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valérie Vives


Last Updated: 3/15/2009

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Tuesday, December 11, 2007 

Le plus qu'imparfait

 

 

 ... Même si à l'air libre la liberté ne fait que s'éprouver, l'authenticité demeure une vertu garante de nos équilibres respectifs, la première marche sur l'escalier du respect de soi et d'autrui.

 

 

 

 

 

 

Saveur d'un Art en apesanteur

Le corps s'évapore

Je peux voir…

Je survole vos squelettes 

De

Lour

des

réflex

ions

entas

sées

Catacombe obsolète, exode de la pensée. 

Légère, légère est la transparence de l'âme…

   

 

 

 

J'ai croisé sur le marché une femme aux yeux si doux qu'elle semblait aimer profondément tout ce qu'elle regardait. Instinctivement, je suis entrée dans son champ de vision… Je me trompais, elle marchandait.

 

 

Les petits vertébrés résistent mal à l'uniformité.

 

Semelles qui bêlent

galeries de portraits figés,

 vernissage de l'esprit

sourires craquelés.

A la grande exposition universelle, les toiles aux trames falsifiées servent de bien tristes supports à des oeuvres sans clarté. 

 

 

 

Les passants

Palette de sentiments usés sur des pavés TROP noirs

Des mains inutiles sous des manteaux d'ivoire.

Ombres fugitives

Regards grillagés

Bas les masques !

Mes pas entrelacent vos Secrets…

Parlez moi de l'essentiel

Du vide TROP plein

De vos plaines arides

De vos marécages urbains. Piètres citadelles et faibles Portants

De Paris à Perpignan les Trottoirs avalent vos traces De passants… TROP pressés.

  

 

 

   Les jolies parures sont des feux d'artifices dans le ciel de la vie. Basse couture, costumes étriqués, l'imposture est tendance ces temps-ci, l'authenticité si démodée…

Faux pas

pas chassés

faux éclats.

 Dans les coulisses du défi laid, c'est la débâcle, l'âme du monde désespère d'un si mauvais spectacle.

  

 

 

 

Je continue de vous chercher, dans un frisson de pluie, sous la caresse des embruns poudrés, doigts d'algues entrelacées, je vous imagine dérivants, légers, portés par l'onde de la vie, par l'amour du monde aussi…

     

 

E  s  s  e  n  c  e

Les variations de l'inconscient tracent dans l'intelligence virginale, les chemins de la compréhension. Là, s'éveille le sens, il suinte par delà le temps, refermons les plaies du monde…

 

 

 

Il y a des heures moelleuses que l'on foule comme une terre généreuse, si fertile, qu'en fermant les yeux, chaque minute, chaque seconde, fait germer en nous de précieuses graines d'amour. Il y a des livres tressés avec des brins de clarté qui éclairent bien au-delà de l'alphabet, derrière l'horizon, là où le monde respire et s'illumine par sa seule compréhension. Il y a des pensées déballées comme un pique-nique sur la nappe du printemps, des feuilletés d'images qui bourdonnent et pépient dans l'ivresse du vent, des bouteilles de rosée poétique recueillie dans le calice de la vie, des bouquets de phrases offerts aux étoiles déposés dans le vase de la nuit…

Au bord des paupières, sur la terrasse des cils, sous la tonnelle du sommeil, la mémoire de l'âme oublie de faire la sieste. épinglée comme un joli papillon près de ma fenêtre intérieure, elle ressuscite en plein ciel, en s'échappant par la fente de mon sourire. Il y a des livres qui délivrent l'humanité, il y a des livres solaires qui ne se referment jamais.

 

 

 

 

L'homme est bavard. Il semble plein, plein d'un vide vertigineux, son verbe mou dérive sans amarre sur des flots de paroles qui n'expriment rien. Il respire sous la barbe les poussières stagnantes du pouvoir, prêche, ne perçoit plus les frémissements du monde, s'assèche, le sang boueux de vérité. L'homme est dangereux. Il semble plein, plein d'un vide vertigineux, ses yeux de verre rayent le miroir du monde, ses battements de cils balayent le visage de l'humanité.

 

 

 

Un fossile dans un terreau infertile, le regard enfoui, il ne regarde personne, personne ne lui sourit. Il n'est qu'un boyau vide dans les entrailles de la ville, une cloche sans écho, un manteau sans poches, un oiseau sans nid, il est aphone mais son âme crie…  

« 1 euro pour manger »

 

 

L'homme éclairé féconde l'ombre, à la lueur de ses ténèbres, il trouve sa voie dans le silence, sa nourriture, son essence. Sa vérité a le goût de l'isolement, la saveur du juste, cet homme-là ne dit rien, il déguste…

 

 

En chacun de nous se trouve la part manquante de l'autre, mosaïque subtile de la nature humaine… La notion d'accueil serait la plus belle part de nous-même à livrer à autrui ou à soi-même. Notre capacité naturelle et instinctive à rencontrer l'autre sans crainte, ni jugement.

Partagez sans diviser, faute de quoi toute tentative de vie communautaire reste erronée. 

 

 

 

 

S o l i t u d e  t r o p i c a l e

Tu errais, l'esprit trouble marécage, au coeur d'une ville mangrove sans rivage. Tu y engloutissais ton corps sans racines, dans l'euphorie de liqueurs assassines.

En haut, la lune se voilait d'un halo de miroirs, facettes de ta vie mystérieuse, illusoire. Tu dévoilais peu à peu ton existence, au comptoir, des rires en avalanche…

Tu errais, l'esprit trouble marécage, à travers une nuit sans paysage, nu, dépouillé, mal reçu, accroché au filament usé de ta solitude. Tu as traversé le bar comme un somnambule, poussant du pied toutes les capsules…

 

 

 

 

Marguerite… 98 pétales

Tes membres de bois sec brassent l'air lourd de plomb, tendus. Masser tes chapelets d'os charmants, tes mains qui n'en sont plus, mon regard plongé dans ton néant. Pénétrer la peau, et le sens de la vie, quand il n'y a plus de peau, et que la chair crie.

 

 

 

 

La vie n'a jamais la bonne taille, étriquée ou bien trop ample, je la mettais rarement, je la portais tout le temps. Parce qu'elle n'avançait plus et qu'elle était décousue, j'ai pendu ma vie dans la penderie de l'oubli.

Un jour, j'ai rouvert l'armoire de l'espoir. Sur l'échine des années assassines, les chiffonniers du ciel lui avaient cousu des ailes. J'ai brisé le miroir, largué les amarres, l'âme étoffée, le coeur léger, j'ai quitté la mare aux canards, j'ai cessé de vouloir leur ressembler.

Unité sirotée dans la haute-cour de l'échange, ma vie en robe de jour prend le thé parmi les anges. S'il vous plaît... Encore un petit nuage de lait… La voie lactée presse son sein, le vent me berce de tout son souffle, j'emprunte le chemin d'un rêve, il m'emporte loin, si loin…trop près de vous.

Je me souviens de nous au détour d'un carrefour de chair, du squelette de ma solitude en face de vous. Ces boulevards de la parole avare et vos monologues de placards qui sentent la naphtaline incommodent, encore et toujours, les narines de ma vie.

 

 

 

 

 

Il n'y a pas d'actes individuels, il n'y a que des actes universels reliés les uns aux autres par un lien invisible. Nos âmes font la ronde, pendant que nos esprits courent, en tous lieux, éclatés.

 

 

 

 

Envers et damnation !

Tripes en dedans,

sans dessus dessous,

autour, l'empire du pire…

Tour à tour,

sauver,

voiler la face.

L'homme oblique, bancal, mouille sa chemise,

sueur, labeur pour six sous,

derrière les paupières étoilées d'idéal,

la vie accrochée aux talons, face au vent, il court…

 

 

 

  

 

Le ciel en bouche

Maigres ressources, sale temps, heureux les anges qui survolent la carcasse du monde en bâillant ! Saintes volailles, tendez vos plumes, envoyez vos armées dodues, potelées, décrochez quelques bonnes étoiles, celles qui filent sans s'arrêter… La résistance affame les coeurs, l'avarice de la terre tarit nos vies, les gorges brûlent, serrées, les couleuvres ne peuvent plus passer… Sur la tête de votre éternité, je jure que je ne cesse de prier, sur la table de l'espérance, des miettes de ciel entre les dents… Ma complainte a faim et soif, et zut, vous dormez !

  

 

 

 

 

 

Un enfant d'à peine treize ans, m'a dit un jour, les yeux tout illuminés : « A chacun son gouvernement ! » J'étais émue sept ans plus tard, de revoir le jeune Premier ministre, le regard éteint balayant les feuilles mortes de ses désillusions.

 

 

 

 

 

 

Vivante et libre…la poésie.

Elle coule, ravine, dégouline, creuse le sillon des cicatrices, s'infiltre dans les interstices, exalte le manque, dérange, démange, s'écrit, se vomit, racle l'esprit, s'éructe en copeaux, fourche la langue jusqu'à la moelle des mots, compresse, enferme, fait éclater les boîtes crâniennes, un puits sans fond, sans plafond, sans limites, éperdument libre, elle est organique et vivante, et nous, gisants de marbre, nous sommes morts ou piètres vivants !

 

 

 

 

Il parle d'amour en écumant, il oppose le monde à son temple. Des monstres trônent gueules ouvertes devant le portail. Il les promène, en prend soin, les aime, ils sont sa différence, sa création, témoins de chair, d'ombres et de peur, ils sont témoins de sa propre existence, les chasser, c'est se fuir, un peu... Il hurle sa souffrance docile au clair de lune, s'offre en pâture par habitude, ils festoient sur son corps, il jouit de sa mort, l'homme enfante l'homme, puis se dévore.

 

 

 

 

 

 Règne animal

Bas de sable sur jambes de pierre dodelinant de la terre, le regard tourné vers l'indicible désir d'exister… L'homme devrait cesser d'organiser la raison, accepter l'imprévu, s'ouvrir à d'autres horizons, accéder brut à une existence nouvelle, tous azimuts, cueillons la beauté universelle !

Communautés d'ignorants, nuques raides et consciences aveugles, troupeaux qui beuglent dans la mare au lieu de saluer le hasard…

Les chiens hurlent au clair de lune pendant que la libellule effleure l'onde, elle croise les papillons qui se posent sur l'écume, sans péages ni cartes à puces, mais jouissent du monde !

 

 

 

 

 

J'en veux aux gens qui par leur âcreté, contaminent la joie dans l'assiette de la journée.

 

 

 

 

Face à l'inconscience, je suis abattue et très souvent à cours d'arguments. Comme devant une chambre envahie par le désordre, je considère le chantier avant d'accomplir le moindre geste. L'envie de refermer la porte et de remettre à plus tard le rangement est forte.  Parfois, la tâche est si pénible qu'il n'y a rien d'autre à faire que de laisser  l'ignorant organiser son chaos sur les étagères du néant.

L'instinct m'assoit sur le lit de la responsabilité, je commence à défroisser, plier, quand l'autre s'aide, c'est un enchantement.

  

 

 

 

Les générations passives se noient dans le bouillon insipide des certitudes relevées. Ah ! La saveur de la gastronomie sans recette, le bonheur de la faiblesse théorique, l'instinctive thérapie, la juste vérité. L'exil du savoir, la surprise en prime, l'Art de recevoir…

  

 

 

 

Il y a des gens qui disent-ils, veulent croire en Dieu, croient bien en quelque chose, et le confessent volontiers avec une émotion fêlée.

Je soupçonne Dieu de s'échapper d'eux par cette brèche.

 

 

 

 

 

 

La matière libre

Je démêle les ficelles de tes nuages en pelotes, j'aperçois ton ciel, tes plaines, un cheval fougueux chevauché, dompté, parfaitement maîtrisé, l'instinct abandonné aux seules ressources du langage. Echo sensible dans le reflux de tes cachettes muettes, j'emprunte tes sentiers tracés à la serpe, je cherche les traces humides, je fouille les buissons touffus de citations, les tapis chevelus de lignes, le masque de papier a légèrement glissé, tu apparais dans le repli d'une cicatrice… Sous le voile de l'analyse habile, dissimuler les blessures, élaguer les germes du doute, tout saisir, tout expliquer, passer au tamis, puis verrouiller avant qu'une émotion ne surgisse. L'âme enfermée donne des coups de cornes, le sentiment étranglé gémit, on ne sort jamais vainqueur de ce combat contre nature, même dans l'arène de l'esprit. Homme multiple, l'être ivre d'exister livre sa matière libre !

  

  

 

 

On dit que la taille moyenne de l'être humain est en augmentation... Moi, je trouve qu'il rapetisse…

  

 

 

 

 

 

Les narcisses poussent penchés

Illusion de profondeur par le regard estompé. Le visage sans tain piqué du reflet stérile du Moi blafarde sa réflexion altérée de l'alter ego trompé. L'axe égocentrique maquillé d'équilibre demeure asymétrique au monde perché.

L'homme fait le point, fuite ou  verticalité ?

Ligne brisée.

L'homme oblique paraît, parfait un sourire rectangulaire déplacé, réfléchit son lui cadré assis penché sur son centre, plein de gravité.

Panse purulente  chevilles enflées  émois boiteux incestueux épanchés…

Battements de coeur

de tempes

haletantes

une droite

en cercle

en rythme,

silence orgasmique...

les ellipses des pupilles lassent le point de fuite, la perspective bascule…

Chute.

L'orgueil des nombrils aliénés fera éclater la terre !

  

 

 

 

 

Tu cherches parmi les troncs dressés, sous les corps d'écorce écorchée, la veine, puis la sève, bien au-delà des cimes, le regard percé, tu cherches ce qui est à tes pieds…

  

Tes racines se tordent de douleur, le vieil arbre est fendu en deux, ce que tu cherches est sous le lichen, c'est toi au pied du serpent.

 

 

 

 

 

Vade  retro  satana !

Tu es l'enfer vert-de-gris

corrosion de l'esprit

conçu dans un puits

dont tu es le fond.

Un amant à l'âme grise

aux reins cramoisis

un bas ciel

un bas-fond.

Je suis un souffle chaud d'effroi

Toi, sale amour-propre,

tu n'étais qu'un corps de cendre

qui sentait le tabac froid.

 
 
 
 
 
 
 
 D   e   g   r   é   s

Monter monter l'escalier

Marche après marche

I   n   f   i   n   i   m   e   n   t  liées

Quitter ce corps

Faux garde-corps

Rampe des regrets

Convoitise

Mépris

Débris

Carcasse d'eaux usées

D'égouts du compromis

Pureté

Monter monter l'escalier

D'arche en arche se délivrer

Peau d'ombre carnivore

Bulbe mandragore

Mue du serpent

m

u

e

t

  

 

 

 

Quand l'esprit goûte l'âme, la terre salive, le ciel se lèche les babines, la vie fond lentement sous la langue comme une dragée enrobée de vérité, l'amour en praline à croquer dedans.

 

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Erdrek

 
toujours aussi méticuleuses
tes fouilles au corps
lors de ces gardes à vue
 
Posted by Erdrek on Sunday, December 16, 2007 - 21:28
[Reply to this
dust of my dust

 
Trop de choses seraient à dire pour qu'un maigre commentaire puisse les exprimer de façon juste, articulée et cohérente...

Je me contenterai donc pour l'heure de laisser cette marque de respect, et de dire quand même que parmi mes passages préférés figurent "Solitude tropicale", "La vie n'a jamais la bonne taille...", "L'homme est bavard..." ou encore "Le ciel en bouche"...
 
Posted by dust of my dust on Monday, February 11, 2008 - 23:14
[Reply to this
askelia

 
merveilleux fouillis! mais difficile de laisser un commentaire dans cette belle et longue pagaille tellement agréable à débrouiller!
 
Posted by askelia on Wednesday, June 04, 2008 - 21:02
[Reply to this
kachou

 
Merci de m'avoir trouvé !
C'est sans problème que je souscris à votre blog, vos écrits sont si riches de sens, je reviendrai plus longuement vous relire et lire.
 
Posted by kachou on Friday, August 22, 2008 - 23:37
[Reply to this
octuple
céline Teissiere

 
je n'ai que peu de lecture sur myspace, c'est un choix je lis ce que j'aime mais là ouf, je ne suis pas une lettrée, ni une assidue de la composition grammaticale ni en orthographe, je ne suis pas une littéraire, mais je sais je sais au fond de mon esprit pas trop éventé ce que je lis.

et là ....
la femme sur le marché celle qui marchandait , c'est délectable
celui que j'ai sous les yeux en vous écrivant "l'amour en praline a croquer dedans"
vade retro satana ,
bulbe mandragore ....
je sais ça semble démesuré mon emballement et je ne peux vous citer plus qu'il n'en faut et pourtant encore une phrase qui martèle mon âme par vos écrits "il n'y a rien d'autre à faire que de laisser l'ignorant organiser son chaos sur les étagères du néant.
"
vous savez c'est précieux pour moi de trouver beau les mots jusque dans mon esprit alors merci
Céline
 
Posted by octuple on Friday, December 05, 2008 - 10:41
[Reply to this
Alviento

 
Se construire en matière libre dans sa relation au monde permet de conjurer l'entropie inflammable des associations fusionnels, de récuser sa disparition dans un transfert thérapeutique, de refuser les lois de l'éthologie de la soumission et de se protéger de la recherche régressive d'un état permanent béatifique...
 
Posted by Alviento on Saturday, December 06, 2008 - 06:48
[Reply to this
adagio

 
Quel univers, en vrac, vrai fourre-tout où fouiller à loisir. J'y reviendrai. Pour l'instant, mon préféré:
" J'ai croisé sur le marché...Je me trompais, elle marchandait."
Un vrai regard, un mouvement de l'autre à soi et vice-versa. Le monde transformé transformant par les mots. Bravo.

Jean-Marc
 
Posted by adagio on Friday, May 15, 2009 - 12:20
[Reply to this
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