MUSIK INDUSTRY AWARDS 2K8
A la surprise de nombreux observateurs, la cérémonie des Musik Industry 2007 a levé en France une vague d’enthousiasme comparable à la libération de 1944, mais aussi à la coupe du monde en 1998 (remportée par la Hollande classique, comme chacun sait). Les Français ont ri, la consommation des ménages est repartie à la hausse et l’activité sexuelle hexagonale n’a jamais été aussi intense qu’en ce début d’année 2009. Mais voilà, la crise est advenue, ruinant les efforts de votre webzine chéri pour faire de la France un pays plus beau, plus juste, plus fort, plus Woodman. Malgré le contexte difficile, la plupart d’entre vous ayant sans doute perdu leur boulot et leur libido (ce qui, entre nous, est bien fait pour votre gueule), nous acceptons notre responsabilité d’institution qui dit « stop ! », d’anticyclone triomphant en pleine zone dépressionnaire.
Chers amis, vous pouvez désormais relever la tête et croire en des jours meilleurs : les MI Awards sont de retour pour un bilan complet ou presque de l’année 2008 ! La France de Vichy est en marche, soyez forts.
Award du « Kikoo lol mdr <3 » tenace
Notre lauréat 2007, The Beverly Secret, nous a adressé ses plus sincères remerciements. Grâce à nous, ses membres ont pris conscience de leur erreur et ont décidé de splitter. MI, Benoît XVI et le Bon Goût s’associent pour saluer cette sage décision. L’idée d’un suicide collectif pour clore leur « aventure » fait son chemin. Il n’y a rien qui puisse nous faire plus plaisir.
Cependant, vous l’aurez noté, le mouvement à mèche tend à déjà s’épuiser. C’est triste, mais nul doute qu’un courant plus ridicule encore prendra bien assez tôt la relève pour subir de plein fouet nos railleries les plus gratuites ! Pourtant, il est toujours possible de rencontrer à Paris un îlot de résistants, avec, à sa tête, Darkness Dynamite. Nous leur décernons donc un Award mérité, qu’ils pourront d’ici quelques mois emmener avec eux dans la fosse commune dans laquelle ils ne manqueront pas de finir. Avec notre aide s’il le faut.
Award de l’inépuisable running-gag
L’an dernier, nous avons beaucoup ri en apprenant que My Own Private Alaska était en contact avec Ross Robinson. Nous étions loin de nous douter qu’ils iraient toujours plus loin dans la supercherie : vidéos truquées, blog raëlien (« nous sommes des hommes meilleurs, des musiciens meilleurs, en harmonie avec la nature et le grand Tout, Ross nous a montré le chemin. Nous avons vu la lumière »), photomontages grossiers sur MySpace…la totale. 1 mois après le pseudo-enregistrement, le label de Ross Robinson met la clé sous la porte. On a bien ri, et on espère sincèrement que la grosse tête est une maladie qui se soigne mieux aux USA qu’en France. C’est la blague la plus chère de l’année, et, à ce titre, elle vaut bien une récompense.
Award du Caliméro ultime
Intense baston entre Minimum Serious et blablabla pour l’obtention de ce prix très convoité. Se tirant une bourre phénoménale de Calimérotage, les deux formations ont pleuré toutes les larmes de leurs corps meurtris par notre penchant pour la remarque blessante et facile, tentant l’impossible pour nous convaincre de la vilainie de nos jugements. On culpabilise grave. Les plus pointilleux souligneront la nomination extrêmement tardive de blablabla à cet award. Tentative de s’approprier l’évènement des MI Awards à des fins communicationnelless ou réel talent de footballeur italien ? Peu importe, nous ne saurons départager nos deux Cédric et décernons pour la première fois de notre histoire un Award ex-aequo. Tant de malheur méritait bien une récompense. Et un bisou, c’est promis.
Award de la déception scénique
Cette année, un mythe s’est effondré : Will Haven sans Grady ne vaut guère mieux qu’un The Arrs en mal d’inspiration. C’est dire l’étendue du désastre. Même le calvaire d’un concert de Torche inaudible affligé d’un anticharisme pétrifiant est une plaisanterie à côté de ces 10 années d’attentes déçues, bafouées et violées par ce sous-ersatz de la légende Will Haven. La fin d’un idéal, la fin d’une époque, une incroyable mi-molle sonore. Me reste plus qu’à découvrir que les ex-Breach jouent leurs titres en version zouk dans les restos végétariens de Stockholm pour m’avouer vaincu.
Award du connard fini
On ne va pas se mentir, il est difficile de faire mieux que Bernard Madoff en 2008. Être un enculé à un degré si pur, c’est simplement improbable : Faire disparaître 50 milliards de dollars comme on irait acheter du pain, c’est une chose, tenter de gratter les miettes restantes même une fois mis en examen, c’en est une autre pas moins fantastique. Nos amis les pauvres l’adorent. Au niveau de la musique, Axl Rose a été un beau Madoff pour sa maison de disque. Tant de temps et d’argent engloutis pour une sombre merde vendue à 745 exemplaires à travers le monde, c’est un bel exploit qui mérite bien l’appellation de « connard » certifié. Oui, Axl Rose mérite la mort, mais pas moins que Judd Apatow.
Award de l’abonné au banc de touche
Ruud Gullit ne décollera jamais, au grand jamais, son cul du banc de touche. Si par miracle il le devait, plutôt crever que de le laisser en pointe. Car, comme le dirait Jean-Claude Narcy, le plus brillant des journalistes officieux de MI, « on devait jouer comme ça dans les champs de coton ».
Award du meilleur webzine de l’univers
Pour la deuxième année consécutive, un sondage Ipsos révèle que Musik Industry est le webzine préféré des Français. Pourtant, nombreux auront été les accrochages inter-rédactionnels cette année, l’unité de façade a bien failli voler en éclats lors de joutes épiques depuis lors inscrites au panthéon des passes d’armes du web 2.0. Heureusement, les putes, la coke et notre infini respect pour le Maréchal nous ont conduit une fois encore à écraser pleinement nos concurrents jaloux de tant de talent. Nous sommes aujourd’hui le seul webzine qui gagne de l’argent grâce à son activité (principalement à base de chantage et de photos compromettantes), et nous comptons bien recruter Moundir de Koh-Lanta pour compléter notre équipe. 2009 sera MI ou ne sera pas.
Les MI Awards, c’est fini pour cette fois, mais comme les mauvaises herbes, ça reviendra.
jAck