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ROCKY GONZALES



Last Updated: 12/3/2009

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Thursday, October 29, 2009 

En concert / À la tannerie de bourg
Le diable s'habille en Daydé
Joël Daydé Bourg en Bresse 16 octobre



Modeste, authentique, Joël Daydé s'est mis dans la poche le public de la Tannerie
Mais le Malin snobe Mick Taylor qui a perdu son portable et son âme

« Le blues est la musique du diable » rappelle Joël Daydé. Le diable est taquin. Il peut habiter un « has been » revenu de trente-cinq ans de purgatoire, et snober l'un de ses plus brillants sujets. La preuve à la Tannerie vendredi soir.

Joël Daydé, donc. Des débuts prometteurs dans le blues rauque, un tube mondial (« Mamy blue », 1971), puis la descente en torche, grillé par le business. Le revoilà tout heureux de se trouver ici, assis seul sur un tabouret avec sa belle guitare en bois, sa mine et sa voix de cocker (Joe) qui n'a rien perdu de sa superbe.
Monsieur chante le blues. Un blues séminal, tribal, tripal. Robert Johnson, cet autre suppôt de Satan, John Lee Hooker, Presley, Howlin'Wolf, Bo Diddley, Hendrix, Rory Gallagher… Daydé les ressuscite à travers ses accords charnus et ses incantations.
Ses préoccupations sont celles du bluesman ordinaire : trouver une fille à aimer, une mère à consoler (« Oh, Mamy Blue ») un goulot de bouteille à frotter sur six cordes en attendant le train qui mène vers l'au-delà. Avec la salle bondée de trois générations d'aficionados, se nouent des atomes crochus comme la patte du Malin. Tout le monde bat de la semelle. Modeste, authentique, Joël Daydé se met le public en poche et repart sous l'ovation.
Mick Taylor a d'autres préoccupations que celles du bluesman ordinaire : le grand homme a perdu son téléphone portable. Ce qui explique pourquoi il est arrivé à la Tannerie à 22 heures en ayant séché les balances, sans dire un mot à personne, sinon pour râler sur tout et son contraire. Cette histoire de portable l'a sans doute perturbé. Celui qui restera à jamais « l'ancien guitariste des Stones » (ça doit êter terrible pour lui) joue très bien en ayant la tête ailleurs. Il débite du blues (?) au kilomètre, en charentaises et en pilotage automatique, comme un employé de bureau remplit chaque jour la même page d'écriture.
Du coup, le visiteur de ce musée de cire se met à penser à des tas d'autres choses (à son portable par exemple) en attendant que ça se passe. Le diable, lui, s'en contrefiche. Mick Taylor a déjà perdu son âme.
Marc Dazy Le  Progrès 18.10.2009