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Jehan™

Jehan De Charcey


Last Updated: 11/18/2009

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Gender: Male
Age: 101
Sign: Cancer

City: Paris / Geneva / LA
State: France / CH / US-Ca
Country: MC

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Monday, December 03, 2007 

Current mood:  artistic
Ha ! Vous écrivez …

Vous êtes de plus en plus nombreux à m'adresser des textes.
D'abord, merci de me croire capable d'en analyser leur qualité.
Je triche un peu en les donnant souvent au comité de lecture
de notre vénérable Académie Lamartinienne.
Quand j'ai un doute, je lis toujours à voix haute, et si nécessaire
je vais jusqu'à m'enregistrer un passage pour mieux comprendre.
Mais puisque vous m'y invitez, voici deux critères d'appréciation
sur lesquels repose toujours ma conclusion.

Un texte poétique est fait d'images, de sensibilités et de sons.
Et c'est pourquoi il faut aussi le « sentir » avec ses oreilles.
Voici deux exemples bien différents de musicalité en poésie,
que vous apprécierez parfaitement en les lisant à haute voix.


1 – Dans ce poème de Tristan l'Hermite (1601-1655)

Le promenoir des deux amants (extrait)

Auprès de cette grotte sombre
Où l'on respire un air si doux
L'onde lutte avec les cailloux
Et la lumière avecque l'ombre.

Ces flots lassés de l'exercice
Qu'ils ont fait dessus ce gravier
Se reposent dans ce vivier
Où mourut autrefois Narcisse.

C'est un des miroirs où le faune
Vient voir si son teint cramoisi
Depuis'que l'Amour l'a saisi
Ne serait point devenu jaune.

L'ombre de cette fleur vermeille
Et celle de ces joncs pendants
Paraissent être là-dedans
Les songes de l'eau qui sommeille.



C'est une mélodie coulant comme une source,
une fluidité aqueuse rendant parfaitement l'esprit du texte.
Notez que l'on pourrait faire la même observation phonétique
dans le rendu ouaté du célèbre « Le Lac » de Lamartine.
A ce propos,
je vous recommande cette page d'explication littéraire : MÉDITATIONS POÉTIQUES


2 – Dans ce passage du drame en trois actes de Paul Claudel (1868-1955)

Partage de midi (1905 - extrait)

… La mer, comme elle sautait sur nous, la païenne !
Voilà une mer !
Quel vent féroce il faisait dans le grand soleil !
Comme cela sifflait et cinglait,
et comme le dur mistral hersait l'eau cassée !
Toute la mer levée sur elle-même, tapante, claquante,
ruante dans le soleil, détalant dans la tempête !


L'évocation théâtrale chez Claudel est rendue par des rythmes heurtés
et des allitérations qui peuvent se comparer aux sonorités orchestrales.
Et l'on ne s'y trompe pas, c'est la Mer Méditerranée en tempête,
ce n'est pas l'Océan.
Remarquez aussi que pour respecter cette euphonie,
Claudel n'a pas hésité à faire une faute de français :
« ruante » alors que le mot correct serait « ruant ».
Mais « ruant dans » sonnerait mal.

Vous voilà prévenus, si vous m'écrivez,
sachez que je vous écoute plus que je ne vous lis !

Amitiés.
Jehan

Youmna

 
Merci de nous écouter, Jehan!

Youmna.
 
Posted by Youmna on Monday, December 03, 2007 - 11:40 AM
[Reply to this
Tara

 
Coucou Saintexounet

Thank's pour ces textes et pour ton appréciation

Sorry pour le retard, novembre et décembre ont été jonchés d'évènement qui ont grignoté le temps.... mais je ne t'oublies pas

Bises salées de l'océan Indien
Tara
 
Posted by Tara on Thursday, December 20, 2007 - 5:05 PM
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