Le
3 avril 2009, la Haute Autorité de Santé (HAS) proposait à «
consultation publique » un projet de rapport sur la transidentité
particulièrement psychiatrisant qui présente un parcours de soin
centralisé qui pénaliserait les personnes qui ne se soumettraient pas
aux critères absurdes des psychiatres des équipes hospitalières,
mettrait en place un « test de vie réel » extrêmement dangereux et un
registre national des trans.
Le 17 mai, le Ministère de la Santé, par l’intermédiaire de Mme
Bachelot, déclarait vouloir lutter contre la discrimination envers les
personnes trans en déclassifiant la transidentité de la liste des
maladies psychiatriques longue durée. Cette déclaration ne signifie en
aucun cas une dépsychiatrisation des trans, puisqu’elle ne concerne que
la liste des ALD, liste qui n’est pas utilisée par les médecins pour «
diagnostiquer » la transidentité, mais par la sécurité sociale. Cette
annonce, confirmée en septembre 2009, ne change donc rien à la
situation des personnes trans, qui doivent se soumettre au bon vouloir
des psychiatres pour dire qui elles sont.
Le 10 octobre, jour de la 13ème Existrans (marche des trans,
intersexuéEs, et de celles et ceux qui les soutiennent) les personnes
trans font toujours face à une transphobie tant sociétale
qu’institutionnelle : toujours psychiatrisées, toujours discriminées,
toujours précarisées, toujours victimes d’attaques ou discriminations
transphobes non reconnues par la HALDE, toujours obligées de vivre en
fonction du bon vouloir des différentes institutions (politiques,
juridiques, médicales, etc).
Nous exigeons donc des engagements et des actions fortes, de la part
des pouvoirs en place et des différentes institutions françaises
(Ministère de la Santé, HAS, HALDE) ainsi que :
- La dépathologisation de la transidentité et son retrait des listes internationales de maladies mentales (DSM IV et CIM 10) ;
- La dépsychiatrisation effective de la transidentité parce qu’il est
intolérable que les différentes étapes de la transition restent
soumises au bon vouloir des psychiatres ;
- La reconnaissance de la transphobie comme discrimination au même
titre que le racisme ou l’homophobie, et par conséquent, la prise en
compte de la transphobie par la Haute autorité de lutte contre les
discriminations et pour l’égalité (HALDE) ;
- Un réel échange entre la HAS, le Ministère de la Santé, les personnes
trans et les associations qui les représentent, pour que les trans, qui
sont les premierEs concernéEs, soient enfin acteursRICES dans la
révision du rapport sur la prise en charge de la transidentité en
France ;
- La suppression du recours aux expertises médicales, humiliantes et
souvent vécues comme des viols, et ce y compris pour les personnes
ayant été opérées à l’étranger ;
- Un accès facilité au changement d’état civil, sans stérilisation forcée ;
- La dissolution complète des équipes dites « officielles » ;
- Le respect de l’article R4127-6 du code de Sécurité Sociale qui garantit à chacunE le libre choix de son médecin ;
- Le remboursement à 100% des frais médicaux de transition sans
condition, y compris pour les opérations effectuées à l’étranger ;
- L’arrêt des opérations sur les enfants dont la vie n’est pas en
danger et des traitements de normalisation prescrits sans le
consentement éclairé de l’enfant et/ou de l’adulte intersexué ;
- Un changement du rapport médecin/patient ;
- Une formation des médecins, notamment des chirurgiens, aux opérations chirurgicales que peuvent désirer les trans ;
- Une formation du personnel soignant, notamment du personnel d’accueil
dans les hôpitaux, aux questions de transidentité, et cela en
partenariat avec des personnes trans ;
- Des études épidémiologiques sur la santé des personnes Trans, et en particulier sur la prévalence du VIH-Sida ;
- Des campagnes de prévention contre les IST en direction des personnes trans.
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