J'ai vu ma mère sur la place du village, sourire aux lèvres, regardant les boulistes, l'instituteur, le boulanger, le buraliste. Le Poitou est un charmant voyage. la place de ce village du Poitou ressemble à Liglet où Lorène a passé sa prime enfance jusqu'à six ans "Je suis restée là avec ma mère. Mon père terminait alors sa médecine avant de faire son temps d'armée à Djibouti." La musique est présente partout. Maman joue de l'accordéon, papa du piano, de la guitare, de l'harmonica. Pas les grandes orgues de Brassens, mais quand même, ça aide.
D'autant que très tôt ses parents l'inscrivent au conservatoire de Lyon, où la famille s'est installée. "J'ai fait du piano, du chant, j'ai appris le solfège pendant cinq ans, tout en pratiquant la danse rythmique." Elle poursuit le piano chez un professeur particulier et exigeant, et pose sa voix grâce à l'orthophonie.
Elle continue d'écrire des chansons, textes et musiques. Cela ne l'empêche pas de passer son bac avec succès. Puis, c'est la rencontre avec Didier Barbelivien, qui la prend sous son aile, prodigue des conseils, l'encourage au travail pour progresser. Une nouvelle maquette voit le jour avec une chanson d'ailleurs de Didier Barbelivien, "L'Adieu".
Mais les choses n'ont pas été si simples. En panne d'inspiration, elle prend une année sabbatique, se renferme sur elle-même, se cache dans sa bulle, au risque d'attirer les critiques d'un entourage la trouvant un peu trop rebelle. "Le seul moyen de parler de tout cela, c'est d'écrire et chanter. J'écris rapidement parce que je mûris mon affaire dans ma tête avant de jeter sur le papier et la partition"
Admiratrice de Brel et Aznavour qui à son goût utilise des mots que personne plus prononce, Lorène aime Piaf et Barbara en plus de la musique classique. "J'écris des petites mélodies, des choses toutes simples", précise t-elle avec modestie.
Un premier pas vers une certaine reconnaissance, c'est le 27 avril à Bercy où elle chante devant 11 000 personnes une chanson de Didier Barbelivien sur les pas des champions du monde de patinage artistique en couple, Gwendal Peizerat et Marina Anissina. France 3 retransmet le gala et le téléphone se met à sonner: on recherche qui se cache derrière cette très jolie voix.
Lorène est ravie mais ne s'emballe pas. Elle continue à travailler au rythme des tournées. A donner de l'émotion. "Lorsque le film a touché à sa fin, j'ai pleuré dans mes mains, j'ai vu ma mère sur la place du village, le Poitou est un charmant voyage".