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Henry Sparrow



Last Updated: 10/4/2009

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Status: Single
City: Brooklyn
State: New York
Country: US
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Sunday, November 19, 2006 

Category: Music


HENRY SPARROW
par Maxime Chamoux

Sérieusement, une fois que l..on a fait connaissance avec Henry Sparrow (MySpace accomplissant une fois de plus merveilleusement bien son rôle d..entremetteur), a-t-on encore réellement le temps, la patience et le sens de l..humour requis pour s..encombrer l..esprit et les oreilles avec ce maudit gadget pour bobos altermondialistes à appart sponsorisé Max Havelaar qu..est Devendra Banhart ? Non, non et non hurle l..écho, lui aussi forcément victime de l..envoûtement provoqué par les rengaines intemporelles de ce Sparrow. Car il faut plus que du talent pour tenir la distance, sur un album entier, simplement accompagné de sa guitare acoustique et d..un sens de la composition proprement époustouflant. Il faut cette énigme, cette part d..irrésolu qu..Henry Sparrow cultive sans avoir l..air t..y toucher. Chez Sparrow (Brent Ballantyne de son vrai nom, allez comprendre..), la schizophrénie affleure sous les brins d..herbe, joviale, et se présente comme un trait de caractère parmi d..autres. A la romance criminelle la plus sordide fait suite le récit troublant d..une femme au foyer apparemment ordinaire. Le récit épique d..un lecteur impressionnable côtoie celui d..une jeune fille faisant son premier trip d..acide. Parfois, un coq se fait entendre au-dehors, à juste quelques mètres du micro, parfois le bruit d..un camion qui passe interrompt précipitamment le morceau, et tout cela semble parfaitement naturel. Cette jubilation née du brouillage des frontières entre rêveries et réalité, Henry Sparrow l..entretient jusque dans la description qu..il esquisse de sa vie ; installation en Caroline du Nord « pour échapper à la côte ouest », puis succession de métiers plus improbables les uns que les autres : entrepreneur de pompes funèbres, berger, commissaire-priseur ou encore médium (sic). Sur « Bird Songs Vol.1 », tout flotte dans l..apesanteur de cet amer onirisme, qu..appuie une voix rappelant tout autant Jeff Tweedy de Wilco, que Tom Barman. Si les arpèges complexes de sa guitare renvoient immanquablement à ces héros très discrets que sont Leonard Cohen ou Nick Drake, les influences revendiquées (de Judee Sill aux Go-Betweens) doivent, elles, mettre la puce à l..oreille, et éviter de cantonner Henry Sparrow à un registre d..ascète chuchotant et tremblotant de complaisance (de nombreux barbus peuvent se sentir visés). Car si ici la porte d..entrée est faite du modeste bois constituant le folk le plus basique, le salon, lui, est majestueux et panoramique, et la baie vitrée donne sur un jardin dont la végétation est dense, luxuriante. Peut-être qu..au fond de ce jardin se trouve le secret de classiques absolus comme « Irene and the Man of Her Dreams », « Strike Up The World ! » ou « Fahrenheit & Mercury ». Ou peut-être pas ; peut-être n..y a-t-il pas de fond dans ce jardin qu..occupent de leurs chants des oiseaux à nous seuls invisibles.