Les Cratères de l'Hydre THE BROTHERHOOD OF PAGANS
Only Once
Alone Prod, 2009
Une
fois seulement et rien qu'une fois encore... Un album en 1995, "Tales
of Vampires" et puis le silence, un long silence, les années emportant
doucement l'espoir d'un second souffle. Il faudra attendre 2009 pour
que l'annonce d'un retour inattendu se matérialise avec "Only Once",
The Brotherhood Of Pagans n'est pas mort, bien vivantes mêmes sont
leurs racines musicales ancrées dans l'underground eighties qui ont su
regarder vers l'avenir; un lien indéfectible à ce socle gothic rock,
lequel libère des guitares les reflets d'un oeil noir dont la vue
perçante mesure la nostalgie à l'aune d'une inspiration qui s'adresse à
l'heure d'aujourd'hui en piochant intelligemment dans un vocabulaire
stylistique qui a fait ses preuves. Pas de stagnation ni d'effet
rétrograde, pas d'étiquette non plus, le rock sombre de la formation
frôle les influences en prenant soin de maintenir la distance
nécessaire qui préserve une identité, celle des Français s'imprimant
fortement à travers les émotions et le dynamisme qu'offre "Only Once".
Sailor joue à merveille de sa palette vocale en mettant en relief les
lignes de chant par de "fauves-assombris" qui ne laisseront personne en
reste. L'excellent "The Gardens of Alkinoos" me fait penser dans son
premier mouvement à Brendan Perry, puis le ton devient plus véhément,
plus tendu, des intonations proches de Bauhaus dans l'écrin d'une
ambiance où pas le moindre trait d'air ne filtre, un magnétisme
présentant ici l'une des nombreuses facettes de l'oeuvre.
Orchestrations, mélodies, sens du frisson-adrénaline communiquant
l'envie de bouger, variété des atmosphères sur cette trame
gothic-cold-punk-rock rudement bien ficelée ! Chaque composition a sa
tournure propre, ainsi le redoutable "I am his voice !", vindicatif et
tout en percussions, comme brûlant d'une rébellion qui va tout faire
voler en éclats avant l'agencement plus mécanique et inquiétant de "Get
off", sonorités electro et cordes électrifiées qui transpirent en
"torsions métalliques", incursions plus "dures" (voir aussi "Death
row") pour mieux nous égarer et nous bousculer, cette réalisation est
faite aussi pour ça ! De "Am I a blow Fly ?" à "Jack", pas un seul
écart de note en désaccord, "Only Once" est tout simplement excellent,
phénix-testament peut-être ou "stalker" dans un désert "rock" qui
manque parfois cruellement de sueur, de tripes et de sincérité, ce qui
ne souffre en tout cas pas l'ombre d'un doute, c'est que ce fruit d'un
trop long silence recèle un poison bénéfique des plus grisants !
Gasp