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ÉPISODE1 : LA THÉORIE DU CHAOS
Je la vis s'asseoir à la terrasse d'un café, je retins ma respiration, me mis en pause. Ma marche stoppée, mon pied suspendu à vingt centimètres du bitume. Ca avait duré une seconde. Je bifurquai et m'adossai au coin d'un mur, sans la perdre des yeux. Je l'avais déjà vue, deux jours auparavant, à la terrasse du même café ; je regardai ma montre : à la même heure. Je l'avais longtemps observé de derrière mon journal.
Un sacré brin de fille, une longue chevelure blonde, de longues jambes laiteuses et une poitrine qui semblait avoir été ciselée dans le marbre par un grand maître de la renaissance. Elle avait une classe à couper le souffle.
Elle prit donc place sur cette terrasse, s'alluma une cigarette. De loin je pensais à des Camel, ou des Philip Morris. Elle attendis le garçon. Quand il vint, je la vis sourire doucement, ses lèvres papillonnèrent, un scooter m'empêcha d'en saisir la substance sonore. Le type s'en alla et revint presque aussitôt avec une grande tasse de café. Je me remis en marche, jusqu'à un petit kiosque à journaux en face du café. De là j'avais une vue imprenable sur la fille. Ses clopes étaient bien des Camel. Je pris un journal, au pif, le moins cher en fait, et feignis de le lire. Elle se pencha sur son sac à main, l'air agacée, en sortit un téléphone qu'elle porta à son visage. Elle brailla quelques mots, que je pouvais presque entendre malgré le feu qui venait de passer au vert. J'isolai le mot connard. Elle raccrocha, posa le téléphone sur la table. Tout le monde sur la terrasse la regardait, je me sentais un peu moins seul d'un coté. Elle finit son café d'une traite et se leva, partit d'un pas rapide vers le centre ville.
Une fois la fille hors de ma vue, je traversai la rue, m'installai à sa place. Elle avait laissé une pièce de deux euros dans la coupelle au-dessus du ticket. Son mégot fumait encore dans le cendar, même pas fini, le bout du filtre était couvert de rouge à lèvres. Je pris une taffe sur le clope… Très agréable. Le garçon arriva, pris les deux euros et chiffonna le ticket. - Monsieur, ce sera ? Fit-il. - Un grand café s'il vous plaît.
Bon, il faut que je vous explique … Comme je vous l'ai dit, j'ai rencontré cette nana il y a deux jours, ici même. La voir la première fois fut un plaisir immense. Je me projetais sur ses courbes, imaginais l'odeur de ses cheveux, la douceur de ses caresses et la texture de ses lèvres carmin. Mais cette seconde rencontre était différente. Je l'ai reconnue, parmi tout les femmes de ce café, parmi toute les femmes du monde. Je l'ai reconnue comme étant ma destinée. Ou un truc comme ça.
Je finis mon café, laissais deux euros sur la table et partis. En rentant chez moi, je planifiais de retourner au café le lendemain. Et de voir si la fille y était.

2:30 AM
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