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CANNIBALE PELUCHE Le cinéma de genre au Havre

CANNIBALE PELUCHE TEAM



Last Updated: 11/27/2009

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City: LE HAVRE
State: Haute-Normandie
Country: FR

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Thursday, May 14, 2009 

Le Bras de la vengeance

[臂刀王/ Return Of The One-Armed Swordsman]

Hongkong /1969/101’/VOSFR (Mandarin)

Genre : Wu Xia Pian sanglant

Prod. : Runme Shaw pour Shaw Brothers. Réal. : Chang Cheh (aka Chang Cheuh). Ass. réal. : Wu Ma, Yeung Jing Chan. Chorég. : Liu Chia-liang, Tang Chia. Dir. art. : Chen Chi Ruey. Cost. : Li Chi. Maq. : Fong Yuen. Photo : Kung Mu-to (ShawScope - Eastmancolor 2.35 : 1) - 35 mm. Lum. : Kuan Ying Chuan. Mont. : Chiang Hsing Lung. Mus. : Wang Fu-ling. Des. Son. : Wang Yong Hua. Son mono. Scén. : Chang Cheh d'après les personnages créés par Chang Cheh et Ni Kuang.

Int. : Wang Yu (Fang Gang), Lisa Chiao Chiao (Xiao-man), Wu Ma (Kuan Hsien / Chevalier blanc), Yeh Fang (Kuan Huang / Chevalier noir), Ku Feng (Chiao Feng / Roi Grande-force), Liu Chia-liang (Yuan Chen / Roi Long-bras), Tang Chia (Sung Wen / Roi Roue-tranchante), Yuen Cheung-Yan (Teng Fei / Roi Illusion-céleste), Liu Chia-yung (Shih Hu / Roi Bouddha de l’enfer), Tung Li / Kang Hua (Tuan Shi / Roi Dragon-venimeux), Essie Lin Chia (Hua Niang / Reine Mille-doigts), Tien Feng (Ling Hsu / Roi Sans-forme), Lei Cheng (Lu Tung), Chung Wa (aka Lei Pin) (Lu Da), Sing Chen (Shan Hsiung), Chiu Ming (Lei Ming), Yu Fang (Ting Sheng), Pin Ho (Lu Lung), Hao Li (Hsu Lung), Liu Kang (Yen Yun), Cliff Lok Kam Tung/Chin Tung (Mu Quing), Tien Hsi Tang (le maître tué par Roi Sans-forme), Wang Ching Ho (Mu, chef du clan Tai-chi), Wang Kuang Yu (Chun Lu), Yu Lung (Chun Mu), Wang Chung (un sbire de Roi Roue-tranchante), Chang Hsi (l’aubergiste ; non-créd.), Hsia Hsu (non-créd.), Yasuyoshi Shikamura (non-créd.), Wang Tsing (non-créd.), Chui Chung Hok  (non-créd.), Tam Bo (non-créd.),  David Chiang Da Wei (le garçon de la taverne), Ti Lung (Lu Hung ; non-créd.) …

Casc : Chan Chuen, Dang Tak Cheung, Hsu Hsia, Lo Wai, Wong Mei, Wong Pau Gei, Yuen Woo Ping…

Titres alternatifs : Du Bei Dao Wang (HK) / Duk Bei Diy Wong (HK) / Return of the One Armed Swordsman (Int.) / One-Armed Swordsman Returns (HK) / Duk bei do wong (HK cant.) / King of One Armed Swordsmen (HK trad. littérale du mandarin) / Only Arm Sword King/続・片腕必殺剣 (Jap.) / เดชไอ้ด้วน ภาค2 (Thai.) / Kareteciler Krali (Çin Rüzgari) (Turq.) / La sfida degli invincibili campioni (It.) / El retorno del Espadachín Manco (Esp.).

Sortie HK : 28/02/1969 (Cat. II B). Inédit en salles en France. Distr. : Wild Side Films (DVD Fr. Zone 2 ; sortie le 06/04/2005). Projection DVD. Interdit – 12 ans.

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Ainsi qu’il est de coutume, une saison de Cannibale Peluche ne saurait se clore sans avoir payé son tribut au Wu Xia Pian - ou film de sabre chinois -  genre aussi foisonnant qu’inventif dont la Shaw Brothers compta quelques furieux artisans et théoriciens.

Après Chu Yuan et son Sabre infernal [The Magic Blade/Tien Ya Ming Yueh Dao] (1976), que nous vous invitions à découvrir en novembre 2006, c’est au tour de Chang Cheh d’être à l’honneur avec le volet central de la trilogie du Sabreur Manchot. Généralement éclipsé tant par l’opus inaugural (Un Seul bras les tua tous [獨臂刀/One-Armed Swordsman]) (1967) que par un ultime épisode en forme de réinvention radicale du mythe (La Rage du Tigre [新獨臂刀/The New One-Armed Swordsman]) (1971), Le Bras de la vengeance est de fait un film rejetant volontiers rigueur thématique et approfondissement psychologique pour s’adonner avec panache aux joies du serial bondissant et éclaboussant.

Nous y retrouvons Fang Gang, le désormais légendaire Sabreur, devenu humble paysan sous l’influence de son épouse Xiao-man, bienfaitrice - ou castratrice ? - providentielle qui lui avait sauvé la vie à l’issue de son « accidentelle » amputation brachiale. Ecœuré par les incessantes luttes de pouvoir faisant du Monde des arts martiaux un perpétuel charnier, Fang Gang décline la proposition de louches chevaliers noir et blanc de participer à un tournoi réunissant moult écoles. Las, la rouerie des disciples d’apparences les plus nobles comme la férocité de huit rois jouissant de semer la mort sur leur passage l’obligent à sortir de sa retraite…

Ce postulat d’une confondante simplicité permet dès lors à Chang Cheh, érudit barbare, de conjuguer rencontres invraisemblables et trépas douloureux en pliant les péripéties feuilletonesques chères à la littérature martiale chinoise à son goût immodéré pour l’héroïsme sacrificiel. Si les futures circonvolutions des récits de Chu Yuan ne sont pas loin, le but est moins ici de toucher au baroque raffiné que de composer un petit laboratoire formel entre tradition et extase sanguinolente appelée à marquer le genre. Décidément un épisode de transition à bien des égards.

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Notes :

- Librement inspiré d’un roman de Jin Yong, The Mythical Crane Hero, dont le protagoniste, Yang Guo perd son bras coupé par sa sœur, ainsi que par la tradition des films de sabre japonais mettant en exergue les exploits de héros handicapés (Zatoichi, le masseur aveugle ou Tange Sazen, le rônin borgne et manchot), le personnage du Sabreur Manchot est une des figures les plus populaires du cinéma hongkongais. Daniel Lee puis Tsui Hark donneront respectivement en 1994 (Frères d’armes [What Price Survival]) et 1995 (L’Epée de la vengeance [The Blade/Dao]) une relecture très personnelle de ses origines.

- Riche de 94 longs-métrages – parfois cosignés de ses assistants - la filmographie de Chang Cheh (10/02/1923 – 22/06/2002) couvre tout un pan de l’histoire du cinéma local, de l’âge d’or de la Shaw Brothers à la décadence du studio amorcée à la fin des années 70, en passant par un épisode taïwanais. Auteur de romans, d’articles, de poèmes et de critiques de cinéma puis expert en calligraphie, Chang Cheh dit « l’Ogre de Hongkong » a su conjuguer érudition et obsessions très ambigües vis-à-vis des figures héroïques pour révolutionner tant le cinéma martial que l’approche cinégénique de la violence. L’éclosion de son univers marque la fin de la tradition des dames d’épée au profit d’une virilisation spectaculairement sanglante du genre. Son influence continue à être sensible chez John Woo – qui fut son assistant et qui coréalisera en 1989 le polar collectif Just Heroes [義膽群英/Yi Dan Qun Ying] dont les recettes étaient destinées à assurer la retraite du «Maitre » endetté - ou chez Quentin Tarantino qui, à la faveur les génériques de Kill Bill Vol.1 et 2, lui réservera une place dans son panthéon des « chers disparus » du cinéma d’action, aux côté de Sergio Leone ou de Charles Bronson.

- On aura à cœur de ne pas confondre ce Bras… avec Le Bras de la vengeance [The Brave Lion] de Ng Fei-kim (1974), obscur kung-fu pian qui, lui, connut une sortie dans nos salles mais qu’une flatteuse homonymie ne semble pas suffire à sauver de l’oubli le plus total.

                                                                   Hyacinthe Cannibale


Jeudi 28 mai 2009 à 20h30 au Studio (3 rue du Général Sarrail, Le Havre). 4,50 €. Séance unique présentée par
Cannibale Peluche.

かみそり半蔵

 
Posted by かみそり半蔵 on Thursday, May 28, 2009 - 01:12
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