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GILBERT LAFFAILLE



Last Updated: 11/25/2009

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Status: Single
City: Paris
State: Ile-de-France
Country: FR
Signup Date: 11/12/2006

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Sunday, August 02, 2009 
Aux adeptes des phrases courtes - et ils sont nombreux de nos jours... surtout chez les écrivains !   (écrits vains ?) - j'offre cette phrase, la plus longue écrite par Marcel Proust:

« Mais j’avais revu tantôt l’une, tantôt l’autre, des chambres que j’avais habitées dans ma vie, et je finissais par me les rappeler toutes dans les longues rêveries qui suivaient mon réveil ; chambres d’hiver où quand on est couché, on se blottit la tête dans un nid qu’on se tresse avec les choses les plus disparates : un coin de l’oreiller, le haut des couvertures, un bout de châle, le bord du lit et un numéro des Débats roses, qu’on finit par cimenter ensemble selon la technique des oiseaux en s’y appuyant indéfiniment ; où, par un temps glacial le plaisir qu’on goûte est de se sentir séparé du dehors (comme l’hirondelle de mer a son nid au fond d’un souterrain dans la chaleur de la terre), et où, le feu étant entretenu toute la nuit dans la cheminée, on dort dans un grand manteau d’air chaud et fumeux traversé des lueurs  des tisons qui se rallument, sorte d’impalpable alcôve, de chaude caverne creusée au sein de la chambre même, zône ardente et mobile en ses contours thermiques aérée de souffles qui nous rafraîchissent la figure et viennent des angles, des parties voisines de la fenêtre ou éloignées du foyer, et qui se sont refroidies ; - chambre d’été où l’on aime être uni à la nuit tiède, où le clair de lune appuyé aux volets entrouverts, jette jusqu’au pied du lit son échelle enchantée, où on dort presque en plein air, comme la mésange balancée par la brise à la pointe du rayon ; - parfois la chambre Louis XVI, si gaie que même le premier soir je n’y avais pas été trop malheureux et où les colonettes qui soutenaient légèrement le plafond s’écartaient avec tant de grâce pour montrer et réserver la place du lit ; parfois au contraire celle, petite et si élevée de plafond, creusée en forme de pyramide dans la hauteur de deux étages et partiellement revêtue d’acajou, où dès la première seconde j’avais été intoxiqué moralement par l’odeur inconnue du vétiver, convaincu de l’hostilité des rideaux violets et de l’insolente indifférence de la pendule qui jacassait tout haut comme si je n’eusse pas été là ; - où une étrange et impitoyable glace à pieds quadrangulaire, barrant obliquement un des angles de la pièce, se creusait à vif dans la douce plénitude de mon champ visuel accoutumé un emplacement qui n’était pas prévu ; - où ma pensée, s’efforçant pendant des heures de se disloquer, de s’étirer en hauteur pour prendre exactement la forme de la chambre et à remplir jusqu’en haut son gigantesque entonnoir, avait souffert bien de dures nuits, tandis que j’étais étendu dans mon lit, les yeux levés, l’oreille anxieuse, la narine rétive, le cœur battant : jusqu’à ce que l’habitude eût changé la couleur des rideaux, fait taire la pendule, enseigné la pitié à la glace oblique et cruelle, dissimulé, sinon chassé complètement l’odeur de vétiver et notablement diminué la hauteur apparente du plafond. » ....

Marcel Proust....

GILBERT LAFFAILLE

 
Qui dit mieux... ?
 
Posted by GILBERT LAFFAILLE on Sunday, August 02, 2009 - 8:35 AM
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Anne

 
Il y a tout de même des points virgules, bien utiles pour la respiration. Je me disais justement ce matin au petit-déjeuner (si, si, c'est vrai !) que je relirais bien Proust.
Bel été !

 
Posted by Anne on Monday, August 03, 2009 - 9:35 AM
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GILBERT LAFFAILLE

 
TOUT Proust ? L'été y suffira-t-il ?
 
Posted by GILBERT LAFFAILLE on Monday, August 03, 2009 - 9:36 AM
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marie-anne

 
Là, pour une fois, j'ai essayé d'arriver jusqu'au bout, c'est fait ! Chuis pas prête de recommencer.... Ce qui se conçoit bien s'énonce clairement, paraît-il... Il n'a pas dû résoudre certains problèmes, à mon avis... Tu grignotes des madeleines pendant tes siestes estivales ?....... Bel été !
 
Posted by marie-anne on Monday, August 03, 2009 - 5:02 AM
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GILBERT LAFFAILLE

 
Evidemment on peut préférer le côté lapidaire de: "Se coucher tard nuit."
C'est autre chose. Les deux peuvent d'ailleurs être complémentaires.

 
Posted by GILBERT LAFFAILLE on Monday, August 03, 2009 - 9:38 AM
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Anne

 
Je n'ai déjà pas tout lu, loin de là, alors vouloir lire TOUT Proust serait bien présomptueux. Surtout qu'il ne reste qu'un mois d'été...
 
Posted by Anne on Monday, August 03, 2009 - 9:59 AM
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armeedunstylo
Christine MIRÉTÉ

 
N'ayant jamais lu Proust, je crois que lire ceci est un bon entraînement....pour les longues soirées d'hiver .

Mais écrire "mieux" que ça serait un bon entraînement, n'est-ce pas ?

Pas tout de suite ...

 
Posted by armeedunstylo on Thursday, August 06, 2009 - 8:17 AM
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L.Artaud and Co

 
ça c'est dur!!!
 
Posted by L.Artaud and Co on Friday, August 14, 2009 - 8:15 AM
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GILBERT LAFFAILLE

 
Finalement, le Haïku ça a du bon.
 
Posted by GILBERT LAFFAILLE on Friday, August 14, 2009 - 8:45 AM
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sergeremy

 
Ainsi qu'une bonne... chanson!

 
Posted by sergeremy on Wednesday, August 19, 2009 - 8:56 AM
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