J'ai écris ce poème au milieu des années 80, lorsque l'Apartheid battait son plein en Afrique du Sud (Azanie ) et que le monde découvrait par les média les affres de la terrible famine en Ethiopie.
Aujourd'hui, l'Apartheid fait parti du passé. Mais les enfants un peu partout subissent les turpitudes d'un monde qu'ils n'ont pas choisi. Notamment dans la corne de l'Afrique qui heurte, dans une folie guerrière, la conscience de l'humanité.
Les enfants n'oublient jamais, faisons en sorte qu'ils retiennent la leçon du pardon.
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Mon père m'a quitté
privé de liberté
par l'apartheid honni
qui sème la zizanie :
je suis l'enfant d'Azanie.
Quand nos querelles intestines
aident la main assassine
des démons de la combine,
je suis en proie à la famine :
je suis l'enfant de Palestine.
Les marchands de l'utopie
creusent mon ventre assoupi
d'une faim sans répit
car mes champs n'ont plus d'épi :
je suis l'enfant de l'Ethiopie.
Seuls des papiers agréent
mon père émigré.
Et son nom contre son gré
est celui des dénigrés :
je suis l'enfant des immigrés.
Je suis l'enfant du Tiers-monde,
je suis la pierre de la fronde
de tous les seigneurs du monde.
Oui, je suis leur chair à canon.
Et pour mes champs à l'abandon,
mon salaire s'appelle « LE DON »
Mor Niasse