entre elles. Y a t'il un choix quand la loi divine est face aux émois humains?...."
"Vous voulez un café?". Combien de minutes était-il resté face à elle submergé par ses rêveries? Il tomba sur son sourire, elle était si bienveillante à son égard... Il lui rendit son sourire et su que ce serait le dernier qu'ils partageraient...
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Wednesday, August 08, 2007
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Current mood:en appétit...
Je suis une mante-religieuse.
J'impacte mon désir, je choisis la séduction : je vais te dévorer. T'arracher le coeur, la tête, les tripes. Tout déguster dans la sauce de ton sang : du jus de viande...
Je vais dévorer ton humanité dans l'espoir de la faire mienne. Je vais sauter tes pattes, arracher tes bras, déchirer ta poitrine et te les faire sentir et désirer à ton tour. Je suis ta cannibale, trop humaine pour être animale, pas assez pour être corruptible.
Je vais dîner de toi, me régaler de ta chère chair, éclabousser le lit de tes entrailles. Viens, j'ai si faim de toi...
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Thursday, July 19, 2007
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Un chat ronronnant, les pattes griffonnantes, le regard grivois, se balançait les hanches nonchalamment. Un côté, un autre et j'étais suspendu à chacune de ses chaloupes, de ses minauderies chatoyantes. Tout ces chassés-croisés, engagés, désengagés, pour ne toucher qu'une chose : le regard.
Sa démarche de prince antique, de noble courtisane, de déesse grecque, de colonisateur féli-centriste, de danseuse orientale me fait tanguer. Je flotte moi aussi, désaxé, en proie au roi, en proie au chat.
Le prince antique aride son peuple, ostentatoire glouton dans un monde de famine, et déguste à plein crocs la misère de son monde, plus qu'indifférent, méprisant de toute sa hauteur, de toute son altitude de distinction châtrée. « Je suis le favori du royaume, fils de créateur, Jésus avant l'heure, responsable autant de vos cris que de vos pleurs ». Le chat pose sa patte de velours sur le sol et ses yeux altiers sur de simples humains.
La noble courtisane, d'un seul battement d'éventail, imprime sa grandeur. Elle est tout sauf contrainte : le plaisir, juste le plaisir. Elle remplit le salon de son rire sonore et sensuel. La mouche joue de sa joue à moins que ce ne soit elle qui fasse jouer la mouche sur sa joue. Elle joue au loup, elle joue à sa loi, elle facilite, disculpe, autorise, rêve sa joie, son minois, son mont de Vénus, son amande et son roi. Le félin saute et se pose délicatement sur mon ventre allongé.
Du haut de ses voiles, du ciel apollonien, concède à l'humanité jusqu'à enfanter d'un demi-dieu. Ô déesse, ta hauteur n'a de seule égale ta beauté trouble. Evanescente amante, la montée est aussi puissante que la descente est lente. L'espace s'ouvre à sa longue chevelure douce et viennent des idées d'encore, de plus, d'infini. Perfection et vice s'offrent dans une harmonie céleste. Les yeux froids et les moustaches fières caressent mon épaule.
L'arme affûtée, pétrie de sa grandeur culturelle et humaine, le colonisateur pose un pied sur la terre de l'autre. Point de braconnage, simplement l'évidence de sa supériorité. Le pied fort et puissant se pose sur la terre faible et friable. L'homme civilisé est venu révéler le Vrai. Le colonisateur pose un pied sur la terre de l'autre. « Ma grandeur d'âme est telle, êtres barbares, que je viens à vous ». Le pied acéré et aride se pose sur une humanité réservée et originelle. Le chat m'offre le droit d'une caresse.
Les volutes de transparence ondoient au rythme d'une brise imaginaire. Son bassin harponne mes yeux, hypnotise mon esprit : rien n'existe sauf ces huit de diagonale, de profil, d'avant, arrière. Les voiles les révèlent, les rendent transparents, plus rien n'est qu'un bassin qui ondule, qui glisse doucement le long d'un axe imaginaire que je vois comme si l'espace n'existait que par cette ligne fixe et rigide. Le long de son corps se frotte contre le flanc de mon corps en émoi.
Le chat me laisse choir, mon heure est passée, il me faut l'accepter. Il ne reviendra que quand bon lui semblera, le chat a le choix et moi, je ne possède ni lui, ni moi.
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