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Mondomix, septembre/octobre 2008 Le joueur de cornemuse Erwan Keravec poursuit inexorablement son travail d'improvisateur, et compense le déficit de modulations d'un instrument diatonique par des propositions sonores souvent inouies. Son quartet revient avec des thèmes où se succèdent la puissance évocatrice du couple cornemuse/bombarde (Guénolé Keravec) et une approche free, qui n'hésite pas à utiliser les sons préiphériques de chaque instrument. Le saxophone baryton de Ronan Le Gouriérec, prend ainsi parfois le rôle de ponctuation rythmique, en dialogue avec la batterie, tenue par Jean-Marie Nivaigne. Dans la seconde partie de l'album, le groupe invite un fleuron du collectif de jazz lyonnais, l'Arfi, Jean-Luc Cappozzo, qui pose sa trompette aventureuse sur les canevas atypiques des Niou Bardophones. Ce disque est la preuve de ce que peut apporter de neuf et de frais ce groupe dans le champ de l'improvisation modale.
Ar Men, juillet/aout 2008 Le retour des Niou Bardophones Bardophone : le néologisme sonne breton, tout en rappelant que la formation se compose à la base d'un biniou, d'une bombarde et d'un saxophone. L'équipe est demeurée pratiquement inchangée depuis un premier CD, paru il y a trois ans. Erwan Keravec est à la cornemuse, son frère Guénolé à la bombarde, tous deux sont des anciens du bagad Locoal-Mendon. Ronan Le Gourierec (ancien du bagad de Saint-Nazaire, membre de l'Occidentale de Fanfare et de Dr Noz) est au saxophone. Il s'agit donc de musiciens issus de groupes connus pour leurs gouts des rencontres musicales inattendues. Nouveau venu, Jean-Marie Nivaigne est à présent le batteur du groupe. Enfin, on trouve à leurs cotés, le jazzman Jean-Luc Cappozzo, à la trompette et au bugle, dont la rencontre ne devait à l'origine qu'être éphémère mais qui, selon Erwan Keravec, s'est à la longue avérée « nécessaire et durable ». Comment définir la musique des Niou Bardophones? Le moins que l'on puisse dire est qu'elle transgresse allègrement les genres convenus, et qu'elle n'est, de toute évidence, en rien comparable à ce que l'on entend habituellement en Bretagne. On est parfois du coté du free jazz, parfois du pibroch (avec Lament for a daddy), parfois même aux limites de la musique concrète. C'est dire que ce nouvel enregistrement ne laisse guère de place à ce qu'on entend habituellement par « tradition ». de l'aveu même des musiciens, il s'agit plutôt pour eux d'approcher et d'exprimer une nouvelle forme de « musique traditionnelle imaginée », résultante des concerts et des rencontres de ces dernières années. Le résultat est proprement détonnant, à l'image de ces ruralités urbaines dont traite l'un de leurs titres.
Ouest-France, 18 novembre 2008 Les Niou Bardophones en électrons libres Le nouveau disque des enfants terribles de Pluneret est particulièrement abouti. Voilà des musiques traditionnelles imaginées. Il y a d'abord le son, intense, et la justesse de ces sonneurs qui ont beaucoup appris. En bagad. Pour les frères Erwan et Guénolé Keravec, enfants de Pluneret, puis sonneurs émérités au bagad de Locoal-Mendon, avec un passage obligé, mais talentueux, à Lann Bihoué, l'aventure continue avec les Niou Bardophones. Un nom un peu provocateur, mais aussi révélateur d'une nouvelle musique bretonne? Oui, elle l'est assurément dans ses racines parfois aussi dans les formes, mais ce groupe verse vraiment dans le free-jazz. Après un premier album un peu complexe, en voilà un second, qui vient de paraître chez Buda Musique, bien plus éclairé. La musique est plus aboutie, même si elle n'est pas encore prête à être mise entre toutes les oreilles. « C'est de la musque traditionnelle iméginée », explique Erwan Keravec, le sonnneur de cornemuse qui se joue du classique écossais comme si c'était son acte de naissance. Et d'ailleurs, il donne assez vite le ton de cette ambiance, partant de ses racines pour s'offrir de belles libertés. Cela reste effectivement de la musique bretonne avec des accents free-jazz. Des ruralités urbaines. De fait, après avoir eu les honneurs du New Morning à Paris, le temple du genre, le groupe a été l'invité du dernier festival de jazz de Vannes.Ce qui a été resenti par les musiciens comme un réel compliment pour sortir la bombarde et la cornemuse du monde simplement celtique, même s'il n'y a pas de déni d'origines de ces sonneurs. Ce deuxième disques « les champs d'ânes ». « un nom sortant comme cela parce qu'il ne correspond à rien d'évident. On peut parler d'un champ de coquelicots, mais imaginez des têtes d'ânes qui poussent dans un champ? » s'amuse Erwan Keravec, car conjugé avec un « chant d'anne », une personne qui n'existe pas, il vient sonner comme un appel à d'autres musiques. Il y a du Circassien dans l'air, et la suite, « Mirage », est totalement revisité dans le style que ce groupe appelle ses « ruralités urbaines ». Assez jubilatoires. Parfois orientale, la bombarde n'est-elle pas arabe? Ce biniou-bombarde est d'ici et d'ailleurs et il est séduisant, avec l'appui, dépuis désormais trois ans, en véritable construction musicale, du batteur Jean-Marie Nivaigne, mais aussi de la trompette patiente et impertinente de Jean-Luc Cappozzo, qui a le don de vous évervé en souriant. Sans oublier évidemment, le saxophone baryton de Ronan Le Gouriérec, encore un autre électron libre. Le tout est absolument génial. Un sou neuf, par les temps qui courent, cela ne se refuse pas!
9:44 AM
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