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Thursday, November 02, 2006
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Category: Dreams and the Supernatural
En novembre il fait froid, les esclaves s'échappent…
Décollage imminent, dans ma tête je ne suis pas encore parti, enfin si… Mais… Tellement d'incertitude… L'heure de goûter l'inconnu... Affamés, nous plongeons dans le vide, trampoline ou chute has been ? Une question sans doute parmi cent.
Quelle heure est il ?
Pas de montre, pas de connexions aux réseaux des fuseaux. Temps absent. Il fait nuit presque depuis notre départ : Treize heures trente, début du vol sans fin où danse la nuit.
Le voyage : construction du sage, destination finale.
De quoi sera faite la prochaine journée ?
De vol longue distance, d'attente et de patience. Des heures d'avions, des heures où les glands ne douillent plus entre deux achats à l'high-tech' aéroport de HongKong. La satisfaction de l'inconfort, comme s'écrouler sur un banc en pleine phase Jet Lag, suant et ébahi. Noyé dans l'immense diversité en ébullition que nous scrutons d'un œil embué à l'air de hublot rabougri.
Intrigué. Dans l'aquarium asiatique, les sirènes excentriques que nous sommes observent, joyeusement décalées.
Arrivée-Départ, vie de gare. Un mouvement statique permanent et jouissif.
Première étape " longue durée " : Sydney.
Arrivée.
Arrêt de quelques jours, prise de température de l'australienne zen way of life. Les premières balades découvertes. De la baie du célèbre opéra aux nombreux parcs, du Gaelic pub où nous avons aperçu les Bodyjar, rock stars locales gentilles, perpétuant la tradition d'un rock ensoleillé basique, suscitant malgré tout le plus grand défoulement des amateurs sorties en grand nombre. Ambiance rock sans anicroches ! Et nous, les petits frenchies au milieu de ce fashion capharnaüm festif sommes accueillis à coup de pintes amicales et de sourires faim, surprenant, pour notre premier concert en terre d'Ayers Rock. Nos figures " IN " s'illuminent malgré nos yeux de mecs tout droit sortis d'un marché dominical après une folle nuit blanche de beuverie. Scotchés en plein milieu.
Départ
du Surry Hills bohême, Arrivée au King Cross nocturne agité et sexuel. Quartier de bonheur entre deux passages au City Center. Là où s'accumulent backpacker hostel, bars à djeunes, job center, office de sectes multiples et diversifiées. D'autres alternatives prédéterminées contre l'ennui aussi…: Music shop aux rayons "indé " majeur, point info pour porteur de sac à dos, où trouver " tous les bons plans " des sentiers soigneusement abattus spécialement pour ceux recherchant des expériences touristiques pas trop dangereusement organisées. Et puis, aussi, détail somptueux, la rencontre sur un nuage saint, d'Holly, Rock'n'roll girl from Wales, fan des Queens of the Stone Age à la veille du grand soir de départ en Bus pour le Queensland tropical. Perdre le nord ; Sur un bord de plage une rencontre de celle qui n'arrive qu'aux autres, que l'on n'imagine même pas sortir des cadres du septième art, et surtout pas arriver à soi…
- -do you've a lighter ?
- -no, sot rit.
T'as vu, t'as bien vu ? Oula, oulala, marche arriére.
3 -wahteuh arre you dooing hieure alone so late ?
Basculation intemporel, bulle du langage universel.
4 -Beau t'es, tu sais ?
Discussions, autour d'un verre qu'elle tient à m'offrir. Dans le sable. Rencontre sur un banc, nos yeux plongés dans notre océan pacifique parsemé de reflets étoilés, de braises incendiaires. Un dernier regard complice en attente de retrouvailles. Un By By à l'américaine très très tendre et si frustrant…le nuage s'évapore, éclaircie !
Déjà nous devions nous échapper. Quitter la ville branchée des petits surfeurs surfaits dans le super artifice Yeal, cervelle en vacances sans FREUDonner sous le soleil de plomb. " Bye by Bondi beach it's our time now ". Nous allons découvrir l'état d'esprit de l'accueillante Australie. La peur de nous retrouver nez à nez avec le billet retour en main avant même d'avoir tout commencé a été balayé par la trentième voix patronale contacté via le téléphone. Sept heures à faire le pied de grue en multipliant les coups de pieds dans la cabine, pignon sur rue, 28 dollars de carte téléphonique, la " Galère "… vogue. Départ immédiat dans la foulée, précipités nous nous ruons vers la bus station et, pour 700 dollars nous décrochons deux tickets gagnants : l'aventure sans futur déterminé, 36 heures de bus parsemées d'arrêts insolites…
Traversée express de toute la côte Est afin d'atteindre le point de notre premier emploi : Cardwell renommé plus tard The nawakbled.
L'incertitude persiste, pourra-t-on réellement travailler malgré notre absence de visas ? Le patron ne semble pas avoir tilté mais si jamais à l'arrivée, il nous jette ? ? ? Seule sa voix au bout du phone " I get a job for you ", la possibilité de ne pas avoir à rentrer dans l'échec d'une recherche de grandeur avortée...
Quelles seront les surprises ? Quelle sera la grandeur de notre étonnement ?
Dans le bus, prise de conscience, excitation : le voyage est lancé. Montée en puissance (vers toujours plus d'excellence). Nous connaîtrons certainement des descentes mais n'est ce pas le risque de jouer, de nous laisser secouer et enivrer ? Goûter…
Le voyage, drogue qui s'est emparé de nos Esprits sauvages. Fin sans début, début avec faim.
Tout est à commencer, tout a un bout et un autre.
Tout a commencé quand il a fallut se délester de nos Boulets. Tout a commencé lorsque cette idée de voyage s'est mise à germer. Tout a commencé par juste un peu de volonté, affronter les scepticismes multiples, tuer les casseurs de rêves et clore les débats. Tout a commencé à l'horror d'un énième réveil avec encore et toujours la sensation de sortir d'une tombe pour en rejoindre une autre.
Tout a commencé dés l'Or d'une décision indubitable, réfléchie. Partir pour survivre, puis vivre et voler, puis… on verra après…
Tout à commencer par le Début. Et il n'y eut aucune fin, rien pour entamer notre projet de tout quitter, nous en aller, larguer les amarres et nous-même dans le sème mouvement. Nous retrouver sans repères, sans goûts amers. La soif d'une vie plus efficace, d'un voyage plein d'audaces, plein de nouveaux paysages et d'autres visages. Découvrir notre face et notre pile sans jeux de hasards mais avec la volonté de créer l'identité qui pourrait coller à nos photos.
Tout a commencé lorsque nous avons posé le premier pied sur le sol de Sydney. Ou alors en montant dans la fin du quotidien, train-train, by baille, routine, loyer impayé, notes d'électricité, programmes télés. Finito le tour du pot ! Ô feu sacré…
Ou cette fois, toutes ces fois ou il y eu les " Pourquoi " ? " Pourquoi ça " ? " Pourquoi là bas " ? (Pourquoi quoi ?) " Quoi faire ? ". Mystère dans nos réponses, évasions dans nos propos, pas de raisons, seulement toucher le Beau, nous faire plaisir sans altérer notre vision de substance...
Tout a commencé lorsqu'il ne fallait pas sauter dans le bus.
Calcul à l'avance, il ne restait qu'à accomplir la mission sans méfiance ni déviance.
Sauter d'un côté à l'autre. Que choisir ? Où s'échapper ? Rester dans la piscine-bassine de l'hôtel du capo Stewart the devil manager ou aller se baigner ?
L'électron libre lukolaï n'avait que faire de toute cette facilité mue par la vulgarité. Aller jouer et chanter dans le waterhole du coin, avec les autres prolos en herbe semblait avoir plus d'importance que de caresser les seins et manger le vagin de la jeune Ozie en balade. " The only thing she wants is feel your dick !" transmet son amie, des fois qu'on est pas compris l'attitude extrapouf !
Bienvenue en Oz ! Cette subtilité restait gravée dans la tête du chanteur béat, peu soucieux de la rock'n'roll attitude. Il était loin déjà le temps passé à arpenter toute la connerie de nos villes pour espérer jouer les débiles et découvrir un corps malhabile, facile, à faire jouir... ennuyeux d'avance. Désormais c'était " les vacances " et le travail usait l'endurance ; Aucune envie de bander l'arc et tirer le moindre gibier. Ce n'est pas les thons, sangliers et vache a lait qui manquaient mais le jeune rêvait à d'autres aspérités, l'arc désaccordé.
Le quotidien avait bien changé…
Et une longue journée s'annonçait, pas de travail pour nous aujourd'hui, pas de plage, les crocodiles de mer et les méduses mortelles s'y faisant la vie belle. Pas de Pub non plus car nous n'avons pas encore de cash à liquider.
Mais devons-nous hurler d'insatisfaction ?
Nous subissons d'être perchés dans ce trou paumé même pas très beau et où surtout nous ne pouvons pas profiter de l'aspect côtier du contey, où de ce fait il y a peu de touristes et beaucoup de Redsnakes, goguenards. Nous nous devons d'assumer le fait de ne pas avoir de visa de travail, le fameux " working holliday visa ". Nous sommes obligés de nous plier aux conditions qu'elles soient agréables ou pénibles, n'étant pas maîtres de notre situation lorsqu'il s'agit de ramasser du pognon. Nous pourrions toujours refuser la loi du marché, refuser de nous prostituer mais nous souhaitons rester en Australie au moins le temps de notre premier six month tourist visa, sub class 686, no work, max 3 months study….
Alors nous enterrer à Cardwell the nawakbled, c'est la moindre des choses, le moindre mal pour nous offrir l'indépendance et l'aventure escomptée.
Etat des lieux. Dans un village de campagne, un vrai, pas besoin de trop visiter de toutes les façons il n' y a pas grand chose, et les branleurs locaux nous ont déjà menacés d'assassinat à grand cris de " it's my land ! go back ! go back ! ", Je connais la situation pour m'être souvent mis dans de tel endroits, la cause de la recherche de l'or roi. Bled paumé donc, on pourrait penser que l'on va se mettre un max de blé de côté (à moissonner les fragiles bananiers préts à craquer sous le poids de régimes très lourds qui nous brisent les épaules, cassent nos jambes et coupent nos dos ; à nettoyer les bassins boueux gorgés de Tiger Prawns sous la pluie tropicale ; à cuire dans des champs d'ananas déchiquetant nos peaux malgré une combinaison spéciale protégeant autant du soleil que des piques; en attendant de bouger, transpirer des litres et des litres d'eau et se construire une nouvelle peau) c'est sans compter la ruse pernicieuse du système d'exploitation de la machine à faire du pognon. Nous voilà comme deux cons à ne pas savoir comment tourner en rond, travaillant à dépenser notre argent afin de :
°Manger pour vivre, essentiel et nécessaire, vital même, on ne saurait faire sans !
°Payer le logement, un lit métallique pourri dans un dortoir énorme, comme le coût de la nuit.
°Payer un peu de picole, au bar pour socialiser, décompresser, communiquer avec les autres backpackers enterrés.
°Payer Internet, cher car la technologie à la campagne ça coûte, sans doute devrait-on couper plus les ponts avec notre civilisation ?
On se retrouve à travailler, vivre exploité, végéter, transpirer. Du côté de ceux qui se font abuser. Comment se réjouir et vivre heureux et non blasé, lorsque l'on sait que cette situation exceptionnelle pour nous et que nous avons sinon désirée du moins cherché en venant ici, cette situation donc, est celle de milliards de gens pas " choisissant " sur la Terre. Sur cette navette endommagée assurant la croisière jusqu'à " l'autre côté " tout est fait pour soutirer du fric aux ouvriers, à ceux qui n'en n'ont pas. Il ne s'agit pas de critiquer le maître d'hôtel, semblant au demeurant sympathique, il fait son business. C'est compréhensible. Il a eu la bonne idée de monter son hôtel (même) si précaire, et de pactiser avec les paysans du village dans un arrangement devant ressembler à celui-ci : " Je les héberge, vous les faites bosser, tout le monde peut profiter de la marchandise bon marché ".
Le village entier doit se réjouir de l'afflux chaque été d'une soixantaine de backpackers désireux de travailler et d'engranger de la monnaie. Car le village sait qu'il y aura bien de la maille à filer sur le dos de ces voyageurs qui devront vivre et surtout dépenser. Alors encore du " Par ici la monnaie".
Pour ne pas m'ennuyer il faudra trouver une alternative, je n'ai qu'un seul livre. A propos de politique, de rebellions, de résistances et d'insoumissions. Adapté à la situation.
Parce que je fuis pour ne pas m'enfermer dans une vie stéréotypée (illusion que ceci…?).
Parce qu'il me semble que travailler pour survivre c'est pour résumer, un TRUC D'ENCULE. Formule vulgaire certes mais le vulgaire a le mérite d'enfoncer la réalité dans une vraie définition d'elle-même.
Parce que l'on est soumis à la nécessité de se faire exploiter, pour assumer nos rêves et fantasmes, nos frasques et notre enthousiasme...
Illusion donc que celle de quitter une vie stéréotypée ? En effet, quitter le foyer, les amitiés, la région, nos " situations ", la tombe douillette aux quatre coins, (Hé ! dort…c'est mieux) semble difficile. Pourtant peut être n'est ce que lâcheté, impossibilité de vouloir se confronter à la vie telle qu'elle est faite dans notre société. Refus de grandir, de s'assumer, de prendre ses responsabilités face à la nécessité capitaliste de travailler, de fournir de l'excédent, toujours pour les mêmes gens. Mais cette situation de backpacker est finalement stéréotypée aussi ; En effet combien, comme nous, se sont retrouvés à faire le trajet Europe-nawakbled, assoiffés d'imaginaire et de rêves ? Combien font des voyages initiatiques pour se trouver en accord avec eux-mêmes ?
Combien connaissent la désillusion d'un voyage bidon, ou à l'inverse, l'excellence et la magnificence dans des rencontres et des trips qu'il faut sortir de l'incroyable machine à organiser tellement tout ici est fait pour vivre avec, pour et par les backpackers !
Quel est l'original ? Quelle est la copie ? Qu'est ce qui fait envie ? Qui anime ma vie ? Et qu'est ce que je fous dans ce trou ?
Je vais à la rencontre du monde et de moi-même ! Je sais déjà qu'il est pourri, corrompu, vicieux. Je sais aussi que j'ai envie de graver ma mémoire de souvenirs inexorables et ces souvenirs ne sont que le maillon d'une chaîne sans fin. Je veux plonger de nouveau dans le vagin de la création pour (re)trouver corps et âme harmonieusement en essor.
Je sais que je suis un enfant plein d'imaginaires et de rêves, que la réalité obscure et laide n'est pas une obligation, qu'il y a une alternative, une solution. Que je ne m'offrirais jamais plus longtemps que de raison à être l'esclave des rois de la corruption/prostitution.
Je sais que je veux être mon dieu, mon maître, vivre avec mon être, le développer, l'exceller, je sais que je veux plonger dans la quête du surhomme, du dépassement du Moi.
Je sais que participer de ce mouvement, de cette envie c'est déjà parvenir à obtenir la satisfaction (éphémère bien souvent) de ne pas être une case vide sans subjectivité, sans objectivité dans un monde d'exploités, où il est si facile de mettre son cerveau de côté.
Je sais que le chemin est encore long et que finalement il n'y a pas de destination.
Je sais que ma préoccupation c'est le " jouir et faire jouir ".
Je sais que tout le monde n'est pas prêt à entendre ce message, que je peux être taxé d'égoïste, d'usurpateur, voire même de menteur ou de rêveur.
Je sais que la réalité ne pourra pas être accomplie autrement qu'en vivant en accord avec mes rêves.
Je sais que je n'ai pas envie de décevoir l'enfant que j'étais, demeure, resterai ET entretiendrai.
Je sais que je peux me confronter en adulte à toutes ces atrocités de la vie courante, pressante et immanente.
Je sais trop que grandir c'est bien souvent périr, " devenir un adulte ", c'est ça le nouveau culte. Mais à quoi bon lorsque ce but, cette construction n'en est pas une et reste juste une compétition illusoire et superficielle ?
Je sais que je serai ce que j'ai envie d'être, et que rien n'y fera, ni les cons, ni les bons, ni les méchants.
Je sais qu'il faudra en permanence lutter, ne pas connaître d'absence et toujours viser l'excellence.
Je sais que je ne sais rien comme disait un grand homme ou un crétin, c'est selon. Tout est question d'opinion.
Je sais que lutter c'est la vie, la réalité et, que je me laisse glisser dans cette douce pente à l'inexorable descente. Je sais que je résisterai à toutes les tentations perverses imposées par la foire au pognon. Foire qui facilite l'aliénation et l'annihilation.
Je sais que je n'ai pas les idées ni les solutions, mais des projets, que je suis doute, stress, excès, liesse, joie, désespoir et cauchemard.
Je sais que le pire va changer et le meilleur arriver.
Je sais qu'en temps voulu j'aurai les yeux pour voir ce qu'il faut croire, pour marcher dans le noir, pour éclairer mes pas et ma voix, aller dans l'au-delà du présent, dans la vérité qui sera la mienne.
Je sais que mon éveil est long et laborieux mais arrivera l'instant éternel de la jouissance perpétuelle.
Je sais que ce moment c'est " MAINTENANT ".
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Jours sans importance, chronologie, ordre, date.
Vendredi ou la vie sauvage.
Gras de noix, gras de là, gras de coco et gras de requin,
Gras de viande et gras de multi fruits. Gras de joie.
La vie au ralenti, rythme infini, là où personne n'a d'heure. Mouvement en douceur.
Personne des gens attablés à mes côtés ne sait quelle est la date à cocher dans le calendrier ;
L'un d'entre nous a trouvé le journal " Mission Beach Nouvelle ": nous flottons dans le vendredi ! …peut être n'est ce pas le bon quotidien !
Simplement, respirer et apprécier. Mission Beach, c'est tellement parfait que j'ai encore envie de rester même si tout est déjà fait…le temps sans montre, un arrêt à durée indéterminée.
Je laisse succéder les journées et la panoplie de la vie. Des moustiques qui piquent en rêves qui excitent. La soif de grandeur. Nous avons confectionné une semaine durant nos premières enveloppes où nous glisserons nos meilleurs vœux à la famille, aux amis sur des cartes aux trésors fait main. Un peu de la couleur d'un autre monde.
Monde où Noël se fête autour d'un barbecue, où la famille est composée du gérant du camping et de ses résidents permanents. Monde où nous avons la chance d'être conviés à la table atypique pleine de bonne humeur. Grâce à Dan & Belinda, nos anges gardiens australiens. Dan & Bél le couple hippie model, en exil tout frais de Sydney pour acheter un bout de terre et se dorer la pilule. Fuir le stress de la ville, vivre de sexe et de pot fraîche, cultiver son jardin. Un cliché comme seule l'Australie peut encore en offrir, l'esprit de conquête. Un cliché, ouais mais la trentaine en herbe ils s'accrochent dur comme vrai à leur rêve. Autour de la table il y le gérant, espèce de crooner local, champion de billard, habile avec les pools comme avec les boules... Il y a Pete le Kiwy de deux métres et peut-être bien deux cent kilos de gentillesse, ramasseur de bananes à l'occasion quand il faut un peu de pognon, et sa femme blonde soucieuse de préserver sa liberté, refusant la maternité, se satisfaisant d'une haute consommation de " paillepou " et de beaucoup d'attention envers son vieux et adorable touTou… Ce tour s'achève avec Rufus, l'homme en communication permanente avec Dieu depuis une aventure mystique sous acide au beau milieu du désert !!! Univers parallèle où les hippies campent un décor de rêves bien réel.
Un de ces jours après une longue ballade sur la plage nous avons dessiné dans le sable et assemblé des coquillages, des bouts de bois, des noix de coco les mêmes que l'on glisse dans le lait avec les céréales au matin et nous avons accompli un tableau surréaliste à dimension réelle du meilleur effet. Au rythme du soleil, de six heures à dix huit heures : lumière et vie. Ensuite il fait nuit et sans électricité l'organisme se laisse aller au retour à la nature…
Une autre fois j'ai passé mon entière journée lové dans le sable à écrire et lire, à nager et penser, alors que lucholai jouait jouait et rejouait encore des vieux morceaux et des nouvelles compos. Un autre jour j'ai regardé une femme se transformer en jument tout en jouant de la guitare, le soleil scintillait, je ne pouvais regarder, n'entrouvrant mes yeux que de temps en temps. Eblouissant. De l'autre côté de la table à barbe-cuiter, un chanteur au sourire d'horreur et à la joie alcoolisée abondait dans le bonheur et la beauté d'un faciès plein de tendresse.
Et ça jouait… comme si les notes étaient dans ma tête. J'apercevais parfois le cheval me regarder de façon peu horizontale et changer de couleurs en même temps que de rythmes et d'odeurs.
Soudain, je réalisais mon délire complet, le danger d'une telle réalité où tout change au gré de l'imagination et des inspirations hallucinées. Je fermais alors les yeux pour de bon et m'endormais, afin de ne pas tomber dans la gorge trop profonde d'un hédonisme surréaliste, avant que les cœurs deviennent tristes, que je glisse, perde pied et me retrouve découpé en morceaux de conneries, assemblés dans le seul objectif de mourir regardant la télé, regardant la vie passée, l'horizon sublime inchangé, plage, plages, plage cocotiers palmiers, regardant la beauté et mourant, ivre, drogué, immobile. Inutile à soi-même.
" Mais c'est peut être ce que j'aime " ne cessait de sonner à mes oreilles cette petite ritournelle.
Mission beach, la rivière magique du bonheur en douceur où se vivent des moments proches du fini.
Vendredi où la vie sauvage. Dimanche : Le marathon lord of the ring, les trois à suivre, une nuit de plongeon, la ville, Cairrrnnsssse, by by BélinDan, merci merci merci beaucoup pour tout, see you soon à nous la conquête sinon de notre destin, d'une voiture, de la découverte permanente, de la chute libre, unique et attendue. Combien de jours sommes-nous partis ?
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A Atherton...
Le destin nous prend en main.
Une fille belle, une fleur en boucle d'oreille, nous promène dans un lac perché
en haut des montagnes. Elle n'est pas de notre langue mais la parle à l'école. Alors on rigole. Et puis à la nuit tombée après l'avoir sagement raccompagnée chez ses parents, il nous reste le repas à préparer. Allumer le réchaud simplement ; mais nous n'avons pas d'allumettes, pas de feu. Ça y est on tient (presque avec satisfaction… !) notre première " galère " de voyageur.
La rock star part en recherche de lumière pendant que je trouve l'alternative de mettre le feu à un papier avec l'allume cigare. " L'énergie " apparaît alors, elle s'appelle Mark : soixantenaire solitaire, écrivain-musicien-photographe-voyageur et consultant life style !
Il allume notre feu, nous offre son briquet, sans pouvoir s'en contenter, " happy new year present guys ! ". C'est gentil, mais on s'est déjà offert une superbe ford falcon, enfin…
Nous basculons dans l'irrationnelle gentillesse d'un vieux apparemment très accueillant….
" Hé ! Ne dormez pas là, venez plutôt chez moi, j'ai du terrain pas loin, les flics vous emmerderont moins ". On se retrouve à dix miles de là à travers les bois montagneux, attablés devant quelques mets, du vin et un peu de foin, en dix minutes ou beaucoup moins. Sur une terrasse perchée au milieu de l'espace, dans les monts, à côté du lac étoilé. Luminosité lunaire.
Mais pourquoi cette " énergie " ? Qu'elle est cette mystique qui nous guide ? Ne sommes nous pas lumière et poussières célestes ? Qui nous parle lorsque l'on joint nos mains autour de la table ? Et pourquoi personne ne répond ? Et pourquoi l'étoile du sud qui brille temps est introuvable ? Marc à ton étoile, à la fraîcheur de tes soixante ans, à la beauté de ton innocence, au festival folk et à l'esprit de solidarité des gens du voyage.
L' " Esprit ", le spiritisme magique, des individus tripent…
Question : A quoi être addict ?
Lucholai a eu peur, mais ça lui fait chaud au cœur d'être ce traveller. C'est tout simplement surprenant et excellent, drôle et envoûtant, parfois même intrigant de se perdre dans l'inconnu... Et peut être qu'à force de rester tout ce temps isolé au sommet, il est devenu aisé de rester perché dans Sa (toute petite ?) galaxie.
Au petit matin, après avoir fait encore les " gens biens ", contenu notre envie de partir au plus vite et notre ras le baba de la cool attitude, nous avons repris notre destin en main. La voiture glissait le long du sentier pour filer en douce heure matinale, mais plus loin :
La panne ! Ça cale ! Plus d'essence ?
" Le gourou nous a exorcisé ", hurle Lukolai. Et c'est vrai sur le briquet qu'il nous a offert : FUEL écrit en grosse lettre noir sur un rouge flashy. Encore un signe ? Ne peut on définitivement pas nous séparer de ce mysticisme porteur d'analogie douteuse ?
N'est ce qu'absence de chance ( ?) ou bien, ou bien quoi ?
L'aventure surréaliste s'offre de plus belle à nos yeux. Lorsque s'inventent de par elle-même les scènes d'un script inabouti. Les policiers arrivent, pas de panique… sans trop chercher à nous verbaliser pour notre voiture sans assurance, sans trop vérifier les papiers que nous ne possédons de toutes les façons pas…
Sans agression mais avec vérification de ce qui ne tient pas bon :
La pompe à essence ne donne pas satisfaction ? Alors de leurs mains ils font un petit plongeon sous le capot pour remettre en action notre diabolique eXXceLence. Puis comme ce n'est pas la bonne solution, ils vont à la station remplir notre bidon. Mais non, ça ne tourne toujours pas rond, ils appellent donc le garagiste. Ici même un pacte avec le diable a une consonnance douce ! Le garagiste s'immisce donc, propose ses services presque gratis. Et nous conseille sans vice ni malice qu'il serrait plus sage d'attendre lundi pour avoir la pièce nécessaire…
Alors que faire ? Attendre lundi pour achever la réparation ? Ou partir ? Où revoir la jolie fée dont Lukolai s'est épris ? Love et cætera où nous conduisent nos pas ?
La vie aventureuse heureuse.
La panne attendra, la stabilité aussi. Sur le fil d'une autre île je glisse tranquille.Toujours dans la joie. Après une dernière langoureuse baignade dans le lac au volcan, nous savourons nos derniers instants en duo, avant de tracer la route (encore et pour toujours) afin de retrouver le long du chemin, à la Mission des hippies sympa notre copain Grodda, finlandais extasié excentrique. Et avec lui tracer, des nouvelles lignes infinies de magie… Dormir à la belle étoile ce n'est pas si mal. " Bye !bye ! " les amis hippies, Bel'-in-Dan, le connu, bye bye la vie calme, nous embrassons l'aventure intemporelle sans futur.
Grodda repeint la voiture pas avec de la peinture blanche, un pneu crève alors que nous conduisons longtemps au milieu des champs sous la pluie, sans nous arracher autre chose qu'un sourire. Les découvertes sans fin sont (re)lancées . . . yeah !
Je regarde la beauté d'une chute d'haut, j'apprends tous les jours à dire " c'est super ! Coolabah ! " Même s'il y a des galères, nous ne sommes jamais dans la misère.
Je cours et trébuche le long d'un sentier de montagne pour accéder aux cascades. À la chute c'est trop beau, comme un glissement de cheval galopant, permanent. Nous nous installons alors au sommet pour camper dans un endroit désert mais équipé à la Ozie (barbecue électrique, douches, toilettes…), afin de parachever l'œuvre " glasnostarcar " et c'est Bô. Avec Grodda notre peintre tagueur de moments de bonheur, nous sommes partis pour vivre " l'épopée " de la connerie, à nous laver dans les rivières et les cascades glacées, des coulis d'eau fraîche au bout de sentiers défoncés me rapprochant de l'enfance, de la luxuriance de la Grèce isolée de la fin des années 80. Nous nous laissons défiler des heures durant sur la beauté des sentiers défoncés nous conduisant à la somptuosité, magique, calme et tranquille de l'abandon. Abandon des névroses, confirmation de soi. Calme et tranquille comme mon exil, mon état dans cet exil. La vie calme est tranquille.
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THunderbolt farm !
La ferme aux éclairs en chocolat.
Nous mettons de la couleur dans nos vies à coup de spray à sensation, avec l'impression de vivre ce à quoi nous aspirons : le rêve de l'aventure, des rencontres et du changement permanent excitant.
Groda le finlandais tageur, cuistot charmeur, Lucholai, moi Néa, l'équipée sauvage, le partage des bons repas et la recherche de clairière où planter nos tentes. Le havre de paix. Nous nous promenons lorsque le soleil est prêt à nous caresser sans animosité tel un amant chevaleresque envoûtant.
Une table, trois compagnes, un vin de table,
Un écrit vain, un musicien, un homme à dessin. De la gouache, du papier, des crayons, une guitare. Lent mouvement, nous apprécions d'avoir le temps pour rien, pour être bien. Nos papilles gustatives brillent de tant de jouissance d'abondance. Lucholai se reflète dans son verre, il cherche la lumière. Il n'a en fait plus besoin qu'on l'éclaire. Il connaît son verre et, où il va, conscient de son âme-aire-té. Est-ce cela avoir de la bouteille ? Le vert l'éclaire, le soleil et la lumière, " il n'y qu'a ramasser le raisin en fonction du bouquin " dit Keath le " fermier " australien nous accueillant (la vie est une théorie ? Nul besoin d'être maître en pratique?).
Avec sa femme Claudia, ancienne hippie, allemande que le passé a du rattraper, après de nombreuses années de bonheur, cancéreuse combattante, organisée et organisante, menant d'une main austère au premier abord mais finalement bienveillante ce qu'il est chez nous commun d'appeler une ferme/auberge. Ce qui à Thunderbolt farm s'apparente plus à un ultime cadeau que le couple s'est offert quelques années plutôt pour sauver ce qu'il restait des miettes de leur couple. Un apprenti fermier, un gosse plutôt, bon vivant de peut-être bien deux cent kilos, un petit peu fou, un petit peu fainéant, un petit peu excentrique, totalement australien ! Et sa " lady ", déchue, cuisinière d'enfer qui s'offre un malin plaisir à nous faire manger, grignoter, goûter un petit met, une spécialité toutes les deux heures environ ! Ça nous change foncièrement de la road way of life. Bien bien, le goût quand même… quelque part on reste toujours frenchie !!! Donc, le système Woof : contre quelques menus travaux trois à six heures par jour un nombre incalculable de hippies, de sectes, de gens biens proches de la nature offrent hébergement et nourriture aux voyageurs qui ont eu la bonne idée d'acheter le petit " woof guide " référençant partout partout en Australie ces lieux de vie hors du commun. Le woof : nul besoin de permis de travail, un échange de services.
La vie est une théorie ? Nul besoin d'être maître en pratique ?
Changement d'aspect, ma vie n'est plus ainsi orientée dans une pseudo réflexion
salvatrice. Je comprends (enfin !) qu'apprendre scolairement le monde et ses interrogations ne m'ont ni apporté satisfaction, ni permis de trouver mes solutions. Que l'envie de définir ma destination persiste. Alors, j'utilise mes restes d'aspects cérébraux dans la lutte vitale, au service du non vice, de l'utopisme, pour le plaisir de resplendir et partager l'envie de vivre sous la lumiére des étoiles. En ce sens, j'ai trouvé mon abondance, je ne met pas fin à mes déviances, respecte mes multiples différences, mes humeurs, mon ordre désétabli. Je crée ma vie et y pose de l'harmonie, du voyage et des paysages, de la musique et du rythme, des rencontres et pas de montre. Je prends mon temps, car je sais désormais que mon plaisir n'est pas dans l'avenir mais dans le présent. RIGHT NOW… Car un jour tu te réveilles, tu as trente ans, puis cinquante et puis… et puis... qu'as-tu fait tout ce temps ?
Ce qui s'est passé, ce qu'il fallait oublier, absorber, comprendre, ingurgiter, avaler… Réflexion poussait, REpousser mes limites, mes doutes et trouver la bonne route. Celle avec les formes, les courbes et les visages qui créent la différence entre l'excellence et la peur à outrance. L'enfermement dans Rien, La télé, la voiture à payer, la maison à louer, le jardin à gratter, les enfants à élever, la femme à supporter. Plus qu'un boulet, des poisons sources de frustration, d'ennui mettant fin à l'envie, à la " connerie ", au plaisir infantil de vivre en jouant ; M'amusant à espérer vivre toujours, une plus belle réalité.
Pourtant comment les enfants brisés peuvent-ils (ne pas) se construire sans souffrir ?
Quelles sont les solutions pour mettre le rythme à l'unisson d'une vie pleine de sourires, sans souffrir plus que ce à quoi l'on aspire ?
En se levant, laisser glisser son verre par terre. Je marche. Sang vin, à l'heure de la baignade, étant de calme vague. Me reposer d'avoir trop rien fait, me reposer pour ne jamais cesser de respirer en paix. Bien sûr, un jour j'aurais assez d'argent pour enrichir tous ces pauvres sbires. Bien sûr que non, ce n'est qu'un souhait (…et la réalité bohême is so different…), mais je sais que je ne cesserais jamais de le garder dans un coin du grenier. Il ne suffit certainement pas d'aimer mais le jour viendra où sera aboli le temps de l'argent. Il n'y aura plus cette reine qui nous gouverne et mène le système. Certes je me démènerais toujours-toujours pour ne pas me faire envelopper dans sa toile. L'argent ne m'aura pas, j'en serais le roi. J'en aurai avant de ressembler à un gland d'épargnant. Je ne serai pas le jouet mais le joueur. Le possédant. Car j'aurai su comment rentrer dedans et me battre à l'heure de la lutte des brutes. Castagne, escalade de la montagne pour briser les clichés et annihiler cette nécessité de " payer-posséder-rémunérer-appartenir-désunir-non vivre ". C'est le début de ma rêvolution : ne pas m'inscrire dans la foire au pognon. Créer son monde, son rythme d'évolution et vouloir être toujours dans la Bonne heure et non pas Bon à rien. Un de ces milliards de crétins, de campagnards fêtards couche-tard (car il n'y a pas d'espoir pour le lendemain qui ne vaudra rien), ou l'un de ces politiciens assoiffés par la réussite à la va vite sans apporter de contribution concrète utopique aux passions et aux aspirations sans plafonds.
Je regarde le jeune guitar héros onduler en chantant. Lui aussi semble en paix, en vie et en harmonie. Le son est bon, au diapason, à l'unisson du La qui fixe le rythme et accorde mon corps dans le bEAUn décor. J'en veux encore. D'accord ? Accord, corde, désaccord, corps à corps, plaisir de vivre pas parce que je suis ivre. Ivre de plaisir car je ne suis pas en état de souffrir. Cul sec et sexe à fond dans l'érection des passions, pas de vaseline has been qui me fait survivre en ruine, qui m'enrobe d'un filtre gluant et nauséabond alors que pendant tout ce temps il suffit de mettre les bonnes lunettes. Celles qui me font voir autre chose que le paraître, sublimant mon être dans la fête des couleurs fluos, des moments rigolos et chauds, du beau et des gâteaux. Je fais de ma vie un dessert, sans m'enserrer dans une cage pleine de mirages et de mauvais virages. Alors lorsque je me couche il n'y a plus la nécessité de rêver pour (faire semblant) échapper à la hardTech realité, au-nid-rie-que celui assouvi. Et c'est ainsi que je suis bien. Il n'y a pas de formule, je suis ma formule un, au rythme australien. Tout va bien, " Coolabah ", mais avant tout, cool ici. Maintenant c'est la vie, nan ?
Thunderbolt farm l'orgie gustative abondante, l'apprentissage d'un autre système de travail, la vie féodal des femmes à la cuisine et des hommes au champ, Inès et ses copines, la mère poule et les oies, Keath et Claudia, le paon et les lamas,nous. Les rires. Les rires, les rires et les saouls pires. Le départ de Groda… L'essentiel de l'actualité de façon extrême.
On est partis de la ferme de rêve, fin des repas pleins de gras, de la joie de travailler n'importe quoi, d'écouter les conneries époustouflantes et rigolotes du jovial Keath (quand même vouloir installer un trône dans son restaurant pour surplomber l'assistance et admirer le drapeau australien fraîchement planté au beau milieu d'une vue incroyable en buvant bonnes bouteilles de blancs sur bonnes bouteilles de rouges…) et l'organisation amicale avec un humour cynique de Claudia. Organisation allemande, folie australienne, branleurs français. On s'est tracé ! Oublié le luxe, la bonne bouffe, les douches, la caravane avec des lits. La liberté retrouvée, dormir dans la caisse, s'exploser les fesses, sentir le rat mort. Crier encore, fumer d'abord et rigoler toujours plus fort. " VoyAger ", " Rencontrer ", " Sublimer " s'accrocheront à notre éperon et ça sera bon ! Génial ! Exquis ! Super jolie… dream dream dream dream. REALITY !!! yeah yeah yeah yeah !
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Quittant la ferme aux éclairs en chocolats, jetant l'appât dans l'arène des " Mais… " à adorer, tout deviendait désormais possible, le néant avant tout mais aussi et surtout l'imprévisible, l'impossible. En attendant que " rien ne se passe " on se fend la cervelle sans hash pour atteindre L'autre baie.
By.
BYRON BAY, "run bay of love"!
La mer c'est bleu et le soleil brille. Subtil ou futile, cela me rend heureux. Calc à poil sur la plage, les oreilles effleurées par ces po(p)èmes. Any down at all ! La plusse belle prose musicale française…
Les paysages taillés dans les rochers, les moustiques qui ne cessent de s'accrocher la nuit aux brindilles, la lune offrant la vision de leurs ombres, pleines, gorgées du sang sucré de nos peaux de caïmans. La journée tel des abeilles nous butinons, jeu avec les rayons nous taillant des corps de X.
Sol Air, ne plus toucher Terre.
Changement de décor, Arcachon ? La Normandie ?.. Ah non ! Nous sommes bien ici, en pays d'OZ, Australian magic spirit. En ce huitième premier février de la semaine nous nous baignons dans le pacifique, sans aucune appréhension négative de l'excitation, c'est exquis baby. J'ai du temps, bien là l'important, tout est trop court lorsque tu cours, être sur " pause " tout le temps c'est reposant. Sans décompte je prends la pose…
Découvrir : *La grâce d'une nuit d'été où il faut se glisser dans son duvet même s'il fait 30 degrés afin de se protéger des agresseurs piqueurs.
*La vie sauvage ! Les cheveux dans le vent, l'excellence permanence des corps épousant les rondes douceurs de la nature.
L'été c'est bien. Le matin lorsque le soleil caresse, personne n'agresse personne. Les vagues font "sclatch", Short Break, pour Surfer " t'as intérêt de toucher ". Je regarde, un animal sauvage transperce les vagues de ses ailerons. Je regarde et je pense…quand j'aurais ma planche…hum. Encore des tours dans l'eXXcéLence.
Excellence rythme ma danse, perfectionnement sublime, bâillement affrontant les rires de la mer sans dentdeliner. Le nudisme a son importance, tout le corps colle au décor, pas de protections pas de limites : la tendresse du vent séduisant mes fesses sans contourner une lingerie étouffante.
Nudité sans regards inquisiteurs ou obscènes, rien…ni personne à affronter.
La mémoire déjà en éveil je repense à cette semaine, où nous avons carburé à la bonne allure, posant des sensations sur des jolis rivages, des levés de lune sans nuages. " Que s'est il passé ? Quel jour est il ? ". Semaine du premier février intemporel… dualité autonome et communication amicale !
Une nuit dans la voiture sous la pluie dans le frais, avec les enfants de l'école d'en face au réveil de Woodenbong. La route montagneuse, glissade sous la pluie. Et puis une drôle de ville : Nimbin, passage " obligé " des touristes où/et des djunkies se donnent au plaisir de leur vie en prenant un zeste de ChOC' en terrasse de café pendant que les flics " contrôlent " si tout se passe normalement dans leur RONDe…et nous qui hésitions à fumer..! Ensuite ? LE virage du cap Byron. Point d'atteinte d'un certain non retour à la lambdacité. Nous rigolons et ne mangeons rien si ce n'est quelques cookies, c'est donc la grosse flegme car nous n'avons plus de ressources énergétiques ni monétaires. Alors on vole, on flotte… Des mécréants. Des nuits dans la starcar encore, la conscience de l'insouciance. Fallu mourut ou presque parce que je conduisais du côté français, du mauvais côté. L'oubli…Aïe aïe la connerie dangereuse ! La plage, cachée de la ville, à l'abris de la masse touristick, la pluie et le soleil, un mec d'Israël, un couple d'allemand, de courtes rencontres amicales pleines d'intérêt. Où lors du sommeil, les flics frappent à la fenêtre de la star(car) pour sonner le réveil : " yes but my mate's gone with some girls. I'm waiting for him ! " S'entendent-ils répondre face à leurs injonctions de départ. Perplexité. Encore un mensonge, nue d'intérêt ! Une fois encore c'est passé ! Pas de contrôle de papiers...qui a dit " au talent je préfère la chance ". Retomber du bon côté du filet…comme (et pour) toujours ?
Passage du Cape Byron en temps express, point le plus éloigné à l'Est où nous n'ayons jamais posé que les pneus de la voiture (impossibilité de marcher, trop d'effort demandé et l'énergie absente… cercle vicieux !). Byron et Lennox Head petites balnéovilles où nous avons fait régner " le danger " quelques jours d'affilés, surtout le valeureux héros chauve qui vida tous les stocks de lunettes de soleil, de pellicules photos et de trucs inutiles et rigolos de tous les shops de la ville. Ah le brave !
Abusant discrètement des infrastructures de la commune pour nous doucher dans les vestiaires désaffectés du club de footy, profitant des hôtels pour " backpackers " à fin d'utiliser gratuitement des minutes d'Internet, avant de partir en souriant dans un anonymat chevaleresque ! La VRAIE euphorie !!! La fiesta !!! La java !!! Enfin l'INTENSITE quoi ! Arttitude branleur…
Et voilà maintenant pour finir ce premier février au long court, rallier cette plage perchée entre le soleil et la lune. Accroché au sable tentant de ne pas déconnecter complet de la réalité je passe une nuit de tranquilité absolue à " Dubongang ??? Dunbogan ??? " Alias du bon paysage, de la bonne plage, des bonnes étoiles. Lorsque le soleil se couche en rebondissant sur la lune à l'exact opposée, l'allumant sans jamais la toucher. Symétrie complète, Qui de l'autre transperce quoi ? Mariage des forces, au milieu je suis l'œil amoureux sans être envieux, admiratif et ému... L'atmosphère n'est PAs nuageuse, PAs venteuse, PAs froide, PAs humide, MAgnifique, Magique, ET reposante de tant de stress provoqué par tant d'actes de grand banditisme !
Mais où allait s'arrêter cette " connerie " ?
En route pour la gloire ! Chemins pleins de joies, discussions en forme d'orientation. Le virage est pris, comment l'épouser dans un acte parfait ? Comment appliquer les idées à la réalité ? Comment mettre en pratique celles qui nous agitent ?
Ça tourne à fond sous le plafond, blablater, parler, tourner, retourner, mixer et secouer. Dans tous les sens nos souhaits nécessitent de passer à l'action de création. Passage à l'acte à coup de hache !
Les yeux dans le bleu, le soleil brille c'est SUB-t'il ou FUT'il. Lukolai panse, pense heureux, pancereux, émoi de m'aime, et, mois de m'aime, deux même mais pas pareillement similaire…
Trois mois sont passés de Sydney/Bondy, premier moment chère en Australie, ballades, concert, plage, backpachers's system, hostels, offices,
" Holly chat in the beach ",
aux cinq semaines " ban-âne-nA-nasse-crevettes " à Cardwell. De l'autostop untill Tully to Mission Beach, l'escapade tout à fond dans le 4/4 déglingué d'un jeune sympa : offspring à bloc pour couvrir le vrombissement du moteur à 110 miles à l'heure… De Cairns en bagnole to Atherton, Walloman falls, Ayr et toute la côte Est du Queensland, des plages, des paysages, des visages. Stewart (du mal), Aoibhean, Beth/Andrew, Cris, Jasper, Taka, Bel'inDan, Groda. Des anglais en veux tu en voilà ! Mick, Jutta.
Surfers paradize (mon œil !). La Goald Coast, le BIG DAY OUT, every fucking day, the big night out in Brisbane où j'ai retrouvé Holly dans son melrose place de banlieu. J'ai décollé. De la rencontre en Nouvelles Galles du Sud, à l'envol dans la Terre des Reines, du sexe y boys tour to Holly hot lips. Du JET, des STROKES aux FLAMING LIPS. J'enflamme mes lèvres des caresses d'une chute libre insouciante.
De l'énergie man au discipline sous acide de Jésus, du Kiwi et sa chérie, vieux hippies professionnels, amateur de " pipe & ViBi. Des Hallucinés aux Chaleureux. D'Imogène à Zara, d'Airlye beach à Ben"ilovefrance ". De Rainbow crazy beach à Frazer "strange"organize trip tour in paradize Island.
Destination vers ma nécessité.
Normes différentes, je mange et dors dans un nouveau Temps(peau-réel). Avec des levés de soleil et de lune à 6 heures A & P aime. Des Debout et des Coucher Tôt. La Bruce high way de Aille à Baille by.
Les conséquences multiples de l'indépendance générée par l'achat de notre Char (pas québécoise mais géniale quand même) : Indépendance et Liberté infinie, Dormir free. Délire total.
Solitude appréciable, animation/réflexion hystérique ou calme.
Agitation, concertation, discussion. Rire, Vivre, S'agrandir.
L'escapade total du système backpackers/Tour…
Des mots, des noms et de l'inexplicable ! Le bébé prend forme… de quoi ? Ce que je voudra !
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GLASNOSTARCAR !
Nous, les strokes, la voiture, la route, le rock'n'roll au pétrole, sans alcool, sans meufs, sans teufs. Des grains " go lade ! ", vers le Sud, deux filles, deux Canadiennes qui auraient pu nous tenir chaud répondent trop tard à notre proposition de " lift " pour le Victoria. Le lift, pratique civique de co-voiturage consistant à proposer le partage d'un moyen de locomotion est ici très répandu. On peut ainsi trouver, collées dans tous les hôtels, les clubs internet, les bars, les (mises en) boîtes et même sur les poteaux électriques de multiples annonces décrivant parfois très précisément les caractéristiques, les destinations et les envies de chacun... De la carrosserie… à la carosserie..! Là, notre annonce on ne peut plus frenchie et arrogante voit son résultat prometteur nous glisser entre les mains... Faute d'(in)Attention crétine. Mais ne me ralenti pas si je vais trop vite, monte en marche dans le train ! Come to me on time... ou rien. Nous traçons dans la sauvage nature tels des étoiles filantes sans personne pour les acclamer !!! Visite express en continu. Tant à contre temps, individus toujours à temps, la voix de Casablancas, le soleil, le ciel, le bleu, le vert. Des couleurs à rouler par terre. La mer, l'océan. Pacifique cet ensemble Magnifique ! Fuse ion positif en communion mystique, partage amical mémorable, l'ex plot Zion scotché " IN " pratique diablement Bien.
La star, les strokes, la voiture, la route, le rock'n'roll au pétrole, sans alcool mais avec " drogues ", de l'herbe verte sous les pieds, des idées plein la tête, de la connerie, et même au ralenti nous allons trop vite, on se précipite vers le sud en laissant " the sexyest canadians girls " échapper au lift. Sexy? But to late to answer back to our funny announce. N'essaye pas de me ralentir si je vais trop vite...
Les strokes, la voiture, la star, Néa, l'étoile en plastock au plafond et les lunettes de soleil, les photos prisent en nombre infini, sans savoir ni Où ? Ni Quand ? Elles ont été prises. Clic-Clac de la capture d'instant de life…! La " gratuité " : voler, ne rien manger si ce n'est un sandwich " home made " par jour, toujours le même : pain de mie, " fromage ", " saucisson à l'ail " (si on peut appeler cela ainsi) et salade le tout changeant de goût au fur et à mesure des jours passés à voyager dans la glacière défraîchie. Les douches sauvages et l'équipement douches/toilettes/barbecues disséminé là où il faut dans le pays austral, c'est-à-dire presque partout…
Nous, la star, Lucholai, la voiture, l'étoile au plafond, l'appareil photo, les lunettes d'ambiance de soleil. On " fait le rwaok " ! Sans avoir mal aux oreilles, personne ne nous abrutit la tête ou nous crie dessus.
Nous, les strokes, la voiture, l'étoile, les filles, l'étoile, l'appareil à lunette et les photos de soleil, jamais rien pareil, mais si quand même. Jamais !
Il chante et je danse, assis dans le sofa à quatre vingt ou cent à l'heure…
Nous, les strokes, la voiture, la route …et la boucle a-t-elle une fin ?
Finir et commencer, se précipiter, parachever, voler, accomplir, vivre de délire, rock'roller, surtout Rouler, l'argent ne nous aura pas.
Frustration inexistante, pas de vague à l'âme et du surf sur la plage, le mouvement dans le vent, le sable grisant.
Décrire sans jamais y parvenir : falaise, dune, blanc, rouge, beige, bleu, gris, ciel, soleil, Multiples Réveils. Jamais et toujours pareil : bêâû. Là haut, en bas, ici maintenant, la nature est un shaker de couleurs dans les doigts d'un peintre.
Où ? Quand ? Ici-maintenant, pas avant, dorénavant c'est comme cela tout le temps dans ma vie. Travail, rêve, solution, admiration, passion, maturation, vignoble. On décolle, sans venin, en vain comme en sang ou quatre vingt à l'heure…plus d'heures, de minutes, de sabliers. L'Australie, australe vie occidentale, nouveaux virages, paysages, réglages sans dommages. Endommager nos corps, notre voiture, la vie comme des durs ! Tought guy ! Sans en avoir vraiment la sensation.
Le " Tout tourne (en) rond ", maux des gens vivant sans passion, Année anti ceci !
La vie A un rythme infini, la vie en douceur sans vie par section, au diapason des punks, bons couillons claquant la porte, ouvrant un autre seuil sans orgueil. (car) Trop d'orgasmes à l'œil…
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YOUNG (!) FOR EVER (!) old school !
J'aspire et respire, bien sûr c'est sûr. Dans le lac, " bonjour les jeunes…!"
C'est l'éclate ! Nous buvons du blanc et le soleil nous rentre dedans.
Le soleil, le lac, le blanc, ça met des claques ! " Ça vous épate ? ".
Double effet assuré, rafraîchissant et excitant.
Fort des enseignements de Marthe (notre sainte au coude aussi lourd que sa gentillesse légendaire) un petit peu la grand-mère de tous ceux qui fréquentent le relais du pêcheur à St to, au fin fond de la Saintonge. Ou bien comment Allumer le feu à une soirée en mixant un peu de blanc et de sirop. C'est rigolo et ça peut rapporter gros. Parfois trop !
Utilisant tout ce Savoir accumulé, il nous est aisé d'emballer " nos jeunes " candidats à l'esclavage pour le voyage, Colin, Janin, Colino, Marcus, Ernest et
Les quelques autres… Youngoolabah à flot !
Le vin blanc, les jeunes, le soleil, la chaleur et nos corps en accords. Les individus rient et n'ont pas de soucis, le délire est collectif, les filles s'agitent. Laquelle ne pas Choisir ? Laisser venir, come to me honey ! Jeune abruti… des souvenirs d'une autre nuit... Dans le lac les cœurs glissent, s'inspirent, discutent, s'orientent, hésitent quant à la suite…. Tout laisser filer ? S'échapper ? Cesser de parler, regarder, embraser, caresser ?
Atteindre le champ où les hommes oublient qu'ils sont rugissants. Rigoler pendant, après, avant. Rigoler tout le temps. La recette est faite, il n'y a plus qu'à mixer en fête. Fête, nage, bonheur, cœur ou corps ?
Lac sans sentiments ? Uniquement, seulement, une danse ? Un trempoling ?
Un tangoling.
Monter et rebondir, prendre à pleine main le plaisir. Mise en bouche permanente de " l'éphémère a-t-il de la valeur ? ".
Jouissance sans méfiance, jouissance à outrance.
Je, ma muse, jouet pas mérité mais provoqué et ramassé au bon moment n'arrivant plus à dire Nan..!
Je recule et elle m'aspire, elle avance et j'inspire, elle danse et j'entre dans
son désir de ne pas fuir et ainsi découvrir d'autres traits des personnalités.
Gloutonnerie infinie à se livrer sans posséder, à glisser et vibrer, ha... Lorsque ça va vite et que les corps meurent en vapeur. Lorsque d'étranges odeurs envahissent les têtes et se hissent jusqu'au pénis.
Est-ce que ça me plait ? Est ce que ça lui déplait ? Il n' y a pas à s'en soucier. C'est selon.
Profiter et s'accompagner avant de tomber.
Mourir de plaisir, mourir de beaucoup jouir. Mourir et avant, Vivre
le peau-aime.
Luxuriance dans la raidense.
Excellence dans l'outrance.
Imperfection dans la fellation.
Etroitesse dans la finesse.
Brûlure dans l'irritation.
Création dans la connerie.
Tourner rond.
Inconnue dans l'aventure. Absence dans la connaissance.
Ne pas tourner rond.
Une case dans le compteur.
Nullité dans la beauté. Obéissance dans la circonstance.
Démonstration
sans la science.
Abrutissement. Stupidité. Inintérêt,
Sans discuter Tout
pénétrer, louper, voler, dormir, penser, oublier, recommencer, changer, améliorer, dormir, travailler. S'éveiller, dormir, dormir, récupérer, s'hydrater,
dormir, vivre, sortir
sourire
et Vomir.
Au rythme du coolabah, vin de là, les jeunes bamboulent et la vie
s'écoule parfaite et en fête, de rencontres en paysages ; Sauvage ;
Les kangourous jonchent les bords de route fixant le soleil s'allongeant dans les nuages roses accompagnés par la venue des étoiles. La nuit se profile et notre " bande de jeunes " file jouer au pool. Pas de vainqueur au tournoi du local Pub, mais notre équipe glisse sur la joie, sur le temps à un rythme lancinant et festif. Jeu de boules, jeu de poules, allongés toute la journée dans le lac à ne pas que se baigner, rock'n'swimer, rigoler, rigoler, s'amuser. Vrais êtres en fête, dans la paresse, s'enjouant et appréciant la beauté de l'atmosphère naturellement créée. Tout notre petit monde dans la ronde est à fond. Conte
en plan, vivant la magie du jeu de dé, connecté à la rencontre de l'inconnu.
En mangeant des pancakes avec de la vanille, de la banane, des fruits, de la confiture et du chocolat, du sucre et de la chaleur. C'est la candeur !
La luxuriance, la saveur.
Le bonheur à la bonne heure. Bonheur pas tardif sans être à Cardiff…
Heure, temps, ralenti, accélération, tempête et révolution dans la tête. Lukolai
And I découvrons que la vie peut être Belle. Plus et parfaite. Youngoolabah !
" Tout est meilleur ailleurs ? "
Là bas, ça a l'air froid et mort et je sais que mon corps est là, loin de l'hiver et
des cœurs tristes, et des cœurs Sweet. J'investis le temps dans le présent,
Maintenant à Young, New South Wales où la vie est belle.
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SAINT KILDA ; kilt et voilà.
MELBoURN
Et je me retrouve,
Sur le dance floor les corps bougent, les yeux rouges, la tête en feu je descends
les escaliers. Au w.c. c'est " Attention Danger ", la jeunesse met à mal ses nombreux traits... Je me retrouve de l'autre côté de la lune. Nouvelle face. Je suis seul, les rues sont sauvages, je marche. Mes amoureux m'ont laissé, je ne sais où, partis… le soir de mon birthday disparu. A la voiture, il n'y a personne, et je n'ai pas les clefs dans ma poche, deux hommes me font deux faces d'alcoolos mais ils sont sympas et installent le dialogue. On fume. Je suis drôlement secoué, tout est mélangé, les noms, les genres, les cadres, pas de code, sortir de la mode…
Assis sur le trottoir, trop d'images saccadent ma tête, la nuit est folle, ma chérie de mon ami s'enfuit au téléphone à Berlin, 6h du mat' décalage horaire oblige, à l'autre bout du fil, sur le trottoir, une brute dégringole et s'effondre bestialement sur nos têtes, ses poings sont lourds comme des parpaings et nous n'avons même pas eu le temps de nous lever pour Les retenir.
Twenty five years latter… K.O. dead.
L'euphorie est finie. Gueule cassée. Une Rage à con, Tenir contre l'envie de vengeance ou de haine. Aléas du voyage formateur. Ralentir un peu, un peu, pas trop. Repartir. Au réveil, dans un hôtel dont je n'ai ni payé, ni réservé la chambre, sensation bizarre d'être un acteur de Trainspotting. Je me retrouve au fin fond d'un Internet coffe bohême dont je sors pour déambulationner dans la rue. Bien secoué, je digère les coups d'hier, l'abandon, les retrouvailles, les rencontres, les somnifères, la police raciste, les malfaiteurs défoncés. Il y a eu trente mille trucs dans la nuit… et Lukolai a invité Janin qui a accepté avec force de poursuivre le trajet toujours plus vers l'ouest, direction Perth. En attendant il faudra re-travailler, larguer la copine Topless des podiums de Janin, vendre leur voiture, En attendant l'organisAction, Je Reste une libellule sans pilules.
Sommeil.
Je suis au fond de la grotte. Mon duvet. Les Cops poursuivent une fille
hystérique, il y a d'autres kids autour, des filles, un mec hurle en nous courant après. Dans le noir. Je m'allonge, Lukolai se fait tabasser, personne ne distingue rien dans l'obscurité, je pars en courant vers la mer, dedans il y a une batterie, je récupère le sherley et reviens l'éclater sur la gueule du mec qui a terminé de distribuer tout son talent. Puis je me retrouve enveloppé d'une chose gluante que Jlove soulève pour me rouler une pelle. Hyper conscience. Je me réveille en sursaut, il fait chaud, les tourtereaux dans le dos bronzent, mon corps bat à mille à l'heure, j'ai soif, je sors de ma grotte. Mon duvet, d'où je ne cesse de ressembler à une limace. " Don't we wake you up ? "
Ai-je seulement commencé à dormir ? Ou suis-je complètement halluciné ?
Ma tête a glissé de l'autre côté, mon corps pour l'accompagner, rien pour me retenir de chuter. Je suis ivre d'instants de folies, des bruits de mes amis sentant la sueur, roulant des pelles à leurs sexes par un intermédiaire buccale peu hygiénique.
Le matin je me réveille dans un parc, le soir je suis dans un 24/24 bar...
Contraste, perte et abandon, folie solitaire du célibat. A Melbourne j'ai du succès, aux garçons aux filles je plaie. Suis-je un punching ball si défoulant ? A one night shoot, boy ! Melbourne où se tatouent les germes d'une relation exclusive à l'étant. " Je serais heureux toute ma vie " inscrit dans les chromosomes. Il n'est pas encore l'heure d'écouter les Ten Years After avec des regrets mal léchés. A Melbourne je ne cesse de grossir de par le plaisir, balades nuptiales, hôtel calme, restaurants charmants, argent par les fenêtres, jetées évaporées… la luxure bourgeoise pour les prolos ! ! ! Oui mais c'était ma semaine d'anniversaire et nous avons brûlé nos papilles gustatives en mettant nos poches à vide…
Retour au calme, il faut sortir de la ville, retrouver la gratuité des nuits à la belle étoile sur la plage. Fatigué, des flux de multiples sensations m'animant je drive alors que Lukolai me stress tranquille. Son arrogante façon de dégager de la supériorité… tout le contraire de ce qu'il est. L'image de soi, le reflet et puis ce qu'on l'on renferme au fond de nous même… Terre deux contrastes…
Evidemment les conditions sont idéales pour faire un carton plein (fatigue répétitive, première conduite en ville…). Ça tombe bien, les flics font un énorme convoi test anti-alcoolémie… j'avance incertain, suant de chaleur et de fatigue, la Glasnostarcar multicolore, chargée à bloc. Tape à l'œil pour n'importe quel unie forme mentale… et nan ! Décidément on a vraiment de la chance ! Pourquoi ? Notre voiture décolorée, nos gueules abîmées… vaille que vaille, à notre étoile, notre convoi (pas si) exceptionnel (que ça) traverse la nasse sans encombre…
Au son des Sleepy Jacksons, réfugié dans la tente posée à Rosebud beach, je goûte le calme de la plage retrouvée. Je résiste à la menthe religieuse Sara, la poufinette collégue de janin à berlin, blonde platine futile qui se demande se qu'elle fout à voyager avec nous. En me rappelant qu'hier buvant des bières en attendant la fermeture… d'un 24/24 open bar ! Lukola et Jlove m'embrassaient dansant sur des vidéos clip choisis au juke-box par des Ozies aux goûts très Rock. J'ai roulé jusqu'à la table d'une fille m'allumant du regard, pas apeuré(e) nous avons emmêlé sa langue et la mienne pour former sans converser une guirlande brillante d'intérêt. Just a sexy Easy boy, mignonne, un allumeur/branleur…Tiens toi bien, l'histoire n'ira pas plus loin.
Juste besoin d'un câlin humainement animal...
Sentir les caresses du sable blanc au réveil dans la paume. Jeu de séduction naturelle… Lorsque les reflets de la lune s'enfuient, que la mer s'illumine d'un soleil doux comme sa couleur rose animalement humain.
Faire de la prose, jouer tels des mômes.
J'ai mangé le gravier le soir de mon birthday mais je ne suis pas descendu d'une marche dans l'ascension au sommet, de la plénitude. En Oz la vie est facile, nous nous ouvrons à sa perception plénière. Les moments ne portent jamais le sceau du Mal et je vibre toujours dans l'apprentissage sauvage. Porter les mêmes sous-vêtements pendant deux jours où plus longtemps, se doucher aussi rarement. Je respire le vent chaud d'un nouvel élan de Connerie en appréciant tous ces paysages, pays Sage. Les regards extérieurs ne sont plus un carburant destructeur. Loin, le voyage permet de prendre du recul, sans oublier tout ce monde qui encule... Je m'éloigne et contourne l'obstacle, accomplit des " miracles ". Après tout ce temps de réflexion/construction, le fruit de la passion vit désormais en moi. Le temps vécu " à donf " sans se mettre au diapason de ce rythme " à feudon " ne me correspondant pas.
Sur la plage, l'œil hagard, des nuages et du brouillard dans le cerveau au repos. C'est beau autour. Le téléphone des filles raisonne, sonne, " du boulot ?... oui on est motivé… demain ?...ok. " Nouvelle façon de chercher un moyen de se faire du pognon : allongé à bronzer dans la matinée, les yeux dans le bleu, le soleil couchant, des couleurs et la lumière argentée, bleu, rouge, rose et les reflets du sable blanc dans le vent. La guitare cassée des gens tarés explosée, inondée, bercée par le flot lent et tonitruant des vagues l'accompagnant dans une autre danse. Tout en effrayant la petite jeune topless nous faisons rire la crazy girl amoureuse, c'est le délire ! Les rires, le soleil s'adoucit, il rentre à la maison en glissant sur nos peaux par de multiples faisceaux transcendantaux, de couleurs, de photos innocentes et insouciantes.
L'argent n'a pas l'importance préconçue dans la façon de guider notre dépendance au bonheur, vers toujours plus de candeur sans nécessaire douceur. " Même pas peur ! " crions nous comme deux petits garçons (et une crazy girl !) avançant, en admiration réciproque, sortant de nos grottes, dans le noir avec nos rêves pour nous guider. Nous jouons à grandir, à devenir des êtres qui collent à ce qui nous aspire tel une génial fatalité. Deux, parce qu'un tout seul se sent fragile et plus vide. Un et un qui font trois, mais qui restent distincts… seul le chemin sur lequel nous conduisons notre train de vie fait que nous sommes plus qu'unis, même si nos différences perdurent, ce qui nous polis et nous enrichis.
Même pas peur ! Et les mots se transforment en réel : " smash the guitar ! " " Smash the guitar ?... " Le héros est une étoile, une rock star, et ça brille, les amourheureux s'illuminent en partant dans une vrille subtile. " Chocolate kiss is too much sweet ". Et quoi pour la suite ? Les desserts, les hors d'œuvres, notre plat de résistance : du riz au laid, des rires pas laids. Nous n'avons plus de guitare elle s'est cassée un soir. Nouveau départ…
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MOON RACE.
La course à la lune. Dans le ciel il y a un disque d'or. Lukolai roule après à cent à l'heure au volant de la voiture instable des filles avec Jlove in. L'EXXceLence dans le rétro. Et alors ? Le disque se transforme en cycle, le cycle est argent, or, ocre. La course à la lune est une course vers l'infortune. Course sans fin où sur le chemin le soleil se pointe dans un coin. Mes yeux se ferment entre jour et nuit. Sans savoir si je dors ou si je conduis encore, si je rêve ou si je vis.
J'ai besoin d'encore plus d'énergie drink, du coca " j'en peux plus en voilà ! Une nouvelle canette ! ".
Et les étoiles sont belles, il y en a une plus superbe qui file traversant longuement le pare-brise. Cette étoile magique a fait disparaître la lune dans les zigzags. La lune semble tombée comme si elle s'était décrochée de la gravité. " Mais où est elle passée ? ". Elle, si haute et si belle, pleine de superbe, et puis, cet éclair lumineux et déjà, le noir. Et nos petits phares dans la nuit. Et je conduis encore, six heures déjà dans le ciel empli de merveilles et, le soleil se réveille. " Je m'endors ou je conduis encore ? ", pas de réponse… Poufinette est au plus profond de son néant cérébral.
Je ne suis pas encore mort et du travail nous attend là bas… je continue, la fatigue sous les bras. Tout ça pour ça ! Tout ça pour quitter l'inactivité des plages de Melbourne, les concerts dans les bistrots à crocheter Les Hurlements de Bordeaux au comptoir avant qu'ils envoient les Groupies dans une galaxie musicale toute nouvelle pour elles ; Quitter les orgies nocturnes dans les bras d'Eros ou d'Athéna, Bacchus jamais trop loin ; Tout quitter pour continuer à monter plus haut, décrocher de quoi continuer à rêver.
Nouveau décollage et Arrivée, quelque part vers Mildura, capitale de la cueillette. Destination pas finale.
Sur place c'est la case de l'oncle Tom ! Mais l'heure est au rock'n'roll !
Alors en snobant l'enfer de ce boulot nous nous échappons des bras du fermier esclavagiste d'asiatiques. Toujours sans sommeil nous continuons à chercher du travail. La chance encore une fois nous sourit et c'est tant mieux ! Car nous avons la nécessité de gagner de la monnaie pour continuer à voyager, pour continuer à manger le fruit, de la Facilité ?
Il suffit de se bouger. Mais je suis exténué, après tant de conduites, d'heures de fuite cérébrale dans les étoiles qui nous ont conduit au Dégoût des conditions proposées (une hutte perdue au milieu des champs sans frigo, dans le désert de poussière d'araignées mortelles) par le paysan employeur. Nous avons tout balancé pour ne pas laisser tomber la déstructuration des inégalités, pour tout au moins ne pas être atteint une nouvelle fois.
Les Nawakbled ça va on connaît, c'est du déjà fait, " déjà vu " !
Merrigum. ( an other one .. !)
Alors nous avons repris la banque-route pour donner notre part au rock'n'roll et mourir avant d'avoir la parole. Des interrogations au compteur. De quoi seront fait notre lendemain et notre surlendemain ? Pourra t on travailler aisément ou faudra-t-il encore se faire passer pour des Belges ou des Québécois en prétextant de s'être fait voler nos papiers pour ne pas avoir à les montrer ?
Je n'ai qu'une connaissance du passé, je ne peux qu'envisager le meilleur pour ne pas avoir peur. Je me sens heureux et plein d'audaces en laissant voguer la galère délirante de la recherche monétaire. A l'intérieur je sens une chaleur que je n'aurais pas pus découvrir at home, sans m'être confronté chaque jour à une réalité à chaque instant renouvelée.
En Mars quoi que je fasse, la vie s'efface et je sors de mon essor. Je ne m'endors pas et me fais rire d'ainsi désobéir à l'ordre qui m'inspire, à l'air que je respire, aux critères de beauté…
Des bourrelets ? Et après ? Qu'est ce que j'en ai justement pas à branler ? Cette fille me plaît, son regard, ses sourires, son visage m'attire. Sur le rail, nous prenons un train pour un chemin lointain, différent. Perfectionnant.
Je vais mourir et après ? Que se passera-t-il là haut ? Faut il arrêter de jouer les blaireaux ?
Et avant ? Avant avant, avant, je désire de l'excellent. Récurrent ! C'est la liberté, le droit de rêver et d'exécuter. Sex on the rail et rien ne déraille, je m'accroche à la réalité sublimée. J'exécute les souhaits d'une affamée qui désire me croquer et " OK, ça me plaît ", esclave du désir, " easy boy ? i'm your toy ! "
Alors on peut se connecter dans la facilité d'une beauté gratuite pas volée.
" I really want to fuck you, dear ". Le désir animal brutal me parle !
Je succombe comme un con, fatal ! " Mais bien sûr mon chou, viens, attrape moi et accroche toi ! ". Quelle jolie expression du désir !
Peut-on faire plus rude dans la bouche de l'amour ? Les mots comme la baise, les éléments se déchaînent et ça bouge. La locomotive arrive. Panique. Il faut arrêter de crier. Ce n'est pas le train train de la vie qui est passé bébé !
French sexion, facilité, regards, sourires, plaisirs, rires. Inspire, respire expire, sensation de mourir ? Jouir, ouïr et s'enfuir dans un sourire fou d'assouvi.
Tout va trop vite… en Australie,
Je me crois en Turquie, personne ne parle correctement anglais, seul le boss Bouli très, fashion farmer avec ses lunettes jaunes, ses chemisettes et son parfum nauséeux se distinguant même au beau milieu des champs de tomates impesticidées… est capable de nous donner des ordres à la cool et compréhensibles, pendant qu'on se débrouille à ramer, à moitié pas assis et en même temps pas vraiment debout, en nous cassant le dos, les jambes et presque le moral à gagner 8 dollars de l'heure. La misère !
Le soleil, les mains moites et noircies à cause des gants inefficaces mais nécessaires. L'incohérence. Et c'est encore pire que du cambouis, le soir je passe de longues heures à redonner des couleurs humaines à ma peau, c'est l'horreur ! Et le refus, plus que la peur, de ne pas garder les mains propres. Je n'ai presque plus trop envie d'avoir le visage qui sourit mais c'est l'Australie, loin, très loin et notre volonté de survivre et de nous confronter à l'absurdité de l'esclavagisme, de la paye au rendement, des immigrés pauvres et doués pour toujours s'enfermer dans les pires plans BADant… (Ont-ils d'autres choix ?).
Je sais qu'il n'en sera pas indéfiniment ainsi toute ma vie, qu'il s'agit d'un moment " exquis " à me confronter à l' " horreur du pire ", mais il m'est difficile de balayer d'un revers allègre mon manque d'énergie, de survivre et super vivre. Pourtant, Plaisir tu ne t'enfuiras pas comme ça de moi. Je te garde, te cajole, te console, te rêve et t'admire car je ne veux jamais cesser de jouir, même s'il semble dur parfois de ne pas tout laisser tomber et de crier
mon énervement désespéré.
Alors, nous nous soutenons, " encore un jour " comme des bagnards puis " un autre " à bosser notre classe prolo. " Encore un jour " mais rien ne me retient, rien ne m'enferme, je suis l'esclave libre à tout jamais,
A la nuit tombée d'un nouveau départ.
La semaine, le mois, le temps s'effacent. Plus de vitesse et la sensation de ne plus avoir assez de temps pour profiter de l'infinie Australie mais le prendre quand même. Nous voyageons donc à notre rythme.
Adélaïde, une ville, un endroit, des gens, une culture ? Une histoire ? Notre destination. Après-demain ou vendredi ? Que s'y passe-t-il la nuit ?
Et puis après il nous faudra rouler pendant des heures. Deux miles neuf soixante six kilomètres pour joindre Perth, quatre miles pour atteindre Darwin. Notre voiture colorée ne va-t-elle pas tomber avant en ruine ? ?
Le voyage, les rencontres des gens et des paysages me font saisir la joie de vivre en m'enjouant sur de la belle musique, par exemple tout de suite right now Elliot Smith… je repense dans un flot d'arpéges à tout ce désordre, ces instants passés et tout ces changements en moi. L'enrichissement. J'ai mis de l'ordre dans toute cette agitation et ces instants vécus à fond. Des miles et des miles à dépenser notre maille pour un bonheur sauvage, pour des paysages et des visages.
Demain on se remet au rythme des vacances, on se remet sur le chemin qui nous plait bien. Sans montre, sans réveil, sans compter les heures de sommeil ou d'éveil. Et le bonheur quand même et le bonheur par-dessus tout !
Nous continuons simplement l'aventure, trois fois rien : conduire dans un sofa mouvant, s'avachir dedans et s'arrêter de temps en temps ou plus souvent. Nous profitons de la générosité des supermarchés, des stations services et des aires de thé gratuit pour consommer les pellicules photos, lunettes de soleil, batteries pour lampes torches, pancakes, cakes et canettes sans stress occasionné par la nécessité de payer les produits de première nécessité. Petits branleurs voleurs aux bons cœurs (purs). Ouais " c'est mal ", politiquement incorrect, mais c'est le prolétariat chez les bourgeois, la classe prolo pas réglo, esclave en permanence au repos. " On lutte ! " A-t-on l'arrogance de penser lorsque l'on profite de la gratuité des sites capitalistes. L'esclavagisme nous ruine (le dos… notamment) et la misère nous gagne de ne pas respecter les lois de propriété et de marché… Mais à quoi bon ? Qui possède quoi ? Et comment ? Personne ne sait et c'est ainsi que l'on agit dans l'anarchie de l'irrespect du système de la monnaie. Conséquence néfaste ?
Mon organisme s'efface devant ces interrogations, j'appuis sur le bouton et le flash raisonne, je capte la beauté à jamais perceptible dans un cadre 20/15 cm.
Une " broken guitar for broken people " flottant dans le vent au gré des vagues, sur le sable blanc, dans un soleil plongeant sans crainte dans le vide ; Une panne et les mains d'apprentis mécaniciens dans l'essence ; Un lac de baignade à poil, cuit et à point au vin blanc avec nos amis ; Un tatoueur dans une salle ventilée à regarder l'étoile apparaître et mon frère avorté avec ; Des rues et des tramways, des lumières et Melbourne la nuit c'est jolie, la journée aussi. Des cadres, des images, le contentement pour presque rien et c'est parfait, je suis bien. De la grâce et de la classe, bonne nuit, je m'efface. Et la techno dans la tente d'en face me pousse à réagir, l'échappatoire musical, je monte le volume du cd et m'allonge pour une nuit à me souvenir, à construire, à imaginer, à envisager, à rêver, à ressentir. Une nuit pour rugir et cesser d'entendre mon corps gémir de tant d'effort, de travail et de fatigue à deux francs cinquante ou plutôt huit dollars Ozis de l'heure…
Les conditions du bonheur : souffrir sans avoir peur et crier que la dureté atteint mon énergie, mon corps physique mais ne m'enlève ni mon sourire ni ma joie de vivre.
L'Australie, la vie, la grandeur ; et des kilomètres carrés de bitume dans le désert ou en bord de mer. Finalement même la techno à fond à l'heure du repos, à l'heure du dodo ne me rend pas amère même si j'ai besoin de poser mon dos sur une douceur autre que le sol de ma tente car les " tomates ça éclate ". Tant pis, la vie est belle et efficace.
Signification ? Rien.
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UNE JOURNEE CHEZ LES BLAIRODEOS...
Une journée chez les blairodéo avec des pèquenauds, c'est beau et plus rigolo que d'aller au boulot ramasser des poires !
Il y a des cow-boys. Il y a des cow-boys qui se la donnent, qui se hissent sur différentes bestioles, qui s'accrochent et qui dégringolent. Apparemment ça fait mal au dos de tomber ou de se faire éjecter de si haut. Mais les gens applaudissent et les filles mangent des trucs phalliques qui ressemblent fortement à des pénis même s'il ne s'agit que de saucisses géantes au ketchup en brochettes. Sadique ?
Toute la féminité du lieu s'exprime parfaitement dans le tatouage d'une " jolie fille ", le sigle d'une firme du rodéo, crâne de bœuf aux deux cornes hautement dressées à l'entrée de la raie. Des fesses exposées dans une finesse de circonstances aux yeux d'une troupe mâle en rut. J'applaudis en hurlant des " bravo ! Bravo ! " Soixantième degré alors que mes crétins de copains du working camping adorent et jubilent des deux mains en s'arrosant de picole pour élèves de mauvaises écoles. Ah ah, ce qu'on se marre, ça cartoon !
Au paradis des bourrins, je suis un nain. Les gens sont gentils mais je reste abasourdi et ahuri par toute cette emprise soudaine du vulgaire dans ma gueule.
" Heureusement " il y des enfants qui jouent et qui sont marrants, il y a une toute petite fille sublime bavouillant dans les bras de sa maman, elle sourie en me faisant des gazouillis et des grimaces, le mauvais présent s'efface devant ce beau moment. Des enfants, de l'innocence, de la beauté pure me suffisent pour me remémorer cette journée comme une bonne pause à expérimenter.
" Le rodéo ? C'est rigolo mais seulement pour les blaireaux ". Et moi je n'en suis pas un, pas de cette espèce en tout cas (tout dépend de quel point de vue on admire l'horizon…) mais ça m'étonne et m'amuse de m'être plongé dans cet abîme, ce vide, cette culture étonnante et stupéfiante. Stupéfiante mais ça manque de danse gracieuse, c'est trop rigide et pas suffisamment subtil. Du jamais vu et du jamais à revoir, c'est toujours bien cependant d'apercevoir d'autres miroirs. Comme tenter d'enfiler un gang qui ne nous siée pas, s'accrocher aux barreaux de chaise sans fumer, décontracté ailleurs. Be my head and i be yours !
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En route to Perth.
Penong,
Une journée s'est écoulée :
Bouquiner, surfer, se baigner, se promener dans les dunes des sables blancs désertiques ;
Une journée… à regarder défiler la beauté d'un paysage parfait où nous avons installé nos duvets, une fois encore à la belle étoile pour contempler la beauté et regarder le feu se consumer,
Le sable brûler et la lune pencher de l'autre côté. Les étoiles, les dunes, sommes nous sur Neptune ?
La civilisation est loin et je me sens bien.
Quelques oiseaux planent dans le sable ou marchent dans le vent, tranquillement, personne pour les chasser.
Et mon corps bronze nu, les rayons solaires caressent mon derrière, sans être agressifs. " Parfait temps ", pas de contretemps malgré les taons tentant d'être piquant. Pan ! A Cactus beach rien ne pique et demain nous décollons de nouveau, car ici c'est l'automne et il frissonne.
Je m'abandonne à l'orgasme de l'hédonisme, à la perfectitude de la solitude, aux repas sans trop de gras, à la joie d'être là, accroché à la banquette arrière, le panorama s'offrant à moi : Désertique.
Et puis sur la route nous rencontrons deux jeunes à une station service, lieu de rencontre et de dialogue lors de la traversée du Nullarbor Desert. D'une station essence à l'autre, d'un dépassement aux " retrouvailles ", les discussions s'enchaînent. " Ils ont l'air bien cons ! " mais la connerie qui nous fait rire. Eux aussi voyagent dans l'esprit bohême roots, à l'arrache…
Le soleil se fait couchant, il nous faut à tous trouver un endroit séduisant où installer pour la nuit notre campement. Alors après la dernière station de la journée (encore un endroit braqué avec habileté pour nous enjouer d'un repas gratuit, de cartes postales souvenirs (familiales), de gâteaux, de bouteilles de coca jusqu'aux noodles extra, un peu tout ou n'importe quoi à grignoter pour nous alimenter…) le soleil tombant à l'horizon, nous orientons notre caravane délirante renforcée d'Adam et Ben très motivés pour trouver LE spot. Tout allait bien. L'Australienne sympa de la station de Super, amusée par mon accent français (forcé pour l'occasion…) m'ayant indiqué un sentier pour joindre la plage. Une route ocre, gorgée de trous et d'ornières, sur laquelle nous laissons glisser à vitesse lente, pour ne pas l'endommager plus, l'Exxcelence Starcar, redorée d'étoiles fluorescentes au plafond et d'épitaphes des voyageurs croisés au gré de la diffusion du partage des connexions amoureuses. Le jeune australien et son copain anglais conduisent eux, une voiture sans vignette et immatriculée avec les plaques d'un copain qui n'en avait pas l'utilité ! Comme des dératés ! Sur le sentier défoncé, s'offrant aux joies d'une chasse aux kangourous d'un nouveau genre, en zigzagant follement sur et en dehors de la piste. Derrière, le jeune héros, sa chérie et " wham " suivions de loin en riant de voir ces jeunes fous faire les crétins, afin de rallier le point " plage déserte paradisiaque ".
Après avoir remonté le temps au volant, le moment vint de nous installer avant la nuit tombée et, l'arrivée des dingos. La mer étant encore loin et la nuit tombant avec beaucoup de prestance et d'agile habileté... Comme par concertation magique nos nouveaux amis s'arrêtèrent. En route, nous décrochons un coin de bush.
Après nous être enfoncés pendant plus d'une demi-heure dans le sentier… le trajet ne semble pas prés de s'achever. Il reste plus d'une vingtaine de kilomètres à parcourir à vingt à l'heure, et pendant ce laps là le soleil aura disparu trop vite, d'autant plus qu'il y a eu le décalage horaire au changement d'Etat… Welcome in Western Australia ! Yeah yeah yeah ! Sans communiquer, le camp est installé, les tentes élevées et le bois amassé… nous connaissons tous les règles du camping sauvage animal, les automatismes communs se marient en harmonie.
Il n'y a plus beaucoup d'argent dans les porte-monnaie et la traversée n'est pas finie. Nous avions décidé de nous priver de repas pour ce soir là, et puis ayant grignoté des aliments de pas très haute volée pendant toute la journée, nous ne sommes pas trop affamés. Ben et Adam n'ayant que cent dollars pour rejoindre Perth loin, très loin de là, un millier et des centaines de kilomètres ! Nous nous nourrissons donc de discussion et réchauffons nos esprits libres autour du feu. Sacré. Lumière nous éclairant alors qu'il ne fait pas froid même si nous ne nous adonnons pas au rituel du partage du verre de l'amitié.
C'est une simple rencontre sans montre où les deux allumés nous racontent leurs vies, de mois enfermés dans un atelier à faire pousser, couper, empaqueter et fumer de l'herbe, en semaines à vivre seuls en autonomie dans le bush désertique. D'étrange en étonnant, de drogues via leurs expériences et des anecdotes. Discussion et communication anglaise, je parle, comprends et regarde. Le génial échange du partage de " l'esprit sauvage " avec l'ouverture sur d'autres vies, d'autres références. Création d'une bonne ambiance entre les vides ventres. Perdus au milieu de nulle part à deux cent cinquante kilomètres du premier service de secours d'urgence dans le bush aride, au pays peuplés des dix espèces animales les plus dangereuses au monde ! Aucun n'y pense sérieusement dans notre ronde ou plutôt nous en rions tous comme des débiles inconscients. Exceptée notre bochinette préférée réellement effrayée à l'idée de croiser une araignée…
Au milieu de la nuit, lorsque les braises sont apaisées et que chacun s'est installé dans son duvet autour des restes de cendres le couteau planté à proximité ou plus simplement, réfugié dans sa tente, un hurlement saisissant réveil et désordonne nos sommeils. Elan de paranoïa ! L'electric girl est persuadée d'avoir sentie une araignée. Ce n'est pourtant qu'une simple frayeur du grenier !
Pour une fois il ne fait pas frais, le vent ne se donne pas la peine de s'évertuer. En sursaut réveillé, j'apprécie nu la douce chaleur des miettes de l'été se noyant pour un ultime sursaut final dans l'automne. Au cœur de la nuit au milieu du désert j'entend le pas des dingos et d'autres animaux au loin, au près, raisonnant dans les buissons.
La nuit fut belle. A l'aurore je me promène, la chaleur n'est pas encore étouffante et je joue à ne plus voir la voiture et le site du campement. Je perd mes repères dans l'espace et dans le temps. Je ferme les yeux et marche en me désorientant, suivant les traces sur le sol sec dans un frôlement sensuel avec les feuilles, je touche les plantes, regarde les araignées tisser, la nature se développer et mon cœur respirer amusé de n'être entouré d'aucunes limites.
Au campement le feu achève de se consumer, les deux jeunes blottis dans leur duvet finissent leur sommeil et le soleil parachève son lever.
C'est l'heure du petit déjeuner !
Les natures s'éveillent, les amoureux sortent de leur grotte, je réactive le feu, prépare du thé. Les tentes sont pliées, tout le monde est habitué. Un rythme lancinant, comme dans une danse non initiatique maîtrisée. Le thé est prét, les noodles sont chaudes, nous partageons une grosse gamelle à cinq cuillères et pas de verres, assis parterre, le cul dans la poussière, rouge. Et des " blabla bla " futiles et de la joie. Il est neuf heures du matin, nous reprenons le sentier à l'inverse, la route vers Perth, nous nous croisons encore, nous perdons de vue et nous retrouvons le jour d'après, rediscutant et échangeant cette fois les adresses dans une allégresse surréaliste d'individus souhaitant continuer à vivre le bonheur et " peut être à une autre fois. Pourquoi pas ! ".
Rencontre d'une fois. Au milieu du désert où suivra la panne de Super-dangereux, où des routiers nous sauverons de l'abandon, des orages tumultueux et de la sécheresse déshydratante sur la route droite à l'infini, de la découverte de la vie.
9:10 AM
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