Je vais me Daliter
Molle comme une montre, me couler contre toi
Epousant chaque infime relief de ton corps,
Jusqu'à ce que je puisse, par chacun de tes pores,
M'infiltrer au travers de ton cuir trop étroit…
Je vais me Daliter
Me fondre dans ta chair et distendre ta peau,
Qui se craquellera en mille cicatrices,
Et je te bouffirai au point que tu ne puisses
Plus jamais te couvrir de tes vieux oripeaux
Je vais me Daliter
Ton corps me rejett'ra comme un mauvais greffon,
Un abcès purulent, une tumeur, un cancer,
Se tordra, se pliera pour tenter de m'extraire
Et se prendra de fièvre et de mauvais frissons
Je vais me Daliter
Et tu me cracheras, tu me transpireras,
Je deviendrai ta bile, ta morve, ta lymphe, tes glaires,
Je serai ces humeurs, ces fluides délétères
Rejetés par ton corps, épongés par tes draps
Je vais me Daliter
Et en m'évaporant je deviendrai les miasmes
Qui pourriront ton air jusqu'à ce que t'en crèves
Je remplirai tes nuits avec de mauvais rêves
Excitant ta douleur jusqu'à ton dernier spasme.