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LES DRAVIDIENS
Le premier des grands peuples civilisateurs de l'époque historique semble avoir été les Dravidiens.
D'après le Lugal-ud, un texte sumérien inscrit sur des tablettes d'argile il y a six milles ans: " Il y avait des glaces entassées partout... puis un feu térrible... des glaces qui fondent, des pluies interminables, l'eau qui recouvre la Terre puis, peu à peu, se résorbe. " " Partis d'Orient des hommes trouvèrent une plaine au pays de Shinear (Sumer) et s'y installèrent " (Genèse XI.I).
Les populations actuelles appelées Dravidiennes qui comme les Sumèriens, parlaient les langues agglutinantes, sont apparues dans l'Inde après la dernière époque glacière vers 9000 avant J-C. Selon la tradition ils seraient venus d'un continent englouti par la mer. Le mot " dravidien " provient d'un nom ethnique Dravida ou Dramida ou Dramila (pali: Damila), dont est dérivé l'adjectif moderne " tamil " ou " tamoul ". Le nom de Termilaï qu' Hérédote donne aux anciens habitants de la Grèce, serait le même que Dramila. (Cambridge, History of India, vol. I, p. 537). Les Dravidiens auraient émigré en Inde venant de la Lémurie, un contient qui s'étendait de Madagascar à l'Indonésie et qui fut submergé par la mer. Leur civilisation se répandit dans l'Inde du cap Comorin jusqu'à l'Himalaya. " (M. R. Sakhare, History and Philosophie of Lingayat Religion pp 9 et 188).
C'est à partir du sixième millènaire avant notre ère, durant ce que la cosmologie hindou appelle " l'âge du doute ", le Dvâpara Yuga, qui est le troisième âge du cycle qui rythme l'exitence de l'humanité présente de son début à sa fin, que se développa la civilisation dravidienne qui atteignit son apogée en Inde entre le sixième et le deuxième millènaire avant notre ère. (Alain Daniélou, Histoire de l'Inde, pp. 32-33). Ce sont les Dravidiens qui construisirent entre autres, dans la vallée de l'Indus, les cités de Mohenjo Daro et Harappa dont on a récemment retrouvé des vestiges considérables. L'influence de la civilisation Dravidienne fut très étendue. Elle concernait l'ensemble du continent indien mais " s'étendait aussi aux cités sumèriennes avec lesquelles le peuple de l'Indus était sans nul doute en contact ". (Thomas Mc Evilley, An Archeology of Yoga, Res I, p.46).
Les Dravidiens étaient un peuple de marins. De grands ports ont été retrouvés sur la péninsule du Khathiavar et dans le golfe du Cambay, au nord de l'actuelle Mumbai (Bombay). D'importantes nécropoles d'une population lièes à celle de l'Indus, que l'on a appelée le " Peuples des Tortues ", ont été découvertes à Oman en Arabie. L'influence indo-sumérienne est évidente sur la première dynastie de l'Egypte. La civilisation crétoise est étroitement liée à celle de l'Indus.
La divinité des Sumériens appelées le " Maitre des Animaux " correspond à Pashupati (Maitre des Animaux) de l'Inde. La déesse sumérienne la " Dame des Montagnes " est apppelé Parvati (la Dame des Montagnes) en Inde. Nergal, le dieu d'en-bas sumérien et de sa soeur Ereshkigal évoquent Yama le dieu des morts indien et sa soeur Yami. Le culte du Taureau, le symbole des cornes, l'histoire du déluge, se retrouvent dans les deux cultures ainsi que le symbolisme des nombres. La montagne des cèdres de l'Epopée de Gilgamesh est leDâruvana (la foret des cèdres) des mythes Indiens. Les Sumèriens étaient appelés " Tetes Noires ". Les fidèles de l'ancienne religion sont, tout au long de l'histoire et encore de nos jours, appelés Kâla-Mukhâ (Tetes Noires) en Inde. Sumer n'aurait été qu'une branche de cette première civilisation indo-méditérranéenne. C'est aussi de l'Inde, en passant par Socotra et par le sud de l'Arabie, que seraient venus les ancêtres des Egyptiens, qui se reconnaissaient une origine orientale.
Dans la tradition des Puranas indiens on retrouve de nombreux mythes et légendes qui sont connus également en Mésopotamie. L'une de ces histoires légendaires est celle du Déluge, qui est venue en Occident par les Sumériens à travers Babylone. Un fragment hurrien s'y référant à été trouvé à Boghazkoy. Cette histoire constitue l'un des mythes fondamentaux de la tradition indienne. Le héros du Déluge est appelè Manu. Manu vient de la racine Dravidienne man, qui veut dire " glaise ". Manu est " l' être de glaise ", comme Adam, c'est-à-dire l'homme en général, dont il est le progéniteur. Le surnom de Manu est Satya Vrata, nom probablement connecté à vratya, terme par lequel les Dravidiens sont mentionnés dans l'Atharva Veda et le Panchavimsha Brahmana. Le Mahabharata, le Matsya Purana et le Bhagavata Purana appellent Manu " roi et prophète " (Rishi). Il était adepte du Yoga. Le Bhagavata Purana l'appelle " roi de Dravida ". (Heras: Studies in Proto-Indo-Mediterranean Culture, p. 44).
Isidore de Seville (VIe siècle), se basant sur de très anciennes traditions, mentionne dans son Encyclopédie, cette migration de populations venues de l'Inde qu'il appelle Garamantes et qui, par l'Egypte, seraient venues jusqu'en Espagne et de là remontées jusqu'en Grande-Bretagne. (Alain Daniélou, Shiva et Dionysos).
Les langues Dravidiennes, langues agglutinantes comme le Sumérien, parlées autrefois dans l'Inde entière, subsitent essentiellement aujourd'hui dans le sud. Les principales sont le Tamoul, le Kanara, le Télugu et le Malayalam. Il en reste toutefois des îlots dans l'Inde centrale et du nord-est et jusqu'au Balouchistan à la frontière de l'Iran où se parle encore le Brahui. Les langues agglutinantes apparentées aux langues Dravidiennes qui ont survécues en Occident et en Afrique sont le Georgien, le Basque et le Peuhl, vestiges périphériques d'une ancienne culture commune. Les Pélasges de la Grèce pré-héllènique étaient vraisemblablement de culture Dravidienne. Le Ligure etait une langue euskaroide apparentée au Basque, comme vraisemblablement la langue étrusque. On a cherché à dérivé de dravida le mot " druide ", qui est préceltique. De même de Mina (peuple du poisson), les Minoens de Crète. Dans la version indienne du Déluge, l'arche fut dirigée par un poisson; et un culte très important subsiste dans l' Inde du Sud, à Madurai, rappelant le poisson (mina) et la déesse Minakshi (aux yeux de poisson), qui sont les divinités tutélaires des Mina, (le peuple du poisson), l'un des principaux clans dravidiens. Ces parentés ne sont pas invraisemblables, si l'on admet qu'une grande civilisation indo-méditerranéenne a réellement existé. Au point de vue ethnique, il n'y a pas de doute que les anciennes populations gangétiques autres que les Munda sont les mêmes que celles de la Méditerranée à la période protohistorique.
Curieusement les langues des Amérindiens sont agglutinantes, leurs symboles religieux et les principes de leurs architecture sont très proches de ceux des Dravidiens. Le monde Dravidien maintient sa langue dans les anciennes colonies du sud de l'Inde. L'une des dynasties dravidiennes du sud, les Pandya de Madura, appartenait à une ancienne tribu (Adivasi) appelée Marar. Ses descendants au début de notre ère se considéraient comme les héritiers des Pandava du Mahabharata (Shilappadikaram, p. 192) Le grammairien Panini (IVe siècle avant l'ére chrétienne) reconnait cette filiation. Les rois Chola du Coromandel appartenaient à la tribu (Adivasi) des Tiraiyar, et la dynastie des Chera du Malabar à la tribu (Vânavar), qui sont peut-être le " peuple des singes " (Vanara) du Ramayana. Strabon mentionne une ambassade d'Auguste, vers 22 avant Jésut-Christ, auprès du roi " Pandion ", nom courant en Inde du sud. A cette époque existait déjà une importante ville romaine près de l'actuelle Pondichéry. (to be continued.)...
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