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Prowlings & Purrings (... and hissings, too)

Hélène



Last Updated: 12/11/2009

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[04 Oct 2009 | Sunday] 10:31 AM

Current mood:Floating
Category: Music
Passé toute la semaine dans un étrange feeling de jetlag, dû en partie j’imagine à mon rythme de vie décalé ces temps-ci, et surtout au fait que je ne suis toujours pas redescendue sur terre après le concert de Peter Murphy à la Loco, mardi dernier.

Pour faire bref et clair (les reviews musicales n’étant pas mon fort, j’le crains), c’était juste extraordinaire. Y a bien eu quelques couacs, In Broken English annoncé en première partie qui disparaît des affiches, aucun autre groupe sur scène finalement, Peter Murphy venant frapper à la porte de la Loco quelques minutes avant le début annoncé du concert, au milieu d’une foule trop étonnée pour réagir ^-^, l’ouverture par « Things to Remember » flinguée par un con de micro (frustratioooooon !). Mais tout ça ne pèse rien face à ce que fut ce concert, l’attention et la réactivité des musiciens, l’énergie de tout le groupe, la générosité des rappels, et wow, la présence sur scène d’un Peter Murphy, fluide et dynamique, souple et élégant comme un chat, s’éclatant à fond dans le son – que ce soit les nouveautés de son prochain album, des hits de Bauhaus, des reprises de Joy D. ou D. Bowie – et aussi, son rapport au public, la salle conquise, la façon qu’il a de chercher le contact visuel, tactile même, de se pencher pour chercher les regards dans la fosse. La grande classe, tout simplement, et pour la salle, un grand moment d’éclate et d’émotion mêlées !

Highlight (très très high, vers l’infini et au-delà) :
La cover de Bowie’s Space Oddity. Oh my ! J’avais téléchargé cette reprise sur Itunes, pas mal attirée par l’artwork qui l’accompagnait, et pourtant un peu hésitante au départ, parce que Space Oddity c’est Space Oddity, une chanson cultissime chantée par le plus bel alien from better space dont cette terre ait abrité l’exil, par l’incarnation de « l’homme tombé du ciel ». Space Oddity sans Bowie, c’est possible ? C’est possible, yes, quand on apporte à l’œuvre la voix d’un Peter Murphy, un son qui résonne avec un petit côté justement outer space-like par endroits, et par endroits très contemplatif, au point de me ramener parfois du côté des sensations de l’album Dust. N’empêche que David Bowie, quoi... – c’est ce que je me disais, avant ce mardi soir à la Loco pour le « Secret Cover Tour ».



Mais là, oh bon Zeus, là… La salle vire sombre, Peter Murphy fait signe à tous ses musiciens de s’allonger en même temps que lui sur le sol de la scène, il n’y a plus personne, la foule se fige, et là… oh bon sang, le son… la vibration des guitares au sol… elle est là, dans les pieds, qui remonte le long des jambes, et vous fait sentir combien vous êtes connectés à la terre, la gravité, les courants qui circulent le long de cet axe vertical – et vous fait pressentir, en même temps, l’arrachement, ça remonte, ça tire vers le haut, ça vous tire, loin, loin du ground control… Les pieds toujours plantés en terre, vous vous tendez pourtant, étirez le corps vers le haut, laissez la vibration s’étendre, résonner dans le ventre, la cage thoracique, investir tout cet espace infini en vous et vous captiver là, dans cette capsule de chair et de son, et ça monte encore, vers le haut, vers la gorge… Il n’y a plus que cela, le son, la résonance corporelle, le bleu nuit d’une salle où vous êtes seul et partie d’un tout… Mais le chanteur se lève, doucement, souplement, lui seul, et sa voix vous rejoint, une voix profonde pour évoquer la gravité et l’éloignement, la contemplation fascinée de l’infini, le détachement… woush, the longing in the voice, the stretching in the vibe…
Complétement transportée, j’étais, transcendée même, et toute la salle avec moi. Zeus sait combien cette chanson compte, combien elle représente pour moi certains moments où je n’arrive plus à détacher le regard et l’esprit de la contemplation du ciel, quasi incapable de communiquer (tell my wife…), détachée d’un monde où les medias s’intéressent aux futilités, où la pub vient plomber ce qu’il y a de plus grand, de plus exceptionnel – et ramenée finalement par cette petite voix qui murmure, Planet Earth is blue… Planet Earth turns grey – is there something you can do ? Mais ce soir-là, ah, ce soir-là Peter Murphy et ses musiciens m’ont fait décoller pour de bon, et un moment pareil, ça n’a pas de prix, pas de mots non plus pour lui rendre justice.



// Currently reading : Michel Rio Merlin ; antho Ténèbres 2007 ; Charles de Lint Drink Down the Moon ; Léa Silhol Fo/vea
Singing to the world : Bauhaus, “Double Dare”