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Walpette Walpette


Last Updated: 11/6/2009

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Tuesday, April 01, 2008 

Vous trouverez dans ce blog quelques articles de Psychologie particulièrement intéressants, qui me parlent et que j’ai envie de faire partager à d’autres...

Il s’agit plus spécifiquement de maladies mentales lourdes, appartenant au domaine de la Psychopathologie.

Pour commencer voici un article sur les personnalités manipulatrices, perverses narcissiques, qu’on appelle également... Les personnalités BORDERLINES.

I. Définitions du Manipulateur
II. Les pervers narcissiques
III. Comment faire face
IV. Stratégies d’autodéfense
V. Cas du harcèlement moral
VI. Principes de contre manipulation

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I. définitions du Manipulateur :

1. Il culpabilise les autres, au nom du lien familial, de l’amitié, de l’amour, de la conscience professionnelle, etc…
2. Il se déresponsabilise (reporte sa responsabilité sur les autres ou se démet de ses propres responsabilités).
3. Il ne communique pas clairement ses demandes, ses sentiments et ses opinions.
4. Il répond souvent de façon floue. il utilise des phrases mystérieuses pour déstabiliser et impressionner son interlocuteur.
5. Il change son discours, ses opinions, ses comportements, ses sentiments selon les personnes et les situations ; il sait changer très rapidement de registre (ex: en alternant flatteries et menaces, il joue sur l’affectif...).
6. Il invoque des raisons logiques pour déguiser ses demandes.
7. Il fait croire aux autres qu’ils doivent être parfaits, qu’ils ne doivent jamais changer d’avis, tout savoir et répondre immédiatement aux questions.
8. Il met en doute les qualités, la compétence, la personnalité des autres ;
Il critique sans avoir l’air, dévalorise et juge (sous forme d’ insinuations ).
9. Il fait faire ses messages par autrui ou par des intermédiaires (téléphone au lieu de faire face, Laisse des notes écrites) ; n’informe pas clairement.
10. Il sème la zizanie et crée la suspicion, divise pour mieux régner et peut provoquer la rupture d’un couple.
11. Il sait se placer en victime pour qu’on le plaigne (maladie exagérée, entourage "difficile", surcharge de travail, etc.).
12. Il ignore les demandes (même s’il dit s’en occuper).
13. Il utilise les principes moraux des autres pour assouvir ses besoins (notions d’humanité, de charité, racisme, "bonne" ou "mauvaise" mère ).
14. Il menace de façon déguisée ou fait un chantage ouvert.
15. Il aime polémiquer mais peut changer carrément de sujet au cours d’une conversation.
16. Il évite ou s’échappe de l’entretient, de la réunion (est imprévisible, déstabilise)
17. Il mise sur l’ignorance des autres et fait croire à sa supériorité.
18. Il ment.
19. Il ne pratique pas la communication vraie ; craint la transparence, aime le flou artistique, pratique le double langage
20. Il prêche le faux pour savoir le vrai, déforme et interprète ; il exagère un faux problème, pratique la mauvaise foi.
21. il utilise l’ironie et la dérision , les accusations manifestement fausses (mais invérifiables).
22. Il est égocentrique ( narcissique ) ; il est indifférent aux besoins des autres malgré ce qu’il en dit.
23. Il peut-être jaloux même s’il est un parent ou un conjoint.
24. Il ne supporte pas la critique et nie des évidences.
25. Il ne tient pas compte des droits, des besoins et des désirs des autres.
26. Il utilise très souvent le dernier moment pour demander, ordonner ou faire agir autrui.
27. Son discours paraît logique ou cohérent alors que ses attitudes, ses actes, ou son mode de vie répond au schéma opposé.
28. Il utilise des flatteries pour nous plaire, fait des cadeaux ou se met soudain aux petits soins pour nous (séducteur, il utilise d’abord le charme ; mais bientôt les flatteries feront place aux sarcasmes...). Vendeurs : attention à une trop grande proximité (jouent sur l’affectif, sur la sympathie et la confiance...)
29. Il produit un état de malaise ou un sentiment de non-liberté (piège)
30. Il est parfaitement efficace pour atteindre ses propres buts mais au dépens d’autrui.
31. Il nous fait faire des choses que nous n’aurions probablement pas faites de notre plein gré.
32. Il est constamment l’objet de discussion entre gens qui le connaissent, même s’il n’est pas là.

-----

Les manipulateurs peuvent revêtir tous les masques :
Du sympathique au dictateur caractériel, en passant par le séducteur ou l’altruiste...
En gros :
« il pratique mauvaise foi et communication brouillée pour maintenir mystère et pouvoir.
Il prend un plaisir sadique à dévaloriser et à rabaisser son conjoint, ses enfants et ses collègues de travail.
Champion de la méchanceté subtile et de l’ambiguïté, il exploite les faiblesses des autres à son profit (renforcer son estime de lui-même).
L’affection, le partage, la franchise? Il ne connaît pas. Ce qu’il veut, c’est le pouvoir sur les autres. ».

C’est vrai que nous sommes tous un peu manipulateurs (ou à un degré moindre, persuasifs ou séducteurs).
Et pour être considéré comme un vrai "expert" manipulateur (!) ,
il faut correspondre à au moins une dizaine de ces 32 caractéristiques listées + haut (définies par Isabelle Nazare-Aga
).

Les vrais manipulateurs ont besoin d’être légitimés dans un statut où ils pourront exercer leur pouvoir ; d’après Isabelle Azare-aga, ils seraient à 90 % des hommes, et on les trouve surtout dans les professions suivantes, par ordre croissant :

- enseignants,
- médecins chefs (?),
- magistrature,
- pub, "show biz",
- responsables,
- politiques,
- gourous, etc


Mais « il n’existe pas de commune mesure entre :
- FAIRE de la manipulation (de temps en temps)
- et ETRE manipulateur.

En effet, il ne faut donc surtout pas confondre :

- la manipulation qui peut n’être qu’un comportement passager (stratégie de persuasion, séduction, chantage, etc),

- et la personnalité manipulatrice.

Le vrai manipulateur ment, embrouille, utilise les gens, cherche à culpabiliser ou à manipuler, il est de mauvaise foi, comédien, démagogue... parce qu’il ne peut pas faire autrement, parce qu’il en tire des bénéfices.

Il s’agit pour lui d’un système de défense souvent inconscient, mis en place dès l’enfance.
Ce système de protection fonctionnera tant qu’il en tirera bénéfices. En effet, il s’agit pour lui(elle) d’un véritable moyen de survie.
Mais :
Certains manipulateurs sont conscients de leur état, et dans ce cas, ils confinent à la perversité. » (pervers narcissiques).


II. Les pervers narcissiques :

Les pervers narcissiques (individus "toxiques" ou "vampires", sadiques, prédateurs, psychopates)
sont de vrais méchants et ont besoin, pour se sentir exister ou pour nourrir leur estime d’eux-mêmes,
de détruire celle d’autrui, de "casser" les autres ;
il considère donc l’autre comme un objet qu’il va manipuler, casser ou harceler pour arriver à ses fins.

Il s’agit d’individus, hommes ou femmes, ayant une personnalité de type narcissique (égocentrisme) assortie d’un comportement pervers :
déviation, dans leurs relations avec les autres, de l’instinct moral et social, de ces individus sans scrupules et sans états d’âme.

Pourtant, on ne trouve pas la "perversion narcissique" parmi les troubles de la personnalité officiellement répertoriés.
En effet, « les pervers narcissiques sont considérés comme des psychotiques sans symptômes, qui trouvent leur équilibre en déchargeant sur un autre la douleur qu’ils ne ressentent pas et les contradictions internes qu’ils refusent de percevoir. »

Noter que si les pervers sont toujours narcissiques (égocentriques), par contre les narcissiques ne sont pas toujours pervers
... heureusement !

Ainsi, une des caractéristiques du pervers narcissique :
manipuler en inversant les rôles bourreau/ victime
(persuader sa victime que c’est elle qui est responsable de ses ennuis et tourments...).

Les pervers narcissiques,

- se présentent d’abord comme des séducteurs flatteurs (aspect manipulateur) puis plus sarcastiques, ensuite avec leurs plus proches (épouse, collaborateurs, etc) cassants, blessants, dévalorisateurs, tyranniques... et finalement harceleurs.

- sont inaccessibles aux remords et aux scrupules,

- manquent d’empathie (incapacité à comprendre les sentiments et les émotions d’autrui ; refus de se mettre à la place des autres ; considère l’autre comme un objet, même ses propres enfants ; seuls comptent leurs propres intérêts),

- ils s’intéressent aux autres non comme une altérité, mais comme une proie possible,

- « ils "ne font pas (toujours) exprès" de faire mal, ils font mal (souvent) parce qu’ils ne savent pas faire autrement pour "exister". »
Plus exactement, simplement pour se sentir mieux, certains harceleurs déchargent leur stress, leurs angoisses et leur hostilité sur une tierce personne souvent innocente et vulnérable.
Ils ne se rendent pas toujours compte qu’ils font du mal à ce tiers (ils "souffrent seulement" d’un grand égoïsme et d’un manque d’empathie), mais ça les soulage (au détriment d’autrui) et ils en retirent même le sentiment d’exister, voire un sentiment de puissance.

Pourtant, d’autres harceleurs et individus malveillants sont conscients de faire du mal, ils comprennent bien la détresse de leur victime et en retirent de la jouissance :
ce sont les vrais pervers narcissiques...

Et c’est ainsi que la personnalité narcissique perverse s’empare de la vie des autres. Ces individus font souffrir leurs victimes en silence. Ils les réduisent à néant en les dépossédant de leur vitalité, de leur confiance en eux, de leur estime d’eux-mêmes.
Le narcissique est en quelque sorte un voleur...un voleur de vie, un voleur d’âme.


III. Comment faire face :

J’ai relevé plus loin qques recettes relevées dans la littérature spécialisée concernant plutôt ces agresseurs pervers narcissiques :

1) comment faire face aux attaques malveillantes, à la méchanceté et à la mauvaise foi
2) principes de contre-manipulation

Si l’on ne peut fuir ces personnalités toxiques, comment faire face aux attaques malveillantes, à la méchanceté et à la mauvaise foi ?

Analyser au plus vite l’agression, la situation et l’adversaire afin de le déstabiliser
(on dit que l’esprit de répartie peut se cultiver ! ??? ) :

• prendre du recul (détachement nécessaire ), donner aux choses et aux événements une valeur relative :
• facile à dire ?… pour cela, il existe différentes méthodes dont celles évoquées plus loin.

Mais ces situations exigent une décharge émotionnelle immédiate, donc l’intelligence est d’ éviter l’agression de plein fouet ! (éviter l’affrontement direct ) =>


IV. Adopter une stratégie d’autodéfense =>

- répondre, ne pas encaisser ; mais :

• agir, ne pas réagir ;
• éviter de se justifier ;
• éviter la transparence ;
• éviter la profondeur ;
• éviter spontanéité et impulsivité ;
• ne pas sourire au tyran (sauf humour et ironie) ; le regarder dans les yeux ;
• utiliser l’humour et la dérision (qd c’est possible), afin de faire perdre toute substance au discours du manipulateur ou du tyran ;
• surtout ne pas lutter de front (face à un manipulateur ou à un pervers narcissique, on est toujours perdant !).

- sinon (suivant les cas ) :

• l’ignorer, jouer l’indifférence =>
apprendre à ne pas réagir aux provocations, à garder son calme, son sang-froid, etc, …..

Pour certains, le plus dur est sans doute de garder son sang-froid et prendre du recul dans ce genre de situation ( comment libérer cette surcharge émotionnelle ?... ) ;
et cela ne prend-il pas une toute autre dimension, lorsque les humiliations ont lieu "sur la place publique" et que le provocateur ou harceleur parvient à mettre le public de son côté ?...

Mais le fait même de mettre en place ces stratégies, d’ anticiper,
aide à prendre ce recul salutaire... et à éviter l’affrontement direct

( d’où l’ intérêt des exercices de
respiration/ concentration/ méditation/ cohérence cardiaque/ yoga/ arts martiaux
, etc !...)


V. Cas du harcèlement moral :

À propos du harcèlement moral et du profil des harceleurs, il faut je crois distinguer :

- les personnalité paranoïaques (1)/ psychorigides
(ou simplement des "JCD" aux dents longues ? (2))

- des personnalités manipulatrices, très différentes.

Les individus mégalos, toxiques ou "vampiriques", il faudrait bien sûr absolument les éviter ou les ignorer.
Mais parfois, c’est impossible (au travail, notamment).
Dans ce cas, il faut jouer un jeu où l’on est plus soi-même.

Mais apprendre à gérer l’agressivité (la sienne, celle de l’autre) peut aider à grandir, à s’affirmer, à retrouver l’estime de soi-même.

Pour le reste, la répartie avec ironie et humour léger, on peut s’y exercer.
C’est sans doute plus difficile pour certains que pour d’autres.
Avec ces personnes, il faut se montrer superficiel ou mystérieux.
Pas forcément très compliqué : faire des phrases courtes, floues ou stéréotypées.
Les situations se répètent, il est donc possible d’anticiper.


On peut trouver des infos
- dans le bouquin d’Isabelle Azare-aga
« les manipulateurs sont parmi nous »,
- peut-être aussi dans celui de MF. Hirigoyen
« le harcèlement moral - violence perverse au quotidien » déjà cité plus haut,
- ou encore dans « le harcèlement psychologique » (D. & K. Rhodes - Marabout ).

Toujours dans ce contexte de harcèlement moral, les personnalités manipulatrices sont en général plus difficiles à gérer que les personnalité paranoïaques/ psychorigides =>


VI. Principes de contre manipulation (extraits de "les manipulateurs sont parmi nous") :

• faites des phrases courtes,
• restez dans le flou,
• utilisez les phrases toutes faites, les proverbes et les principes,
• utilisez aussi le "on" (généralités),
• faites de l’humour dès que le contexte le permet,
• souriez, surtout en fin de phrase, si le contexte le permet,
• pratiquez l’auto-dérision,
• restez poli, n’entrez pas dans la discussion si elle ne mène à rien ou à la dévalorisation,
• évitez l’agressivité,
• utilisez l’ironie et la dérision seulement si vous renvoyez un message et si vous êtes sûr de vous,
• surtout, ne vous justifiez plus
j’ajouterais qd même à cette liste : apprendre à s’affirmer, à dire non (travailler sur la passivité, sur ses dépendances, ses modes d’attachement, la confiance en soi) ... un gros travail pour certaines personnes.
Notamment celles qui "recherchent" inconsciemment les rôles de victimes...
Les personnes "énergiques" et qui ont une bonne image d’elles-mêmes réagissent plus vite face aux attaques. Mais personne n’est à l’abri de la manipulation, de la malveillance sournoise et de la mise sous emprise (3).


(1) Paranoïa :
à côté des paranoïaques tendance psychorigide et agressive (potentiellement harceleurs),
il y a aussi, à l’inverse (côté victimes), les personnalités plus ou moins "paranos", tendance victimes, qui ont tendance à toujours se croire harcelées :
il s’agit souvent de tempéraments hypersensibles...
(mais la susceptibilité peut être temporaire, liée à une déprime et à une perte de confiance en soi)


(2) "JCD" (jeunes cadres dynamiques aux dents longues) :
il pourrait s’agir, de la part du "petit chef", de la peur de ne pouvoir asseoir son autorité ;
il pourrait aussi ne s’agir "que" d’une situation de blocage au travail, où...

...« plus le manager s’efforce de "soutenir" son collaborateur (parfois brutalement ou maladroitement, surtout s’il s’agit d’un jeune manager), plus le collaborateur doute de ses propres capacités et se replie sur lui-même.
S’installe alors un cercle vicieux qui engendre beaucoup de souffrance et qui peut se révéler coûteux en termes de carrières »

D’après le livre de JF. Manzoni et Jean-Louis Barsoux :
« Relations difficiles au travail – Rompre le cercle vicieux », (2004)
édition originale aux US sous le titre « The Set-Up-to-Fail Syndrome », 2002 :

Ce livre part d’un constat quelque peu dérangeant : les collaborateurs peu performants ne sont pas mauvais malgré les managers qui les pilotent mais bien au contraire à cause d’eux.
De « bons managers » peuvent mettre durablement de « bons » collaborateurs en situation d’échec.

La dernière partie (chap.11) s’attache davantage au cas particulier de la France ...

Autre ouvrage de Jean-Louis Barsoux :
« French Management : Elitism in Action » (1997 - 2005 ?)


(3) Dans son livre « Femmes sous emprise », Marie-France Hirigoyen explique que la violence conjugale est un processus complexe où les coups sont l’aboutissement d’un mode relationnel mis en place au sein du couple et essentiellement marqué par la domination.
Pour M.-F. Hirigoyen, plus la violence a été subie longtemps, plus il est difficile d’en sortir. Voilà pourquoi il faut réagir le plus tôt possible. Dès les premiers signes.
Les femmes "énergiques" et qui ont une bonne image d’elles-mêmes réagissent plus vite face aux coups. Mais personne n’est à l’abri de la manipulation, de la mise sous emprise.
C’est pourquoi il faut que les femmes apprennent à repérer le plus tôt possible les signes avant-coureurs de la violence des hommes.
L’agresseur pourrait être un manipulateur orgueilleux et introverti, jaloux et possessif, qui va d’abord user d’alternance entre douceur et menaces : menaces d’abord insidieuses puis plus directes pour instaurer la peur.
Résultat : un processus de dissociation psychique (comparable au "syndrome de Stockholm" qui désigne l’empathie de certaines victimes de prise d’otages pour leurs ravisseurs).
Petit à petit, l’homme amène la femme à douter d’elle-même et à perdre tout sens critique en lui faisant subir des violences psychologiques d’abord insidieuses (communication paradoxale), un contrôle jusqu’à l’isolement, le harcèlement, le dénigrement, les disqualifications, les humiliations, les menaces, les insultes, voire les coups (prendre garde à réagir dès les premiers coups !).
Ce processus peut prendre des mois, des années, jusqu’à ce que les femmes sous emprise finissent par être persuadées que leur mari a raison et qu’elles ne sont bonnes à rien.
Noter que ce processus existe aussi dans une relation homosexuelle.

Source : Dossier « Violences conjugales » dans Le Nouvel Observateur (juin 07,
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2222/articles/a346349-pourquoi_elles_subissent.html ).