Depuis quelques temps, l'air me semblait oppressant. Le soleil n'illuminait plus mon monde et les gens autour de moi semblaient tous être devenus mes prédateurs... Parano ? Imagination débordante mais quelque peu macabre ? Sans doute... Il n'en restait pas moins que la peur qui m'étreignait jour après jour, mêlée à une excitation refoulée faisait de moi une petite boule de nerf prête à imploser. A tout moment, certes, mais surtout au mauvais moment.
"Mais pourquoi ?" me demanderez-vous ! Et bien à cause de cette petite chose... Ce "petit rien" auquel je pensais depuis si longtemps et qui s'était insinuer en moi au fil des années, devenant de plus en plus présente, grandissant et se renforçant nuit et jour, bien au chaud dans le nid douillet de mon esprit.
Toujours pas d'idées ?? Cherchez encore un peu... Aller quoi ! Un effort ! Non ? Toujours rien ? Alors je continue...
J-2. Pourquoi le "-2" ? Juste parce que je l'aime. C'est comme ça. Et de toute façon, revenir 7 jours avant LE jour servirait-il à grand chose ? Je ne pense pas. De plus, c'est à J-2 qu'une petite boule encore inoffensive est venue se loger dans mon ventre, le tordant imperceptiblement, pour le moment, mais sûrement. Les choses se précises. La tension monte quelque peu. "No problème : je gère. I'm a warrior et les warriors survivent à tout !"
Arrive alors J-1 et son monde chaotique ! Les idées s'entremêlent. Les actions s'enchaînent en dépit du bon sens. Réfléchir. Ou plutôt non ! Ne pas réfléchir ! Surtout pas ! Laisser les choses aller d'elles même en attendant demain. Demain sera le jour "J", celui tant espéré... Celui tant redouté... Se transformer en automate et vivre machinalement. Pendant un jour. Puis le dernier.
Car "J" arrive, précédé d'une nuit agité, pleine de doutes, de "Et si..." qui ont eu pour effet non pas de refaire mon monde, mais juste d'alléger un peu plus un sommeil déjà de plume.
La tension monte... Faut-il le dire ? A son maximum... L'attente est longue... Trop longue... Difficilement supportable... Une cigarette ? Pourquoi pas deux ?!
Puis "il" arrive. Sûr de lui, souriant, insouciant. Il lance un "on y va" qui, pour moi, est pur inconscience. Mais je le suis. Ne pas réfléchir. Juste le suivre. Lui obéir. Il s'y connaît, lui. Il sait ce qu'il fait et moi je ne fait que subir ma vie depuis près d'une semaine.
"Retire ton haut."... J'obéis.
"Assied-toi là et pose tes mains ici."... Je m'exécute.
"Ne t'inquiète pas, tout va bien se passer."... Je n'en doute pas.
Ne pas réfléchir. Se laisser bercer par la musique, par le bruit des instruments. Se laisser envahir par l'odeur environnante, mais ne pas réfléchir.
Et curieusement ça marche. C'est doux, chaud et agréable. Tant de stresse pour ce moment de détente ? Tant d'effroi pour cette sensation si envoûtante ?
Depuis quelques temps, l'air me semblait oppressant. Le soleil n'illuminait plus mon monde et les gens autour de moi semblaient tous être devenus mes prédateurs... Parano ? Imagination débordante mais quelque peu macabre ? Sans doute… Pourtant au jour "J", jour où il s'est encré en moi, mon tatouage m'a semblé être le plus plaisant des supplices.