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Idiosyncratics Records



Last Updated: 11/17/2009

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June 13, 2009 - Saturday 
http://blogs.myspace.com/index.cfm?fuseaction=blog.view&friendId=328840636&blogId=494427350

UN LABEL DE MUSIQUE EXPERIMENTALE à Heure-le-Romain. Yannick Franck nous le présente...




Yannick Franck, bonjour! Un beau jeune homme productif!
 
Merci! J'aimerais te retourner le compliment (…)

Grâce à vous, HEURE-LE-ROMAIN héberge une plateforme pour la musique expérimentale et improvisée, puisque vous avez mis sur un pied un label, IDIOSYNCRATICS. Qu'en est-il des activités de ce label, de son poids, de sa dimension internationale?
 
Au départ, nous avons crée le collectif de façon très spontanée avec mon complice Phil Maggi. Nous jouions alors ensemble dans la formation IDIOSYNCRASIA (qui fonctionne aujourd'hui au ralenti, au profit de nos autres projets) et partagions déjà un goût très affirmé pour les musiques de recherche, non conventionnelles, avec un caractère radical, étrange, etc. Nous avons alors commencé à tisser des liens avec des musiciens et des artistes d'un peu partout et à être invités de temps à autre à nous produire à l'étranger. Nos performances étaient alors des espèces de rituels néo dadaïstes bruyants et très sombres qui marquaient les esprits par leur caractère étrange et leur frontalité. Elles nous ont valu une certaine réputation dans les milieux alternatifs liégeois tout en restant confidentielles à peu près partout ailleurs.
 
Le label est une petite plate forme indépendante qui vise avant tout à diffuser notre propre musique et celle de musiciens dont nous apprécions la démarche.   
 
Vous êtes musicien vous-même, vous vous produisez en live et organisez des évènements sur la musique électroacoustique. Vous utilisez des instruments mais enregistrez aussi vos sons de base dans la nature...
 
Oui, nous avons bricolé en 2005 le festival idioLABO avec notre allié Maxime Lê Húng. J'ai ensuite organisé toute une série de concerts, toujours avec les moyens du bord, parfois seul ou aidé d'amis. J'ai aussi co-organisé les évènements Minima per Maxima avec une bande de passionnés, mais j'ai aujourd'hui décidé de me focaliser sur mes propres projets et de moins organiser de concerts car j'ai de moins en moins de temps libre. 
 
Par rapport aux enregistrements de terrain présents dans ma musique, il s'agit surtout d'exprimer mon rapport au réel, c'est comme une sorte de dialogue avec mon environnement. J'ai envie de faire de cette réalité quotidienne une source inépuisable d'inspiration, de créativité. C'est donc une façon de célébrer les instants vécus, la force vitale, les sentiments intimes qui se mêlent à la confusion du monde.
    
 
C'est un style à part, qui évoque des ambiances, bruits de machines, sentiments. Le grand public y adhère-t-il?
 
Ce n'est pas nouveau, le grand public ne s'intéresse pas à ce qui n'est pas divertissant, à ce qui demande une réelle implication. Le grand public consomme des produits de masse qui relèguent la création artistique à l'agrément et au divertissement. Et dans ce domaine il y a de très bonnes choses, mais on ne peut que déplorer le caractère sensationnaliste et abrutissant de la plupart des grandes productions. Ceci dit, je croise toute une série de gens de plus en plus ouverts et curieux partout où je vais.
De plus en plus de circuits alternatifs voient le jour, parce que la demande existe, il y a vraiment un public désireux de découvrir des alternatives à ce qu'on lui propose à grande échelle.  
 
C'est également un style qui marie le son à l'image et à d'autres formes d'expression artistique. Ca ne vous gêne pas si votre travail finit par être vu comme un "tapis sonore" sans message propre?

Lors d'une collaboration, la première chose sur laquelle j'insiste est le fait de créer un rapport authentique entre les différents médiums artistiques. Il faut pour cela sortir de nos réflexes habituels, créer des espaces ou les éléments deviennent complémentaires, indissociables les uns des autres. 
 
La radicalité de la recherche purement sonore m'intéresse tout autant, mais il est certain que ce type de démarche déstabilise souvent l'auditeur inexpérimenté. Mais n'est-ce pas de la personne qui vous intrigue et qui vous semble d'abord insondable dont vous tombez amoureux? Moi oui!     
 
"L'art du son", ça vous a toujours attiré, je suppose. Votre aventure est-elle née à HEURE-LE-ROMAIN, en contemplant les paysages du Beaurieux?
Ou peut-être l'activité industrielle du bassin liégeois? Les eaux obscures de la Meuse?
 
Oui, je crois que c'est tout ça, le contexte géographique et social des lieux où on naît et où on évolue intervient de façon plus ou moins claire. Puis il y a mes parents, toujours ouverts et intéressés de tout, les rencontres, les amis, les gens de la médiathèque (de la Communauté Française de Liège) comme Pierre Charles ou Henri, les cours d'histoire de l'art de Guy Vandeloise (aux Beaux-Arts), la rencontre avec Giro (pionnier du son expérimental à Liège) et surtout A2tout (un ami musicien qui est parti bien trop tôt).     
 
Racontez-nous votre projet musical Y.E.R.M.O. qui construit "des environnements sonores et médidatifs", "abstraits". Ainsi vous voyagez dans toute l'Europe!
 
Y.E.R.M.O. est mon projet avec le guitariste Xavier Dubois. Nous nous sommes rencontrés lors de la première édition du festival idioLABO à Bruxelles. Nous avons commencé en faisant des performances durant lesquelles nous jouions de longues notes suspendues, qui se superposaient, vrombissant jusqu'au débordement. Ce côté absolutiste et rituel est aujourd'hui exacerbé, notre son étant devenu de plus en plus bruitiste et puissant.   
 
Nous travaillons depuis deux ans avec les plasticiens Nadine Hilbert et Gast Bouschet avec qui nous avons une incroyable cohésion. 
 
Nous avons notamment eu la chance de participer avec eux à la biennale de Venise à l'occasion de leur exposition Collision Zone, dans le pavillon du Luxembourg. Pour plus d'infos sur le projet:
 
www.myspace.com/proyectoyermo