Une canine incisive se rit de moi
Carnivore à la dérive
Sans tartare ni langue de bois.
Les jambes pétries de vide
Le dos cambré sous la soie
Malgré l'heure tardive
J'ai encore envie de toi.
Morsure décisive
Pour une précieuse aux abois
Je traverse la rive
Et cours dans la vallée des rois.
Kohl entravé
Cuisses sans bas
Captive du quartier
Je bois mes kirs en croix
Je suis sans émoi,
La fatale attractive
D'une lutte larvée
Entre loi et voix.
Deux chiens coiffés
Sont passés sur le toit
Avec leurs croupes sportives
Et leurs mots à peine narquois
Me serrant de très près
Ils ont réchauffé le carquois.
D'un croc d'envie passive
Ils ont fléché mes mauvais choix.
Et broyé les fleurs maladives
De l'ivoire veiné d'effroi.
Je ne voulais plus vivre
Même pour ceux-là
-Tendres convives-
Qui ont envie
De sourire dans mes bras.