Bonjour à tous, je vais vous relater mon court passage dans l'événement mondialement connu dans le Nord, le Sapifestival (http://www.myspace.com/sapifestival). Tout a commencé pour moi le samedi 31 Mai au matin. Le visage non repassé sur lequel on pouvait lire : « j'ai dormi profondément 8 heures d'affiler avec encore en tête les dernières images de mon rêve érotique. ». J'arrive donc à Saint Jans Cappel accompagné de deux zombis dont j'apprécie la compagnie, surtout si elles me rendent service, ce qui fut le cas, car Lille-Saint Jans Cappel à pied, c'est sûrement faisable mais avec 20 cadres et autant de chef d'œuvre, ça devient nettement plus difficile. Profitant du temps libre généreusement offert par les gentils organisateurs du Sapifestival, nous visitons les nombreux bars de Saint Jans ( ils devaient y en avoir au moins une unité), j'entame la conversation avec la population exotique du village, et nous philosophons sur la possibilité d'une forte pluie lors du festival, car comme tout le monde le sait si la pluie est une discussion de la plus haute importance, c'est que dans le nord au mois de Mai, une forte sécheresse sévit et ce depuis des siècles. Par la suite nous allons de banc en banc, courant après le rayon de soleil qui nous brûle la peau. C'est alors que nous rencontrons la pire des racailles, une bande de jeunes graffant les murs du très noble établissement la Sapinière, ils souillent de leurs gestes amples le mur d'un blanc laiteux, l'amoncellement délicat de brique. Et pour quel résultat ???
Meda et son crew ( http://www.myspace.com/yomeda) et mister Twan (http://www.myspace.com/zoedeluxe)
Ne pouvant laisser faire cet acte de Barbarie, je cherche mon téléphone afin de contacter les protecteurs de la veuve et de l'orphelin, les justiciers hautement qualifiés de la Police Municipale, dont la réputation fait même trembler Hu Jintao. Mais les voyous avaient déjà réalisé leur méfait, à la place du téléphone je trouvais un petit mot plié en quatre « si jamais vous voyez mon téléphone sur les photos n'hésitez pas à ma le dire je l'ai perdu lors du Sapifestival !! » J'assiste donc impuissant à cette incitation à la haine, à la violence et au sexe, il suffit de voir les photos qui suivent, ce nez en forme de pénis, ces slogans insultant toute autorité…



Je ne peux en supporter davantage, je prends la fuite avec mes amies, euh mes connaissances, enfin je veux dire mes passe-temps … Nous retournons au musée de la haute technologie campagnarde, tracteur de la seconde guerre mondiale et première moissonneuse envoyé sur Mars se côtoie dans l'ordre et la propreté. Pour la deuxième année consécutive j'aurai l'honneur d'exposer dans ce lieu. Nous allons pouvoir installer nos oeuvres... Je partage une structure en métal précieux avec deux grandes artistes Benedicte Lepilliet (http://www.myspace.com/benebne) et Marion Ravier. Nous commençons par la couvrir de cachemire, baignant le tissu de vapeur afin qu'il n'y ait aucun pli, ensuite nous accrochons nos créations avec des petites attaches en or massif. Nous voilà prêt pour le plus grand événement de l'année 2008.
Le grand Soph. en plein travail (profitez en vous ne verrez pas ça tous les jours). Impressionnant il touche le toit. (http://www.myspace.com/superartdiscount).
Dessin de Benedicte et video de Maxime Bosc.

Dessin Benedicte et Tissu peint de Marion

Melange de Photo et dessin par Benedicte.

Tissu peint par Marion.

"Cycle des taches" par Gauffrette

"Faire des taches" par Gauffrette

"Tâche"par Gauffrette

"Cycle des taches 2" par Gauffrette
En attendant les membres de la Jet Set, nous dégustons les mets mis à notre disposition pour le court de la soirée, pâté de différentes sortes (ah on me dit que c'était du foie gras …), fruits secs, accompagné d'un liquide doré et perlé (ah on me dit que c'est du champagne..).
Les premiers invités arrivent sous la projection de photo réalisée par Corée (http://www.myspace.com/coreephotographe), accompagnée par de la musique de chambre, de sonate pour accordéon et guitare électrique.

Photo de Corée
Idem
Idem
idem

La soirée se poursuit, nous remuons nos arrière-trains au rythme lancinant des valses et nous buvons goulûment le doux nectar coulant à flot.



L'excellent Groupe MANRA (http://www.myspace.com/manra) Certains vont même se recueillir ou tout simplement retrouver des sensations de leur enfance dans l'installation de tartine bullée (http://profile.myspace.com/index.cfm?fuseaction=user.viewprofile&friendid=135625176&MyToken=d4f0b8ae-a094-4956-8651-dbabbbbba9af).
Miss Tartine Bullée


Tandis que d'autres écoutent attentivement les comptines susurrées par les créatures enchanteresses de Superlilipopette (http://www.myspace.com/lilipopette).

Enfin bref tout ça pour dire que je finis la tête dans le caniveau, baignant dans une soupe de champagne et foie gras. Comme vous êtes sages, je vous montre les photos de l'installation du Festival en appartement, ainsi que quelques photos de la performance du duo CORéecaster. (http://www.myspace.com/sushiwelsh)



Benedicte Lepilliet
Detail.
Photo de Benedicte.
Photo de Benedicte, et Gravure sur lino réalisée en duo.
Detail.
Dessin de Gauffrette et photo de Benedicte.
Encore moi
Toujours moi
Moi, moi, moi.
Ce travail était accompagné d'une petite critique de Mdame Loira. La bave, la salive, renvoient à plusieurs choses.
- L'animalité : ce sont les animaux qui bavent au sens propre (!), les humains ne le faisant qu'au figuré. En tête de ces animaux, les chiens. Et les chiennes... Ce qui entraine de nombreuses connotations quand le mot est associé à une femme, à commencer par pute.
- Le désir : au sens propre, on salive devant un bon plat. Au sens figuré, on salive devant ce que l'on désire déguster ou s'approprier.
- Les fluides corporels : il n'y a pas que les trois "s" de sea, sex and sun ; il y a aussi ceux de salive, sueur et sperme (auquel s'ajoute parfois le sang) qui s'échangent lors des rencontres sexuelles.
Nous voici donc clairement dans un registre sexuel, voire pornographique. Reste à savoir comment on lit ça...
Au premier degré, la tentation est grande de sortir son bazooka et de descendre ce cher Gauffrette qui reprend assez explicitement les poncifs de la pornographie : toutes des chiennes, toutes des putes, elles n'attendent que ça, bouche ouverte, regard provoquant, j'en passe et des meilleures (ou plutôt, des pires).
Seulement voilà, c'est Gauffrette, son style particulier, ses interrogations. A prendre comme on voudra, mais jamais au premier degré...
Je lis ici au moins deux questionnements.
- Le premier renvoie justement au déferlement d'images pornographiques, désormais en libre accès grâce à internet (et à l'imprudence de certains parents). La pornographie a ceci de particulier qu'elle s'adresse exclusivement, ou peu s'en faut, au désir masculin, qu'elle n'envisage la sexualité que selon les fantasmes masculins. Un gamin prépubère est, de nos jours, fondé à croire que la normalité, c'est de se mettre à quatre ou cinq mecs sur une nana placée dans une posture inconfortable et d'attaquer l'ascension par toutes les voies possibles et imaginables.
Où vont nous emmener toutes ces images ? Les tournantes dans de sordides caves, ou encore les gosses expérimentant sur la sœur de l'un d'eux les scènes vues dans un film, tous ces faits divers ne sont peut-être qu'un début. - Le second renvoie à ce qui est toujours un véritable tabou dans toutes les sociétés monothéistes (et sans doute pas qu'elles) : le désir féminin. Qu'une femme puisse ouvertement afficher sur son visage le désir qu'elle a d'un homme (ou d'une autre femme, qu'importe), c'est le comble de l'obscénité, bien plus obscène encore qu'un sexe en érection.
C'est là, sans doute, qu'il faut faire intervenir le papier peint de la fin des années soixante. Une décennie qui vit la naissance et l'expansion du MLF. Où donc nous ont menées nos luttes, où donc est passée notre liberté ? Sans doute pas aussi loin que nous l'espérions. Et l'on assiste même à une vague de régression qui associe les religions (retour des fondamentalismes, et pas seulement chez les musulmans) et le monde marchand (outre la pornographie, il y a aussi l'exaltation d'une impossible femme, à coup de mannequins anorexiques et de portraits photoshopés).
Texte de Loira.

Detail, au fait j'ai oublié, c'est moi qui l'ai fait.
Voila c'est tout pour aujourd'hui...