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Elise



Last Updated: 10/23/2009

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Status: Single
City: Noisy le Sec
State: Ile-de-France
Country: FR
Signup Date: 9/5/2006
Friday, July 18, 2008 

Category: Music
Le chant du Rossignol…

… ne m'avait encore jamais fait sifflé les oreilles. Voilà qui est fait !
Et celui dont j'ai le besoin viscéral de parler n'a rien à voir avec un charmant volatile bien connu de nos campagnes.

Je suis musicien professionnel, ingénieur du son professionnel et régisseur de festival. Ce que j'ai vécu cette semaine ne peut tolérer d'être laissé sous silence. Pas pour moi, ni pour « eux », mais pour l'entièreté du milieu de la chanson francophone, pour les artistes, pour garder l'espoir que l'on peut être dans des difficultés matérielles et cependant être heureux de faire un métier qui nous plaît.
Personnellement, j'ai la chance d'être belge ayant obtenu mon statut d'artiste. Je pense que parmi les français rencontrés, il y avait plus de RMIstes que d'intermittents.
Je me présente encore un peu avant de placer le décor : j'ai participé à une petite dizaine de concours avec la chanteuse que j'accompagne. Quels que soient les résultats, ils n'ont pas d'importance, ce ne sont que des concours qui comparent des talents. Deux pommes égalent combien de poires encore ? Ce n'est pas un « déçu du résultat » qui écrit ces lignes, mais un artiste en colère.

Cadre :
Une ville : Villefranche de Rouergue, au demeurant charmante bourgade des Midi-Pyrénées (12).
Un concours, comme tant d'autre a priori, qui comme tous les concours (ou presque) est organisé par une association.
Particularité et bonne idée : Autour des sélections et de la finale se déroulent des concerts des artistes dudit concours.
Enjeu : les sous ? Non, pas pour moi. Seulement une possibilité d'aller toucher des publics nouveaux, jusqu'ici inaccessibles.
Organisateur : Une association bénévole : Visa Francophone, organisatrice du festival-concours « Visa francophone » et de deux soirées de soutien « Tout le monde chante contre le cancer ».
Je veux d'emblée préciser que je m'en tiendrai aux faits, ils parlent d'eux-mêmes. Quelques commentaires égayeront ceux-ci…

Pour moi, l'aventure commence à Bruxelles, faire ses paquets, ne rien oublier, avaler les 900 km de route.. Rendez-vous avec la chanteuse à Lyon. Les premières infos tombent à Montélimar. Il fallait prendre nos draps, nos duvets, nos oreillers. Parmi les artistes rencontrés, peu le savaient, certains l'ont appris en route ou… sur place. Par chance, étant sur les routes pour quelques temps, j'avais cela dans mon véhicule.
Chance encore, nous avons un agent compétent qui sait relire des contrats, pointer ce qui ne va pas, par exemple de ne pas avoir les contrats la veille d'un concert… et nous encourager à ne pas monter sur scène tant que nous n'avons pas ces documents. J'apprendrai plus tard qu'en grande partie, les artistes s'étaient déplacés dans les mêmes conditions, sans savoir précisément les termes dans lesquelles nous allions passer pour certains une semaine, pour d'autres quelques jours.
Nous arrivons donc dans notre logement, l'internat du lycée. Soit, pas de souci pour moi.
Les associations qui défendent vraiment la chanson n'ont pas forcément les finances pour loger les gens autrement. Une chambre par groupe, six lits par chambre.
Gros hic : Rien ne ferme, ni les portes des chambres, ni les armoires… Seule la porte d'entrée du bahut était parfois fermée par le corps enseignant qui termine les obligations de sa profession en ce début de juillet… avec moi dedans et des artistes ayant une demi-heure pour se doucher… dehors. Merci tout de même à la bonne volonté du secrétaire de l'assoc qui nous fournira des cadenas (non, je ne me déplace pas avec mes cadenas…)

Second souci : le rythme scolaire, martelé par des sonnettes tout au long de la journée, nous réveille à 7h, 7h20, 8h10, 9h… même pour une sieste, je découvris que 18h10 est une des heures importante du rythme des internés… Quand nous signalons cela, on nous répond que l'on ne « sait pas » comment le stopper…

Premier concert : une « sieste musicale » : Transats pour le public, une scène en plein air. Par bonheur, les techniciens ont pu palier le manque absolu de matériel de qualité par une franche bonhomie, voire sympathie. Cela dit, le public ne s'y trompe pas, ils étaient tous sur le côté pour être à l'ombre ET pour ne pas avoir mal aux oreilles… Un catering nous était annoncé. Biscuits, fruits secs et eau.

De retour au bahut pour la nuit, nous retrouvons les mêmes biscuits, fruits secs et eau. Des cannettes de sodas trônaient aussi… je trouvai de bon goût d'avoir du jus d'orange. Ce qu'un de mes collègues artistes nous appris plus tard me fit soudain mal digérer celui-ci… toutes les cannettes (toutes !) étaient périmées de 3 à 6 mois minimum. Et quand on le signale, on nous dit que « on savait »… oups ! « Tout le monde chante contre le cancer » nous fourni des boissons dans un emballage aluminium périmé ? Bien malin celui qui me garantira avec certitude que c'est inoffensif.

Lendemain : premier jour du concours. Demi-finale dans un théâtre bien mignon, bien équipé. J'avais demandé plusieurs fois s'il y avait un piano, on m'a répondu deux fois que pour les concerts en plein air, ils avaient un clavier, mais au théâtre il y aura un piano… en arrivant, il y avait… un clavier. Moins bon que le mien que j'avais laissé à l'internat. Soit… Problème sans doute de langue entre du Wallon et du Français !
On nous annonce un « repas » : à voir la tâte du catering, j'aurais dû me méfier du « repas »… Un plat de taboulé, un plateau de charcuteries, un plateau de pain. Point. Pour 35 personnes ! Autant dire que le batteur qui avait laissé très sympathiquement sa batterie sur scène pour tous les groupes et l'a rangé en fin de concert n'a pas mangé ! Ah, pardon, j'oubliais : il y avait trois bouteilles en plastique de pinard rouge et trois de rosé, quelques jus… des biscuits, fruits secs et eau… et les croissants du matin !
Le lendemain, pour l'autre demi-finale, donc pour 50 personnes… même service avec tout de même 2 plateaux de charcuteries.
Au niveau son… joker ! L'équipe technique était tout de même composée de musiciens d'un orchestre de bal qui s'improvisent techniciens. Du retour non branché aux délais artificiels pas en rythme sur les voix, tout y était pour faire une grande fête digne du bal aux lampions de mon village quand j'étais petit. Je félicite aussi le mec aux lumières qui fait joujou en envoyant tout et n'importe quoi, qui laisse des gens dans le noir, qui utilise à en être malade les flashs, les trucs qui tournent, etc.
Le présentateur, ce cher président de l'association, ne savait plus où donner de l'humour. On ne jugera pas ici ses goûts qui transparaissaient… juste dire que les présentation inégales, voire insultante en ce qui concerne l'une des artistes, ne rehaussaient que très peu le bon goût général.

A ce moment de la semaine, ça cause, ça discute entre musiciens… ça commence à remonter aux oreilles du secrétaire… qui « n'y peut rien » et voit bien que ça déconne. Merci pour son écoute, mais je ne suis pas d'accord avec le fait qu'il n'y peut rien… au pire : une démission, c'est un acte ! Surtout qu'il est bénévole.

Merci au jury de cette édition, ils ont, eux, au moins fait quelque chose de bien, c'est d'être assis sur leur indépendance… comprenne qui voudra !

Les choses commencent ici à sentir le roussi… et moi, je commence à avoir les oreilles qui chauffent. Certains groupes ayant participé au festival (et donc au concours) se retrouvent après leur dernier concert en fin d'après-midi à apprendre que, comme ils prennent leur train le lendemain, ils sont priés de payer leur chambre d'hôtel… heu, pardon leur chambre d'internat de toute façons inoccupée… ça vaut bien 7 euros par personne, cette affaire, non ? Je ne sais s'ils l'ont fait. J'espère que non…

Entre nous, on commence à discuter cachets. Et là… oulala, on est en plein délire. Je remercie notre agent encore une fois, nous aurons eu deux concerts avec deux cachets normaux. J'apprends en revanche que pour certains, ils vont en arriver à payer pour jouer. 400 euros pour deux concerts à quatre jours d'intervalle, trois personnes, sans défraiement de trajet. Il faut parier sur le fait de gagner un prix au concours (payé deux à sept mois plus tard), sinon…

Je n'ai pas « aimé » ce que font certains artistes et ce que je fais ne plaira pas à tous. Mais ce que l'on peut affirmer, c'est qu'il y avait du métier, de la qualité, des pros, quoi ! Et on nous prend pour des adolescents qui débutent ou bien ? Jugez donc : Bardan', Wendy Nazaré, Jérémie Bossone, Guido Van de Meent, Coline Malice, Gaëlle Vignaux, Blague à part, Davy Kilembé, Elise Belmont, Soria, Lélian, Le cri du chat, YMH, Ma Saïsara…
Certains tournent depuis quelque temps, d'autres étaient au Printemps de Bourges, d'autres encore partaient pour les franco' (Spa et La Rochelle)…

La cerise : Le gâteau était déjà assez indigeste… voici que vient le grand week-end, celui qui intéresse tout le monde, la grand messe du showbiz qui se donne bonne conscience. La ville est remplie des affiches avec ce cher Nikos Aliagas qui tient une guitare (ah bon ? il est artiste, çui-ci ?), de banderoles annonçant le grand show. Une scène pro, du matériel pro, un village autour, service de sécu, tentes, bureau de prod', restaurant VIP… du vrai festival, quoi !
Je suis convaincu que des personnalités telles que Nikos, Nicolletta, Francis Cabrel, acteurs et autres « beau monde » viennent le cœur sur la main, en toute bonne foi soutenir une action qui a toute la façade de la bien-pensante humanité… j'espère que ces lignes leur arriveront et que la conscience qu'un festival à deux vitesse, ça ne tiendra plus très longtemps !

J'ai joué dans ce village, face à 5000 personnes qui faisaient la file pour ne pas perdre leur place et 30 artistes en petite grappe devant nous pour nous écouter. Le sound-check de la grosse scène avait pris 3h de retard… nous dûmes faire le nôtre en même temps. Dur de savoir s'il me fallait plus d'accordéon ou moins de boîte à rythme du « voisin »…
Nous attendons donc que cela se calme à côté. Quand l'organisation compris que notre concert pouvait gêner les réglages de la grande scène, nous avons appris que nous devions attendre, puis jouer seulement 30 minutes max.
Commence notre concert, écouté à peine par 5000 personnes, écouté vraiment par 30 artistes… Lorsque, au second morceau, j'entendis à nouveau la grande émettre des sons, je n'en croyais pas mes oreilles. Lorsque ce « son » venu d'ailleurs devint une sorte de cluster de piano (rien de musical, donc), je commençai à être bouillant. Heureusement, un coup de génie de ma chanteuse préférée me fit rire aux éclats. Rire nerveux, mais en improvisant la fin d'une chanson, en changeant les paroles en direct, elle arriva à faire cesser ce chahut irrespectueux.

Le dessert ? Le voici : Les artistes du festival ont été interdits d'accès à la grande scène ! La sécu était prévenue… Par ailleurs, les artistes du « festival » et ceux du « show » étant bien séparés, nous n'avions pas droit au buffet (à la mesure des stars qui arrivaient…) Lorsque, très énervé par tout ce qui précède, je tombe enfin nez à nez avec le président de l'association, je lui demande ce qui est prévu pour manger, il me dit rien. Lui présentant le contrat signé par son secrétaire, il était en rupture de contrat puisque page 2 figurait la notion d'un repas. Il m'a outré en demandant à vérifier par lui-même où c'était écrit ! Comme si ce n'était pas normal de nourrir les artistes de ton festival, Nicolas ! Et ce sera ma seule critique « personnelle », mais ce président a fait un choix. Un choix politique. Celui de la culture à deux vitesse.
Un autre Nicolas fait virer des présentateurs de JT « critiques » (enfin, si peu !) …

Voilà, je pensais ne jamais avoir à faire tel papier. Et il m'en coûte de le faire.
Pour les villefranchois d'abord, pour les techniciens ensuite qui, s'ils n'ont pas les compétences que j'attendrais, ont au moins une bonhomie communicative.
Mais c'est surtout un acte du cœur que je fais. Je veux que les artistes soient prévenus. Après, ils font comme ils veulent, mais il faut dire que cet endroit n'est pas fréquentable dans les conditions actuelles.
Je ne pense pas avoir un quelconque pouvoir de mettre par terre une machine sponsorisée par TF1, La française des Jeux, Disneyland, Crédit Mutuel, etc.
Je m'en fous d'ailleurs, mais le petit concours-festival annexe, pour lequel il n'y a aucun budget, qui est organisé conjointement doit faire parler de lui… en mal. A moins que quelque chose ne change profondément, la seule solution est de ne pas s'y présenter…

Espérons que les Myspace et autre Facebook montrent l'ampleur de leur contrepouvoir… Et pour ma part j'assumerai mes dires avec force. Je sais que les artistes présents n'en pensaient pas moins… puissent-ils avoir le cran, très simple, de diffuser ceci comme signe d'accord avec mes propos…

Et, mes amis, vive la musique !
Au plaisir de vous recroiser ci ou là…

Antoine Quinet
Michel P
Michel P

 
C'est ce qu'on appelle se faire "tailler un costard" !!! :-))
 
Posted by Michel P on Tuesday, July 22, 2008 - 10:32 AM
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