La sensation d'étouffement l'envahissait, les plumes glissaient par milliers dans sa gorge. Impossible pour elle de déglutir. Paula entendait les rires farceurs autour d'elle. Les rires de l'enfer. Elle sentait la mort approcher à grands pas. Elle n'aurait jamais crut qu'un jour le fait de respirer serait aussi difficile. Des gouttes de sueur perlaient le long de son visage. Elle essayait de se débattre, de lutter contre les rires de la grande faucheuse. La mort envoyait les diablotins à son service. Paula devait mourir. Paula se souvenu alors de son enfance. De la cruauté de ses camarades de maternelle. Les enfants sont parfois cruels entre eux. Tout comme ces petits monstres en plastique et en peluche, qui sous leurs airs innocents, sont capables des pires atrocités. Ce flash-back la frappa comme un violent coup de couteau en pleine poitrine. Comme si sa dernière bouffée d'air, sa dernière respiration se transformait en supplice. Elle n'entendait plus les rires des diablotins. Elle entendait ceux des enfants qui l'avaient tant haï, tant maltraités. Ils l'avaient attaché à un arbre. Ils couraient autour d'elle pour l'enrouler avec la corde jusqu'à ce qu'elle ne puisse plus bouger. Quentin, le chef des cow-boys avait volé le canif de son père. A tour de rôle, les enfants gravaient les pires insultes, à l'aide de la lame sur le cops nu de Paula tremblant de froid, de honte et de peur. Une dernière plume se posa sur le front de Paula comme la plume d'indienne qui la décorait en ce jour de torture. Plume, symbole de légèreté. Paula se sentait si légère...Elle ne sentait plus son corps. Elle s'envolait hors de la douleur pour reposer en paix. Elle partait. Le trou noir.