PASCAL MONO
Ce qu'il y a de bien avec la télé-réalité, c'est que malgré les scénarios forcés, les manipulations, la fameuse « bible », tout ce qu'impose le genre… Un peu de vraie vie passe toujours. A travers les failles.
Ainsi à la dernière édition de la Star Academy, on n'a vu que Pascal Mono. Son regard abîmé derrière les lunettes, ses coups de gueule, ses poings serrés quand les autres l'ignoraient. En fait, il y avait, pour le coup, juste un peu trop de vie qui passait… ou de rock. Ce qui est souvent la même chose. Et, bien sûr, Pascal Mono, pourtant absolu favori, n'a pas gagné.
Ou si ! Plutôt. Il a gagné son insensé pari. Sortir des vingt ans de galères du rock en ce pays, gagner un peu de reconnaissance enfin, sans s'aliéner les purs.
Et ceux-ci se souviennent encore de cette superbe version de « Baby I am gonna leave you » de Led Zep joué et chanté entre deux cours…là-bas, au château. Alors que les « autres », qui n'en ont, sans nul doute et de toutes façons pas grand chose à faire de Led Zeppelin, n'écoutent pas et ricanent. On a envie de hurler devant le poste. Vos gueules !
Eux sont là pour la gloire. Pascal Mono était là pour survivre. Le patch anti-tabac collé sur le bras et la bouteille de whisky cachée. Alors il a tout gobé. Toutes les couleuvres, les cours de danse obligés, le sport à huit heures du matin comme le mépris des « autres ».
Et puis un jour, sur une chanson de U2, lors d'un duo imparable avec Johnny Hallyday ( « ma gueule »…comment n'aurait-il pas pu la hurler celle là ? Qui parle de lui…De tous les anti-héros. De tous les cœurs gros), le public s'est réveillé. Et l'a élu. Il fut le favori.
Comme s'il y avait une justice. Un Happy End.
Aujourd'hui, la tournée de la Star Ac, l'exercice obligé s'achève. Et Pascal Mono sort son disque. «Intact ». En blanc sur une pochette noire. Oh ! pas un truc bricolé à la va vite pour surfer sur la vague. Pas une réunion hétéroclite de chansons achetées aux plumes en vogue… Non, un vrai album. De lui.
Il y a de grosses guitares, des titres mid-tempo, des ballades et même une reprise de Led Zeppelin. Un son qui n'a peur de personne. Tout cela c'est finalement, bien le moins. Mais surtout, il y a ces chansons…qui ne ressemblent qu'à lui dont le single « Mon Epoque » donne le premier goût. Et cette voix immédiatement reconnaissable. Unique. Presque forcée.
Après mille et un groupes, Pascal Mono, Rocker niçois, est prêt, toutes dettes payées. La suite de l'histoire vous appartient.
Patrick Eudeline