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Jehan™

Jehan De Charcey


Last Updated: 11/18/2009

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Gender: Male
Age: 101
Sign: Cancer

City: Paris / Geneva / LA
State: France / CH / US-Ca
Country: MC

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Thursday, February 21, 2008 

Current mood:  chipper
L'ancienne « garçonnière » de Jacques Brel

D'aucuns, amis lecteurs fort intentionnés d'affection à son égard,
scrutant ci-contre l'album photos « Souvenirs de Jacques Brel »
m'auront fait remarquer que la fiche administrative de l'aviateur
enregistrée à l'Aéroclub de France en date du 11 décembre 1964
portait mention d'une adresse « 11 cité Lemercier » à Paris 17è ;
alors que, dès 1955 selon la biographie, les BREL (femme et enfants)
étaient censés résider à Montreuil-sous-Bois en Seine-Saint-Denis.

NB. Il ne s'agit pas d'une erreur, mais bien d'une subtilité administrative
voulue par Jacques lui-même, et qui mérite une explication.

Il convient de se resituer dans la carrière du chanteur pour comprendre.

Si 1964 est d'abord l'année du décès de ses père et mère (janvier et mars),
c'est aussi l'année où Jacques obtint le Grand Prix national du Disque en France.
Il n'y devient célèbre qu'à partir d'octobre 1961 par son récital à l'Olympia.
L'achat d'un petit avion « Gardan Horizon » en 1965 répondra aux impératifs
« TGV » du franchissement de longues distances par ce « galérien des galas ».
Néanmoins, Jacques n'oublia jamais les premiers temps de sa vie parisienne.

En 1953, il vint seul à Paris contre l'avis de sa famille qui lui coupa les vivres.
Même la naissance, en juillet, de France - sa seconde fille - n'aura pu le retenir.
Jacques Canetti, responsable artistique chez Philips et découvreur de talents,
fut son introducteur local qui tenait le cabaret des « Trois Baudets »,
situé 64 boulevard de Clichy, Paris 18è, à deux pas de la Place Blanche.

Aujourd'hui, ce haut lieu de mémoire de la chanson française
renaît en un espace de promotion et de présentation
de la chanson francophone dans toute sa diversité.
L'achèvement de sa rénovation est à suivre ici : « Les Trois Baudets 2008 »

Ouverture prochaine de la programmation ici : « Espace des Trois Baudets »

Donc à Paris Pigalle, en 1953, dans un secteur de longue date
fort réputé pour sa densité et sa diversité artistique
« notre » Jacques impécunieux chercha à se loger à proximité,
entre Les Batignolles et Montmartre.
Il trouva refuge dans la chambre N°13 de l'Hôtel du Chalet, situé
entre l'avenue de Clichy, au square Chausson, et la rue Lemercier ;
et desservi par la ligne 13 du métro, à la station « La Fourche ».
L'adresse indiquée sur la fiche de l'aviateur : « 11 cité Lemercier »
correspond bien à cet espace arboré, entouré de petites habitations,
auquel on accède par un porche fort discret sis 28 rue Lemercier,
dans le 17ème arrondissement de Paris.



Hé bien, saviez-vous que Jacques avait tenu à garder cette location
en souvenir des temps durs de son installation en France ?
Ainsi, pour se domicilier en 1964 …
Il pouvait encore, en toute légalité, faire mention de cette adresse.




Alors, quelle était donc la destination finale de ce lieu inutilisé ?
Pour la beauté relationnelle de cette anecdote, sachez qu'à
mon arrivée comme étudiant à Paris, quand bien même j'avais
déjà de quoi me loger en résidence universitaire …
Jacques n'hésita jamais à proposer sa « garçonnière » pour y
jouer « la pièce » qui me conviendrait sans avoir à le remercier
… ;-)

Bien à vous,
Saintexounet

PS 1. L'accord parfait des rencontres accordées à notre destin,
bien qu'incertain, est un guide têtu toujours épatant …
Car dans ce quartier, à la station suivante du métro « Guy Moquet »
où vécu mon Parrain dès 1925, puis d'autres cousins jusqu'en 1980,
où se tint en 1969 le repas de ma noce chez mes beaux-parents,
résidèrent aussi les grands parents maternels de ma filleule Elodie.
Par l'étalement dans le temps et l'absence de concertation,
qui me fera croire en l'occurrence au fruit d'un pur hasard ?

PS 2.



A propos de cette photo d'un avion « rouge » qui vole encore : il s'agit
du Wassmer Super IV, acheté par Jacques à Issoire (Puy de Dôme) ;
il avait été qualifié à son pilotage exactement jeudi 27 novembre 1969.
J'étais alors à Tunis, à mon premier poste professoral (coopération scientifique).
Jacques jubilait de bonheur à pouvoir me l'annoncer en direct au téléphone
au bon milieu de mon cours en labo, où mes étudiants furent plier de rire
à me voir jouer le pitre volant en suivant à l'écouteur le récit Brélien !

Les Ailes de l Experience ©

 
Réponse à Criss
Merci. Je pense tous les jours à Montpellier ... Où demeurent
tant de liens universitaires et affectifs, certes passés,
mais aussi actuels avec encore de la famille sur place.

Oui, il y a tant à faire pour ce trentenaire Brélien
et tant à découvrir encore chez Jacques.
Pour ce simple blog anecdotique,
j'ai dû exhumer des papiers oubliés pour préciser les dates.
Mais j'ai omis de citer dans les parages de la rue Lemercier
Barbara, qui résidait à deux pas rue Brochant.
Ha lala la, ma mémoire s’effrite, je sens déjà le poids des ans ...

Et j'entends encore « mon Jacques » inquiet me gueuler à l'oreille :
« Le badin, le badin, Bon Dieu Saintexounet le badin … »

Car « le badin » étant l’indicateur de vitesse …
Tout pilote sait qu’à trop réduire « le badin » près du sol
l’avion finira par décrocher fatalement comme une pierre.
Alors quand je pilotais ainsi en glissade latérale accentuée
je prenais un malin plaisir à montrer mon agilité à Jacques
qui lui appréhendait mon posé « millimétrique » en seuil de piste.
Que d’adrénaline perdue dans tous ces souvenirs.
Bises.
Jean
 
Posted by Les Ailes de l Experience © on Saturday, February 23, 2008 - 10:54 AM
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**Alain**
Alain Kernanet

 
Bonjour Jean,

Un joli récit, qui nous rappelle que les artistes sont des gens, comme tout le monde, confrontés aux mêmes soucis matériels que le commun des mortels.

Montreuil, un nom qui évoque en moi de vieux souvenirs, lorsque nous "montions à Paris" chez l'oncle et la tante assortis des turbulents cousins, qui effrayaient quelque peu l'enfant timide que j'étais.

Merci à vous pour ce brin d'histoire Brélienne (comme vous le dite si bien).

Amitiés "Alain"


PS : fruit du hasard ou pas ? pour le moins étonnant pour ne pas dire troublant
 
Posted by **Alain** on Friday, February 22, 2008 - 2:19 PM
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Les Ailes de l Experience ©

 
Réponse à Alain :
Merci pour votre commentaire.
Jusqu’en 1974, moi-même et ma petite famille résidions aussi à Montreuil
boulevard Aristide Briand, à deux pas du Carrefour des 7 Chemins ;
mon fils aîné allant, tout à côté, à l’école maternelle « Guy Moquet ».

A propos des similitudes concentrées en un même espace (fruit du hasard) :
Cette itération de faits marquant le fil de ma vie m’a toujours fasciné.
Pour le scientifique que je suis devenu, la distribution dite au hasard répond
plus probablement à des lois de l’Univers, qu’il nous reste à découvrir.
Je crois davantage que nous ayons les comportements de foyers culturels
qui de génération en génération recoupent nos parentés ou liens d’amitié.
 
Posted by Les Ailes de l Experience © on Saturday, February 23, 2008 - 9:49 AM
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Tara

 
Tu es incroyable cher Jehan !

Subtile jeux de Jacques Brel..... cela ressemble aux ruelles du Montmartre de de mon enfance ou en entrant Avenue Junot, nous ressortions qq kilomètres plus loin vers la rue Lepic
Question : Jacques Brel a toujours continué à voler ou a-t-il abandonner les airs pour prendre la mer ?

bises
Tara
 
Posted by Tara on Friday, February 22, 2008 - 2:20 PM
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Les Ailes de l Experience ©

 
Réponse à Tara :
Merci très Chère Passionnée. Tu vas réussir ici à me faire écrire un livre !

1 - Oui, tu as raison, tant de recoupements … C’est incroyable !
Ta rue Lepic n’est séparée de La Fourche que par le cimetière de Montmartre.
Et pour l’anecdote, en bonne suite au hasard qui va encore ravir Alain …
Aujourd’hui, rue Lepic, on trouve la domiciliation du management d’Elodie !
Dans Paris si vaste, avec tous ces acteurs qui ne sont pas de même génération …
Je crois que nous avons en commun ce qu’il convient d’appeler affectivement
« nos racines culturelles » d’où cette curieuse proximité de nos « MySpace ».

2 - Oui, bien sûr, Jacques Brel a piloté du 30 août 1964 jusqu’à l’été 1978.
Sa licence ACF portait le N° TT 16060, soit environ 3000 titulaires après moi ;
j’étais alors l’un des plus jeunes pilotes de France, d’où sa fascination pour
« Le Petit Prince » incarné que Jacques avait monté au théâtre de l’association
philanthropique belge « La Franche Cordée », à l’époque de ma naissance.
NB. J’ai davantage connu Jacques acteur et réalisateur de films que chanteur.

En novembre 1969, lorsqu’il acheta le Wassmer Super IV immatriculé F-BPTG,
Jacques avait déjà plus de 500 heures de vol sur monomoteur Gardan Horizon.
Il entreprit alors à Genève sa formation de pilote aux instruments (IFR).
Jacques réussira l’examen théorique en mars 1970 puis décrochera
sa qualification IFR sur bimoteur Beech B55, vendredi 17 avril 1970.

En 1977, il avait dépassé 1200 heures de vol pour sa dernière visite médicale
de contrôle (renouvellement de licence le 9 décembre 1977 en Polynésie).
Car après l’expérience décevante du milieu maritime des plaisanciers (1974-75),
le pilotage aérien deviendra son occupation favorite au service des Marquisiens.
Il avait acheté en 1976 un bimoteur Beech D50 qu’il baptisa « Jojo » en souvenir
de son ami Georges Pasquier décédé début septembre 1974, alors que Jacques
faisait escale aux Açores avec son voilier l’Askoy.
- Voir à ce sujet la restauration de « Jojo » sur Hiva Oa (Cf. Album photos).

Jacques est décédé à Bobigny en Seine-Saint-Denis lundi 9 octobre 1978.
NB. La validité de sa licence de pilote IFR avait expiré la semaine précédente,
samedi 30 septembre 1978 à minuit ; donc avant son hospitalisation fatale.
Jacques savait qu’elle ne lui serait pas renouvelée pour raison de santé.
C’est pourquoi il avait demandé à sa compagne Maddly de vendre « Jojo »
- stationné alors sur le tarmac de Papeete Faa'a International Airport (Tahiti) -
avant d’entreprendre son ultime retour vers l’Europe, vendredi 28 juillet 1978.
Bises.
Jean
 
Posted by Les Ailes de l Experience © on Saturday, February 23, 2008 - 9:54 AM
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Youmna

 
Merci pour la fraîcheur de tes textes et l'Amour de la vie qui transparait à tes mots!

Youmna.
 
Posted by Youmna on Saturday, February 23, 2008 - 6:22 AM
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Les Ailes de l Experience ©

 
Ainsi, joli coeur de Terre Sainte ;-)
Mes mots de l'Amour te transportent plus
au-dessus de nos maux qu'il n'y paraît ...
Bises
Jean
 
Posted by Les Ailes de l Experience © on Sunday, February 24, 2008 - 8:18 AM
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Catherine
Catherine Hamilty

 
Bonsoir mon prince saintexounet!
Merci de ce "beau voyage" dans le temps en compagnie de Monsieur Brel que j'admire tellement! C'est étonnant, mes premiers pas de jeune mariée ont été inscrits dans le 17è arrondissement rue Legendre, dans ce quartier empreint de poésie, de diversité de genres, presque un village où tout le monde se mélange avec curiosité et bonne humeur! J'y reviens souvent et ne résiste pas longtemps à son charme!
Pilotez vous toujours??? La terre est elle réellement plus belle et plus "acceptable" à travers les nuages et la poésie??? Si vous capturez quelques étoiles, laissez en tomber une au dessus du parc André Citroën, je m'empresserais de la rattrapper!
Prenez soin de vous et faites nous encore rêver, bien à vous, Catherine.
 
Posted by Catherine on Sunday, February 24, 2008 - 6:51 AM
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Les Ailes de l Experience ©

 
Réponse à Princesse Catherine
Dois-je croire que le 17è arrondissement serait notre lieu de prédilection ?
Quand on m’écrit « rue Legendre », je repense aussitôt à mon restaurant
Universitaire favori. Il se situait dans les locaux de « HEC-JF » (Jeunes filles)
rue de Tocqueville à deux pas du carrefour avec la rue Legendre.
NB. Aujourd’hui, c’est devenu le Centre Malesherbes de Paris IV Sorbonne.
J’y ai fait de sublimes rencontres d’intelligence avec la gent féminine.

Oui, je pilote encore … Mais le survol de Paris étant interdit, alors pour ce
largage d’étoile à bonne destination, nous devrons envisager plus champêtre !

Quant à savoir si, vu du ciel, la Terre est plus belle … Ou moins encombrée ;
Je dirai que l’immensité du Ciel confine à l’humilité et oblige le pilote à la
sagesse par cet autre regard sur sa petitesse.
Pour mémoire : c’est l’avion qui vole, pas le pilote ! Tout retour en douceur
au sol s’aborde toujours par une caresse faite à la Planète.
Bises.
Jean
 
Posted by Les Ailes de l Experience © on Sunday, February 24, 2008 - 8:58 AM
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marco
Marc Morin

 
merci beaucoup et un grand Salut Jehan !!!
a tres bientôt
marco
 
Posted by marco on Tuesday, February 26, 2008 - 8:43 AM
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ELOU (Fan-club)
Elodie Louvie

 
Un témoignage exquis sur le partage à placer dans l'anthologie Brélienne.
Des pans de vie que l'on imagine juvéniles à perpétuité malgré les rides.
Une discipline de pilotes dont on devrait s'inspirer notamment sur la route.
Et tant de générosité sous-jacente, à peine dévoilée par pudeur ou respect.
On ne peut s'empêcher de penser à "Princesse" Elodie recevant cet héritage.
Apprendra-t-elle un jour cet art du pilotage en point d'orgue de son art :
chanter au domaine des oiseaux, s'élever jusqu'aux Cieux pour transmettre
les valeurs du dépassement à nos petits terre-à-terre.
Au fond, n'est-ce pas la mise en danger qui permet à l'Etre de s'assumer ?
Tout en accordant sans compter sa protection aux graines de l'avenir.
Un grand MERCI, Monsieur, pour vos éclairages de savant ...
Pierre (webmaster)
 
Posted by ELOU (Fan-club) on Tuesday, February 26, 2008 - 8:44 AM
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Denise Girard (Soupir)

 
Il m'aura fallut plus de 30 ans pour que j'en découvre autant sur Jacques Brel et sa passion de l'aviation!

Merci à vous!
 
Posted by Denise Girard (Soupir) on Thursday, March 06, 2008 - 5:38 PM
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