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Je t'offre humanité, un bouquet de flèches empoisonnées Je t'offre, des javelots acérés, de curare assaisonnées Il s'échappe des relents de souffre de tes antres Un bûcher juché sur ton épicentre Et la damnée se débattant sur ton ventre Elle hoquette , la damnée Attendant qu'on l'éventre au rythme des chantres Sous les hourras de la pègre grisée, Et les sourates du peuple chamanisé, On calcine aujourd'hui la libre-pensée Tu as cédé, humanité, à l'impure ordonnance des gueux Tu as aidé humanité à la censure qu'imposent les preux L'incontinence des sens, du sens ? La délivrance, celle qui se gorge de ta concupiscence … Humanité, tu a suicidé la pensée Tu n'as sans doute pas vu, Toute occupée a te soucier de peut-être et de semblant, Arguant, indolente tes postiches vampirisant, Empochant le bakchich des beaux et des puissants, Débauchant les derviches et muselant les dissidents, Que se mourrait la pensée, tuée de balles à blanc Tu bois aux goulots de la couleuvre qui te livre ses lèvres Et tu es ivre pauvre folle, Car, car, j'ai dû esquisser un rictus, Devant l'humanité, titubant, dans les bras de Bacchus… Car j'ai vu des coulées suaves, des ruissellements de sang Une veinule qui gicle, et le corps évidé de l'innocent Tu as vénéré les corrompus et raillé la vertu Je t'ai vu ériger des totems aux parvenus Et refuser l'albumen aux dépourvus Marcher sur les oubliés, Et te demander si l'on doit ouïr leurs prières ou jouir de leur misère Tu cours pauvre folle dans un cerceau qui tourne dans le vide Et tu subiras tous les jours le dilemme de Chimène et du cid Je vois et je vois tous tes phanères qui se déploient Les ongles de tes vingt mille doigts Les furoncles de tes milliers de lois Tes sentinelles et leurs cinquante bouches aux abois Vaine sottise et sotte vanité Pourquoi ???? Qui ? qui ? Qui des putains ou des puritains finiront sur le bûcher Ou ceux, les insurgés, pour les vérités qu'ils ont crachées Et si, et si, et si tu as chanté exaltée, le fabuleux destin de l'enfant né sous x Si tu peines à ramer dans les eaux troubles du Styx, Ménages tes efforts, ici, il ne coule pas de potion de Panoramix Tu erres, ma garce, sans domicile fixe As-tu seulement hésité entre convictions et conventions Demain tu hésiteras entre enfer et damnation On ne tue pas comme ça dame nation On ne tue pas comme ça dame nation Paroles d'insoumis…
1:45 PM
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