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Psalmodies Journal d'une femme de cendres

Yaël

Yaël Hirsch


Last Updated: 9/8/2009

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Gender: Female
Status: Single
Age: 27
Sign: Pisces

City: Paris
State: Ile-de-France
Country: FR
Signup Date: 9/18/2006
Thursday, November 20, 2008 

Semaine à nouveau riche en rencontres dans un New-York un peu ralenti par les zéphyrs de l’hiver. Mais le froid ne m’a pas arrêtée grâce à mon meilleur ami : un grand manteau de fourrure 100 % sentier. Eve est partie aujourd’hui, après trois mois de compagnonnage qui ont fini de nous lier. Avec Eve à la maison, j’ai eu l’impression d’avoir une sœur pour la première fois. Et tout ce qui va avec : échanges de fringues, discussions nocturnes sur les hommes ou sur l’avenir des associations juives en France et aux Etats-Unis, et bien sûr ces pointes vivifiantes d’énervements qui vous saisissent quand vous connaissez trop bien quelqu’un. En l’aidant à descendre sa grosse valise rouge pour rejoindre le taxi que je lui ai commandé direction l’aéroport, j’avais vraiment du mal à croire que nous ne nous sommes rencontrées qu’en mai dernier sous le soleil dur et poussiéreux de Jérusalem. Sa soirée d’adieu a eu lieu lundi, où le mélange des genres et des gens était assez explosif. Attablés au café Le monde, il y avait aussi bien de brillants étudiants internationaux que des juifs français séfarades dont l’univers se limite à la finance. Hier, nous l’avons fêtée en plus petit comité. D’abord en buvant trop de champagne au lancement très chic d’une voiture électrique avec une semaine d’autonomie et un design ultra-chic. Puis dans un restaurant iranien, délicieux au point que j’étais ivre de riz. C’est étrange, tout se rejoint : Eve est passionnée de civilisation perse et ma meilleure amie d’adolescente était iranienne. Alors, malgré moi, la langue, la nourriture, et le raffinement perses me sont étrangement familiers. J’ai aussi pris la décision solennelle de m’activer autant à New-York qu’à Paris, et qui m’aime me suive. Dans le week-end j’ai ainsi vu deux opéras, dont un seule, un film (euh le James Bond, c’est pas non plus toujours de la haute culture avec une cuiller à soupe, comme disent les allemands), deux expositions –traversant à chaque fois avec émerveillement un central park aux couleurs caramélisé par l’automne), et une pièce de théâtre (avec une Kristin Scott-Thomas exécrable dans la Mouette de Tchékhov, n’ayant pas encore trouvé de copains comédiens, je ne sais pas quoi choisir sur Broadway). Ma vie universitaire avance, de rencontre en rencontre et de livre en livre. Cette semaine, j’ai douillettement dormi à la conférence de Charles Taylor, un des papes de la théorie politique, qui était soit très fatigué, soit un peu sénile. En revanche j’ai été très impressionnée par les deux conférences données par Quentin Skinner sur la liberté. Au-delà de ses talents de rhéteur, et de son charme anglais (la copine qui m’accompagnait s’est soudain senti l’envie de manger des chips au vinaigre et de faire du shopping chez Vivien Westwood), la connaissance encyclopédique était là, et le puissance de l’analyse aussi. C’est très vivifiant. Le dîner qui a suivi avec la professeure dont je suis l’assistante et un adorable post-doc belge a aussi été très stimulant. Ce soir, je bois un thé avec mon auteur vivant préféré : Arnon Grunberg et ce week-end je dois rencontrer deux professeurs, dont Peter Gay, né en Allemagne, exilé car juif et spécialiste de Freud et de la République de Weimar. Niveau sport tout va bien aussi. Le yoga est un exercice difficile, parce qu’il faut être doux avec soi, ce que je ne sais pas faire. C’est seulement en laissant couler ma fatigue hier, et mon incapacité à faire certains mouvements que j’ai pu à la fin réussir un équilibre. En bref, New-York me réussit au teint et au moral, et last but not least, je crois que j’ai trouvé Où j’allais commencer à écrire ma thèse dans deux mois : la bibliothèque de musique a non seulement une collection qui me nourrit à l’intérieur, me purifie (la musique baroque est toujours ma dialyse cérébrale préférée) mais aussi un havre de paix et d’inspiration.