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Sur the Great Big Badass Blog : Clique !Si je n’avais pas été aussi ensuqué depuis le mois de février, cela
ferait bien longtemps que j’aurais parlé de l’album de Sylvia
Hanschneckenbühl. Mais comme c’est de mes disques de chevet depuis sa
sortie, il y a trois mois, il n’y a pas de raison que je m’en prive.
Sylvia Hanschneckenbühl Doesn't Sing Christmas,
donc, est une perle d’élégance altière où chaque note compte, un disque
entièrement maîtrisé par son auteur, songwriteuse, chanteuse,
guitariste, coproductrice et dessinatrice de la pochette (le
glockenspiel, c'est elle aussi). A peine si une paire d’amis lui ont
donné un coup de pouce, à la batterie ou pour quelques parties de
guitare sur deux morceaux.
Pas que Sylvia soit particulièrement
égomaniaque (elle aimerait bien se fondre à nouveau dans un groupe, un
vrai). Et moins encore soucieuse d’étaler une quelconque virtuosité (ce
qui ne veut pas dire qu’elle joue comme un manche, au contraire). Non,
c’est juste qu’elle sait ce qu’elle veut et comment l’obtenir. Qu’elle
avait des chansons en stock. Et l’urgent besoin de les chanter. Des
chansons superficiellement lumineuses et innocentes. Mais terriblement
cruelles dès qu’on prend la peine de gratter un peu la surface. Ou
cinglantes, comme ce “Nicely Stupid” qui épingle les pétasses
“rock’n’roll”. Sylvia ne chante pas Noël, non, mais l’amour. Celui qui
ne rime jamais avec toujours. Versant déceptions et trahisons. “Love
Song” est bien sûr une chanson de meurtre. Et son “Orange Juice” plus
acide que sucré.
Sylvia
a le bon goût de ne pas étaler ses influences, quasi subliminales : un
peu de Breeders diffus, un “Everything is fine” qui semble un clin
d’œil au “In Heaven” lynchien des Pixies dans le texte de “Orange
Juice”, une deuxième guitare discrètement Velvet (3e album) à la fin de
“Untitled”, une touche de snake guitar façon early Eno pour injecter
une dose de venin en queue de “The Old Drunk Song”. Et encore – mais
ça, c’est peut-être moi – quelque chose qui évoque le post-punk
efflanqué des débuts de Cure dans “17.30 Underground”, ou un peu de la
fragilité de Young Marble Giants.
Mais c’est toujours du Sylvia
Hanschneckenbühl, et ça ne ressemble vraiment à rien d’autre. Comme
cette façon de toujours finir ces chansons en glissant une idée
inédite. Voir la façon déchirante dont elle dédouble sa voix dans “Salt
& Wine”.
On jurerait que cet album a été pensé pour le
vinyle, avec une face A enlevée et une face B dominée par des ballades
à faire fondre les pierres. Mais non, il n’est disponible qu’en
téléchargement un peu partout (Pop Only Knows, iTunes, Fnac music,
Amazon, Virgin et tutti quanti) – et souvent en désordre. Ou, mieux, en
CD. Ne serait-ce que pour profiter de sa pochette. Écouter ces chansons
dans leur vrai séquençage. Et acquérir un futur collector’s.Thierry Chatain
2:32 PM
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