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Corinne Douarre



Last Updated: 10/20/2009

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Status: Single
City: CHANSON Berlin / Paris
State: France
Country: DE
Signup Date: 9/4/2006

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Sunday, April 26, 2009 

Dans ma dernière rubrique je vous parlais du Tanjas Nachtcafé, scène disparue où sont passés la plupart des artistes qui font la Chanson Berlinoise d'aujourd'hui. Parmi eux, parmi elles, Cora Frost...


Cora Frost, la fille illégitime de Barbara et de Brigitte Fontaine version berlinoise


C'est hallucinant. Barbara est ressuscitée. Je ferme les yeux, je suis au théâtre du Châtelet et c'est elle que j'entends, c'est cette émotion, c'est sa force, sa féminité exarcerbée, c'est sa voix qui se déchire en sombres éclats. Un instant c'est bonheur de la retrouver, un pur miracle. J'ouvre les yeux : je suis au théâtre de l'Admiralspalast, au cœur de Berlin, en présence d'un autre miracle : Cora Frost. Entière. Sulfureuse. Fantasque. Incomparable.


Après vingt-cinq ans de carrière, Cora Frost, dont on dit ici qu'elle est la chose la plus dangeureuse que le cabaret allemand ait créée, est en tournée pour offrir le meilleur d'elle-même au public : son „Best of Rest of Cora Frost“. Le meilleur... de ses restes. Des restes certes, mais alors, pour un festin gargantuesque. Car Cora, comédienne, chanteuse, metteuse en scène et auteuse, ne sait qu'offrir. Avec elle, c'est Berlin dans sa démesure et son étrangeté que l'on rencontre. C'est du théâtre, de la danse, de la performance, de la poésie et du punk, mais avant tout, c'est de la chanson.


Le spectacle commence par le tournage d'un porno burlesque, avec lequel Cora et ses musiciens espèrent gagner un peu de sous. Ça rate. Cora portait pourtant pour l'occasion sa plus belle robe de mariée et son dodu pianiste, son peignoir de bain le plus laid... Plus tard elle nous glace le sang avec Oh, wehe,Schneewehe une chanson équivoque sur le petting en voiture. Puis elle nous attendrit avec son surréaliste Berlin, das liegt am Meer... Oui, il y a la mer à Berlin, demandez aux amoureux... La rêverie s'achève sur un gargarisme à la wodka à quatre voix avec ses musiciens, trois improbables complices, le fidèle Dert Thumser (piano), Toni Nissl (batterie) et Gary Schmalzl (guitares), qui ne se contentent pas de jouer, ou plutôt si, qui jouent, facétieux et comédiens à part entière. Tour à tour Don Quichotte, clown ubuesque, splendide chérubin, Cora est femme, elle est forte et elle se bat contre les moulins à vent...

De tous ses restes, ses ballades sont de loin les plus déroutants. Sa Wildschweinserenade (la sérénade du sanglier) par exemple, un grand classique tragicomique : dans une étable de Bavière, une fermière malade d'amour adresse une prière désespérée à Marie : si elle embrasse cette jeune citadine qui habite de l'autre côté de la montagne, Marie la pardonnera-t-elle ? Cora, diva lunaire, s'habille pour cette chanson d'un boa de plumes aux couleurs de nuit qui la couvre des pieds jusqu'au cou, sublime et effrayant à la fois. C'est un Ave Maria contemporain, beau à pleurer, que Cora Frost porte avec intensité comme une fleur noire à la boutonnière. Un autre de ses meilleurs restes, la plus grinçante de ses ballades, Die Ballade der Paula Maus, est entré dans le „Balladenbuch“ * aux côtés de Goethe et de Brecht. Pas étonnant, les chansons de Cora Frost ont l'évidence des contes. Et Cora a déjà tout d'une légende.


Cora Frost chante dans les clubs et les théâtres du monde, de Paris à São Paulo (sur son site il y a des vidéos d'elle en duo avec Chico Cesar, un régal). Le 16 mai elle apporte un peu de folie berlinoise à Zürich. Une excellente occasion pour un week-end garanti dépaysement...


Corinne Douarre, avril 2009


*Die Ballade der homosexuellen, kleinwüchsigen Krankenschwester Paula Maus, die ein gar schreckliches Ende nahm („La ballade de Paula Maus, l'infirmière naine homosexuelle, qui connut une fin tragique“).

Das Balladenbuch“, Frank T. Zumbach, éditions Artemis & Winkler, reccueil des plus grandes ballades allemandes

www.myspace.com/corafrost (officiel)

ww.myspace.com/cora_frost (fanclub)

www.corafrost.de (site officiel)

Vidéo de la „Wildschwein Serenade“ live au BKA-Theater, Berlin : http://bestoffrost.magix.net/website/programm.1.html   

Les Carnets berlinois  de Corinne Douarre sont publiés dans Le doigt dans l'oeil, revue musicale mensuelle


Janine

 
Je vais de ce pas écouter Cora Frost sur sa page myspace !

Merci Corinne, bisous
 
 
Posted by Janine on Tuesday, April 28, 2009 - 11:21 AM
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DJELLY SEYBA SACKO

 
merci pour votre amitie bonne carriere muisical
 
Posted by DJELLY SEYBA SACKO on Wednesday, June 10, 2009 - 10:23 PM
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