J'ai eu à quelques reprises l'occasion de travailler au Liban Sud à des moments – ils sont malheureusement assez fréquents – où cette région était « zone de guerre ».
Cela signifiait concrètement que, plusieurs fois par jour (voire par heure), la seule sirène encore en service à Tyr retentissait et que les premiers projectiles explosaient avant même la fin du signal, mon bureau étant situé à moins de deux kilomètres de la ligne de feu.
Pas le temps de gagner un abri – il n'y en avait d'ailleurs pas à proximité – et tout le monde se précipitait sous les tables pour éviter les éclats. Tout le monde ? Non : moi, je me mettais à l'abri, certes, mais en me couchant lentement, presque majestueusement.
J'y ai gagné une réputation de grand courage.
Je n'ai jamais avoué à mes amis que, à cause des séquelles de vieux accidents, j'étais absolument incapable de plonger aussi vite qu'eux, malgré toute mon envie de les imiter !
C'est ainsi que se construisent les renommées…