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ARRIÈRE SALLE DE L'ATELIER DE TEXTURE

POÉSIES, PROSES , EXPOSITION DE MORCEAUX ÉCRITS

BABEL,

AVEC MES REMERCIEMENTS A JULOS BEAUCARNE, MUADHIB, CATHERINE JAVALOYES, ET CEUX ET CELLES QUI ONT ENCOURAGE MON ECRIRE — mon verbe, où va ta chair ? — - NE PAS HESITER A LAISSER UNE TRACE, A REPONDRE, REAGIR.

NOTA : LES SUITES SE LISENT EN TROUVANT LE DEBUT...EN BAS DE PAGE, SOUVENT



babel

le babel


Last Updated: 10/24/2009

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Thursday, January 17, 2008 09:05
(à lire avec les pistes musicales de Muadhib)

À quelques minutes du Camp de Natzweiler,
À la porte de l'Hôpital où furent amenées les dépouilles chaudes de 87 hommes,
Ex-Anonymes Matricules Rayures Disparues
Dans la nuit et le brouillard,

Bonjour.
Bonjour, Menahem Taffel,
Un des transférés d'Auschwitz pour "expériences" au KL voisin,

Bonjour,
Car bientôt
Très bientôt
Il n'en restera
Aucun
Aucun

Le silence proposera son manteau
Au gravier, au fer qui grince, au bois qui craque
Tous les survivants auront été rattrapés ;
Tous en leur temps, avalés par la Grande Vorace
Seront ramassés dans des lettres sur un marbre.

Je me moque des souvenirs qui traînent après les leçons,
Je veux entrer dans la mémoire, me loger dans l'utérus
Dans la matrice où naissent les souvenirs et les récits

Parce que maintenant,
Le gravier veut des pas où crisser :
A qui sera le tour ?

Partout la pluie fait des chapelets de rosée
Sur les barbelés noirs et fauves
Un carré, un stade,
Où vingt, vingt-cinq milliers,
Ou plus,
Ont quitté la vie.

Ici, la boue chante des accents étouffés
Quand elle descend avec les rigoles
Nées au sommet, où le camp trônait
Là, les arbres ont été nourris à la cendre humaine
Chacun de ces humains au peu à peu qui passait,
Tandis qu'ailleurs des clochers comptaient le temps

Chacun de ces humains des deux côtés des barreaux
Chacun
Chacun
Est mort dans la mort
Mort dans la mort de chacune des victimes

Chacun de ces humains était un amour pour quelqu'un
Sa photo l'attendant là où les bombes n'étaient pas tombées
Que reste-t-il de ces amours ?

Il reste
Nous.
Nous…

Il est fini le temps des chrysanthèmes
Nous ne sommes pas plus que des liserons
Pour fleurir encor chaque année, nous montons
à l'assaut des grillages rouillés : golems.
Nous tissons nos fils au-dessus de l'oubli
Sur une mémoire hérissée, accrochés
Nous flottons comme du linge toujours taché
Partout les chapelets de rosée nous prient
Sous la pluie des jours, nous ne pouvons sécher
Nous ne serons plus ni drapeaux ni oriflammes
Tous ces humains sacs de peaux jetés dans les flammes
Nous habitent, nous emportent, nous soulèvent,
Pour fleurir juste un peu plus haut que leurs rêves
Sur la dernière ombre des barbelés rouillés ;
Alors, liserons, à l'assaut des lignes, fleurissons.

janv. 2007. ©babel- Cie du Talon Rouge. À paraître dans "Les accusés Réceptions")
Poète inconnu (officiel)
Poète Inconnu

 
Struthof l'hiver... çà doit calmer!
 
Posted by Poète inconnu (officiel) on Thursday, January 17, 2008 - 09:29
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Cath

 
C'est étrange, car on en parlait hier soir, chez moi ...

Ton texte, avec la musique de Muadhib, c'est une évocation, hmm, frissons garantis. (Enfin, c'est un peu l'idée, pas vraiment, l'expression ne me plaît pas trop mais je n'ai pas trouvé le mot juste.)
 
Posted by Cath on Thursday, January 17, 2008 - 20:38
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Christian

 
Hommage superbe de dignité. Et que dire de plus que tous ces mots, que cette magnifique page? Simplement croire et espérer, oui, dans la floraison des liserons.
Merci.
 
Posted by Christian on Thursday, January 17, 2008 - 21:33
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caro
caro caro

 
Alors, liserons, à l'assaut des lignes, fleurissons.
 
Posted by caro on Thursday, January 17, 2008 - 21:36
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Gilles

 
C'est magnifique, voilà un texte qui me secoue au fond de moi-même, pauvre liseron.
Que reste-t-il de ces amours ? ...
 
Posted by Gilles on Saturday, January 19, 2008 - 07:19
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Christine

 
Merci pour ce texte me rappelant tant de choses... pas de l'avoir vécu, ni d'avoir famille in KL perdu mais d'avoir écrit un mémoire sur la résistance dans ma région natale....

Les hommes arrêteront-ils un jour de commettre des horreurs sur leurs frères...

La Tour de Babel n'arrêtera-t-elle jamais de se construire entre les peuples...

Comme le disait si bien Verlaine dans "Automne" :

"Tout suffoquant et blème, quand sonne l'heure,
Je me souviens des jours anciens et je pleure."
 
Posted by Christine on Saturday, January 19, 2008 - 10:06
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hervé pizon

 
...}
 
Posted by hervé pizon on Saturday, January 19, 2008 - 14:02
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Alain

 
Mon père a passé deux ans à Buchenwald.
Il n'en parlait jamais... il ne parlait jamais.
Je ne m'y suis jamais rendu, par respect pour ce silence.
 
Posted by Alain on Sunday, January 20, 2008 - 08:41
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murielle
Murielle Verdun

 
Des larmes perlent à mes yeux
puis s’écrasent esseulées…
Nous ne pourrons jamais oublier !
Nous ne voulons pas gommer
les méandres du passé
que nos parents ont endurées !

Sur les barbelés rouillés,
onze liserons n’en finiront pas de fleurir.
L’amour rend immortel
M’as-tu confié babel…

Murielle dt
 
Posted by murielle on Thursday, January 24, 2008 - 16:30
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patricia
patricia MORI

 
Tres beau texte. Qui m'a beaucoup secouee.
J'ai habite 6 mois au bas du Struthof. A Shirmeck exactement. Joli village, aimables gens. J'y ai passe avec mon frere six mois extraordinaire a l'ombre du Struthof.
Mais la barbarie a ete vaincue car au bas du Struthof, s'elevait une colonnie pour enfants juifs, qui revenaient d'Algerie, et dont les parents ne pouvaient s'occuper vu les difficultes qu'ils avaient a affronter.
Alors nous les enfants juifs sefarades, nous avons skier, nous nous sommes promenes, nous avons ri, nous avons pleure de joie, et surtout le soir du vendredi, nous chantions les psaumes a la gloire des enfants d'israel.
Voila la barbarie a ete souffletee.
Merci Babel, je viens de prendre conscience , que peut-etre on avait pas installe cette colonnie la par hasard. Merci encore, je suis emue, le coeur battant de ma decouverte.
Bravo. Patricia
 
Posted by patricia on Thursday, February 07, 2008 - 09:56
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zanzibar
HZelder HZelder

 
"Je veux entrer dans la mémoire"
 
Posted by zanzibar on Tuesday, October 21, 2008 - 10:04
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