MySpace


Le CABARET des FILLES de JOIE

Cabaret Des Fille


Last Updated: 11/21/2009

Send Message
Instant Message
Email to a Friend
Subscribe

Gender: Female
Status: Swinger
Age: 101
Sign: Taurus

City: Wonderland city
State: Ile-de-France
Country: FR
Signup Date: 9/26/2006

Who Gives Kudos:


Wednesday, September 27, 2006 

Category: Life
Même sil existe de nombreux précédents au travers de lhistoire, la maison close tolérée par les règlements de police fait son apparition sous le Directoire et disparaît un siècle et demi plus tard.

Pour quil y ait maison close, il faut tout dabord une tenancière. Elle a fait la demande aux autorités municipales, ou, (à Paris) à la Préfecture de police pour demander louverture de létablissement. Une enquête est menée, et la préférence est donnée à des femmes dexpérience, âgées de plus de trente ans, souvent anciennes prostituées elles-mêmes. Il est exigé que le numéro sur la rue soit éclairé, rouge, et élevé à une hauteur dhaut moins soixante centimètres du sol par rapport à la chaussée. Les règlements imposent par ailleurs que les escaliers et que lintérieur de la maison soit éclairés en permanence. Des restrictions sont également édictées quant au voisinage : les maisons ne peuvent être installées à proximité immédiate dun lieu de culte, dune école, ou dun édifice administratif. Le propriétaire des murs doit également donner son autorisation pour lexploitation de son immeuble. Il en profite généralement en exigeant de hauts loyers, encore augmentés quand le bail est renouvelé.

Photobucket - Video and Image Hosting

Autre aspect de la maison close : une hiérarchie : la maîtresse de maison règne sur une sous-maîtresse, des domestiques, et un minimum de deux filles prostituées. Connaissant clairement les lieux de prostitution, les autorités se réservent le droit de révoquer du jour au lendemain la tolérance accordée, si le scandale est dû à cette maison. La surveillance est également une surveillance sanitaire, puisque les filles doivent être inspectées régulièrement, jusquà trois fois par mois. Ainsi, pense-ton, les risques de propagation de la syphilis sont réduits à néant, ou presque.

Une loi promulguée en 1839 précise que la prostitution ne peut sexercer que dans le cadre de ces maisons. Ce texte est le reflet dune pensée juridique qui nest pas sans rappeler le « grand renfermement » souhaité par les autorités du temps de Louis XIV : les mendiants, les vagabonds et les filles publiques étaient alors passibles de lHôpital général.


Sous Louis-Philippe, la bourgeoisie qui a politiquement triomphé après les Trois Glorieuses prend rapidement conscience de lexistence de « classes dangereuses ». Les opposants politiques, les ouvriers, les pauvres et marginaux en général, les prostituées en particulier en font partie. Les uns et les autres sont fichés et/ou enfermés.

Au bordel, les pensionnaires doivent être inscrites sur un registre, tandis que la maîtresse de maison doit scrupuleusement consigner leurs allées et venues. Cette volonté denfermement se retrouve également dans le règlement parisien qui impose que les chambres et dortoirs où dorment les filles soient munies de fenêtres grillagées. Privées de possibilité douverture sur lextérieur, les filles font partie des meubles de la maison dans laquelle elles décident dentrer. La fille qui entre, le plus souvent parce que la nécessité ou la misère ly a poussée, ne possède en sortant que le peu avec lequel elle a fait ses débuts. Dans la maison, elle découvre une vie collective de tous les instants, presque une vie cloîtrée. Les repas se prennent sur place, le couchage a souvent lieu en dortoir, les temps dattente du client se passent en commun dans les salons. Les sorties sont rares et également en communauté. Dans ce monastère du plaisir, dans ce pensionnat du sexe, une seule chose ne se partage pas équitablement : largent. Il revient dans sa quasi totalité à la maîtresse de maison, la fille ne touche quun pourcentage auquel sajoute une somme remise de la main à la main par le client. Le peu quelle gagne lui est toutefois ôtée par sa patronne qui est son unique fournisseur et à qui elle doit acheter tous les objets dont elle a besoin (bas, linge, etc). De fait, entre le prix de pension quelle paie et les faux frais dont elle est accablée, la fille de bordel ne touche aucun profit de son activité. Loin de là, elle est même endettée auprès de la maison où elle entre. Tel est le moyen pour la maîtresse dexploiter le corps des autres.

Il existe toutes sortes de maisons closes. Aujourdhui, ce terme évoque un endroit confortable et avenant, composé pour le plaisir. Ce type détablissement de grande classe, dits maisons de grande tolérance se rencontre surtout à Paris, mais ils ne sont pas légion. Le Chabanais, le One Two Two, situé lun rue Chabanais, derrière la Bibliothèque nationale, lautre au 122, rue de Provence rentrent dans cette catégorie. Le luxe y est tapageur, fait de moquette épaisse, de lambris bien dorés, de fauteuils confortables, de tableaux grivois et de tentures lourdes. Le choix de filles y est large et leurs « spécialités » sont variées. En outre, létablissement dispose dun large éventail de chambres, chacune pourvue dun décor spécifique, propre à émoustiller lhomme qui sinstalle sur le lit. Le client fidèle peut même obtenir plus, surtout sil est un homme de qualité : cest ainsi que le Prince de Galles, futur roi dAngleterre sous le nom dEdouard VII, dispose en permanence dune chambre au Chabanais, dans laquelle il oublie les contraintes du puritanisme victorien. Pour le distraire, il dispose par exemple dune baignoire rutilante, dans laquelle il fait couler du champagne et invite plusieurs filles. Il a du lui arriver de croiser, ou plutôt dentrevoir, car la discrétion est requise dans ces lieux, dautres têtes couronnées dans cette bonne maison, car le « Chabanais » est inscrit au programme des visites inscrites au protocole de lElysée. Ce genre de Relais et Châteaux du plaisir est rare.

Plus courante est la maison de quartier moins chère, moins luxueuse mais bien tenue. Le client entre, les filles disponibles sont rassemblées dans le plus beau salon, il fait son choix. Il est à noter que, hormis les habitués, nul ne doit se croiser dans létablissement. Le client qui part emprunte donc un autre escalier que le client qui monte.



Photobucket - Video and Image Hosting


Plus nombreux sont les établissements où la gaieté nest pas réellement de mise. Dans les faubourgs, les filles sont livrées à des ouvriers, à des soldats, à des marins qui viennent consommer sexuellement pour un prix à peine supérieur à ce qui leur est demandé pour un verre dabsinthe Berthelot. Les filles sont contraintes deffectuer leur besogne mécaniquement dans des endroits souvent malpropres, voire répugnants. Dans ces bouges de dernier ordre, lalcoolisme et la violence font partie du quotidien. Toutefois, ces établissements sont en conformité avec la loi.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, et plus encore à partir de 1880, des ligues féministes, des autorités ecclésiastiques, des voix politiques sinsurgent contre lesclavage pratiqué dans les maisons closes et militent pour leur fermeture. Elle est effective en 1946, en application de la loi adoptée sur proposition de Marthe Richard. Il convient parallèlement de souligner quen même temps que les « abolitionnistes » tempêtent contre le bordel, ce dernier est sur le déclin. A vouloir trop encadrer, trop réglementer, trop entourer, les autorités ont chassé le client qui est désormais plus émoustillé par la fille « insoumise », prostituée clandestine ou occasionnelle, ou par les maisons de rendez-vous, où les femmes parfois mariées ne sont là que quelques heures par jour.
Tatieva©

 
Etonnant et fascinant tout à la fois.
Je n'en connaissais pas tant sur ce sujet qui me tient à coeur...
Merci de partager cela avec nous !
Bises
Eve
 
Posted by Tatieva© on Saturday, March 15, 2008 - 13:48
[Reply to this